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Présidentielle: Benjamin Zébazé adresse une lettre ouverte à Bello Bouba Maïgari


Benjamin Zebaze a adressé, ce jeudi 7 août 2025, une lettre ouverte au président de l’Undp, candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre prochain.
La lettre ouverte est consécutive à la publication d’un article portant sur la visite d’un émissaire de Paul Biya à l’ancien ministre du Tourisme et des loisirs.
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT NATIONAL DE L’UNDP, BELLO BOUBA MAIGARI
Monsieur le Président,
Je viens de passer une très mauvaise nuit après la lecture d’un article de presse relatant une visite à votre domicile d’un émissaire du RDPC en la personne du Ministre Eyebe Ayissi.
Le journal panafricain qui relate cette rencontre dit beaucoup de bêtises depuis une dizaine d’années mais pour le coup, son article semble assez bien documenté.
MALGRÉ VOS NOMBREUX MANQUEMENTS PASSÉS, NOUS SOMMES NOMBREUX A VOULOIR VOTER POUR VOUS, SI MAURICE KAMTO LE DEMANDE
Cet article a réveillé en moi quelque chose de particulièrement douloureux. Je me suis revu il y a plus de 30 ans; à la tête d’un des principaux médias du pays entrain de me préparer, avec mes collègues, pour me rendre à l’aéroport afin de vous accueillir triomphalement après votre retour d’un long exil.
Nous pensions que ce retour allait renforcer le principal parti politique de l’opposition qu’était L’UNDP avec le président Samuel Eboa à sa tête et surtout, que les jours du président Biya en tant que Président de la République étaient désormais comptés.
Très vite, vous avez douché notre enthousiasme en organisant la mise à l’écart brutale de Samuel Eboa afin de vous livrer, avec L’UNDP, poings et mains liées au clan Biya au point où vous êtes désormais, malheureusement, comptable de la situation catastrophique dans laquelle se trouve ce pays.
Or, pour être honnête, vous ne pouvez pas dire que ces gens du Rdpc vous ont traité à la hauteur de votre dévouement. Vous n’avez cessé de descendre dans la hiérarchie gouvernementale, malgré le titre de Ministre d’Etat, au point de finir au poste infamant, pour un ancien Premier Ministre, de Ministre du tourisme avec un budget famélique: ultime humiliation.
Par des manœuvres frauduleuses, le Rdpc a tout fait pour diminuer l’influence de l’ Undp dans les Régions du grand nord.
VOUS DEVEZ CONTRIBUER AU SAUVETAGE DE CE PAYS, NE SERAIT CE QUE POUR RÉHABILITER LA MÉMOIRE DU PRESIDENT AHIDJO, VOTRE MENTOR EN POLITIQUE.
Les hasards de la vie sont ainsi faits: vous avez, à votre âge, une ultime chance de laver tous les soupçons légitimes qui pèsent sur votre longue carrière politique.
Regardez dans quel état se trouve le pays ? Pas plus tard qu’hier, j’apprenais qu’une pénurie d’insuline et de ventoline frappait le secteur médical, mettant en danger la vie des DIABÉTIQUES et ASTHMATIQUES comme moi: vous voulez être comptable jusqu’à votre tombe des errements de ce pouvoir ?
Nous sommes nombreux à penser que Maurice Kamto, Issa Tchiroma et vous, êtes les seuls à pouvoir mettre en place une coalition gagnante.
Je sais aussi qu’entre monsieur Tchiroma et vous, il existera toujours une sorte de méfiance et qui, de mon point de vue, est entièrement de votre faute: mais les enjeux sont bien trop importants pour que nous passions le temps à nous demander, par exemple, « pourquoi Allah ne pouvait pas s’appeler autrement ».
D’ailleurs, vos bases électorales respectives ne sont pas prêtes à accepter une ultime compromission avec ce pouvoir qui a renvoyé les Régions du Grand Nord à l’âge de la pierre taillée.
MONSIEUR LE PRÉSIDENT BELLO, ÊTES-VOUS PRÊT A LAISSER CE PAYS ÊTRE DIRIGÉ PAR UNE PHOTO ET UNE CRINIÈRE ? A VOUS DE RÉPONDRE; MAIS SACHEZ QUE NOUS AVONS BESOIN DE VOUS.
Benjamin Zébazé
Ndi Nkeum Motissong
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les partis d’opposition préparent une coalition pour battre le RDPC aux élections de 2027

