Actualités locales
le FMI sonne l’alerte rouge pour le Cameroun
Le Cameroun croule à nouveau sous les dettes. Le Fonds monétaire international (FMI) affirme que le pays présente un risque élevé de surendettement, ce qui signifie que le montant emprunté est tel que son remboursement est devenu dangereux pour l’économie.
Fin 2024, la dette publique représentait près de la moitié du produit intérieur brut (PIB) du pays, soit 46,8 % du PIB.
En juin 2025, le Cameroun devait au FMI plus de 1 099 millions de DTS. Ce ne sont pas que des chiffres. Ce sont des factures que les Camerounais ordinaires paient chaque jour. Quiconque achète du carburant, prend un taxi ou va au marché a déjà ressenti cette dette.
Les subventions aux carburants ont été réduites dans le cadre des réformes du FMI, ce qui a fait grimper les coûts de transport. Les prix des denrées alimentaires ont flambé, les commerçants dépensant davantage pour acheminer les marchandises.
Les coupures d’électricité et les pénuries d’eau se poursuivent, car les entreprises publiques n’ont pas les moyens de maintenir les services.
Les hôpitaux manquent de médicaments, les écoles manquent d’enseignants et de livres, et les diplômés terminent leurs études pour finalement rester chez eux sans emploi.
Ce n’est pas nouveau. Au début des années 2000, le Cameroun a bénéficié de l’initiative PPTE qui a effacé une grande partie de sa dette. La promesse d’un nouveau départ. Pourtant, aujourd’hui, la dette s’accumule à nouveau à des niveaux alarmants. Pourquoi ? Parce que le régime Biya, au pouvoir depuis 1982, a emprunté sans relâche pendant des décennies.
Les prêts ont servi à des projets prestigieux, comme des autoroutes qui se terminent en brousse, des stades vides et des centrales électriques qui ne fonctionnent jamais à pleine capacité.
Certains projets restent inachevés, mais les prêts doivent toujours être remboursés avec intérêts.
Il en résulte que la dette ronge l’État au cœur même. Au lieu d’investir dans la santé, l’éducation ou l’emploi, les recettes publiques sont englouties par le remboursement des prêts.
Le FMI a clairement averti qu’une baisse des recettes d’exportation ou une hausse des coûts d’emprunt pourraient précipiter le Cameroun dans la crise.
Cela signifie davantage de coupes budgétaires, davantage de souffrances et encore moins d’opportunités pour une population dont près de la moitié vit déjà dans la pauvreté.
Alors que le Cameroun se prépare à l’élection présidentielle d’octobre 2025, cette crise de la dette ne peut être ignorée.
Il ne s’agit pas seulement d’économie ; il s’agit de gouvernance et de leadership. Pendant plus de quarante ans, le gouvernement Biya a hypothéqué l’avenir, empruntant sans rendre de comptes, tandis que la corruption et la mauvaise gestion prospéraient.
Aujourd’hui, les jeunes paient le prix fort : ils sont sans emploi, les familles paient des prix plus élevés et la nation paie avec des services publics défaillants.
La véritable question pour les électeurs est simple : qui a un véritable plan pour enrayer cette spirale ? Qui luttera contre la corruption, collectera des fonds équitablement et utilisera les ressources à bon escient ? Qui veillera à ce que chaque franc emprunté serve au peuple, et pas seulement aux puissants ?
La dette du Cameroun n’est plus cachée dans les livres de comptes du gouvernement. Elle est visible sur chaque étagère d’hôpital vide, chaque salle de classe sans craie et chaque famille qui souffre de la faim tout en remboursant des prêts dont elle n’a jamais bénéficié.
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Actualités locales
Ecobank Cameroun : le bilan se contracte de 25 milliards de FCFA en septembre, malgré la hausse des crédits

(Investir au Cameroun) – Ecobank Cameroun a enregistré une baisse de 25,121 milliards de FCFA de son total de bilan entre août et septembre 2026. Selon sa situation mensuelle provisoire arrêtée au 30 septembre, le total des actifs de la banque est passé de 622,710 milliards à 597,589 milliards de FCFA, soit un recul de 4 % en un mois. Cette contraction intervient alors que les crédits à la clientèle continuent de progresser légèrement.
Le mouvement le plus important concerne les titres de placement et valeurs assimilées. Leur encours recule de 271,423 milliards de FCFA à fin août à 249,447 milliards à fin septembre, soit une diminution de 21,976 milliards de FCFA (8,1 %). Ce poste regroupe les titres de placement ainsi que les valeurs reçues en pension ou achetées ferme.
Les opérations interbancaires et de trésorerie à vue reculent également. Leur encours passe de 76,447 milliards à 66,010 milliards de FCFA, soit une baisse de 10,437 milliards (13,7 %).
Les dépôts diminuent de 11,6 milliards de FCFA
Au passif, les dépôts de la clientèle s’établissent à 459,669 milliards de FCFA fin septembre, contre 471,229 milliards un mois auparavant. Le recul atteint 11,560 milliards, soit 2,5 %.
Cette évolution concerne principalement les comptes à vue, dont les encours diminuent de 22,356 milliards pour revenir à 320,618 milliards de FCFA.
