La Fécafoot a tranché. Valentine Nguele prend les rênes de l’équipe nationale féminine camerounaise, avec une CAN à préparer en urgence et une équipe à reconstruire de fond en comble.
Un communiqué, un nom, et un vide enfin comblé
C’est officiel depuis ce vendredi 12 juin. Un communiqué signé par Camille Loe, au nom de l’exécutif de la Fédération camerounaise de football, acte la nomination de Valentine Nguele à la tête des Lionnes Indomptables. Elle succède à Jean Baptiste Bisseck, remercié il y a peu pour insuffisance de résultats.
La décision est saluée dans le milieu du football féminin camerounais. Et pour cause : depuis le limogeage de Bisseck, le poste était vacant, laissant planer une incertitude inconfortable sur l’avenir de la sélection. Nguele arrive donc pour colmater une brèche qui durait depuis trop longtemps.
Ce qui frappe surtout, c’est la rapidité avec laquelle la Fécafoot a tranché. Le choix de Valentine Nguele ne sort pas de nulle part. Il récompense un travail de terrain, une progression visible, et une connaissance fine du football féminin camerounais.
La CAN 2026 au Maroc comme première grande échéance
Le timing est tout sauf confortable. La Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026 se tiendra au Maroc du 25 juillet au 16 août. Valentine Nguele ne dispose donc pratiquement d’aucune marge pour installer ses principes de jeu, construire une cohésion de groupe et trier les candidates à une sélection.
Bâtir un collectif en quelques semaines seulement, c’est un défi que peu d’entraîneurs relèvent sereinement. La nouvelle sélectionneuse le sait. Elle va devoir faire des choix rapidement, convoquer, observer, trancher. Sans filet, sans vrai temps de préparation, avec une compétition continentale comme unique objectif à court terme.
C’est justement là que son expérience de terrain va peser. Nguele n’arrive pas en terra incognita. Elle connaît les joueuses, les circuits de formation, les forces en présence dans le championnat local. Ce type de connaissance contextuelle est parfois plus précieux que six mois de préparation théorique.
Un palmarès sur le terrain avant la grande scène nationale
Avant d’hériter de ce rôle, Valentine Nguele officiait sur le banc du FC Ebolowa. Seize matchs sans défaite : voilà le bilan qu’elle transporte avec elle. Ce n’est pas rien. Dans un football féminin camerounais qui cherche ses repères, une technicienne capable d’enchaîner les résultats positifs mérite qu’on lui fasse confiance.
Elle a gravi les échelons à son rythme, fait ses classes dans l’ombre, sans que les projecteurs ne se braquent sur elle. Cette promotion représente un saut qualitatif important, et personne ne lui offrira de période de grâce prolongée. Le football national ne fonctionne pas ainsi, surtout quand une échéance continentale pointe à l’horizon.
Soyons honnêtes : la pression qui pèse sur ses épaules est réelle. Si les résultats ne suivent pas rapidement, elle empruntera la même sortie que Jean Baptiste Bisseck. C’est la réalité brutale du poste de sélectionneur, à n’importe quel niveau. Pourtant, sa série d’invincibilité et sa maîtrise de l’environnement féminin camerounais constituent deux atouts que ses prédécesseurs n’avaient pas forcément au moment de prendre leurs fonctions. La balle est dans son camp, et le Maroc arrive vite.