Actualités locales
Histoire : voici le secret des Bamiléké et la force de la Tontine


«Un jour, un papa Bamiléké avait un problème urgent de 10 millions de francs. En effet, il venait de constater qu’un de ses multiples terrains dans la ville de Douala était fortement convoité, et que s’il ne faisait rien, il pourrait subir une usurpation foncière comme c’est courant à Douala, où la pression foncière est à l’origine d’innombrables arnaques», explique la page Je Suis Bamiléké, I Am Grassfield 2.0.
Lire ici la suite de l’histoire :
Il lui fallait donc rapidement sécuriser son terrain afin d’être à l’abris de désagréables surprises. Il avait absolument besoin de 10 millions pour construire une grande barrière sur ses 2 mille mètres carré en plein Logpom. Le mètre carré dans ce quartier de la ville de Douala coûte environ 80 mille francs CFA.
Le papa Bamiléké n’a pas d’argent à l’instant, mais il sait qu’à sa tontine, il peut acheter de l’argent, jusqu’à 15 millions à un taux d’intérêt dérisoire pour un mois. Il se rend donc à la tontine et prend les 10 millions dont il a besoin pour ses travaux.
Les travaux sont effectués rapidement, son terrain est désormais en sécurité. Sauf qu’à la fin du mois, échéance de remboursement à la tontine, et tout Bamiléké sait qu’on ne s’amuse pas avec l’argent de la tontine, il n’a pas les 10 millions. Ses affaires lui ont permis ce mois-là de mettre seulement 2 millions de côté. Il lui manque donc 8 millions pour que l’argent de la tontine soit complet.
Que faire ? Le papa contacte un de ses meilleurs amis commerçant avec qui il a l’habitude de traiter. Il lui dit, « frère, pardon je suis coincé, donne moi 8 millions, même si c’est l’argent de la marchandise, je te remets ça demain, je vais régler une affaire urgente là ». Les 10 millions de la tontine sont complets le jour J. Le papa peut honorer son remboursement.
C’est ici que ça devient intéressant.
Le même jour où le papa rembourse les 10 millions, puisqu’il est solvable au yeux de la tontine, il reprend cette fois pas 10 millions comme initialement, mais plutôt 8 millions pour un mois, pour rembourser son ami le lendemain comme convenu.
Le mois d’après, le papa Bamiléké réussit par ses affaires à mettre cette fois 3 millions de côté. Il recommence la même opération avec son ami à qui il prend plutôt 5 millions pour un jour. Il honore son remboursement de 8 millions à la tontine, et reprend cette fois 5 millions. Les bons comptes font de bons amis.
Ainsi de suite, ainsi de suite, le papa Bamiléké a réussi en quatre mois à faire un investissement de 10 millions avec zéro franc de départ grâce à la tontine et son intelligence. Il peut passer à une autre affaire.
Pour obtenir les 10 millions auprès d’une banque à un taux d’intérêt élevé, il lui aurait fallu présenter des garanties, hypothéquer un bien, et ça aurait pris trop de temps, au risque d’arriver un matin et trouver un immeuble sur son terrain.
Ce que certains appellent le Famlah, c’est tout simplement cette intelligence financière, cette capacité à lever du cash, l’art de jongler avec l’argent. Les Bamiléké appellent ça « prendre ici pour mettre là-bas ». C’est ainsi que petit à petit, avec discipline et sacrifices, ils avancent.
Voilà donc le secret des Bamiléké.
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pourquoi Garoua peut devenir le premier allié de David Pagou
Ce jeudi 24 septembre, le Stade Roumdé Adjia de Garoua sera le théâtre des retrouvailles entre les Lions Indomptables et leur public. Pour David Pagou, cette rencontre face aux Comores, comptant pour la première journée des éliminatoires de la CAN 2027, aura une dimension particulière. Nommé récemment à la tête de la sélection camerounaise, le technicien va pour la première fois diriger les Lions sur le sol camerounais. Et le choix de Garoua pourrait bien jouer en sa faveur.
