Connect with us

Actualités locales

le Cerdotola appelle à sauver le patrimoine linguistique africain

Published

on

le Cerdotola appelle à sauver le patrimoine linguistique africain
Spread the love

Le Cerdotola et son partenaire la Stony Brook University à New-York, ont organisé le 18 septembre 2025 à Yaoundé une conférence hybride sur l’avenir des langues africaines face à la modernité. Objectif : alerter sur leur marginalisation croissante dans l’espace numérique et réfléchir à des stratégies pour les inscrire dans la révolution technologique en cours.

Le 18 septembre dernier, le Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et les langues africaines (Cerdotola) a ouvert les portes de son siège de Yaoundé-Mimboman Liberté pour une conférence exceptionnelle consacrée à l’avenir des langues africaines.

En partenariat avec la Stony Brook University, l’institution a réuni chercheurs, écrivains, éditeurs, enseignants et doctorants autour d’une question qui fâche. Comment sauver les langues africaines de l’oubli dans un monde dominé par l’intelligence artificielle et les technologies numériques. L’événement, retransmis en direct en ligne, a permis une large participation, y compris depuis la diaspora, confirmant l’intérêt grandissant pour un débat crucial.

Car le constat est amer. Dans les écoles, les réseaux sociaux, les foyers urbains et jusque dans les médias, les langues africaines s’effacent progressivement au profit des idiomes étrangers, qu’il s’agisse du français, de l’anglais, de l’allemand ou du chinois.

Cette marginalisation s’aggrave dans l’espace numérique, où elles brillent par leur absence, tant sur les grandes plateformes que dans les systèmes d’intelligence artificielle. Or, cette exclusion ne menace pas seulement la survie de milliers d’idiomes, elle fragilise aussi la transmission des savoirs traditionnels et limite l’accès du continent aux bénéfices socio-économiques liés aux technologies modernes.

Les organisateurs de la rencontre l’ont rappelé avec force, une langue sans écriture, sans littérature et sans codification numérique est une langue condamnée. Le professeur Patrice Nganang, écrivain et universitaire camerounais basé aux États-Unis, a ouvert la conférence par une leçon inaugurale autour du thème « Écrire, publier et enseigner nos langues ».

Il y a plaidé pour un sursaut collectif, rappelant que les langues africaines ne sont pas seulement un héritage culturel, mais des vecteurs de visions du monde et de savoirs inestimables. Sans leur intégration dans l’ère numérique, c’est tout un pan de l’humanité qui se trouve marginalisé.

La journée a été marquée par plusieurs présentations innovantes, parmi lesquelles celle du professeur Ndé Mufopinn, qui a dévoilé le système A-Z, une nouvelle méthode d’écriture destinée aux langues camerounaises et africaines.

Basé sur l’usage exclusif des 26 lettres de l’alphabet latin enrichies d’accents, ce système se veut une passerelle simple et universelle vers la modernité numérique. Cette initiative illustre la volonté d’outiller les langues locales pour les rendre compatibles avec les standards technologiques mondiaux.

Plénières et échanges ont ensuite mis en lumière les défis liés à l’enseignement, à la codification et à la recherche. Comment intégrer les langues africaines dans les programmes scolaires sans les réduire à une simple option folklorique ? Comment créer des corpus numériques suffisants pour entraîner des intelligences artificielles capables de comprendre et d’interagir dans ces langues ? Comment enfin inciter les jeunes générations, happées par les réseaux sociaux dominés par les langues coloniales, à réinvestir leur patrimoine linguistique ? Autant de questions cruciales auxquelles les intervenants ont tenté d’apporter des réponses, insistant sur l’urgence de l’action.

Pour le professeur Charles Binam Bikoï, secrétaire exécutif du Cerdotola, la rencontre visait avant tout à replacer les langues africaines au centre de la modernité. « Mettre nos langues face à leur modernité, face à l’expression de l’identité de nos peuples », a-t-il martelé, rappelant qu’aucun développement durable n’est possible en négligeant sa propre culture.

