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Budgets irréalistes, dettes opaques : la Chambre des comptes étrille la gestion la Communauté urbaine de Nkongsamba

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Budgets irréalistes, dettes opaques : la Chambre des comptes étrille la gestion la Communauté urbaine de Nkongsamba
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(Investir au Cameroun) – La Communauté urbaine de Nkongsamba (CUN) est épinglée par la Chambre des comptes de la Cour suprême pour sa gestion des exercices 2020 à 2023. Le rapport met en évidence des irrégularités financières, des faiblesses de gouvernance et des insuffisances dans l’administration et la mise en œuvre des politiques publiques.

Selon le document consulté par Investir au Cameroun, la CUN souffre d’une gouvernance défaillante, marquée par un organe délibérant jugé « inapte » à résoudre durablement les problèmes de la collectivité. La juridiction souligne aussi une faible capacité de mobilisation des ressources et des dysfonctionnements notoires de ses organes de gestion, compromettant l’exécution des missions de service public.

L’évaluation du dispositif de gouvernance révèle l’inopérationnalité de l’organe de contrôle interne, l’Inspection générale des services. Bien qu’institutionnalisé, cet organe n’est pas doté des moyens nécessaires et demeure inactif dans les faits. « Elle compromet la capacité de la CUN à anticiper et à gérer les dérives de gestion, à se conformer aux procédures réglementaires et à garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques », souligne le rapport.

La Chambre des comptes note également un déficit marqué dans la gestion des ressources humaines. L’absence d’outils de suivi, de planification et d’évaluation des effectifs traduit une fonction RH embryonnaire, limitant la capacité de la collectivité à gérer son personnel de manière stratégique. Cette carence réduit l’efficacité administrative, affaiblit la réactivité face aux besoins en compétences et nuit à la qualité du service rendu.

Système budgétaire et financier fragile

Le rapport relève des prévisions budgétaires irréalistes et une fiabilité limitée des comptes. Entre 2020 et 2023, les taux de réalisation des recettes variaient de 31,66 % à 69,34 %, tandis que l’exécution des dépenses oscillait entre 31,43 % et 47,82 %. L’autofinancement courant est passé de 36,8 % en 2022 à un niveau négatif en 2023 (-6,4 %). À titre d’exemple, pour un budget prévisionnel de 2,26 milliards FCFA en 2023, seulement 716 millions FCFA de dépenses ont été effectivement exécutés.

Cette faiblesse chronique du recouvrement est due au faible niveau des recettes propres, à des prévisions trop optimistes et à l’incapacité d’anticiper le montant exact des transferts de l’État, notamment au titre des impôts communaux soumis à péréquation (ICSP). La dégradation de l’autofinancement courant est imputable à la baisse des centimes additionnels communaux (-84,5 millions FCFA) et à la hausse des charges de fonctionnement (+19,8 %). Entre 2020 et 2023, ces charges ont progressé de 184,7 millions FCFA, dont plus de la moitié est désormais absorbée par les charges générales et fournitures (+57,8 %), contre 37,58 % en 2020. Par ailleurs, « aucune information sur l’encours de la dette de la CUN n’est disponible dans ses comptes », déplore la Chambre des comptes.

Des politiques publiques locales déficientes

Le rapport insiste sur les faiblesses de la planification urbaine, la vétusté de la voirie et l’inefficacité du dispositif de gestion des déchets. L’absence d’un mécanisme de suivi-évaluation aggrave l’écart entre les priorités annoncées et les résultats visibles sur le terrain. « L’analyse du fonctionnement de la Communauté urbaine de Nkongsamba met en évidence une insuffisance marquée en matière de planification, tant sur le plan stratégique qu’opérationnel. La CUN ne dispose pas des documents essentiels, complets et actualisés permettant d’orienter et de coordonner l’action publique locale », précise le rapport. « Les politiques publiques urbaines souffrent d’un manque de cohérence et de coordination. »

Le service de ramassage des ordures est affecté par un sous-effectif chronique et un manque de personnel qualifié. Les déchets collectés sont souvent déversés dans des ravins ou incinérés, faute d’infrastructures de traitement adaptées. En outre, le produit du droit d’assise spécial, estimé à 489,3 millions FCFA entre 2020 et 2023, n’a pas été reversé à la CUN, ce qui limite encore sa capacité à financer les services publics essentiels.

Pour remédier à ces dysfonctionnements, la Chambre des comptes recommande d’instaurer un cadre de gouvernance plus structuré, incluant un règlement intérieur et une planification régulière des sessions. Elle propose aussi de réorganiser les services administratifs selon l’organigramme officiel, d’assurer la production et la transmission des comptes dans les délais légaux, et de rendre pleinement opérationnel l’audit interne grâce à la production de rapports et à une cartographie des risques.