Avant même le coup d’envoi, Pagou dispose d’un avantage qu’il connaît particulièrement bien : la ville de Garoua et son environnement footballistique. Entraîneur de Coton Sport, l’un des clubs phares de la région, le technicien camerounais évolue au quotidien dans cet environnement. Il connaît les réalités locales, l’ambiance du stade et, surtout, la ferveur d’un public qui vit le football avec passion. Cette proximité pourrait faciliter son intégration auprès du public et offrir aux Lions un supplément de confiance.
Un public qui peut pousser les Lions
À Garoua, le Stade Roumdé Adjia n’est pas simplement une enceinte sportive. Lorsque les Lions jouent dans le Nord, le public répond généralement présent et peut rapidement devenir un acteur à part entière de la rencontre. Dans un match d’ouverture des éliminatoires, où la pression du résultat est importante, cette ferveur peut peser dans les moments difficiles.
Pour Pagou, l’enjeu sera donc aussi de faire de cette proximité un levier. Une équipe qui démarre bien, qui impose son rythme et qui montre de l’engagement peut rapidement entraîner le public dans son sillage. À l’inverse, une rencontre fermée ou un début de match poussif pourrait laisser davantage de place au doute.
Le souvenir du dernier passage du Cameroun à Garoua nourrit justement cette confiance. Face au Burundi, les Lions s’étaient imposés 1-0 dans une rencontre particulièrement disputée. Vincent Aboubakar avait inscrit l’unique but de la partie, dans une ambiance où le public du Roumdé Adjia avait accompagné les siens jusqu’au coup de sifflet final.
Pagou connaît déjà les lieux et le contexte
L’autre particularité de cette rencontre réside dans la connaissance du terrain et du contexte local dont dispose David Pagou. Son expérience avec Coton Sport lui permet d’arriver à ce rendez-vous sans avoir à découvrir Garoua, son stade ou les conditions dans lesquelles évoluent les joueurs.
Cette familiarité peut également faciliter la préparation du match. Le sélectionneur sait à quoi s’attendre en matière d’ambiance, de déplacement et d’environnement. Il peut ainsi concentrer davantage son énergie sur l’essentiel : la préparation tactique et mentale de son équipe.
Face aux Comores, le Cameroun devra toutefois se méfier d’une sélection qui n’a rien d’un adversaire à prendre à la légère. Les Cœlacanthes ont progressivement gagné en expérience sur la scène africaine et pourraient chercher à jouer sans complexe. Pour les Lions, l’équation sera donc simple : imposer leur statut sans tomber dans la précipitation.
Une victoire pour lancer une nouvelle dynamique
Pour David Pagou, cette première à domicile représente aussi l’occasion de poser les premières bases de son aventure à la tête des Lions. Après plusieurs regroupements effectués loin du Cameroun, le sélectionneur va enfin évoluer devant un public qui attend beaucoup de la sélection.
Dans ce contexte, Garoua peut constituer bien plus qu’un simple lieu de rencontre. Le soutien du public, la connaissance de l’environnement par Pagou et le souvenir d’une victoire récente peuvent contribuer à créer un climat favorable aux Lions. Mais cet avantage devra être concrétisé sur le terrain.
Le Cameroun vise ainsi les trois points pour démarrer idéalement sa route vers la CAN 2027, prévue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Au Roumdé Adjia, Pagou aura l’occasion de transformer la ferveur de Garoua en énergie pour ses joueurs. Une première victoire permettrait surtout au nouveau sélectionneur de lancer son mandat sous le signe de la confiance.
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Caoutchouc, pâte de cacao, bananes : le Cameroun gagne une place dans trois classements mondiaux en 2025

(Investir au Cameroun) – Le Cameroun a gagné une place en 2025 dans les classements mondiaux des exportateurs de caoutchouc naturel, de pâte de cacao et de bananes, selon le Rapport sur l’état de la compétitivité de l’économie camerounaise en 2025. Le document du Comité de compétitivité place le pays au 7e rang mondial pour le caoutchouc naturel, au 6e pour la pâte de cacao et au 12e pour les bananes. En 2024, il occupait respectivement les 8e, 7e et 13e places. Le Cameroun conserve par ailleurs son 9e rang pour le beurre de cacao.
