Actualités locales
un village met fin aux ventes de terres après des abus
Certains autochtones, autrefois propriétaires de plusieurs parcelles, sont décédés sans laisser de sépulture, leurs terres ayant toutes été vendues de leur vivant. Cette situation, parmi d’autres, a conduit à un décret royal suspendant les ventes de terres le 9 octobre à Bokwaongo, village principal de la communauté Membea, aux portes du Mont Cameroun, dans la province de Buea.
Depuis cette décision, la sensibilisation à la propriété et à la vente des terres a pris une tournure décisive. Dans ce cadre, les membres de la communauté de Bokwaongo se sont réunis à la salle communale le 18 novembre pour un atelier et une représentation théâtrale. Intitulé « À qui appartient la terre ? », cet événement a permis d’échanger et de présenter aux populations locales les moyens de mieux préserver, louer et/ou vendre leurs terres.
Des propositions ont également été formulées sur la manière dont le conseil traditionnel pourrait accompagner efficacement ce processus et améliorer la qualité et la valeur des terres à Bokwaongo. Sir George, expert en solutions immobilières, a insisté sur la nécessité de numériser le processus de transaction foncière, en s’inspirant des villes à forte industrialisation du continent.
Il a avancé qu’un portail numérique, s’il était créé, résoudrait en grande partie les problèmes de vente et d’acquisition foncière auxquels toute la ville était confrontée. Ce portail recenserait tous les terrains des différentes communautés et leurs propriétaires respectifs.
Compte tenu du rôle important que jouent les chefs traditionnels dans la gestion des terres, il a recommandé aux villages de créer des sites web dotés de portails de vérification et d’une adresse électronique collective. Cette modernisation, a-t-il expliqué, permettrait aux acheteurs internationaux de terrains d’être informés en temps réel et renforcerait la confiance au sein de la communauté, augmentant ainsi la valeur des terres.
« Le conseil traditionnel répondra aux courriels de vérification en vous envoyant une attestation foncière officielle prouvant que le terrain appartient bien à la personne concernée au sein de la communauté avant que vous ne procédiez à l’achat », a déclaré George. De plus, il a conseillé aux habitants de Bokwaongo d’apprendre à résoudre leurs litiges fonciers à l’amiable, en dehors des tribunaux.
Les villageois ont trouvé ces échanges instructifs. Le chef de cabinet du palais royal de Bokwaongo, Samuel Ngoisa, représentant le chef traditionnel Njie Mbonde, a souligné que cette initiative était opportune pour influencer la réflexion des propriétaires fonciers. Il a rappelé aux membres de la communauté l’importance de promouvoir la paix et le dialogue communautaire par l’intermédiaire du conseil traditionnel.
De plus, Ngoisa a encouragé l’esprit communautaire et a assuré la population que le conseil traditionnel, sous la direction du chef Njie Mbonde Albert, était déterminé à répondre à ses besoins. Il a affirmé qu’ils restaient résolus à trouver une solution satisfaisante aux problèmes qui leur étaient soumis.
Les ventes de terrains à Bokwaongo ont été suspendues par un décret royal n° 073 du 9 octobre 2025. Ce même décret stipule que la suspension sera levée après la remise du rapport d’enquête d’une commission ad hoc.
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Actualités locales
Cabral Libii veut une sanction qui fasse peur aux criminels

Face à la multiplication des violences faites aux femmes au Cameroun, le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), Cabral Libii, appelle à un durcissement de la répression contre les auteurs de féminicides.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, l’opposant dit son indignation devant les femmes qui continuent de mourir sous les coups et les violences de leurs partenaires.
« CONTRE LES FÉMINICIDES, L’URGENCE D’UNE RÉPRESSION QUI JETTE L’EFFROI !
Je ne sais pas pour vous, mais lorsque je pose un regard sur une femme, je vois ma propre mère, je vois mon épouse, ma fille, ma sœur.
Au Cameroun, trop de femmes meurent sous les coups, les violences et la barbarie. C’est juste insupportable !
