Actualités locales
plus de 2 000 personnes interpellées et gardées à vue dans les geôles de plusieurs villes camerounaises
C’est le rapport fait par Me Alain Ndam, coordonnateur du collectif de défense des régions du Centre et du Sud à l’émission Zappe presse le 2 novembre diffusée sur les antennes de la RTS (Radio Tiemeni Siantou), une radio urbaine émettant à Yaoundé, siège des institutions de la République. C’est à l’issue de l’observation des manifestations post-électorales survenues depuis le 27 octobre dernier, jour de proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre par le Conseil constitutionnel.
Plus d’une semaine après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel, plus d’une centaine d’avocats bénévoles ont fait le bilan de la répression post-électorale depuis le déferrement, le 31 octobre, de 71 prévenus au tribunal militaire de Yaoundé devant le commissaire du gouvernement.
Intervenu le 2 novembre 2025 à l’émission de débat dominical Zappe presse sur les ondes de la RTS (Radio Tiemeni Siantou), une chaîne urbaine émettant dans la capitale politique métropolitaine et environs, Me Alain Ndam a fait le décompte des personnes interpellées et placées en garde à vue administrative dans les cellules des commissariats des différentes villes du pays et du Sed.
Selon le coordonnateur du collectif de défense citoyenne des régions du Centre et du Sud, un collectif d’avocats dénonçant les injustices subies par des individus, « plus de 2 000 personnes ont été interpellées ces derniers jours, au rang desquelles figurent 1 300 personnes placées en garde à vue administrative à Douala ; 345 à Bertoua ; 300 à Bafoussam ; 78 à Maroua et 55 à Yaoundé devant le commissaire du gouvernement ».
L’avocat au barreau du Cameroun décrit l’état exécrable dans lequel se trouvent bien de personnes interpellées. « Nous avons vu, explique A. Ndam, des personnes ayant le visage tuméfié, des blessures. Il y en a un qui nous a particulièrement touchés, qui a une fracture. Le commissaire du gouvernement et la gendarmerie se partageaient la balle entre celui qui va prendre en charge ce dernier. Pire encore, 30 % des jeunes arrêtés sont des mineurs ».
À la question de savoir quels sont les motifs retenus contre ces personnes interpellées, l’homme en robe noire répond : « insurrection, révolution et appel à la révolte en complicité ». Il s’agit là des infractions relevant de la compétence du tribunal militaire de Yaoundé. A. Ndam conteste la méthodologie ayant gouverné ces arrestations.
« Si l’État estime qu’il y a des gens qui troublent l’ordre public, utilisez les armes que le législateur vous a données, notamment le Code de procédure pénale. Si vous avez décidé de les arrêter, il faut les traiter conformément au principe du Code de procédure pénale et leur accorder la possibilité d’avoir accès à un procès équitable », indique A. Ndam.
Utilisation excessive de la force de l’État
Le coordonnateur du collectif de défense des régions du Centre et du Sud, à l’issue du rapport rendu public, constate l’utilisation abusive de la force de l’État parce qu’il ne comprend pas que, pour interpeller, par exemple, un garçon de 15 ans, l’on déploie les hommes super armés, qui font subir des formes de violences physiques aux personnes arrêtées après les avoir parquées comme du bétail.
« Cet état de choses suscite la révolte. On les (personnes arrêtées) traite comme des animaux, comme des hors-la-loi parce qu’il est bon de préciser que la manifestation n’est pas un acte illégal. Le fait de manifester pour exprimer une opinion politique n’est pas un acte illégal. S’il y a eu des casseurs parmi eux, traitez-les comme il se doit ! Il n’est pas question de déshumaniser les concernés parce qu’ayant violé la loi », conclut l’avocat. A. Ndam fait, en dernier ressort, un bilan des pertes en vies humaines.
Jusqu’ici, l’organe de défense bénévole des personnes placées en garde à vue administrative note 29 cas de morts documentés. Une esquisse de bilan de la répression post-électorale est faite alors que l’appel aux villes mortes dans les villes camerounaises, lancé par Issa Tchiroma Bakary, leader national du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), qui continue de revendiquer sa victoire à l’élection présidentielle du 12 octobre, expire ce mercredi, 5 novembre 2025.
Serge Aimé BIKOI
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Actualités locales
Cimenterie : CIMENCAM démontre son savoir-faire lors d’une visite institutionnelle à l’usine de Nomayos