La juridiction appelle enfin à renforcer les processus de gestion des ressources humaines et de planification budgétaire, afin de garantir transparence, efficacité et performance dans l’action publique locale.

Amina Malloum

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il poignarde ses parents pour leur arracher 850 000 FCFA et deux téléphones

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il poignarde ses parents pour leur arracher 850 000 FCFA et deux téléphones
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Nicolas S., soudeur de 30 ans, a agressé ses géniteurs dans leur chambre mercredi dernier, avant d’emporter 850 000 F, fruit d’une vente de récoltes de son père, et deux téléphones. Lire le récit de Cameroon Tribune.

Un père saigné dans tous les sens du terme. Nicolas S., 30 ans, soudeur homologué, a blessé son géniteur d’un coup de couteau mercredi dernier, avant de le délester de 850 000 F, entre autres. Les forces de l’ordre ont eu les détails de l’affaire, après avoir été saisies par un chef de bloc du quartier New Town Aéroport (arrondissement de Douala II).

Tout serait parti d’une demande d’argent soumise il y a quelques jours par Nicolas à son père Nicodème, retraité de 64 ans reconverti dans l’agriculture. Notre soudeur disait avoir un projet. « Je t’ai mis dans une bonne entreprise, tu y as fait des bêtises. Ne compte plus sur moi pour tes faux projets », aurait répondu le retraité. Peu après, Nicodème s’est rendu dans son village (Centre) pour vendre des récoltes.

Mardi dernier, il était de retour chez lui à Douala. Son fils, qui a suivi ses mouvements grâce à une de ses connaissances au village, est absent. Mais l’appelle le même jour. Nicolas se dit malade, et explique s’être rendu chez sa petite amie à Bilonguè (Douala III). Puis il cuisine son père, qui prétend que la vente escomptée n’a pas eu lieu. « Tu mens ! Tu as vendu ! Je serai là-bas demain », lui lance le trentenaire. De fait, l’ami du village lui a dit que Nicodème a gagné 1,7 million de F en vendant du cacao, et payé ses ouvriers à hauteur de 400.000 F.

C’est dans la nuit de mercredi que Nicolas débarque à la maison. Il entre et va toquer à la porte de la chambre parentale. S’en suit un échange peu amène avec son père, qui lui reproche ce dérangement nocturne. Nicolas finit par pousser la porte, non verrouillée. Son père dira aux policiers qu’il lui a vu des yeux particulièrement rouges. « Faut souvent éviter de me mentir ! », tâche-t-il d’emblée, avant de poursuivre : « Samuel m’a dit que tu as vendu pour un million sept cent mille, et que tu as donné 400 000 à Amadou et aux autres. Donne-moi l’argent pour mon projet ! ». Nicodème persistant dans son refus, Nicolas dégaine un couteau. « Je ne suis pas venu m’amuser avec vous ! », prévient-il.

Sa mère, silencieuse jusque-là, intervient : « Nicolas, tu veux faire quoi ? ». Pour toute réponse, la dame reçoit un coup de couteau aux côtes. Le sang maternel jaillit, un hurlement aussi. Face à cette détermination, Nicodème consent à « coopérer ». Mais il n’est pas assez rapide : il reçoit un coup de poignard à l’épaule presque au moment où il indique « le petit sac noir ». Nicolas s’en saisit et happe aussi les deux iPhones neufs récemment envoyés aux parents par leur fils aîné vivant en Occident.

Nicodème et son épouse ont été conduits à l’hôpital. Le porteur de projet est porté disparu.

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Crédit bancaire : le TEG des PME recule à 11,43 %, mais reste 4,71 points au-dessus de celui des grandes entreprises

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Crédit bancaire : le TEG des PME recule à 11,43 %, mais reste 4,71 points au-dessus de celui des grandes entreprises
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(Investir au Cameroun) – Les petites et moyennes entreprises camerounaises continuent de payer leur crédit bancaire nettement plus cher que les grandes entreprises. Au quatrième trimestre 2025, leur taux effectif global (TEG) moyen s’est établi à 11,43 %, contre 6,72 % pour les grandes entreprises, selon la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Le TEG mesure le coût total d’un prêt en intégrant notamment le taux d’intérêt, les commissions et les frais facturés par la banque.

L’écart entre les deux catégories atteint ainsi 4,71 points. Il s’est toutefois réduit en un an. Au quatrième trimestre 2024, le TEG moyen était de 12 % pour les PME et de 6,83 % pour les grandes entreprises, soit une différence de 5,17 points. Sur un an, le taux des PME a donc diminué de 0,57 point, contre 0,11 point pour celui des grandes entreprises.

La situation est moins favorable aux PME lorsqu’il s’agit de financer leur trésorerie. Pour les crédits de trésorerie hors découverts et effets escomptés, leur TEG moyen atteignait 13,82 % au quatrième trimestre 2025, contre 6,84 % pour les grandes entreprises. Les taux ont baissé dans les deux catégories par rapport à la même période de 2024, mais l’écart s’est légèrement creusé, passant de 6,81 à 6,98 points.

Sur le moyen terme, les grandes entreprises paient légèrement plus cher

Les crédits à moyen terme présentent une situation inhabituelle. Le TEG moyen appliqué aux PME a chuté de 13,80 % au quatrième trimestre 2024 à 11,15 % un an plus tard. Dans le même temps, celui des grandes entreprises est passé de 8,28 % à 11,79 %.

Pour cette catégorie de prêts, les grandes entreprises ont donc payé en moyenne 0,64 point de plus que les PME au quatrième trimestre 2025. Cette inversion reste limitée à cette catégorie de crédit et à la période considérée : tous prêts confondus, les PME demeurent nettement plus coûteuses à financer.

Une partie de cet écart apparaît dans les frais qui s’ajoutent au taux d’intérêt. Au quatrième trimestre 2025, le taux nominal moyen était de 8,35 % pour les PME et de 5,32 % pour les grandes entreprises. Une fois intégrés les commissions, frais de dossier et autres charges, le TEG monte respectivement à 11,43 % et 6,72 %.

Ces charges représentaient 26,89 % du TEG des PME, contre 20,77 % de celui des grandes entreprises. Elles pèsent donc proportionnellement davantage sur les PME. Elles n’expliquent cependant pas tout l’écart : avant même la prise en compte de ces frais, leur taux nominal était déjà supérieur de 3,03 points à celui des grandes entreprises.

Les grandes entreprises captent trois fois plus de nouveaux crédits

L’écart de coût s’accompagne d’une forte différence dans les montants prêtés. Au quatrième trimestre 2025, les banques ont accordé 1 236 milliards de FCFA de nouveaux crédits aux grandes entreprises, contre 376,1 milliards aux PME. Les grandes entreprises ont ainsi reçu environ 3,3 fois plus de financements.

Elles ont concentré 64,3 % de l’ensemble des nouveaux concours bancaires distribués au Cameroun au cours du trimestre, contre 19,56 % pour les PME. Cette répartition ne traduit toutefois pas une progression des crédits aux grandes entreprises : leur volume a diminué de 5,32 % sur un an, tandis que celui destiné aux PME a augmenté de 0,98 %.

Les nouveaux financements restent par ailleurs largement orientés vers les échéances courtes. Les crédits à court terme, hors engagements par signature, représentaient 60,15 % des nouveaux concours au quatrième trimestre 2025, contre 8,76 % pour le moyen terme et 13,20 % pour le long terme. Les engagements par signature comptaient pour 17,90 %.

La BEAC ne ventile cependant pas ces maturités entre PME et grandes entreprises. Ces données ne permettent donc pas d’affirmer que les PME sont davantage dépendantes du crédit de court terme.

Des données divergentes entre la BEAC et le CNEF

Les données trimestrielles de la BEAC diffèrent de l’évolution présentée dans le Rapport sur la compétitivité de l’économie camerounaise en 2025. À partir de données attribuées au Comité national économique et financier (CNEF), ce document fait état entre 2024 et 2025 d’une hausse de 1,88 point du coût des crédits à moyen terme des PME et de 1,56 point pour les crédits à court terme. Il en déduit un « resserrement des conditions d’accès au crédit » pour les PME.

La BEAC montre au contraire, entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025, une baisse du TEG moyen des PME, aussi bien pour l’ensemble des prêts que pour les crédits de trésorerie et les crédits à moyen terme.

Les deux résultats ne sont toutefois pas nécessairement contradictoires. Le Rapport sur la compétitivité présente des valeurs annuelles, tandis que les chiffres de la BEAC portent ici sur deux quatrièmes trimestres. Les documents disponibles ne permettent pas de déterminer si l’écart provient de la période retenue, de la méthode d’agrégation ou d’un autre traitement statistique. Le CNEF a publié le 17 septembre 2026 une nouvelle série consacrée aux TEG des troisième et quatrième trimestres 2025 ainsi qu’au premier trimestre 2026.

Baudouin Enama

Lire aussi :

27-07-2026 – Secteur bancaire : les créances sur les États atteignent l’équivalent de 83,5 % des crédits à l’économie en CEMAC

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Me Ntimbane Bomo : « Cabral Libii est un instrument de promotion d’une succession de gré à gré »

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Me Christian Ntimbane Bomo accuse régulièrement les acteurs politiques dont les positions s’écartent d’une transition par l’alternance radicale ou qu’il juge ambiguës face au pouvoir […]

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