Citant le penseur Joseph Ki-Zerbo, il a mis en garde contre le risque de « rester couché sur la natte d’autrui », une dépendance culturelle qui prive l’Afrique de sa souveraineté intellectuelle et identitaire.

Au-delà des discours, la conférence du 18 septembre se veut fondatrice. Elle a rappelé que le continent africain, qui abrite plus de 2000 langues sur les quelque 7000 recensées dans le monde, détient un patrimoine linguistique et intellectuel d’une richesse exceptionnelle. Mais faute d’une politique volontariste de sauvegarde et d’intégration dans les outils numériques, ce patrimoine court à sa perte. L’intelligence artificielle, en se développant sans elles, risque de devenir le fossoyeur silencieux des langues africaines.

Le Cerdotola et ses partenaires appellent désormais à une mobilisation de tous. Institutions, chercheurs, gouvernements et sociétés civiles. Car si les langues africaines continuent de disparaître de nos écoles, de nos rues et de nos écrans, elles finiront par disparaître du monde. Et avec elles, une part irremplaçable de l’humanité.

Cameroun Actuel
Les derniers articles par Cameroun Actuel (tout voir)

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

Cabral Libii et Maurice Kamto à couteaux tirés

Published

on

Cabral Libii et Maurice Kamto à couteaux tirés
Spread the love

Si Cabral Libii demande au chef de l’État de nommer enfin son vice-président, Maurice Kamto affirme pour sa part qu’il s’agit d’une véritable supercherie.

Ce 21 septembre 2026, Maurice Kamto, dans sa pensée Nᵒ 126-2026, condamne l’idée de nommer au Cameroun un vice-président. Pour lui ce serait bien de la laisser mourir.

« Une fois n’est pas coutume : je suis d’accord, mais pas pour les mêmes raisons, avec ceux du pouvoir qui disent de ne plus parler de vice-président de la République au Cameroun. Car il s’agit d’une véritable supercherie imposée à la hussarde par des personnes qui se rêvent en dauphin constitutionnel avec la complicité d’un Parlement réuni à la hâte en un Congrès d’enregistrement. Il s’agit surtout d’un fantôme introduit par effraction dans notre architecture institutionnelle par violation flagrante et outrageante de l’article 64 de la Constitution de notre pays. Oui, il ne faut plus parler de vice-président nommé successeur du président de la République « élu » dans notre pays, afin que le changement anticonstitutionnel de gouvernement qui l’a créé meure de sa belle mort, par désuétude », écrit-il.

Pour rappel, il y a de cela quelques temps, Cabral Libii, président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), demandait au chef de l’État de nommer enfin son vice-président. Regardant l’action collective, il pense que cela suffirait à mettre fin aux guerres intestines au sommet de l’État.

« MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, NOMMEZ VOTRE VICE-PRÉSIDENT ! Le vice-président n’est pas un poste administratif de plus à pourvoir. Nommer votre vice-président, c’est sécuriser votre magistère. Je suis conscient de la crise de confiance qui ronge votre entourage. Cependant, en plus de quatre décennies au sommet de l’État, vous avez une ou deux personnalités qui cochent toutes les cases de la loyauté, de la discrétion et de l’expérience dans la gestion de l’État. Un vice-président de cette nature pourrait aider à atténuer les luttes de succession qui paralysent actuellement l’action collective », a-t-il écrit.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Continue Reading

Actualités locales

25 000 cartouches de chasse saisies dans un véhicule

Published

on

Spread the love

Les agents de la Brigade Mobile des Douanes de Garoua-Boulaï ont intercepté, au poste de contrôle de Yokosiré, une importante cargaison de munitions et de plombs présumés de contrebande. Le propriétaire du véhicule a été interpellé.

Une importante cargaison de munitions a été saisie au poste fixe de Yokosiré, à l’entrée de Garoua-Boulaï, dans la région de l’Est. Lors d’un contrôle routier, les éléments de la Brigade Mobile des Douanes ont découvert 25 000 cartouches de chasse, réparties dans 25 colis, ainsi que 24 paquets de plombs.

Selon les informations communiquées par les services douaniers, les marchandises étaient dissimulées dans un véhicule et camouflées à l’aide d’effets militaires afin d’échapper aux contrôles.