(CIMENCAM) – Les Cimenteries du Cameroun (CIMENCAM) veulent consolider leur position historique sur le marché camerounais du ciment. L’entreprise l’a réaffirmé le 27 juillet 2026, à l’occasion d’une visite institutionnelle de l’ambassadrice de Suisse et du consul du Maroc, représentant de l’ambassadeur du Maroc, sur le site de son usine de Nomayos, située en banlieue de Yaoundé.
Inaugurée en 2019 à la suite d’un investissement de plus de 29 milliards de FCFA, cette unité d’une capacité de production annoncée de 500 000 tonnes de ciment par an, a réussi à porter sa production jusqu’à 700 000 tonnes de ciment par an.
Ce produit est particulièrement recherché par les entreprises engagées dans les grands chantiers d’infrastructures, notamment les barrages hydroélectriques, les routes et les autoroutes.
Une demande nationale en progression
CIMENCAM fonde ses ambitions sur les perspectives de croissance du marché camerounais de la construction. Cette dynamique serait notamment portée par les grands projets d’infrastructures. Le déficit de logements constitue un autre moteur potentiel de la consommation. D’après CIMENCAM, la consommation de ciment au Cameroun connaîtra une augmentation d’ici 2031, sous l’effet de la demande immobilière, de l’urbanisation et des besoins croissants en équipements et services publics.
Quatre unités industrielles pour couvrir le marché
Pour profiter de cette progression attendue de la demande, CIMENCAM entend s’appuyer sur ses quatre unités industrielles. Son dispositif comprend une station de broyage et une unité de production de mortiers implantées à Douala-Bonabéri, une station de broyage à Nomayos, ainsi qu’une cimenterie intégrée à Figuil.
Présente au Cameroun depuis 63 ans, l’entreprise a pour actionnaire majoritaire LafargeHolcim Maroc Afrique (LHMA), filiale du groupe Holcim.
CIMENCAM dispose par ailleurs d’un effectif stable de 375 collaborateurs répartis sur l’ensemble de ses sites, dont 14 % de femmes. Ces indicateurs sont présentés par la direction comme le résultat d’une politique de ressources humaines orientée vers la fidélisation des compétences et la continuité des activités industrielles.
Cap sur les matériaux préfabriqués
Pour soutenir son développement, CIMENCAM s’appuie sur l’expertise du groupe suisse Holcim, leader mondial des matériaux de construction dont elle est la filiale, ainsi que sur le savoir-faire de ses équipes. Cette double expertise permet à l’entreprise de renforcer ses capacités d’innovation, qui se traduit aujourd’hui par sa gamme variée de solutions de construction, dont le dernier né est le ciment MAXIBRIQ, dédié à la production des matériaux préfabriqués (parpaings, pavés, buses, etc.).

CIMENCAM travaille également au développement de nouveaux types de ciment destinés à réduire les émissions de CO₂ et à améliorer l’empreinte environnementale du secteur de la construction.
Pour l’ambassadrice de Suisse au Cameroun, Natalie Kohli, l’entreprise incarne plusieurs principes auxquels son pays est attaché.
« L’innovation et la qualité sont des valeurs qui sont chères à la Suisse.», a-t-elle déclaré.
Une entreprise stratégique pour la sous-région
De son côté, Mohamed Mizri, consul du Royaume du Maroc à Yaoundé et représentant de l’ambassadeur du Royaume du Maroc, a présenté CIMENCAM comme une entreprise stratégique pour le développement du Cameroun et de plusieurs marchés voisins, notamment le Tchad, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale.
Il a salué la progression de l’entreprise, ainsi que ses efforts pour se conformer progressivement aux standards internationaux en matière de sécurité et de protection de l’environnement.
Selon le directeur général de CIMENCAM, Rachid Yousry, la visite des deux diplomates a permis de présenter les innovations de l’entreprise, mais aussi ses actions en matière de responsabilité sociétale et de développement durable.
La Suisse et le Maroc constituent, selon lui, deux références dont CIMENCAM entend s’inspirer, compte tenu de leurs avancées dans ces domaines.
Le capital de CIMENCAM est détenu en majorité par LafargeHolcim Maroc Afrique, par l’État camerounais à travers la Société nationale d’investissement, et par les collaborateurs de l’entreprise.

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