Pour le caoutchouc, le rapport évalue à 23 millions d’euros, soit 15,1 milliards de FCFA, la valeur des exportations camerounaises en 2025, contre 20,7 millions d’euros, environ 13,6 milliards de FCFA, un an plus tôt. Ces données conduisent le Comité à faire progresser le Cameroun du 8e au 7e rang mondial.
Ces montants doivent toutefois être distingués des statistiques nationales du commerce extérieur. L’Institut national de la statistique (INS), qui exploite les données de la Direction générale des douanes, comptabilise 43,46 milliards de FCFA d’exportations de « caoutchouc brut » en 2025, contre 46,29 milliards en 2024. Les volumes sont passés de 58 067 à 50 631 tonnes, soit une baisse de 12,8 %, tandis que la valeur a reculé de 6,1 %.
L’écart avec les chiffres utilisés pour le classement mondial peut notamment provenir du périmètre des produits retenus et de la base statistique utilisée. La méthodologie détaillée permettant de réconcilier précisément les deux séries n’est pas disponible dans les sources publiques consultées. Il serait donc excessif de déduire du seul gain de rang que les recettes douanières tirées du caoutchouc ont augmenté : selon l’INS, elles ont au contraire diminué en 2025.
La pâte de cacao progresse aussi en volume
Le mouvement apparaît plus net pour la pâte de cacao. Le Comité de compétitivité évalue les exportations camerounaises à 442,5 millions d’euros en 2025, soit environ 290,3 milliards de FCFA, contre 320,2 millions d’euros, environ 210 milliards de FCFA, en 2024. Sur cette base, le Cameroun passe du 7e au 6e rang des exportateurs mondiaux de pâte de cacao.
Les statistiques de l’INS, bien que différentes en valeur, confirment cette fois une progression simultanée des quantités expédiées et des recettes. Le Cameroun a exporté 73 261 tonnes de pâte de cacao en 2025, contre 61 527 tonnes un an plus tôt, soit une hausse de 19,1 %. Leur valeur est passée de 210,05 à 261,34 milliards de FCFA, en progression de 24,4 %.
Cette évolution permet de nuancer l’effet des prix : pour la pâte de cacao, l’amélioration ne provient pas uniquement de la valorisation du produit. Les volumes exportés ont augmenté de près de 11 734 tonnes. Rapportée arithmétiquement aux quantités expédiées, la valeur moyenne ressort à environ 3 567 FCFA le kilogramme en 2025, contre 3 414 FCFA en 2024, soit une progression d’environ 4,5 %. La hausse des recettes s’explique donc principalement par l’augmentation des volumes, accompagnée d’une amélioration plus limitée de la valeur unitaire.
La situation est différente pour le beurre de cacao. Le rapport de compétitivité maintient le Cameroun au 9e rang mondial et chiffre les exportations à 470,1 millions d’euros en 2025. Mais les données douanières nationales font ressortir une baisse des volumes : 21 494 tonnes ont été exportées, contre 24 819 tonnes en 2024, soit -13,4 %. Leur valeur a néanmoins progressé de 16,5 %, de 99,24 à 115,57 milliards de FCFA. La hausse en valeur s’est donc produite malgré la contraction des tonnages.
Des statistiques divergentes sur la banane
Le Cameroun gagne également une place dans le classement du Comité pour la banane, passant du 13e au 12e rang mondial. Le rapport retient une valeur d’exportation de 251,4 millions d’euros en 2025, environ 164,9 milliards de FCFA, légèrement inférieure aux 252,6 millions d’euros enregistrés un an auparavant.
Là encore, les différentes sources disponibles ne mesurent pas exactement la même chose. L’INS chiffre à 218 518 tonnes les exportations de la catégorie « bananes, y compris plantains » en 2025, contre 243 428 tonnes en 2024, soit un recul de 10,2 %. Leur valeur douanière atteint pourtant 67,72 milliards de FCFA, contre 36,67 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 84,7 %.
De son côté, l’Association bananière du Cameroun (Assobacam), qui suit la banane dessert commercialisée par les producteurs de la filière, comptabilise 225 345 tonnes exportées en 2025, contre 210 686 tonnes en 2024, soit une progression de 7 %. Ces différences de périmètre rendent hasardeuse toute comparaison directe entre les volumes de l’Assobacam, les données douanières de l’INS et les valeurs utilisées pour établir le classement international.