Si seulement avant de lever la main sur une femme, l’homme pensait à sa mère, si avant de la menacer, il pensait à sa sœur, si avant de la frapper, il pensait à sa fille, si avant d’ôter la vie, il se demandait ce qu’il ressentirait si c’était la femme qu’il aimait le plus au monde…
Aucune colère, aucune jalousie, aucune humiliation, aucune dispute ne donne le droit de frapper ou de tuer. Une société qui banalise la violence contre les femmes finit par banaliser la violence contre la vie elle-même. Il est temps de durcir la répression à un point tel qu’elle crée dès l’énoncé un effroi dissuasif ! », écrit Cabral Libii.
Selon un décompte, huit femmes ont été tuées en l’espace de huit jours, dans des affaires impliquant des partenaires intimes, des hommes connus des victimes, ou plus largement liées à des violences fondées sur le genre.
Selon le journal Koaci, cette accumulation en si peu de temps pose une question qui dépasse le seul fait divers : à partir de quel seuil ces drames cessent-ils d’être traités comme des faits isolés pour être reconnus comme une crise nationale ? Le rythme des décès observés ces derniers jours relance également les interrogations sur la prise en charge des violences domestiques et basées sur le genre, ainsi que sur la réponse apportée par les pouvoirs publics face à une liste de victimes qui continue de s’allonger.
L’opposition interpelle le gouvernement
Ce bilan a provoqué une réaction publique d’Hélène Ekwessa, vice-présidente du Front pour le Changement du Cameroun. Dans une déclaration diffusée ce mercredi, elle interpelle directement Marie-Thérèse Abena Ondoa, ministre de la Promotion de la femme et de la famille, qu’elle somme de présenter un plan national concret de lutte contre les féminicides, sous peine de quitter ses fonctions.
Pour la responsable politique, le pays a franchi un seuil critique : les femmes camerounaises ont, selon ses mots, besoin de protection plutôt que de compassion posthume. Sa déclaration réclame la mise en place d’un dispositif d’alerte accessible, de structures d’accueil dédiées aux victimes, et d’un suivi rigoureux des plaintes déposées.
Elle dénonce également un cycle récurrent où l’émotion suscitée par chaque drame finit par retomber, jusqu’au meurtre suivant. Son texte appelle enfin à des sanctions judiciaires strictes contre les auteurs de féminicides — sans qu’une dispute conjugale ou la consommation d’alcool ne puisse constituer une circonstance atténuante — ainsi qu’à un travail d’éducation à la non-violence dès le milieu scolaire.
À ce stade, la réponse de l’État reste fragmentée : une fermeture administrative ponctuelle d’un établissement, une enquête judiciaire en cours, et une interpellation politique adressée à un seul ministère. Reste à savoir si le cumul de ces huit décès en huit jours suffira à déclencher une réponse structurelle, seule à même de répondre à une question désormais posée publiquement : combien de femmes devront encore mourir avant que le Cameroun ne traite le féminicide comme une urgence nationale ?
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Actualités locales
Aston Villa s’intéresse à Christian Kofane

Aston Villa a pris contact avec le Bayer Leverkusen au sujet de Christian Kofane. Selon Jacob Tanswell et David Ornstein, le club anglais s’intéresse depuis longtemps à l’attaquant camerounais de 20 ans, bien avant son arrivée en Allemagne.
Les Villans auraient donc décidé de passer à l’action en se renseignant sur les conditions d’un éventuel transfert. Mais pour l’heure, Leverkusen ne semble pas disposé à ouvrir la porte à un départ de son jeune buteur.
Arrivé d’Albacete il y a un an pour un peu plus de 5 millions d’euros, Kofane s’est rapidement imposé dans l’effectif allemand. Pour sa première saison sous les couleurs du Bayer, l’international camerounais a disputé 44 rencontres, avec sept buts et neuf passes décisives à son actif.
Malgré l’intérêt insistant d’Aston Villa, le dossier s’annonce donc compliqué. Le club anglais devra convaincre Leverkusen de revoir sa position s’il souhaite attirer l’un des jeunes attaquants les plus suivis de son effectif.
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Actualités locales
l’Afrique gagne-t-elle enfin sa part du football mondial ?

Le soutien affiché par Samuel Eto’o au président de la FIFA, Gianni Infantino, continue d’alimenter le débat sur la place de l’Afrique dans l’économie du football mondial.