À l’inverse, les dépôts à terme progressent de 17,975 milliards à 26,014 milliards de FCFA, soit une hausse de 44,7 %. Les comptes d’épargne augmentent également, passant de 110,280 milliards à 113,037 milliards. Ces progressions compensent partiellement la diminution des comptes à vue.
Les crédits progressent légèrement malgré le repli des dépôts
Les concours à la clientèle, calculés en additionnant les différentes catégories de crédits et les comptes débiteurs, atteignent 252,255 milliards de FCFA à fin septembre, contre 250,662 milliards un mois auparavant. L’augmentation est de 1,593 milliard de FCFA, soit 0,6 %.
Le rapport comptable entre les crédits et les dépôts passe ainsi de 53,2 % à fin août à 54,9 % à fin septembre. Cette évolution résulte de la progression modérée des crédits et de la diminution des dépôts. Cet indicateur ne doit toutefois pas être assimilé aux ratios prudentiels réglementaires de liquidité.
Autre évolution dans la structure du bilan : les crédits à la clientèle dépassent désormais légèrement le poste des titres de placement et valeurs assimilées, avec un écart de 2,808 milliards de FCFA. À fin août, les titres et valeurs assimilées excédaient encore les crédits de 20,761 milliards.
À fin septembre, le bilan d’Ecobank Cameroun se situe également 19,401 milliards de FCFA sous son niveau de fin décembre 2025, établi à 616,990 milliards.
Baudouin Enama
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Yaoundé lance les Rencontres du H2RIAC pour faire de la science un moteur régional

Sous la présidence de la ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation, Dr Madeleine Tchuinte, les Rencontres du Hub régional de recherche et d’innovation d’Afrique centrale (H2RIAC) se sont ouvertes ce 22 octobre 2026. Ces assises réunissent les six États de la zone CEMAC autour d’une ambition commune, à savoir : transformer la recherche et l’innovation en levier concret d’intégration et de développement dans la sous-région.
Ouvertes à Yaoundé en présence de S. E. Sylvain Riquier, ambassadeur de France au Cameroun, les rencontres du hub régional de recherche et d’innovation en Afrique centrale apparaissent comme une réponse aux défis régionaux. Ces assises constituent un dispositif innovant et intégrateur, destiné à renforcer la coopération scientifique dans la sous-région. Son intérêt réside dans la mutualisation des ressources humaines, techniques et financières, la circulation des savoirs et la conception de programmes communs adaptés aux défis locaux : santé, environnement, climat, numérique, sécurité alimentaire ou transition verte.
Pour les pays de la CEMAC, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de donner davantage de visibilité à leurs chercheurs et institutions sur la scène internationale. Il s’agit ensuite de rapprocher la recherche des besoins réels des populations et des économies nationales, afin que l’innovation cesse d’être perçue comme une activité isolée pour devenir un instrument de politique publique. Le Cameroun y joue un rôle particulier de facilitateur. « Le H2RIAC sera ce que nous en ferons collectivement. Le Cameroun en sera le facilitateur résolu ; il ne prétend pas en être propriétaire », a déclaré Dr Madeleine Tchuinte, appelant les États à bâtir une gouvernance partagée et équitable.
Des objectifs précis
Les Rencontres visent à positionner le H2RIAC dans l’écosystème scientifique régional et à permettre son opérationnalisation. Plus concrètement, elles doivent capitaliser sur les acquis de programmes régionaux d’excellence, sensibiliser la communauté scientifique aux nouvelles orientations partenariales et aux opportunités de financement, définir les priorités du Hub, proposer son mode de gouvernance et préparer un plan d’actions collaboratif.
La première journée, consacrée aux panels et tables rondes, a permis de partager les résultats de programmes tels que ARISE, le programme Recherche et Innovation de l’OEACP, le PDTIV, le PRICNAC, ainsi que le plan de coopération du CNRS avec l’Afrique. Les échanges ont également porté sur le dialogue de haut niveau Union européenne–Union africaine sur la science, la technologie et l’innovation.
Vers des résultats concrets
À l’issue des travaux, les organisateurs attendent des orientations prioritaires clairement formulées, une proposition de gouvernance et un plan d’actions fédérateur. La seconde journée, organisée sous forme d’atelier restreint, doit permettre aux représentants des six États d’approfondir la structuration institutionnelle du Hub.
Un projet issu d’un long processus
Ces rencontres s’inscrivent dans la continuité de l’atelier de préfiguration du H2RIAC, organisé à Yaoundé le 18 juillet 2025 par le MINRESI, l’Ambassade de France et l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). À ce moment, les représentants du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad avaient déjà identifié les priorités scientifiques régionales, les opportunités de coopération et les mécanismes de mise en place d’un réseau scientifique intégré.
L’initiative trouve également son origine dans la Déclaration d’intention conjointe signée en 2023 entre le Cameroun et la France, lors de la Semaine de la science camerounaise en France. Elle répond à un constat partagé : l’Afrique centrale dispose de compétences et de potentialités scientifiques, mais souffre d’un déficit de financement, d’infrastructures et de coordination entre les institutions de recherche.
Ces rencontres s’achèvent ce 23 octobre 2026 à Yaoundé.
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