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“faites de vos promesses une réalité pour la liberté de la presse au Cameroun”

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“faites de vos promesses une réalité pour la liberté de la presse au Cameroun”
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Malgré la contestation des résultats de l’élection présidentielle, avec des manifestations réprimées dans le sang dans plusieurs grandes villes du pays, Paul Biya a prêté serment le 6 novembre, marquant le début effectif de son huitième mandat présidentiel. Reporters sans frontières (RSF) l’invite à transformer ses promesses de campagne en actes et lui propose un programme pour la liberté de la presse en dix engagements afin que le Cameroun ne demeure pas l’un des pays les plus dangereux d’Afrique pour les journalistes.

« Après plus de quarante ans au pouvoir au Cameroun, le président Paul Biya vient d’être réélu au grand dam de la liberté de la presse. Risques d’assassinat de journalistes, lois liberticides encadrant la profession, sévère contrôle de l’information, impunité, censure… Les conditions de travail des journalistes sont particulièrement difficiles et les chantiers d’amélioration nombreux au Cameroun. Nous appelons le président réélu Paul Biya à respecter son engagement de campagne et à prendre en compte, lors de ce huitième mandat, nos dix recommandations afin d’améliorer l’exercice du journalisme dans le pays, pour que les professionnels de l’information puissent enfin effectuer leur métier sans crainte de représailles ».

C’était une promesse de campagne de Paul Biya : “Je renforcerai les mesures de protection de la liberté d’expression et des journalistes.” Le chantier est immense tant les entraves au droit à l’information et les mesures de répression des reporters sont légion au Cameroun.

Après avoir dressé un bilan alarmant des 42 ans de régime Biya, et parce qu’aucun programme n’a encore été dévoilé sur cette promesse de rompre avec des années de répression, RSF formule dix recommandations concrètes pour que la liberté de la presse soit plus qu’une promesse au Cameroun, classé à la 131e place du Classement mondial de la liberté de la presse 2025.

1. Garantir un environnement libre et sûr aux journalistes en assurant leur sécurité

Les journalistes sont régulièrement exposés : violences verbales et physiques, menaces, arrestations, détentions arbitraires, enlèvements, assassinats… Le président doit s’engager à protéger les journalistes contre ces atteintes qui mettent en péril leur travail, en mettant en place des mesures de sécurité adaptées, notamment en amont de manifestations et dans les zones de conflit, et en formant les forces de l’ordre au respect de la liberté de la presse.

2. Supprimer les peines privatives de liberté pour les délits de presse

La diffamation, l’injure et l’outrage à une autorité, la publication de fausses nouvelles et l’atteinte à la sûreté de l’État sont autant d’infractions liées à la presse qui sont actuellement de nature pénale et passibles de peines de prison. Il est temps de les supprimer et de garantir qu’aucun journaliste ne sera privé de sa liberté pour avoir exercé son métier.

3. Mettre un terme à l’utilisation de lois répressives pour poursuivre les journalistes

Depuis son entrée en vigueur, la loi antiterroriste de 2014 a été utilisée de manière récurrente pour poursuivre des journalistes critiques devant des tribunaux militaires, notamment ceux qui écrivent sur la gestion de la crise anglophone au Cameroun. Le président doit s’engager à ce qu’aucun journaliste ne soit désormais poursuivi ou condamné sur la base de la loi antiterroriste.

4. Modifier les textes régissant le fonctionnement du Conseil national de la communication (CNC) pour en faire une réelle entité indépendante

L’intégralité des membres du Conseil national de la communication (CNC), l’organe de régulation des médias, sont nommés par décret présidentiel, ce qui remet en question l’indépendance de l’organe. Le CNC doit intégrer des journalistes dans le processus de nomination de ses membres afin qu’il devienne un organe autonome. Sa composition pourrait être à parité.

5. Garantir l’impartialité de la Radiotélévision publique camerounaise (CRTV)

La CRTV fonctionne actuellement comme un média d’État au service de la communication du régime. Son directeur général est nommé par décret présidentiel et son financement n’est pas transparent. Afin d’assurer son indépendance et son service à l’intérêt général, le mode de fonctionnement de la CRTV doit être réformé. Un Conseil de l’audiovisuel public, chargé de la supervision stratégique de la CRTV, pourrait être mis en place.

6. Garantir un accès équitable à l’information publique pour les journalistes

L’accès à l’information pour les journalistes n’est pas garanti au Cameroun. RSF recommande que le gouvernement adopte une loi sur l’accès à l’information publique, obligeant les administrations à répondre aux demandes des journalistes et à rendre leurs documents plus accessibles.

7. Apporter un soutien public transparent et impartial aux entreprises de presse publiques et privées

Les journalistes camerounais, notamment ceux de médias privés, travaillent dans des conditions de précarité extrême, nuisant à leur indépendance. Afin d’assurer la viabilité et l’indépendance des médias privés et publics, RSF recommande de redistribuer de manière transparente et équitable l’aide à la presse, qui doit être augmentée.

8. Libérer Amadou Vamoulké

L’ancien directeur de la CRTV Amadou Vamoulké est détenu arbitrairement depuis neuf ans. Il a été condamné à deux peines de prison, de 20 et 12 ans, sur la base d’accusations sans fondement ni preuve tangible de “détournements de fonds publics” au profit du média qu’il a dirigé pendant 11 ans. Le journaliste de 75 ans, reconnu par ses pairs pour son intégrité, souffre d’au moins six pathologies nécessitant des soins médicaux avancés. Le libérer et lui permettre de retrouver ses proches enverrait un signal fort à la presse.

9. S’engager à lutter contre l’impunité des actes de violence envers les journalistes

Le degré d’impunité pour les auteurs d’actes de violence – jusqu’au meurtre – envers les journalistes reste fort dans le pays. L’enquête suivant le meurtre du journaliste Anye Nde Nsoh, tué par balle le 7 mai 2023 à Bamenda, dans le nord-ouest du pays, est au point mort, et aucun responsable n’a été condamné. Pas de responsable condamné non plus et aucun rapport d’enquête rendu public pour la mort du journaliste de Chillen Music Television (CMTV) Samuel Wazizi, arrêté le 2 août 2019 à Buea, capitale de la région anglophone du sud-ouest du pays, et mort en détention dans des circonstances troubles. Le président doit ordonner des enquêtes impartiales sur tous les crimes commis contre les journalistes afin que les auteurs soient traduits en justice.

10. Garantir que l’enquête ouverte après le meurtre de Martinez Zogo soit menée de manière impartiale

L’enquête ouverte après le meurtre odieux du journaliste Martinez Zogo – que RSF considère comme un crime d’État – en janvier 2023 doit être menée à son terme de manière transparente, impartiale et sans interférence, alors même que l’affaire implique plusieurs membres des services de renseignement camerounais.

Sadibou Marong
Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF

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Willy Mengue attaqué par Mamadou Mota après sa défaite judiciaire face au MRC

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Willy Mengue attaqué par Mamadou Mota après sa défaite judiciaire face au MRC
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L’ancien premier vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Mamadou Yacouba Mota, a vivement réagi à la décision du Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou dans l’affaire opposant le parti à trois de ses anciens militants, dont Willy Mengue.

Dans un texte publié sur les réseaux sociaux, M. Mota s’en prend particulièrement à Willy Mengue, qu’il accuse d’avoir choisi la voie judiciaire pour contester le fonctionnement interne du MRC.

« Le cas d’école Willy Mengue », écrit-il en ouverture, avant de dénoncer ce qu’il présente comme une démarche contraire, selon lui, au combat politique mené par le parti.

Le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou s’est déclaré, jeudi, incompétent pour examiner en référé la demande introduite par Willy Mengue, Kamegne Georgette Laure, dite Laure Noutchang, et Sébastien Mbala Wouria II. Les trois requérants sollicitaient notamment la désignation d’un mandataire judiciaire ad hoc chargé de « normaliser » le fonctionnement du MRC.

Lire la sortie de Mamadou Mota :

« De l’art d’être le dindon d’une farce tragique : le cas d’école Willy Mengue.

Mes chers amis, s’il y a bien une leçon à tirer des soubresauts politiques qui agitent notre scène nationale, c’est que le ridicule possède désormais ses propres professionnels. Pour comprendre la dernière sortie numérique de Monsieur Willy Mengue, il convient d’abord de rappeler le décor. Nous ne sommes pas dans une démocratie scandinave où l’on débat du budget autour d’un thé. Nous sommes au Cameroun, un pays où faire de l’opposition et en particulier au MRC s’apparente à une discipline de haute voltige sans filet.

L’acharnement du régime de Yaoundé n’est plus une tactique, c’est une seconde nature. Arrestations arbitraires, interdictions systématiques, diabolisation médiatique : l’appareil d’État déploie un zèle kafkaïen pour étouffer le moindre souffle de dissidence. Et c’est précisément au milieu de cette tempête, alors que ses anciens camarades font face aux vents contraires avec un courage qui force le respect, que Monsieur Willy Mengue a eu cette illumination magistrale : traîner son propre parti en justice. Quelle audace. Quelle vision stratégique.

Malheureusement pour lui, son plan s’est fracassé sur un écueil prévisible : la justice s’est déclarée incompétente. Traduction politique : circulez, il n’y a rien à voir.

En renvoyant ce plaignant égaré à ses chères études, le tribunal n’a pas seulement douché ses ambitions de grandeur ; il a involontairement privé le MINAT d’un hochet qu’il s’apprêtait à agiter avec gourmandise pour déstabiliser l’opposition. Mais le summum de l’art dramatique est atteint lorsque l’intéressé se répand sur Facebook, la mine défaite, en écrivant : « Quelle triste nouvelle pour le MRC ». Voyez-vous cela.

Monsieur joue les Tartuffes de la démocratie. Il feint de pleurer sur le sort d’un parti qu’il a lui-même tenté de saboter. La vérité, c’est que la triste nouvelle n’est que pour lui, et pour cette cohorte d’opportunistes qui n’ont jamais compris la gravité de la tâche qui leur incombait. Ils ont confondu le combat pour la liberté avec une vulgaire querelle d’arrière-boutique, jouant avec une constance touchante le rôle d’idiots utiles pour un régime qui n’en demandait pas tant. Heureusement, face à ce vaudeville juridico-politique, il restait des adultes dans la pièce.

Je tiens à saluer le collectif Souop Sylvain. Votre patience face à l’absurde, votre abnégation et votre rigueur ont agi comme un puissant révélateur. Vous avez démontré que face aux marionnettes et aux maîtres du cynisme d’État, la droiture et la constance restent les seules boussoles. Les masques sont tombés, et le spectacle est terminé.

Mamadou Mota

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Nucléaire civil, l’ambitieux projet du Cameroun !

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Le Cameroun envisage de se doter du nucléaire civil. C’est ce qu’a indiqué la ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Madeleine Tchuinte lors […]

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13 morts dans une attaque attribuée à Boko Haram à Madegoua

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13 morts dans une attaque attribuée à Boko Haram à Madegoua
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Le village Madegoua, situé à environ 9 km de Makary, dans le département du Logone-et-Chari, a été pris pour cible dans la nuit du mercredi au jeudi 17 septembre 2026.

Des assaillants présentés comme des éléments de Boko Haram ont fait irruption dans cette localité aux environs de 2 heures du matin. Le bilan provisoire fait état de 13 personnes tuées sur place et de deux autres décédées des suites de leurs blessures à l’hôpital de district de Makary. Plusieurs personnes ont également été enlevées, tandis que des blessés ont été évacués vers des structures sanitaires.

Joint au téléphone par notre rédaction pour faire le point sur la situation, le maire de la commune de Makary, M. Abakar Abba, a déclaré : « Nous sommes sous le choc. Les autorités administratives, militaires et politiques sont immédiatement descendues sur les lieux. C’est la toute première fois que ce village subit une telle attaque. Le bilan est très lourd avec plusieurs décès, de nombreux blessés et des villageois enlevés. La population est plongée dans la peur et la désolation, mais les forces de défense et de sécurité sont déployées pour sécuriser la zone et retrouver les personnes disparues. »

Cette nouvelle incursion intervient dans un contexte déjà difficile pour les populations du Logone-et-Chari. La faiblesse des précipitations et ses conséquences sur les activités agro-pastorales viennent accentuer les difficultés quotidiennes des communautés. À cette situation s’ajoute désormais la crainte liée à la recrudescence des violences, plongeant de nombreuses familles dans l’inquiétude et l’incertitude.

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