Dans une analyse publiée après l’intervention du président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) sur CNN, le stratège en communication Frenzie Tang estime que l’enjeu dépasse le duel entre partisans et adversaires du dirigeant de la FIFA.
Selon l’auteur, la question centrale est de savoir qui bénéficie réellement de la croissance spectaculaire de l’industrie mondiale du football. Il relève que le continent africain dispose désormais d’un poids accru dans les compétitions internationales et bénéficie de financements plus importants de la FIFA.
L’Afrique compte 54 associations membres de la FIFA, contre 55 pour l’Union européenne de football (UEFA). Pour la Coupe du monde 2026, le continent dispose de dix places, contre cinq lors des éditions précédentes. L’Europe compte, elle, 16 représentants.
Le montant des primes distribuées lors du Mondial a également progressé, passant d’environ 266 millions de dollars en 2006 à 440 millions en 2022, puis à 655 millions en 2026, selon les chiffres cités par Frenzie Tang.
Lire l’analyse ci-dessous :
« Eto’o, Infantino et le vrai prix du rééquilibrage du football mondial
A l’analyse, l’interview de Samuel Eto’o sur CNN, le 24 août 2026, dépasse la simple défense de Gianni Infantino. Mieux, elle pose une question qui mérite d’être regardée autrement : qui profite réellement de la croissance spectaculaire de l’économie du football mondial ?
En soutenant le président de la FIFA, le président de la FECAFOOT défend notamment une vision : celle d’une FIFA qui redistribue davantage de ressources aux fédérations, particulièrement aux pays qui disposent de moins de moyens.
En effet, les chiffres donnent du crédit à cette lecture. L’Afrique possède 54 associations membres de la FIFA, contre 55 pour l’UEFA. En 2026, l’Afrique aligne dix représentants à la Coupe du monde, contre cinq lors des éditions précédentes. L’Europe, elle, passe de 13-14 à 16 équipes. Dans le même temps, le prize money du Mondial atteint 655 millions de dollars, contre 440 millions en 2022 et environ 266 millions en 2006.
Mais le véritable changement se trouve peut-être dans FIFA Forward. Depuis 2016, ce mécanisme a profondément augmenté les ressources destinées aux 211 associations membres. Pour l’Afrique, la FIFA estime à environ 1,08 milliard de dollars les investissements directement consacrés aux associations africaines depuis le lancement du programme, avec une projection à 1,28 milliard en incluant les autres niveaux du football africain.
Jusqu’à là, peut-on dire que l’Afrique est enfin en train de rattraper l’Europe ? Pas encore. Car, le même dollar FIFA n’a pas la même portée au Cameroun, au Sénégal ou au Maroc qu’en France, en Allemagne ou en Angleterre. L’Europe conserve une puissance incomparable en matière de droits TV, de sponsoring, de revenus des clubs, d’infrastructures et de formation.
Plus révélateur encore, l’argent versé aux clubs pour la mise à disposition des internationaux retourne majoritairement vers l’Europe, puisque la plupart des joueurs africains évoluent dans les championnats européens.
Le paradoxe est donc patent. La FIFA redistribue davantage à l’Afrique, mais l’écosystème économique du football continue largement de profiter à l’Europe.
C’est pourquoi le débat autour de FIFA Forward Enterprise mérite mieux qu’un affrontement entre pro et anti-Infantino. La vraie question devrait être celle-ci : comment transformer la croissance des revenus du football mondial en développement durable des fédérations africaines ?
Pour le Cameroun, cela signifie des centres de formation, des compétitions régulières, des infrastructures, du football féminin, de l’arbitrage, de la médecine sportive et surtout une gouvernance capable de transformer les financements en résultats.
Eto’o défend Infantino. Il peut se tromper. C’est juste un humain. Mais derrière cette alliance politique, se trouve peut-être une question beaucoup plus grande : l’Afrique veut-elle seulement recevoir davantage d’argent du football mondial, ou veut-elle enfin participer davantage à la création de sa richesse ?
C’est là que se jouera le véritable rééquilibrage. Et l’implication de tous est, une fois de plus, sollicitée. Si nous travaillons ensemble, pour les générations futures et non pour nos intérêts personnels, l’Afrique s’en sortira avec davantage de souveraineté et de progrès.
Frenzie Tang »
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