Le propriétaire du véhicule a été interpellé et remis à l’antenne de la Sécurité militaire du poste-frontière de Garoua-Boulaï pour les besoins de l’enquête. Un procès-verbal a été dressé et la cargaison ainsi que le véhicule ont été placés sous scellés.

Les investigations se poursuivent afin d’établir l’origine de la cargaison et de déterminer les éventuelles complicités dans ce trafic présumé

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

la famille demande une enquête indépendante

Published

on

la famille demande une enquête indépendante
Spread the love

La famille de Moukoko Essoe Ozanne, une élève de 11 ans et 11 mois décédée vendredi 18 septembre au collège de La Salle à Douala, demande l’ouverture d’une enquête indépendante pour établir les circonstances exactes de sa mort.

Dans une lettre adressée aux médias et à l’opinion publique, la famille indique que la jeune fille, scolarisée en classe de 5ᵉ A, se trouvait dans l’enceinte de l’établissement dans le cadre de sa scolarité lorsqu’elle est décédée.

« Un enfant confié à l’école pour apprendre et grandir ne devrait jamais y perdre la vie », écrit la famille, qui dit vouloir « la vérité, la justice et la sécurité de tous les enfants scolarisés ».

Les proches de la victime demandent aux autorités compétentes de diligenter une enquête « sérieuse et transparente », afin de déterminer les circonstances du décès et d’établir d’éventuelles responsabilités. Ils souhaitent également que les conclusions des investigations soient officiellement communiquées à la famille.

Lire la lettre de la famille :

Famille Moukoko
Tél : 677013526 / 699385357

À Messieurs les Directeurs de Publication,
Aux Responsables des médias (presse écrite, radio, télévision et en ligne),
À l’Opinion publique, Douala – Cameroun

Objet : Appel à la solidarité et à la transparence suite au décès de notre fille, Moukoko Essoe Ozanne, survenu dans l’enceinte du collège de La Salle

Mesdames, Messieurs, Chers concitoyens,

C’est avec une douleur profonde et une grande consternation que nous, famille Moukoko, nous adressons à vous aujourd’hui par le biais des médias, afin de porter à la connaissance de l’opinion publique le drame qui a frappé notre foyer.

Notre fille, Moukoko Essoe Ozanne, âgée de 11 ans et 11 mois, élève en classe de 5ème A au collège de La Salle à Douala, est décédée le Vendredi 18 Septembre 2026, alors qu’elle se trouvait dans l’enceinte de son établissement scolaire, dans le cadre normal de sa scolarité.

Un enfant confié à l’école pour apprendre et grandir ne devrait jamais y perdre la vie. C’est pourquoi, au-delà de notre douleur, nous estimons qu’il est de notre devoir, en tant que parents et en tant que citoyens, de rendre publique cette tragédie et d’en exiger toute la lumière.

Nous lançons donc un double appel :

1. Aux autorités compétentes – Nous demandons qu’une enquête indépendante, sérieuse et transparente soit ouverte afin d’établir les circonstances exactes du décès de notre fille, d’identifier les éventuelles responsabilités et d’en communiquer officiellement les conclusions à notre famille.

2. À l’opinion publique et aux témoins – Toute personne ayant été témoin, de près ou de loin, des faits survenus ce jour-là au collège de La Salle, ou détenant des informations utiles, est priée de se manifester et de nous contacter aux numéros suivants : 677550361 / 677532235. Chaque témoignage compte pour la manifestation de la vérité.

3. Aux médias – Nous vous remercions de bien vouloir relayer cette information avec dignité et respect de la mémoire de notre enfant, afin que ce drame ne sombre pas dans l’oubli et que des mesures soient prises pour protéger d’autres enfants. Nous ne cherchons pas de polémique.

Nous cherchons la vérité, la justice et la sécurité de tous les enfants scolarisés. Nous comptons sur votre compréhension, votre solidarité et votre professionnalisme.

Fait à Douala, le Samedi 18 Septembre 2026
Pour la famille Dr. Seppo Martin Emmanuel Patrick
Représentant de la famille

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici