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Simon Ngoon Mbeleck, candidat au poste de président de la Fecafoot se lâche

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Simon Ngoon Mbeleck, candidat au poste de président de la Fecafoot se lâche
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Dans un entretien exclusif chez nos confrères de footazimuts, l’ancien arbitre, président de l’Association Camerounaise des Arbitres de Football (ACAF) branche du Littoral Simon Ngoon Mbelleck s’exprime sans détour sur l’exclusion de l’ACAF au sein du comité exécutif de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), sur la crise qui secoue l’arbitrage et le football camerounais.

Lire ici l’intégralité de l’Interview réalisée par Ulrich Tchomo :

Bonjour Monsieur Simon Ngoon Mbeleck, merci d’avoir accepté notre invitation. Comment allez-vous aujourd’hui ?

Je vais bien, pas de soucis, tout va bien.

Pour ceux qui vous connaissent moins, pouvez-vous revenir brièvement sur votre parcours, de vos débuts comme arbitre à votre poste actuel de président de l’association des arbitres, branche du Littoral ?

Il faut d’abord mentionner que j’ai flirté avec plusieurs autres disciplines avant de me retrouver dans le football. J’ai commencé avec les arts martiaux puis l’athlétisme où j’étais sprinteur et champion dans la région du Littoral, avant de jouer au football au poste de gardien de but dans l’équipe FM 105 du feu Daniel Nzock, qui était responsable de chaîne à la CRTV Littoral, paix à son âme, avant de me reconduire dans l’arbitrage en 2000. Je fais l’école et, toujours en 2000, je sors avec une moyenne excellente.

Tour à tour, je passe de la 3e division à la seconde et, depuis 2007 jusqu’en 2021, j’étais arbitre de première division ; donc j’ai fait pratiquement 19 ans en élite. Je prends ma retraite à 45 ans et c’est depuis 2016 que je suis président de l’Association camerounaise des arbitres de football (ACAF), branche du Littoral. Il faut rappeler qu’en 2004, j’ai été vice-président de l’ACAF national jusqu’en 2007 lorsque je prends les rênes de la région du Littoral jusqu’à nos jours.

En tant qu’ancien arbitre, comment appréciez-vous la prestation des arbitres lors de la saison dernière ?

Je pense que c’est la résultante de tout l’olympisme de cet exécutif actuel. Ce n’est pas aujourd’hui que nous avons commencé à décrier la situation de la mauvaise prestation des arbitres. Depuis que cet exécutif est arrivé, il faut le savoir, nous avons des arbitres que nous appelons arbitres d’OPOPO ; ils sont nombreux comme ça. Cette année, c’était la cerise sur le gâteau avec un certain Ndanga Mundi. Je suis un fervent protecteur des arbitres parce que c’est mon rôle premier, mais je dois aussi décrier lorsqu’il y a des brebis galeuses dans le corps.

Ce n’est pas facile pour les présidents de clubs et même pour la fédération d’organiser des matchs et, à la fin, on voit une piètre prestation des arbitres. Encore qu’il n’est pas interdit pour ces arbitres-là d’avoir de piètres prestations, les erreurs peuvent arriver, mais lorsqu’elles deviennent volontaires, il faut le décrier. Pour moi, je n’ai pas beaucoup aimé la qualité de l’arbitrage pendant toute la gestion de cet exécutif.

La FECAFOOT a récemment décidé d’exclure l’ACAF et de la remplacer par l’ACAAF. Quelle a été votre première réaction à cette annonce ?

Je pense que, lors de l’annonce de ma candidature à la présidence de la FECAFOOT, je l’avais dit à tout le monde. À l’avant-dernière assemblée, il était question qu’on exclue l’ACAF. Nous ne savons pas ce qui s’est passé. Lorsque le secrétaire général faisait la lecture, il y avait cette résolution 19 qui disait que l’ACAF devait être remplacée, mais lors de la rédaction, ils l’ont ôtée. Donc cela ne m’a pas surpris, mais c’est vraiment désagréable car on ne peut pas se mettre à vous demander de vous asseoir autour d’une table parce qu’il y a un problème qu’il faille résoudre, mais on pense juste à exclure le membre de manière unilatérale.

Selon vous, cette décision est-elle liée à la grève des arbitres qui a marqué la saison dernière ?

La grève même, c’est l’apothéose. C’est d’abord le fonctionnement et le fait que les arbitres sont gérés de manière chaotique. Nous ne savons pas comment les arbitres sont formés au niveau de l’élite. Les stages sont devenus mystifiés et même pendant ces stages, depuis que cet exécutif est là, les arbitres n’ont jamais fait un stage assez consistant, surtout dans la qualité du domaine logistique.

À l’époque des Iya Mohamed et tous les autres prédécesseurs, c’était dans des hôtels assez huppés où les arbitres avaient des équipements et même trois repas par jour. Cet exécutif n’a donné aucune possibilité à ces arbitres de voir ou de goûter la saveur de l’élite. On vous regroupe à Mbankomo, on vous demande de venir avec des seaux d’eau et des draps, où il n’y a pas de repas, et on vous demande d’aller sur la route à près de 2 kilomètres du centre pour aller chercher quelque chose à manger, et à vos frais.

Vous comprenez donc que la grève est un peu la résultante de tout cela. Nous avons attiré l’attention de la fédération et, à un moment, dans la région du Littoral, j’ai même bloqué le championnat et demandé à la fédération de payer les émoluments des arbitres, mais j’ai été menacé par l’instance faîtière. Nous avons tenu bon et la fédération a fini par payer. Lorsque nous réclamions nos 350 millions donnés par le SGPR, ce n’est pas de manière anodine. Jamais nous n’avons été catégoriques ou rigides, nous avons toujours été flexibles pour appeler la fédération autour de la table, mais elle n’a pas accepté. Donc ce sont nos revendications, qui sont légitimes et légales, qui ont poussé la fédération à nous écarter et à créer un groupuscule qu’on appelle association (ACAAF) qui est vide de consistance juridique.

Quelles conséquences cette décision aura-t-elle sur les arbitres camerounais, et plus particulièrement dans votre région ?

Nous ne sommes pas des va-t-en-guerre. Il n’est pas question d’aller dans des batailles inutiles. Dans le Littoral, les arbitres traînent beaucoup d’arriérés depuis que cet exécutif est là. Il est question de demander aux arbitres de voir dans quelle mesure nous pouvons rester soudés et attendre, car nous savons que les choses finiront par changer. Malgré le fait que l’association a été écartée par la fédération, elle fonctionne et demeure présente. Nous demandons aux arbitres de rester patients, cohérents et solidaires, car l’avenir nous dira la suite.

Voyez-vous encore une possibilité de dialogue ou de réconciliation entre l’ACAF et la FECAFOOT ?

Nous sommes dans un pays de droit et nous prenons le dialogue à tout moment, car nous croyons que ces personnes reviendront à la raison. La dernière assemblée qui a validé l’exclusion de l’ACAF n’avait que 48 membres ce jour-là. Vous voyez l’écart : même si le quorum a été atteint, de 90 à 48, il y a un gros gap. Les membres de l’ACAF sont toujours présents et il y a les élections qui arrivent, donc nous pensons qu’il y a encore une possibilité.

L’association qui est mise sur pied aujourd’hui (ACAAF) par la fédération n’a pas assez de consistance juridique et de représentativité. C’est une association qui a été créée pour aller aux élections et la fédération sait que, passant par là, elle aura un candidat sûr. Nous continuons à exercer et travailler ensemble, avec la main tendue, on ne sait jamais. Le 29 novembre n’est pas loin, il y aura encore une olympiade et peut-être, pendant cette olympiade de 4 ans, la fédération pourra nous appeler autour de la table pour qu’on puisse parler d’une manière sereine.

Vous avez déclaré votre candidature aux prochaines élections de la FECAFOOT. Qu’est-ce qui vous a motivé à franchir ce pas ?

Il faut d’abord comprendre que j’ai été en activité au sein de la FECAFOOT pendant plus de 20 ans comme arbitre et administrateur, étant même encore en activité, ce qui est chose rare. Je me suis dit qu’il faut changer certaines choses. Nous avons un exécutif qui n’a pas compris qu’avant d’avancer il faut se servir des repères. Je vais vous dire de façon détaillée ce que sont les repères : nous avions à l’époque une ligue de football professionnelle qui gérait le football professionnel, nous avions une ligue de football jeune qui gérait le football jeune, et plusieurs autres entités, mais lorsqu’ils arrivent, ils battent tout en brèche et commencent sans repères ; voilà pourquoi nous nous retrouvons dans une gestion chaotique.

Pour moi, la gestion, on doit la mettre en avant car à la FECAFOOT elle est vraiment large et prend en compte les aspects stratégiques, financiers, communicationnels, et mon groupe et moi espérons que nous allons passer malgré le verrouillage que l’on observe ces derniers jours. Nous pensons que nous devons mettre une politique qui nous permettra d’avoir une meilleure gestion, et dans cette gestion-là, il y a des clés qui sont importantes à relever.

Sur le plan stratégique, il faudra mettre sur pied une organisation qui permettra d’avoir une gestion où l’on regardera le problème de la corruption pour qu’elle soit élaguée, et surtout mettre des personnes choisies ou votées de manière claire à la fédération. Nous devons avoir une gestion financière transparente et avoir des audits de manière régulière qui nous permettront de voir à quel niveau nous sommes. Également, il nous faudra un plan de communication efficace avec les membres de la fédération, avec les sponsors et aussi avec les supporters.

Un point très important : il nous faudra une commission juridique efficace, avec des personnes que nous allons choisir de manière transparente, pour que les dossiers et conflits soient gérés de manière sûre. Je ne pourrais pas me prononcer sur tous ces éléments, car ils sont pléthoriques, mais si nous mettons cela en application, nous aurons une très bonne fédération. Ce sont des choses qu’il faut régler et mettre des personnes compétentes et motivées. J’ai peur que si cette fédération est encore là pour le prochain mandat, elle puisse gérer les affaires courantes et son passif, mais pour ceux qui viendront après, ce ne sera pas facile, car ils pourront trouver des caisses vides et, au pire des cas, des dettes assez importantes. Voilà un peu ce qui nous a motivés et comment nous pensons gérer, et j’ai cette intime conviction qu’au lendemain du 29 novembre, si on nous donne cette occasion de gérer, je pense que cela pourra donner quelque chose de bon.

En quoi votre expérience d’arbitre et de dirigeant d’association est-elle un atout pour diriger la fédération ?

Gérer une fédération, une association ou une entreprise n’est pas seulement une question de background ou de diplôme, c’est aussi une question de sagesse. Kadji de Fotso n’a jamais eu un véritable background, mais il avait dans son entreprise des personnes qui l’avaient. Il est donc question de gérer cette fédération et de chercher des personnes compétentes. Je ne saurais me lever le matin et commencer à crier « je, je, je… » car on ne peut pas tout faire seul. Je ne suis pas économiste ni politicien, mais je pense que ma position de sagesse m’a déjà donné la possibilité d’être vice-président de l’ACAF alors que je n’avais encore que 29 ans, et depuis 2016 je suis toujours président de la branche du Littoral et président de plusieurs autres associations sportives. Nous allons donner le travail à tout le monde et rester au-dessus pour coordonner, et c’est dans cette optique que nous allons multiplier les audits et définir les objectifs à atteindre. J’ai le vécu, j’ai vu comment Iya Mohamed, Tombi A Roko, jusqu’à Seidou Mbombo Njoya et Samuel Eto’o ont travaillé, donc je peux aussi travailler.

Quels sont, selon vous, les trois grands problèmes actuels du football camerounais ?

J’ai ressorti précédemment l’ensemble de la gestion du football camerounais. Aujourd’hui, la fédération a 10 membres et les plus importants et visibles sont le corps de métier des arbitres, des entraîneurs et des footballeurs. Comment ces 3 entités sont-elles traitées ? Vous voyez que c’est du n’importe quoi : personne n’est bien traité. Les discours ronflants ne doivent pas nous éblouir. Si je prends le cas des arbitres, regardez seulement cette saison : le championnat de première division qui a 30 journées, la fédération a payé seulement 7 journées.

Voilà les problèmes qu’il faut résoudre. Sur la situation des entraîneurs, aujourd’hui ils n’ont pas d’avenir. On va dire qu’on a signé un contrat avec la CNPS et tout, mais c’est faux. On nous a dit qu’un joueur d’Élite Two devait avoir un salaire de 100 000 et 200 000 pour l’Élite One, mais essayez de voir : il y a des grèves tous les jours, des équipes d’élite se retrouvaient lors des rencontres avec des effectifs de moins de 13 joueurs, avec certains qui font du chantage, des équipes ne pouvaient pas s’entraîner 3 fois par semaine. Voilà les grands problèmes qui sont dans la gestion collective de l’ensemble du football camerounais.

Si vous êtes élu, quelle sera votre première mesure forte dès les 100 premiers jours ?

Il faut reconnaître que, durant ces 4 dernières années, il y a eu des exclusions abusives. Nous avons perdu des clubs de manière abusive, comme Djiko FC de Bandjoun, Poivre de Penja et bien d’autres encore. Il faut une réconciliation et non avancer pour avancer. Il faut rappeler tout le monde, car les gens avaient confiance en cet exécutif mais ont été déçus.

Il suffisait juste d’avoir une idée diamétralement opposée à cet exécutif pour qu’on vous colle 10 ans de suspension et des amendes. Voilà que même l’Union de Douala, qui a été relégué, l’argent qui pouvait permettre à ce club de payer peut-être 3 ou 4 journées est encore dans les bureaux d’un commissariat ou d’une brigade de recherche. Il faut donc réunir tout le monde et ensemble voir comment avancer. C’est donc cela qui sera la première chose que je ferai lorsque je serai à la tête de cet exécutif.

Quel message souhaitez-vous adresser aujourd’hui aux membres de l’Assemblée Générale et à tous les acteurs du football camerounais ?

C’est d’avoir toujours espoir. Au fond, nous savons tous que ça ne va pas et on dit souvent que nous sommes des orphelins, car l’orphelin n’est pas seulement celui qui a perdu ses parents, mais celui qui a également perdu l’espoir. Sachons-le, il faut parfois que la graine tombe, meure pour qu’elle puisse germer afin de donner parfois, ou toujours, de bons fruits. Oui, nous sommes des orphelins, car le football camerounais est mort, mais ayons espoir car nous aurons de bons fruits tous ensemble.

Enfin, si vous deviez résumer votre ambition pour le football camerounais en un seul mot, lequel choisiriez-vous ?

Je me résumerais simplement comme dans mon slogan : « La réconciliation du football camerounais ». Le football camerounais est tellement déchiré aujourd’hui et ma position d’arbitre est la plus indiquée, car l’arbitre dira toujours à tout le monde que le football n’a pas d’ennemis, mais n’a que des adversaires. Je pense que, Dieu aidant, les délégués comprendront qu’avec moi, ils auront la possibilité de venir discuter, s’entendre et se fixer les bases pour avancer.

Les délégués savent très bien qu’avec cet exécutif c’est impossible, car c’est un clan qui s’est érigé et qui gère le football camerounais. Ils ont voté mais n’ont jamais été pris en considération. Avant même la tenue de l’assemblée générale de la fédération et son exclusion, l’ACAF était déjà suspendu et a été imposé à ces délégués. Ils doivent comprendre qu’il est temps de changer : 4 ans dans le trou, il est temps de sortir de ce trou.

À travers cet échange, Simon Ngoon Mbeleck affiche clairement sa volonté de rupture avec la gestion actuelle de la FECAFOOT. Son mot d’ordre « la réconciliation » se veut le socle de son projet pour réunir tous les acteurs du football camerounais, restaurer la confiance et redonner de la dignité à l’arbitrage et aux clubs. Reste à savoir si ce message trouvera un écho auprès des délégués lors des prochaines élections.

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8 816 milliards FCFA de budget, mais où passe réellement l’argent de l’État ?

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8 816 milliards FCFA de budget, mais où passe réellement l’argent de l’État ?
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Alors que le budget de l’État camerounais atteint 8 816,4 milliards de francs CFA en 2026, contre 3 746,6 milliards en 2015, l’économiste et responsable politique Louis-Marie Kakdeu s’interroge sur l’utilisation des ressources publiques.

Dans une chronique consacrée à la gestion des finances publiques, il pointe le poids de la dette, les dépenses de fonctionnement, les risques de corruption et les difficultés d’exécution des investissements.

Intitulée « Cameroun : où va l’argent de l’État ? », cette analyse met en débat l’efficacité de la dépense publique, au-delà de la progression des enveloppes budgétaires. Pour son auteur, l’augmentation des ressources mobilisées par l’État ne se traduit pas suffisamment par des infrastructures et des services publics à la hauteur des attentes des populations.

Lire la chronique de Louis Marie Kakdeu :

Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?

En dix ans, le budget de l’État du Cameroun a plus que doublé, passant de 3746,6 milliards FCFA en 2015 à 8816,4 milliards FCFA en 2026. Mais, alors que ces chiffres donnent l’impression d’une trajectoire ascendante de la puissance publique, une interrogation fondamentale demeure chez les citoyens : où va réellement ces milliards ? L’examen attentif des lois de règlement (documents arrêtant définitivement l’exécution des budgets votés à l’Assemblée nationale) et des rapports d’évaluation du FMI et de la Banque mondiale livre un constat sans équivoque : les arbitrages financiers de la dernière décennie ont été dominés par le poids de la dette publique, du fonctionnement institutionnel et des détournements des deniers publics, au détriment de l’investissement productif et des dépenses sociales.

1. Le service de la dette est le premier poste budgétaire du pays

L’argent public sert d’abord à rembourser les dettes. En 2024 seulement, le service de la dette publique représentait à lui seul 24% de l’ensemble des dépenses ordonnancées de l’État (avec plus de 1 600 milliards FCFA exécutés sur une prévision de 2 252 milliards FCFA). Il faut dire que la dette publique est passée de moins de 25% du PIB en 2015 à plus de 43% du PIB en 2024, ce qui asphyxie l’économie. Les rapports d’évaluation du FMI soulignent un risque élevé de surendettement, qui contraint l’État à consacrer près de 1 franc CFA sur 4 uniquement au paiement du principal et des intérêts de sa dette.

2. Fonctionnement et masse salariale

En 2024, les dépenses de personnel atteignaient 1490,5 milliards FCFA, soit 22,6% des dépenses ordonnancées. Sur dix ans, la masse salariale de la fonction publique a progressé de plus de 60%, alors que l’État ne produisait pas proportionnellement la croissance. Pire, la consommation de biens et services et les charges de fonctionnement des ministères et autres institutions représentent un bloc structurel d’environ 25% des budgets annuels, caractérisé régulièrement par des impayés et une accumulation de restes à payer (comme en témoigne la dette locative de l’État).

3. Les détournements de deniers publics en hausse

Si le rapport annuel de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), pour l’exercice 2025, ne présente qu’un préjudice financier subi par l’État de 6,2 milliards FCFA, c’est parce qu’au fil du temps, l’on ne poursuit plus grand monde en justice ! La CONAC ne travaille que sur des cas signalés et/ou enrôlés ! Les détournements tracés et poursuivis par la justice et les organes de contrôle représentent moins de 2% du budget consolidé.

Or, dans la réalité, lorsque l’on regarde le rapport des bailleurs de fonds, la part réelle et systémique des détournements à travers des mécanismes de surfacturation, gaspillage, fraude, exécutions fictives, absentéisme payé (fonctionnaires fictifs), virements dérogatoires hors budget, est d’environ 15% de la valeur réelle du budget national annuel. Sauf que la corruption est devenue une normalité au Cameroun.

L’un des sujets les plus discutés dans les rapports de la Banque mondiale et du FMI sur le Cameroun porte sur les « subventions » aux produits pétroliers. Entre 2015 et 2023, cela a coûté plus de 2000 milliards FCFA au Trésor public. L’on appelle cela subvention alors que dans la structure des prix du litre de carburant, c’est le consommateur qui paie. Où part cet argent ? C’est aussi le consommateur qui paie la (re)construction de la SONARA, sauf que le budget annoncé a déjà été récolté plusieurs fois sans suite !

Pire, les rapports d’évaluation des bailleurs de fonds estiment que les détournements représentent une perte d’efficacité atteignant 30% du Budget d’Investissement Public (BIP). Sur la décennie, cela équivaut à un manque à gagner réel allant jusqu’à 4000 milliards FCFA sur la réalisation des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux). L’opération de comptage physique des personnels de l’État (COPPE) a révélé sur la décennie des dizaines de milliers d’agents publics fictifs ou en situation d’irrégularité.

Les rémunérations indues versées et rattrapées représentaient jusqu’à 600 milliards FCFA sur la décennie, soit environ 4% de la masse salariale publique. Plus grave, l’audit approfondi mené sur les chapitres 65 (interventions de fonctionnement) et 94 (interventions en investissement) sur la décennie a mis en lumière l’évaporation de près de 1000 milliards FCFA au profit d’entreprises écrans ou pour des interventions dépourvues de justificatifs probants. Mais, comme j’ai dit, l’opération épervier s’est avérée politique et à tête chercheuse.

4. Les soldes engagées non décaissées

L’une des critiques récurrentes formulées par l’Assemblée nationale lors des débats sur les lois de règlement concerne le taux d’exécution des dépenses en capital (BIP). L’on a toujours parlé d’une sous-consommation chronique du budget et des emprunts. Sur la décennie, la part des SEND (Soldes Engagés Non Décaissés) s’est révélée particulièrement élevée, allant jusqu’à 70% du budget annuel global (soit environ les deux tiers du budget de l’État), et représentant près de 15% du PIB.

Les encours de SEND (prêts extérieurs signés avec les Partenaires Techniques et Financiers – PTF, mais non encore décaissés) ont fortement grimpé sous l’effet de l’accumulation des conventions de financement. En 2025, ils ont atteint le niveau critique de 5100 milliards FCFA, soit l’équivalent de près de 70% de l’ensemble des ressources et charges budgétisées de l’exercice. Le coût d’opportunité et les commissions d’immobilisation sont importants.

Le Cameroun subit le syndrome de la faible capacité d’absorption alors qu’il faut seulement travailler à résoudre les problèmes d’exécution qui sont : la faible maturité des projets, les retards dans les procédures d’expropriation, les lenteurs des décaissements et la complexité des procédures de passation des marchés publics.

En récapitulant les dix dernières années d’exécution budgétaire au Cameroun, l’on note qu’environ 15% seulement de l’argent public a été consacré au financement des routes, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, etc. L’enjeu central pour la gestion des finances publiques camerounaises ne réside plus seulement dans la capacité à collecter des recettes ou à emprunter, mais dans la qualité de la dépense. Sans une restructuration audacieuse qui accorde la priorité absolue aux investissements générateurs de croissance, l’argent de l’État continuera principalement de financer son propre fonctionnement et le remboursement de ses dettes.

Courage à nous ! Pour ne pas rater mes prochaines chroniques, abonnez-vous et partagez autour de vous !

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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INTERPOL sollicité pour renforcer la sécurité aux frontières des six pays d’Afrique centrale

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INTERPOL sollicité pour renforcer la sécurité aux frontières des six pays d’Afrique centrale
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En marge de la 6e session du Conseil des chefs de police d’Afrique centrale à Yaoundé, le Président de la Commission CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o et le président d’INTERPOL Lucas Philippe ont tenu une audience sur la libre circulation, la lutte contre la criminalité transfrontalière et l’équipement des frontières.

La sécurité au cœur de l’intégration. En marge de la 6ᵉ session ordinaire du Conseil des chefs de police d’Afrique Centrale à Yaoundé, consacrée au renforcement de la lutte contre la criminalité transfrontalière, le président de l’Organisation Internationale de Police Criminelle (INTERPOL), Monsieur Lucas Philippe, en visite de travail au Cameroun, a accordé une audience officielle au Président de la Commission de la CEMAC, S.E. Baltasar Engonga Edjo’o.

Cette rencontre institutionnelle a permis de faire le point sur les enjeux stratégiques de la libre circulation au sein de l’espace CEMAC, tout en abordant le financement prioritaire des infrastructures, telles que les postes-frontières juxtaposés.

Les échanges ont également mis l’accent sur le renforcement de la sécurité frontalière, qui a fait l’objet d’un plaidoyer ciblé du président de la Commission auprès de l’OIPC-INTERPOL, notamment à travers l’équipement en lecteurs de passeports biométriques.

L’objectif est clair : concilier fluidité et sécurité. Alors que la CEMAC promeut la libre circulation des personnes et des biens, la porosité des frontières alimente trafics, terrorisme et criminalité organisée.

De même, l’accompagnement de la Communauté dans la création de corps de police dédiés aux frontières et la formation spécialisée des personnels ont été sollicités, en vue de dynamiser la coopération et d’assurer la fluidité des échanges intracommunautaires.

Une coopération qui pourrait se traduire par un appui technique d’INTERPOL, l’accès à ses bases de données et le renforcement des capacités des polices frontalières des six États membres.

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le gouvernement active son dispositif d’urgence sanitaire après un cas confirmé au Nigeria

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le gouvernement active son dispositif d’urgence sanitaire après un cas confirmé au Nigeria
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Le gouvernement camerounais active la stratégie de crise sanitaire pour prévenir une éventuelle importation de la maladie sur le territoire national.

Le Nigeria, pays voisin du Cameroun, a confirmé le 20 octobre dernier son premier cas de la maladie à virus Ebola, souche bundibugyo. Il s’agit d’une diplomate venue de l’Ouganda et qui a été prise en charge dans un hôpital privé à Abuja. Ce cas a permis d’identifier 44 cas contacts. Et les autorités ont renforcé la surveillance sanitaire ainsi que des contrôles aux frontières. Au Cameroun voisin, l’heure est à l’activation des mesures d’urgence pour prévenir l’importation de la maladie.

Le 2 octobre dernier, le Premier ministre, chef du gouvernement, a réuni les autorités sanitaires en vue de l’évaluation de la situation liée à cette épidémie. Au cours de la réunion qu’il a présidée dans son cabinet à Yaoundé, Joseph Dion Ngute a tenu à savoir ce que le département ministériel chargé de la santé a déjà fait au moment où l’épidémie est aux portes du Cameroun, juste au Nigeria.

D’après le ministre de la Santé publique au sortir de cette rencontre, le Cameroun n’enregistre à date aucun cas suspect. Il est question d’assurer la préparation aux événements de santé publique avant leur arrivée. Parce que lorsque les mesures suivent la crise, celle-ci coûte plus cher, a-t-il confié aux médias.

Après cette réunion à l’immeuble Étoile à Yaoundé, le ministre de la Santé publique préside une autre rencontre de crise ce jeudi au centre de coordination des opérations d’urgence de santé publique à Yaoundé. La réunion permettra de faire une évaluation du niveau de préparation du pays face à une éventuelle entrée du virus Ebola. Cette évaluation aboutira à des mesures à prendre pour mettre à niveau la stratégie de riposte. Au sortir de cette réunion, le ministre Malachie Manaouda entend multiplier des rencontres à d’autres niveaux, en l’occurrence au niveau des entrées du pays.

Présent au Nigeria, le virus Ebola fait déjà des ravages dans d’autres pays d’Afrique. Le plus grand foyer se trouve en République démocratique du Congo où les autorités déclarent 9 952 cas confirmés dont 4 602 décès au 19 octobre 2026. Le virus est aussi présent en Ouganda, au Kenya. Comme le Cameroun, le Bénin aussi multiplie des réunions pour préparer la riposte.

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