Les gains enregistrés sur ces marchés ne signifient pas pour autant que les exportations camerounaises ont progressé dans leur ensemble. L’INS évalue les recettes totales d’exportation à 3 084 milliards de FCFA en 2025, en baisse de 168,1 milliards, soit 5,2 %, par rapport à 2024. Les quantités exportées ont reculé de 10,7 %. À l’inverse, les exportations hors pétrole brut ont progressé de 5,7 % en valeur, et celles hors hydrocarbures de 9,8 %.
Cette amélioration sur quelques produits ne modifie que marginalement le positionnement global du Cameroun. Le Comité de compétitivité classe le pays au 114e rang mondial des exportateurs en 2025, contre le 116e rang en 2024. Il estime que sa part dans les exportations mondiales reste très faible :« sa part de marché demeure (…) faible, bien qu’en légère progression », passant, selon le rapport, de 0,002 % à 0,003 %.
Le contraste est également visible à l’échelle africaine. Avec un poids estimé à 1 % des exportations du continent, le Cameroun occupe le 21e rang, deux places de moins qu’en 2024. Le Comité relève aussi des positions plus éloignées sur les produits transformés, avec une 103e place mondiale pour les produits manufacturés de base et une 131e pour les aliments transformés. Le rapport parle à ce sujet de« rangs mondiaux modestes », montrant que les gains enregistrés sur le caoutchouc, la pâte de cacao et la banane restent concentrés sur quelques filières.
Brice R. Mbodiam
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Cemac : la Cosumaf retire l’agrément d’Axiome Capital, resté sans activité depuis 2023, et engage sa liquidation

(Investir au Cameroun) – La Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf) a retiré l’agrément d’Axiome Capital, société congolaise autorisée depuis mars 2023 à exercer comme conseiller en investissements financiers dans la Cemac. Le régulateur a également engagé sa liquidation, selon une décision disciplinaire rendue le 3 août 2026.
Le collège de la Cosumaf a donné délégation à sa présidente pour désigner un liquidateur chargé d’accomplir les formalités nécessaires. L’agrément individuel d’Attendu Bogalys Mboussa Galibayi, gérant d’Axiome Capital, a également été retiré. Créée en janvier 2020 à Brazzaville avec un capital de 1 million de FCFA, la société avait obtenu son agrément le 31 mars 2023.
Mais Axiome Capital n’a jamais exercé d’activité sur le marché depuis l’obtention de cette autorisation. La situation s’est aggravée le 30 avril 2025, lorsque son gérant a informé la Cosumaf de sa nomination à la présidence de la République du Congo, au département des hydrocarbures, et de son impossibilité de continuer à diriger la société.
Le 11 juin 2025, la Cosumaf lui a indiqué que son départ entraînait la perte de son agrément de dirigeant et a demandé à Axiome Capital de désigner immédiatement un remplaçant soumis à l’approbation du régulateur. La société n’a pas répondu, malgré plusieurs relances effectuées entre juillet et octobre 2025.
À cette absence de dirigeant et à l’inactivité de la société s’ajoute le non-paiement des redevances annuelles dues au titre de 2025 et 2026. La redevance applicable aux conseillers en investissements financiers étant fixée à 1 million de FCFA par an, les deux exercices représentent arithmétiquement 2 millions de FCFA. La décision de la Cosumaf ne chiffre toutefois pas elle-même l’arriéré.
Axiome Capital n’a pas non plus transmis, pour les exercices 2024 et 2025, sa cartographie des risques, ses rapports de contrôle interne et de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ses états financiers de synthèse ainsi que les rapports de ses commissaires aux comptes.
La société et son dirigeant n’ont formulé aucune observation sur les griefs qui leur étaient reprochés. Axiome Capital, bien que régulièrement convoquée, ne s’est pas présentée à la session disciplinaire du 3 août.
La décision peut faire l’objet d’un recours. Elle ne précise ni l’identité du liquidateur, qui doit encore être désigné, ni la valeur des actifs et passifs à liquider. Elle ne fournit pas non plus d’information sur l’existence éventuelle de comptes clients ou d’engagements envers des investisseurs.
Baudouin Enama
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