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BILAN 2018-2025 – J-J. Nyemb : « Des passerelles devront être ouvertes entre secteurs public et privé »

(Investir au Cameroun) – Formé aux États-Unis, avocat d’affaires à Douala et fondateur de The Okwelians, un réseau qui rassemble plusieurs milliers de membres sur quatre continents, Jacques Jonathan Nyemb a également publié le Livre Vert consacré à la transformation du Cameroun. Ce parcours, qui combine expertise juridique, réseau international et engagement intellectuel, confère à ses analyses une portée particulière. Dans l’entretien, il a partagé sa vision de la transformation structurelle du pays, abordé les défis et perspectives de la période 2018-2025, discuté du rôle de l’État, du secteur privé et du secteur financier, et proposé des pistes pour accélérer le changement en insistant sur le rôle du leadership et de l’innovation sociale.
Investir au Cameroun : Diplômé d’universités américaines, vous avez fait le choix de revenir travailler au Cameroun. Comment votre expérience internationale influence-t-elle votre perception de l’évolution de l’économie camerounaise depuis votre retour ? Quelles sont les principales transformations que vous avez observées ?
Jacques Jonathan Nyemb : Mon parcours et mon expérience ont forgé une conviction : dans un monde en transitions (démographique, territoriale, numérique, énergétique ou encore écologique pour ne citer que celles-là), le Cameroun, cette Afrique en miniature située en plein cœur du bassin du Congo, doit pleinement prendre sa place dans le concert des Nations. Cela passe par quitter le statut de « potentialité » pour devenir enfin cette puissance agro-industrielle susceptible de contribuer à dessiner un nouveau modèle sociétal pour l’Afrique et le monde : celui d’une société participative, collaborative et solidaire.
« Cela passe par quitter le statut de « potentialité » pour devenir enfin cette puissance agro-industrielle susceptible de contribuer à dessiner un nouveau modèle sociétal pour l’Afrique et le monde : celui d’une société participative, collaborative et solidaire. »
Et pour ce faire, un modus operandi permanent doit nous habiter : l’agilité ; agilité pour penser global et agir local, agilité pour allier tradition et modernité, agilité pour combiner savoirs endogènes et bonnes pratiques internationales. Tel est le défi transformationnel qui attend notre pays et pour lequel nous devons nous mobiliser au quotidien.
Investir au Cameroun : Dans vos analyses, vous qualifiez la période 2018-2025 de « septennat de transformation malgré les défis ». Comment évaluez-vous globalement cette période ? Quels ont été, selon vous, les principales réussites et les défis non résolus de cette transformation économique ?
Jacques Jonathan Nyemb : Le septennat qui s’achève a permis à travers la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30) de placer résolument l’initiative privée, l’industrialisation et la justice sociale au cœur de l’ambition transformationnelle de notre pays. En pratique, si le dynamisme entrepreneurial camerounais a créé les conditions d’une résilience économique considérable, les politiques et initiatives menées en faveur de la digitalisation des services fiscaux et douaniers, le renforcement de nos installations portuaires, la professionnalisation de certaines filières agricoles (notamment la filière cacao) ou encore l’ouverture de centres de formation professionnelle ont également permis des progrès appréciables.
Néanmoins, les crises exogènes subies, notamment la Crise Covid ou encore la guerre en Ukraine, cumulées à de nombreux défis endogènes non encore résolus à date, font que les progrès réalisés restent en deçà des objectifs fixés pour atteindre l’émergence à l’horizon 2035. En témoigne le taux de croissance qui campe autour de 4%, et reste donc bien loin de la moyenne annuelle attendue de 8%.
Il faut donc urgemment s’atteler à transformer notre appareil productif en redonnant toute sa place au secteur secondaire, permettant ainsi non seulement de lutter efficacement contre l’inflation, le sous-emploi et la paupérisation mais aussi par la même occasion de réduire notre déficit commercial voire notre endettement.
Investir au Cameroun : Dans votre Livre Vert, vous prônez la construction d’un « État stratège et facilitateur ». Concrètement, comment l’État camerounais doit-il évoluer pour mieux accompagner la transformation structurelle de l’économie ? Quelles réformes institutionnelles considérez-vous comme prioritaires ?
Jacques Jonathan Nyemb : Accepter la fin de l’Etat omniscient et omnipotent revient à redonner à ce dernier toute sa place d’Etat stratège et facilitateur ; càd celui d’un acteur qui par ses pouvoirs, ressources et moyens créé les conditions d’un environnement favorable à la création de valeur durable. Pour cela, nous sommes d’avis qu’il faudra inexorablement explorer plusieurs dynamiques en matière d’action publique : celle de la territorialisation, celle de la spécialisation et celle de la professionnalisation. La territorialisation dicte de donner véritablement aux CTDs (mais aussi aux chefferies traditionnelles et aux OSC) les leviers pour ancrer la transformation durable auprès des communautés. La spécialisation dicte de créer diverses agences susceptibles d’apporter plus d’innovation et de performance dans la réalisation de diverses missions de service public notamment en matière de collecte de données, de maturation des projets ou encore de digitalisation. La professionnalisation exige une réforme inévitable de la fonction publique centrale et locale mais aussi de la formation initiale et continue des fonctionnaires au Cameroun. Des nouvelles passerelles devront donc être ouvertes entre secteur public et secteur privé.
Investir au Cameroun : The Okwelians accompagne de jeunes entrepreneurs et vous observez de près l’écosystème entrepreneurial camerounais. Comment évaluez-vous l’évolution du secteur privé national ? Quels obstacles freinent encore l’épanouissement de l’entrepreneuriat local et comment les lever ?
Jacques Jonathan Nyemb : A travers notre dispositif The Okwelians Venture Fund, nous accompagnons stratégiquement et financièrement l’éclosion de start-ups susceptibles de devenir les champions nationaux de l’économie camerounaise. Bien plus, nous sommes convaincus qu’un secteur privé refondé et notamment un patronat plus inclusif, plus collaboratif et plus innovant participera à renforcer le tissu économique camerounais et à rendre nos entreprises plus compétitives.
« Nous sommes convaincus qu’un secteur privé refondé et notamment un patronat plus inclusif, plus collaboratif et plus innovant participera à renforcer le tissu économique camerounais et à rendre nos entreprises plus compétitives. »
Ainsi, face à une économie encore largement informelle (95%), il est impératif d’engager une refondation en profondeur de l’interprofession pour répondre aux défis de l’information, de l’accompagnement (incubation/accélération) ou encore de la formation pour les entreprises – qui sont d’ailleurs essentiellement des TPE et PME. Une telle refondation impactera positivement la structuration des filières, l’adéquation formation-emploi ou encore la mutualisation des moyens de production.
Investir au Cameroun : L’inclusion financière figure parmi vos préoccupations dans le Livre Vert. Quel rôle le secteur financier camerounais doit-il jouer pour soutenir la transformation économique ? Comment améliorer l’accès au financement pour les PME et les entrepreneurs ?
Jacques Jonathan Nyemb : La question du financement est un nœud central, aux côtés de celui de la gouvernance, qui freine la compétitivité de nos entreprises. Dès lors, il nous faut œuvrer davantage en faveur de l’inclusion financière en permettant, notamment via les fintechs, aux acteurs économiques, y compris du secteur informel, d’avoir accès à des services financiers tels que le micro-crédit ou la micro-assurance. Mais au-delà, permettre au secteur de la bancassurance de jouer pleinement son rôle de financer l’économie camerounaise supposera de réduire la surliquidité bancaire en zone CEMAC, ouvrir les marchés financiers aux PME, encourager le capital investissement ou encore permettre à l’Etat à travers divers instruments (garanties, etc.) d’accompagner les entreprises dans le financement de leurs activités.
Investir au Cameroun : Vous insistez sur la nécessité de «construire un partenariat de confiance entre l’État, le secteur privé et la société civile». Comment ce partenariat peut-il concrètement accélérer la transformation durable ? Quelles sont vos recommandations pour renforcer l’attractivité économique du Cameroun ?
Jacques Jonathan Nyemb : Notre pays doit inexorablement attirer davantage d’investissements directs étrangers, notamment dans le cadre de partenariats public privé, pour accélérer la transformation structurelle de notre économie. Pour cela, nous plaidons en faveur de l’adoption d’une stratégie nationale d’attractivité ambitieuse. Une telle stratégie reposera sur deux piliers ; d’une part, la réduction du risque pays et d’autre part, la construction de la « marque Cameroun » (Invest in Cameroon). En effet, il est vital de réduire le risque pays à travers une amélioration significative de l’environnement des affaires au Cameroun, seul gage de sécurité accrue des investissements.
« En effet, il est vital de réduire le risque pays à travers une amélioration significative de l’environnement des affaires au Cameroun, seul gage de sécurité accrue des investissements. »
Cela suppose des réformes ambitieuses notamment en matière de foncier, digitalisation des services publics, fonctionnement de la justice, gouvernance économique et budgétaire ou encore maturation des projets d’infrastructures. Nous pourrions d’ailleurs accompagner l’API dans le sens de la mise en place d’un index d’attractivité du Cameroun, l’imposant ainsi progressivement comme une boussole de l’investissement privé au Cameroun. En outre, construire la marque Cameroun suppose d’investir sur le plan institutionnel, humain et opérationnel en faveur d’une véritable campagne de promotion de la destination Cameroun et du savoir faire camerounais à travers le monde. L’appareil d’Etat en matière de planification, de diplomatie et d’intelligence économique devra également être mobilisé à cet effet.
Investir au Cameroun : En tant qu’avocat d’affaires, vous observez les flux d’investissements et les partenariats internationaux. Comment évaluez-vous le rôle du secteur extérieur dans l’économie camerounaise ? Quelles stratégies recommandez-vous pour optimiser les bénéfices de l’intégration régionale et des partenariats internationaux ?
Jacques Jonathan Nyemb : En dépit d’une économie longtemps considérée comme une économie de rente, l’économie camerounaise a toutefois connu la prééminence d’acteurs nationaux notamment dans les secteurs primaire et tertiaire (commerce/import-export).
« En tout état de cause, l’ambition d’une industrialisation endogène doit s’appuyer sur primo une alliance économique stratégique entre le Cameroun et le Nigéria. »
Plus récemment, la diversification des partenaires extérieurs du Cameroun a permis l’entrée de nouveaux acteurs étrangers dans le pays. En tout état de cause, l’ambition d’une industrialisation endogène doit s’appuyer sur primo une alliance économique stratégique entre le Cameroun et le Nigéria, secundo une stratégie commerciale commune au niveau de la CEMAC/CEEAC pour aborder la Zone de Libre Echange Continentale Africaine et tertio de nouvelles dynamiques partenariales au niveau international ; et ce en vue notamment de la refonte du système de gouvernance économique mondiale.
Investir au Cameroun : Votre Livre Vert met l’accent sur la nécessité d’inscrire « la durabilité au cœur de la transformation structurelle ». Comment le Cameroun peut-il accélérer sa diversification économique tout en préservant la durabilité ? Quels secteurs considérez-vous comme les plus porteurs ?
Jacques Jonathan Nyemb : Notre Livre Vert porte le plaidoyer de mettre la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND 30) au service de l’humain, voire du Vivant. Et bâtir une économie du Vivant suppose de placer la durabilité au cœur de l’agenda transformationnel de notre pays. Cela suppose de placer les territoires, les acteurs locaux (coopératives, TPE et PMEs) et les savoirs endogènes au centre de notre démarche d’industrialisation. Une telle industrialisation durable aboutira à la production de biens et services «Made in Cameroon» à forte valeur ajoutée et surtout présentant un avantage compétitif dans l’économie mondiale. Diverses filières (manioc, fleurs, bois, etc.) pourraient être explorées et faire décoller nos industries agroalimentaires, pharmaceutiques ou encore cosmétiques.
« Diverses filières (manioc, fleurs, bois, etc.) pourraient être explorées et faire décoller nos industries agroalimentaires, pharmaceutiques ou encore cosmétiques ».
Le rôle de la Société Nationale d’Investissement sera décisif pour stimuler une telle productivité et accompagner l’initiative privée en la matière.
Investir au Cameroun : Vous identifiez le « déficit de confiance » comme un défi majeur. Comment restaurer la confiance entre les différents acteurs économiques ? Quelles mesures de gouvernance et de transparence préconisez-vous pour créer un environnement économique plus favorable ?
Jacques Jonathan Nyemb : L’ère participative actuelle dicte désormais une véritable co-construction de la décision publique ; faisant ainsi de la société civile, en ce compris le secteur privé, un co-acteur clé dans la priorisation, la formulation, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des politiques publiques. Seule une telle démarche permettra de placer la redevabilité au cœur de l’action et ainsi recréer la confiance entre les acteurs publics et privés engagés dans la transformation durable du Cameroun. Pour ce faire, des propositions portées par notre Think Do Tank telles que l’opérationnalisation du Conseil économique et social, la mise en œuvre d’un cadre de dialogue multi-acteurs Etat-secteur privé-société civile ou encore la mise sur pied d’une plateforme nationale d’information publique œuvreront en ce sens et contribueront à réduire la méfiance voire la défiance réciproque entre acteurs privés et acteurs publics.
Investir au Cameroun : The Okwelians promeut « une culture d’innovation sociale ». Comment le Cameroun peut-il mieux valoriser son capital humain et ses savoirs endogènes ? Quel rôle la diaspora camerounaise peut-elle jouer dans cette transformation, à l’image de votre propre parcours ?
Jacques Jonathan Nyemb : Nous sommes convaincus que le capital humain national – qu’il soit local ou de la diaspora – doit être au cœur de la dynamique de transformation durable du Cameroun. S’agissant de la diaspora, nous plaidons notamment en faveur d’incitations administratives, fiscales et douanières susceptibles de faciliter l’investissement de la diaspora aux plans humain, matériel et financier au bénéfice du Cameroun.
Plus généralement, bâtir le capital humain de demain pour le Cameroun suppose une démarche inédite, un véritable pacte mobilisant acteurs publics et privés autour d’une ambition commune en matière de recherche, formation et emploi. Cette ambition devra permettre d’insuffler aux futurs actifs les valeurs citoyennes camerounaises, de les doter des soft skills nécessaires pour se distinguer comme entrepreneurs ou intrapreneurs (éthique, leadership, créativité) et enfin d’acquérir des hard skills correspondant à des besoins en lien avec des opportunités professionnelles actuelles ou futures. Et en la matière, la part belle doit de nouveau revenir à l’enseignement technique. La société de demain impose enfin de repenser le travail sous toutes ses formes – nouvelles et anciennes – mais surtout de replacer l’excellence, et in fine le mérite, au cœur de la société.
Investir au Cameroun : Vos analyses soulignent l’importance des « transitions écologique, numérique et énergétique ». Comment ces transitions peuvent-elles devenir des leviers de croissance pour l’économie camerounaise ? Quelles politiques publiques et quels investissements privés recommandez-vous dans ces domaines ?
Jacques Jonathan Nyemb : L’énergie, le numérique et l’écologie sont des leviers structurants pour bâtir une industrialisation durable. Le numérique facilite l’accès aux savoirs et décuple la productivité tandis que l’énergie alimente la production et l’écologie la pérennise. Ce faisant, nous sommes convaincus qu’amorcer les transitions écologique, énergétique et numérique sera pour le Cameroun un tournant marquant. Il faudra rapidement miser sur l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables ou la finance verte pour stimuler notre économie.
Investir au Cameroun : À l’horizon 2030-2035, quelle est votre vision pour l’économie camerounaise ? Quelles sont vos trois recommandations stratégiques prioritaires pour que le Cameroun devienne effectivement ce pays « fier, prospère et solidaire » que vous appelez de vos vœux ? Comment mesurer le succès de cette transformation ?
Jacques Jonathan Nyemb : Passer de la résilience à la prospérité partagée, tel est le défi auquel est confrontée notre économie et pour lequel nous avons rassemblé en mars dernier lors de notre premier Sommet économique international (The Okwelians Summit) plus de 300 participants venant d’une vingtaine de pays ; et ce afin d’imaginer les solutions idoines pour concrétiser ce changement de paradigme annoncé. Nous pensons que les trente-sept (37) recommandations stratégiques et opérationnelles contenues dans le Livre Vert peuvent contribuer à transformer l’essai et réaliser enfin le potentiel camerounais. Le pouvoir d’achat des ménages, le plein emploi des jeunes et le bien-être des populations seront nos indicateurs de satisfaction.
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l’EFBC s’apprête à toucher un joli pactole

C’est désormais officiel : Carlos Baleba quitte Brighton pour rejoindre Manchester United. Le milieu de terrain camerounais, formé à l’Élite Football des Brasseries du Cameroun (EFBC) avant de poursuivre sa progression au LOSC Lille, s’est engagé avec les Red Devils pour une indemnité de transfert estimée à 82 millions d’euros.
Au-delà de la portée sportive de cette opération, ce transfert représente également une excellente nouvelle pour l’EFBC. Grâce au mécanisme de solidarité de la FIFA, qui prévoit une redistribution d’une partie de l’indemnité de transfert aux clubs ayant participé à la formation d’un joueur entre ses 12 et 23 ans, l’académie camerounaise devrait percevoir une somme conséquente.
Carlos Baleba ayant passé ses années de formation à l’EFBC entre 12 et 18 ans, l’académie pourrait ainsi bénéficier d’environ 2,05 millions d’euros, soit près de 1,345 milliard de francs CFA, sur la base d’un transfert évalué à 82 millions d’euros.
Une manne financière qui vient récompenser le travail accompli par les formateurs de l’EFBC et confirme, une nouvelle fois, la capacité des académies camerounaises à révéler des talents capables de s’imposer au plus haut niveau.
À noter toutefois : les propos de Wayne Rooney ne figurent pas dans le texte fourni. Pour les conserver fidèlement dans l’article, il faut me transmettre la citation ou le passage de Rooney concerné.
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le MRC hausse le ton et exige des peines exemplaires

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) appelle les autorités camerounaises à renforcer la réponse judiciaire face à la multiplication des violences conjugales mortelles, dans un communiqué signé par son secrétaire national à la communication, Roger Justin Noah.
La formation d’opposition se dit « profondément indignée » par la récurrence des féminicides domestiques, citant notamment le cas récent d’une mère de famille qui aurait été empoisonnée par son époux.
Le MRC estime que ces drames traduisent l’ampleur d’un phénomène qui ne saurait être traité comme une simple affaire familiale. Le parti dénonce notamment ce qu’il qualifie de « mollesse des condamnations » ainsi que le silence de certaines autorités locales face aux violences commises au sein des couples.
Dans son communiqué, le parti demande à la justice de poursuivre avec la plus grande fermeté les auteurs présumés de meurtres conjugaux et, lorsque les éléments de l’enquête le permettent, de retenir les qualifications pénales correspondant à des actes prémédités.
Lire le communiqué du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) :
URGENCE : NON À L’HÉMORRAGIE SILENCIEUSE – LE MRC EXIGE DES ACTES FACE AUX MEURTRES CONJUGAUX
Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), profondément indigné par la récurrence tragique des féminicides domestiques dont le dernier cas en date – une mère de famille empoisonnée par son époux –, dénonce avec la plus grande fermeté la passivité coupable des autorités face à ce fléau qui fait en moyenne une victime par jour dans notre pays.
Ce drame, survenu dans l’indifférence quasi générale, révèle une vérité brutale : la violence conjugale tue au Cameroun, et l’État regarde ailleurs. Les promesses de réformes judiciaires, les campagnes de sensibilisation épisodiques et les statistiques officielles édulcorées ne sauraient remplacer une action coercitive et systémique.
Le MRC déplore :
· La mollesse des condamnations, qui banalise l’acte criminel ;
· Le silence complice des autorités locales, souvent réticentes à « s’immiscer dans les affaires de famille ».
Notre parti appelle solennellement :
1. La justice : à requalifier systématiquement, DÈS QU’ELLE EN A LA MOINDRE INDICE, ces actes en assassinats prémédités, avec des peines exemplaires, sans circonstances atténuantes liées au « contexte familial ».
2. Les communautés : à briser la loi du silence. Chaque voisin, chaque parent, chaque ami doit signaler tout signe de danger. La vigilance collective est notre première barrière.
3. Les femmes : à ne plus confondre amour et soumission. La confiance n’exclut pas la méfiance. Soyez attentives aux signaux, préservez votre autonomie, et n’hésitez pas à fuir un foyer devenu un piège mortel.
Nous exigeons que chaque mort soit comptée, que chaque nom soit connu, que chaque bourreau soit poursuivi.
Roger Justin Noah
SGA 1/ Senacom pi
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Bauxite de Minim-Martap : l’offre d’A2MP pour racheter Canyon contestée en Australie par Jeremy Raper

(Investir au Cameroun) – La bataille pour le contrôle de Canyon Resources, la société australienne qui développe le gisement de bauxite de Minim-Martap au Cameroun à travers sa filiale Camalco, prend une tournure judiciaire et réglementaire en Australie. Le Takeovers Panel, l’organisme spécialisé dans les litiges liés aux offres de rachat des sociétés cotées australiennes, a annoncé le 26 août 2026 avoir été saisi par Jeremy Raper, un actionnaire minoritaire de Canyon, qui conteste plusieurs aspects de l’offre lancée par A2MP Investments.
A2MP, groupe d’investissement minier basé à Dubaï, contrôle déjà avec ses associés 55,56 % des droits de vote de Canyon. Depuis le 29 juillet, il propose de racheter toutes les actions qu’il ne détient pas encore au prix de 0,05 dollar australien par action. L’offre est notamment conditionnée à ce qu’A2MP atteigne au moins 75 % du capital. Elle a été prolongée jusqu’au 21 septembre 2026.
Cette bataille d’actionnaires pourrait paraître éloignée du Cameroun. Elle concerne pourtant directement Minim-Martap : Canyon porte le projet à travers Camalco Cameroon, tandis qu’A2MP est également garant de la facilité bancaire de 82 milliards FCFA accordée en 2025 par AFG Bank Cameroon pour financer son développement.
Un actionnaire conteste les arguments utilisés pour justifier l’offre
Jeremy Raper, qui ne détient que 0,10 % de Canyon, estime notamment que le document présenté aux actionnaires par A2MP contient des affirmations trompeuses ou impossibles à vérifier sur la valeur et la viabilité économique de Minim-Martap. Il accuse également le candidat au rachat d’avoir créé des conditions susceptibles de pousser les actionnaires à céder leurs titres et réclame davantage d’informations sur les liens entre certains actionnaires de Canyon.
Ces accusations ne sont pas, à ce stade, des faits établis. Le Takeovers Panel précise qu’il n’a encore ni décidé d’examiner l’affaire sur le fond, ni constitué la formation qui serait chargée de le faire. Il ne se prononce donc pas sur la validité des griefs formulés contre A2MP.
Le requérant demande néanmoins des mesures susceptibles d’affecter le déroulement de l’opération. Il souhaite notamment empêcher provisoirement A2MP de finaliser certaines acceptations de son offre, obtenir la correction ou le complément de certaines informations communiquées aux actionnaires et permettre à ceux qui auraient déjà accepté l’offre de revenir sur leur décision. Surtout pour le Cameroun, il demande qu’A2MP confirme sa garantie sur le prêt accordé par AFG Bank Cameroon.
Cette question est d’autant plus sensible qu’A2MP a lui-même utilisé la situation financière de Minim-Martap pour défendre son offre. Dans son document de rachat, le groupe affirme que les conditions économiques du projet se sont dégradées depuis l’étude de faisabilité publiée en septembre 2025 et estime que les flux de trésorerie futurs de Minim-Martap pourraient ne pas suffire à rembourser le financement d’AFG Bank. Il s’agit de l’analyse d’A2MP, contestée par le requérant, et non d’une conclusion d’AFG Bank ou du Takeovers Panel.
AFG Bank a suspendu les nouveaux décaissements
La bataille intervient alors que le financement de Minim-Martap traverse déjà une phase d’incertitude. Le 24 août, Canyon a annoncé qu’AFG Bank Cameroon avait suspendu tout nouveau décaissement sur la facilité de 82 milliards FCFA.
Il ne s’agit pas, à ce stade, d’une annulation du crédit. La banque demande d’abord une revue du nouveau calendrier du projet, de son modèle financier et de plusieurs hypothèses économiques. Une visite du site doit également être réalisée à la satisfaction des prêteurs. Camalco dispose de 15 jours pour fournir les informations demandées et la visite doit intervenir dans un délai de 30 jours.
Au 31 juillet 2026, Canyon déclarait avoir déjà utilisé environ 75 millions de dollars sur les 140 millions de dollars correspondant à la facilité de 82 milliards FCFA, soit un peu plus de la moitié de l’enveloppe exprimée en dollars. La société disposait parallèlement d’environ 31 millions de dollars australiens de trésorerie.
La conséquence immédiate est importante pour le Cameroun : Canyon reconnaît qu’en l’absence de nouveaux décaissements d’AFG Bank, il ne peut plus achever comme prévu la première phase du projet, celle qui doit conduire à la première exportation de bauxite. La compagnie a donc supprimé son objectif d’effectuer cette première cargaison au quatrième trimestre 2026, sans annoncer de nouvelle date.
Ce recul marque une rupture avec la situation présentée seulement cinq mois plus tôt. Le 11 mars 2026, après l’obtention d’un permis minier important, Canyon affirmait que les quelque 95 millions de dollars encore disponibles sur le crédit AFG, ajoutés à environ 43 millions de dollars de trésorerie, suffisaient à financer le projet jusqu’à la première expédition, alors programmée au troisième trimestre 2026.
Baudouin Enama
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24-08-2026 – Bauxite de Minim-Martap : AFG Bank suspend ses décaissements, Canyon retire son calendrier d’exportation
30-07-2026 – Bauxite de Minim-Martap : A2MP veut retirer Canyon de la cote et remet en cause la rentabilité du projet
29-07-2026 – Bauxite de Minim-Martap : doute sur la capacité du projet à rembourser la facilité AFG de 82 milliards FCFA
11-03-2026 – Bauxite de Minim Martap : les actionnaires de Canyon Resources bloquent l’entrée d’Afriland au capital
25-09-2025 – Bauxite de Minim Martap : Canyon mobilise 215 millions AUD et accueille le groupe Afriland au capital
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