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le père Lado envoie une lettre ouverte à Léon XIV

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le père Lado envoie une lettre ouverte à Léon XIV
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 « Lettre ouverte au Très Saint Père Léon XIV

Très Saint Père,

Je me permets de Vous adresser cette lettre dans un esprit de profonde déférence et de sincère amour filial, au nom des pauvres dont il est question dans la toute première exhortation de votre pontificat Dilexit te. Elle peut éclairer votre discernement.

J’ai appris avec joie que les préparatifs de Votre visite pastorale au Cameroun sont en cours. La venue du Successeur de Pierre est toujours une grâce immense pour le peuple de Dieu, comme ce fut le cas lors des visites de saint Jean-Paul II et du pape Benoît XVI.

Cependant, Très Saint Père, permettez-moi, dans un esprit de vérité et de responsabilité, d’exprimer une préoccupation qui habite de nombreux Camerounais attachés à la justice et à la paix. Le moment choisi pour une telle visite me semble particulièrement délicat.

Notre pays traverse une grave crise politique et morale. Les dernières élections du 12 octobre, entachées de fraudes massives, ont abouti au maintien au pouvoir d’un régime dont la légitimité est fortement contestée. Cette situation a engendré une crise postélectorale douloureuse, marquée par des violences, des morts et une répression sévère.

Il est également affligeant de constater que la plupart des fraudes électorales et des dérives sociales sont le fait de citoyens qui se réclament chrétiens, mais dont les actes contredisent l’Évangile de justice et de vérité. Les églises sont pleines le dimanche, mais la société demeure pleine de corruption, d’injustice et de violences qui crucifient les pauvres.

Paul Biya, dont le régime vient une fois de plus de violer la volonté du peuple qui avait porté son choix sur un autre candidat, est âgé de 93 ans et exerce le pouvoir depuis 43 ans.

Il cherche à se maintenir encore sept années supplémentaires, au prix de la vie de jeunes Camerounais tombés sous les balles. En effet, Très Saint Père, les dizaines de victimes recensées ont été tuées par des balles tirées sur des civils non armés par l’armée devenue une milice à la solde d’un homme, ce qui manifeste tragiquement le peu de souci accordé à la dignité de la vie humaine dans notre pays, surtout celle des plus pauvres. Ces drames déchirent nos consciences et appellent une parole prophétique de vérité et de compassion.

Dans la crise que traverse aujourd’hui le Cameroun, la quasi-totalité des manifestants tués sont des pauvres, ces jeunes désarmés et délaissés qui n’avaient pour seule arme que leur soif de justice et de liberté. Leur sang versé rappelle avec force que l’Évangile du Christ ne peut jamais être séparé du cri des opprimés.

Comme vous le rappelez dans la toute première exhortation apostolique Dilexit Te (DT), « l’affection envers le Seigneur s’unit à celle envers les pauvres » (DT 5). En écoutant ce cri, dites-vous encore, « nous sommes appelés à nous identifier au cœur de Dieu qui est attentif aux besoins de ses enfants, en particulier les plus démunis » (DT, 9).

Or, ce cœur de Dieu est aujourd’hui meurtri, car « sur le visage meurtri des pauvres, nous voyons imprimée la souffrance des innocents et, par conséquent, la souffrance même du Christ » (DT, 9). Le Cameroun est devenu le miroir tragique de cette parole : pendant que les pauvres meurent dans les rues, une élite vieillissante s’accroche au pouvoir et « vient grossir le nombre de ceux qui vivent dans une bulle de confort et de luxe, presque dans un autre monde par rapport aux gens ordinaires » (DT, 11).

Dans ce contexte, la venue du Saint-Père, si elle devait avoir lieu maintenant, risquerait d’être récupérée par un gouvernement illégitime en quête de respectabilité.

Or, Dilexit Te rappelle avec insistance que « l’option préférentielle de Dieu pour les pauvres » (DT 16) ne saurait être trahie par une proximité mal éclairée avec les puissants : « Ou même on choisit une pastorale des soi-disant élites, en soutenant qu’au lieu de perdre son temps avec les pauvres, il vaut mieux prendre soin des riches, des puissants et des professionnels afin qu’à travers eux l’on puisse parvenir à des solutions plus efficaces.

Il est facile de saisir la mondanité qui se cache derrière ces opinions : elles nous conduisent à regarder la réalité au moyen de critères superficiels et dépourvus de toute lumière surnaturelle, en privilégiant des fréquentations qui nous rassurent et en recherchant des privilèges qui nous arrangent » (DT, 114). C’est pourquoi, dans la fidélité à cette vision évangélique, il importe que la visite du Saint-Père ne soit pas instrumentalisée, mais demeure un signe prophétique en faveur des pauvres dont le cri monte chaque jour vers Dieu.

Très Saint Père, il convient aussi de préciser que le régime en place, dont les membres se sont enrichis de manière scandaleuse sur le dos des pauvres, n’hésitera pas à mobiliser des ressources considérables pour financer Votre visite, même si cela doit se faire au détriment des écoles, des hôpitaux et des services essentiels à la population.

Tout sera mis en scène pour donner l’illusion d’un pays prospère et accueillant, mais derrière ces apparences se cache une réalité tragique : ces fonds proviennent du peuple appauvri, de ces mêmes pauvres pour lesquels il n’y a ni soins, ni emploi, ni avenir. C’est de l’argent pris aux pauvres d’un pays dont on se soucie peu, mais dont on exploite la misère pour soigner l’image du pouvoir.

Très Saint Père, les mains des membres du régime de Paul Biya que Vous serez amené à serrer pendant Votre visite au Cameroun, comme celles d’Hérode et de Pilate, sont entachées du sang de pauvres Camerounais, victimes de la répression politique.

Comment pourrions-nous oublier les milliers de nos frères et sœurs qui ont péri dans le cadre de la crise anglophone, une tragédie nationale qui, jusqu’à ce jour, n’a toujours pas trouvé d’issue juste et durable ? Ces blessures béantes appellent non pas des gestes diplomatiques, mais une parole de vérité et un accompagnement sincère vers la paix.

Dans un tel contexte, une visite papale, si elle devait avoir lieu maintenant, risquerait d’être interprétée comme une forme implicite de caution donnée à un pouvoir discrédité et illégitime.

C’est pourquoi, Très Saint Père, avec tout le respect et la loyauté que je Vous dois, je me permets de Vous suggérer de reporter cette visite à un moment plus propice, lorsque le Cameroun aura retrouvé un climat de justice, de paix et de réconciliation, avec des autorités légitimes.

Le Cameroun a aujourd’hui davantage besoin d’une médiation de paix dans la vérité et la justice, et en cela, la Communauté de Sant’Egidio pourrait être d’un grand secours. Une telle initiative, soutenue par le Saint-Siège, pourrait ouvrir une voie de dialogue sincère entre les parties et aider notre nation à sortir de cette impasse historique. Une fois la crise apaisée et les cœurs réconciliés, votre visite serait alors accueillie dans un climat de paix et de joie véritablement évangélique.

Je suis conscient, Très Saint Père, que ces paroles peuvent m’exposer à des risques, mais je me sens habité par le devoir de dire la vérité, même lorsqu’elle peut me coûter la vie.

Mais une vie consacrée est une vie déjà donnée.

Je Vous confie cette intention dans la prière, en Vous remerciant pour Votre sollicitude pastorale et Votre témoignage de foi. Que Dieu continue de bénir Votre ministère pétrinien et qu’Il veille sur le Cameroun dans ces temps d’épreuve et sur toute l’humanité souffrante.

Veuillez agréer, Très Saint Père, l’expression de mes sentiments les plus filiaux et respectueux ».

 

Ludovic Lado, S.J.

Prêtre jésuite camerounais

Harvard University

 

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les paradoxes d’une décentralisation sous tutelle

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les paradoxes d’une décentralisation sous tutelle
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Dans les normes, la décentralisation doit être exercée par la base. Mais, le modèle camerounais consacre plutôt une décentralisation administrée par le sommet. C’est l’objet de ce regard critique dont le prétexte est la signature ce 15 mai 2026 de l’Arrêté Conjoint N°0043/AC/MINDDEVEL/MINFI fixant les modalités de création et d’organisation des Unités de Suivi de la Fiscalité Locale (USFL) au sein des CTD, clame Louis Marie Kakdeu.

 

 

 Ce texte s’inscrit dans la chaîne normative ouverte par la loi n°2024/020 du 23 décembre 2024 portant fiscalité locale, dont la circulaire conjointe FILOC du 4 juillet 2025 avait déjà précisé les modalités d’application.

 Pendant la session parlementaire de Novembre 2024, le Social Democratic Front (SDF) avait porté ce débat à l’Assemblée nationale lors des débats sur la loi des finances 2025 mais, le parti avait été inaudible parce que le débat identitaire dominait l’actualité politique du pays reléguant au second plan les préoccupations réelles du citoyen et les enjeux de développement du pays. Aujourd’hui, le réveil est brutal et l’ensemble de la communauté nationale découvre comme si c’était un nouveau sujet que le processus de décentralisation a été dévoyé sous nos yeux. De quoi est-il question ?

Lutte contre la mauvaise gouvernance locale

Le cœur de la réforme porte en gros sur l’article 13 qui consacre explicitement le dessaisissement des ordonnateurs et comptables municipaux de leurs prérogatives liées à l’émission des recettes fiscales et au recouvrement des impôts, taxes et redevances communales. En langage facile, le gouvernement veut sanctionner les maires qui excellent dans le détournement des recettes fiscales. En effet, la collecte de la fiscalité locale était un objet d’enrichissement personnel des maires.

Alors que ces derniers se remplissaient les poches, le gouvernement était sollicité pour payer les frais de fonctionnement des mairies, ce qui représentait pour l’Etat une double perte. C’est le cas des arriérés de salaire dans les CTD qui entrent dans la dette flottante devant être payée par l’Etat.

La DGI projette à près de FCFA 600 milliards les recettes attendues de la fiscalité locale en 2026, somme qui s’était toujours volatilisée jusqu’ici. Par exemple, les banderoles et autres affiches pullulent dans nos villes sans que l’on ne voie suffisamment les entrées dans les recettes des mairies. Le fisc entend donc instaurer un principe de la gouvernance, celui de la transparence, afin d’instituer la traçabilité des recettes fiscales locales. Du point de vue du gouvernement, cette réforme ne toucherait pas les engagements financiers de l’Etat vis-à-vis des CTD ; elle viserait plutôt à mieux collecter les ressources pour mieux servir les CTD dans l’intérêt général.

Une mauvaise solution à un réel problème de gouvernance

On apprend à forger en forgeant. Au lieu de poursuivre la mise en œuvre du processus de la décentralisation, le gouvernement ne peut pas choisir de reculer et de compromettre les enjeux de développement parce qu’’il y a détournement des deniers publics. La solution au vol n’est pas le recul, le contournement ou le retrait des compétences, mais la sanction. Le fisc ne veut plus attendre les résultats d’audit pour avoir une idée des recettes locales. Le fisc veut la traçabilité en temps réel.

Toutefois, en s’abstenant de sévir face aux résultats d’audit qui accablent les maires, le gouvernement montre son incapacité à gouverner. La loi sur la fiscalité locale de 2024, la lettre circulaire de 2025 et l’arrêté de 2026 sont des voies de contournement des barons du régime et du RDPC qui ont pris en otage les mairies et qui ont fait main-basse sur la fiscalité locale. A défaut de les faire passer devant les lois de la République, le régime en place doit tout au moins faire preuve de courage politique pour renouveler son personnel politique et conduire le pays vers le développement.

Un gage de non-fonctionnalité

L’Arrêté consacre lui-même que les USFL au sein des CTD ne seront pas fonctionnelles. Il ne dit pas d’où viendront leurs moyens de fonctionnement. Il impose aux communes des obligations précises (transmission des fichiers contribuables avant le 31 janvier, participation aux enquêtes cadastrales, délibérations conformes, etc.) qui supposent une administration municipale structurée, informatisée et compétente. L’article 11 exige que le chef de l’USFL soit un agent public contractuel de catégorie 8 minimum ou un fonctionnaire en détachement de catégorie B minimum, avec une expérience en fiscalité. Or, une grande majorité des 374 communes camerounaises dispose de ressources humaines limitées et de systèmes d’information rudimentaires.

La création d’une USFL dans chaque CTD suppose des investissements massifs dans les infrastructures informatiques, un recrutement massif de nouveaux profils, ou des détachements de fonctionnaires, trois options qui impliquent des coûts budgétaires que les communes, précisément faute de ressources suffisantes, auront du mal à supporter. La création des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP) est évoquée comme solution d’avenir, mais la circulaire elle-même reconnaît, dans ses dispositions transitoires, que ces centres ne sont pas encore déployés. Dans l’intervalle, le droit commun s’applique, c’est-à-dire l’administration centrale des impôts.

La critique de la centralisation des recettes a toujours été la longueur du circuit de la collecte jusqu’au transfert des ressources aux CTD. Le plus souvent, ces ressources retournent au niveau des CTD vers la fin d’année, paralysant le fonctionnement des mairies en début d’année. Pour résoudre ce problème, l’on pourrait maintenir au niveau des Centres divisionnaires des impôts (CDI), les ressources de la fiscalité locale. Ce serait en ce moment-là un simple transfert du pôle de détournement des deniers publics des maires vers les chefs de CDI. On ne serait donc pas sorti de l’auberge et aucun problème de gouvernance n’aurait été résolu.

Une décentralisation de façade

En dessaisissant les ordonnateurs locaux, en soumettant la création de l’USFL à l’approbation étatique, en confiant l’essentiel des pouvoirs fiscaux aux CFLP de la DGI, le système construit autour de la loi de 2024 consacre une décentralisation de façade : les communes ont des structures, des attributions formelles, des obligations de reporting, mais pas de pouvoir réel.

À l’heure où le Cameroun ambitionne de parachever sa décentralisation et où le SDF ambitionne d’aller plus loin vers le fédéralisme, notamment à travers le transfert effectif des compétences et des ressources prévu par le Code Général des CTD de 2019, cet arrêté confirme que la trajectoire choisie par le gouvernement camerounais reste celle d’une décentralisation administrée par le sommet plutôt qu’exercée par la base.

Pour les enjeux de développement local, notamment le financement des infrastructures, l’amélioration des services de base, la responsabilisation des élus locaux devant leurs populations, cette trajectoire présente des limites que ni la meilleure circulaire ni le meilleur arrêté organisationnel ne pourront surmonter tant que le transfert réel des compétences n’aura pas été accompli. La constitutionnalité de ces textes est donc engagée et il est à espérer que le débat politique camerounais commencera à s’intéresser aux sujets de fonds touchant les enjeux de développement du pays.

 

Louis-Marie KAKDEU, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National SDF

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l’artiste Longue Longue en situation irrégulière en France

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L’artiste camerounais Longue Longue se trouve actuellement en rétention administrative en France (au Centre de Rétention Administrative de Geispolsheim, près de Strasbourg), sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF).

Une mobilisation est en cours pour tenter de bloquer son expulsion imminente vers le Cameroun. Selon plusieurs observateurs, il s’agit d’une situation critique.  Les autorités françaises ont procédé à son interpellation, ce qui le place dans une procédure d’éloignement. Ses avocats tentent de faire valoir le droit d’asile en s’appuyant sur les actes de torture dont l’artiste a été victime au Cameroun.

 Les images de ces violences, largement partagées, servent d’argument principal pour prouver qu’un retour forcé l’exposerait à des traitements inhumains ou dégradants. Le sort de l’artiste dépend de l’examen de son recours par les juridictions administratives françaises et de la décision d’un juge.

 

Lire le Focus de Christian Ntimbane Bomo :

 

 

LONGUE LONGUE, VICTIME !

La détention administrative en vue de son éloignement de France de l’artiste LONGUE LONGUE révèle une fois de plus l’état des libertés et droits d’expression et d’opinion au Cameroun.

Elle permet de se poser la seule question : » Pourquoi LONGUE LONGUE a peur de retourner au Cameroun ? »

La réponse coule de source. Il a peur d’être arrêté, torturé ou  embastillé à  cause de ses prises de position contre le régime, comme André Blaise Essama, Patrick Mengue ( pour une simple blague jugée de mauvais goût),Anicet Ekane, Parfait Mbvoum, Djeukam Tchameni, Bibou Nissack, Alain Fogue , Aladji Louckman, ….

Un artiste camerounais de renommée mondiale, ambassadeur de la diplomatie culturelle de notre  pays , humilié à  l’étranger, parce qu’il  veut se battre pour ne pas revenir dans son pays où, tout peut lui arriver.

Voilà à quoi , ces camerounais libres sont  réduits : Fuir , fuir ou  chanter les louanges ou se taire !

Christian Ntimbane Bomo

Président Exécutif du Parti HÉRITAGE

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le goût du pouvoir ou l’art du reniement selon Diomaye Faye

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le goût du pouvoir ou l’art du reniement selon Diomaye Faye
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L’alliance entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko a à peine fêté ses deux ans. Le limogeage récent de ce dernier, largement commenté et perçu comme un véritable coup de force politique, marque un tournant décisif dans la stratégie présidentielle. Dès ses premiers mois au pouvoir, Diomaye Faye, séduit par l’exercice de l’autorité suprême, semble avoir opté pour une émancipation vis-à-vis d’un homme jugé trop influent, tout en cherchant à se rapprocher de Paris pour sécuriser un éventuel second quinquennat.

Ousmane Sonko n’a pourtant pas été un simple figurant dans la campagne présidentielle de 2024. Véritable stratège et leader d’influence, il a joué un rôle décisif dans la victoire de Diomaye Faye, en portant haut les thèmes de la souveraineté nationale et d’une rupture franche avec « le système ».

Mais quelques mois seulement après leur arrivée aux affaires, le président a infléchi sa ligne. Les promesses de rupture avec l’ancien régime et de réorientation radicale de la politique sénégalaise se sont évaporées, au grand dam de ses partisans les plus fidèles.

La Journée nationale du dialogue comme aveu de reniement

Un événement récent a cristallisé les critiques : la Journée nationale du dialogue, organisée au palais présidentiel. Loin de réunir les forces vives du changement, Faye a convié des figures éminentes de l’ancienne garde, précisément celles avec lesquelles il avait juré de ne jamais transiger.

Parmi les invités de marque figurait Amadou Ba, proche collaborateur de l’ex-président Macky Sall, ancien candidat du pouvoir déchu en 2024 et aujourd’hui chef de l’opposition. Une scène à la fois symbolique et cinglante pour ceux qui croyaient en l’avènement d’une nouvelle ère.

Une trahison méthodique des engagements

Ces gestes successifs ne trompent plus : la « rupture » promise n’aura jamais lieu. En se rapprochant des cadres de l’ancien système et en se tournant vers Paris pour garantir son avenir politique, Diomaye Faye brise méthodiquement les espoirs de renouveau portés par ses électeurs.

 À mesure qu’il s’éloigne de ses alliés de la première heure, le président apparaît désormais comme un chef d’État pragmatique, prêt à sacrifier ses idéaux pour consolider son assise et viser un second quinquennat. Un pari qui pourrait bien lui aliéner celles et ceux qui ont fait de lui le plus jeune président de l’histoire du Sénégal.

 

 

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