À quelques mois des prochaines élections législatives et municipales, des partis politiques de l’opposition définissent les contours d’une collaboration pouvant les mener à la victoire dans la majorité des circonscriptions électorales.
À l’approche des prochaines échéances électorales au Cameroun, des partis politiques d’opposition expriment leur volonté de se rapprocher pour faire bloc en face du parti proche du pouvoir, le Rdpc. L’enjeu est d’arracher la majorité que ledit parti possède à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux à l’issue des élections législatives et municipales prévues en février prochain. A l’issue des municipales et législatives de 2020, le Rdpc a remporté 152 sèges sur 180 à l’Assemblée nationale ; 9 098 sièges de conseillers municipaux sur les 10 625 et contrôle 327 ou 328 communes et communautés urbaines sur les 374.
Pour basculer les chiffres, des leaders politiques d’opposition appellent à une mutualisation des forces. Et d’autres s’engagent à préciser des modalités d’une éventuelle collaboration. Dans plusieurs sorties, Hiram Samuel Iyodi, ancien candidat à la présidentielle de 2025 et président du MP3, a précisé sa position sur une éventuelle collaboration avec d’autres partis proches de son idéologie. Le MRC et l’OMP sont parmi ses cibles.
Patricia Tomaïno Ndam Njoya, maire de Foumban et présidente de l’Union démocratique du Cameroun, invite les leaders et partis politiques ainsi que la société civile à la présentation de la proposition de mutualisation des forces politiques ce jeudi à Douala.
Abdouraman Hamadou Babba, président du Rassemblement pour le développement et la défense de la République du Cameroun (RDDC), multiplie des publications pour inciter à la mutualisation. Pour lui, c’est une méthode efficace pour faire basculer la majorité à l’Assemblée nationale et dans les communes. D’autres leaders et partis sont dans la même logique. Ils travaillent depuis un long moment pour aboutir à une collaboration gagnant-gagnant avec, en priorité, obtenir la majorité de l’opposition à l’Assemblée nationale et occuper le maximum de mairies possibles.
Cependant, des obstacles persistent contre ce projet de mutualisation. Certains partis d’opposition se préparent pour aller aux élections en solitaire. Leur priorité est de maximiser les chances d’avoir des élus. Ils mettent de côté des initiatives visant la collaboration. Au moins un a décidé longtemps avant de ne pas participer aux élections.
Le Front pour le salut national du Cameroun. Parti dont le candidat est arrivé 2ᵉ au classement général et 1ᵉ de l’opposition à la présidentielle de 2025 avait opté pour le boycott. Suspendue de toute activité pour trois mois par le gouvernement, la formation politique par le biais de son président national réitère sa décision de ne pas participer à ces élections. Sa position est reprise par certains activistes politiques qui soutiennent l’idée du boycott des élections suite à la suspension du FSNC.
Face à eux, Djeukam Tchameni, l’un des acteurs clés du rapprochement des partis d’opposition dans le cadre de l’UPC 2027. Depuis la prison, il dénonce l’idée de boycotter les élections et appelle les partisans du boycott à ne pas décourager ceux qui veulent aller aux élections. Rappelant qu’il y a plusieurs méthodes pour parvenir au changement, il insiste pour que chacun, après avoir fait le choix de sa méthode, reste tolérant avec l’esprit démocratique envers le choix des autres.
A ce stade, alors que la scène politique attend la convocation du corps électoral, beaucoup reste à faire pour réussir une éventuelle mutualisation des forces de l’opposition. Mais des acteurs continuent de se battre.
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Marchés financiers : la CDEC réalise 61,2 milliards de FCFA de transactions à fin septembre, contre 60 milliards en 2025

(Investir au Cameroun) – La Caisse des dépôts et consignations du Cameroun (CDEC) a orienté plus de 80 % de ses investissements sur le marché financier vers les titres émis par l’État camerounais. Selon son bilan présenté le 30 octobre 2026 à Yaoundé, l’institution a réalisé 61,2 milliards de FCFA de transactions en valeur nominale au cours des neuf premiers mois de l’année. Elle prévoit de porter à plus de 20 % d’ici fin 2028 la part de ses placements effectués en dehors des titres publics camerounais.
Cette concentration accompagne la montée en activité de la CDEC sur le marché financier régional. L’institution avait commencé ses placements en décembre 2024 avec 9 milliards de FCFA, avant de réaliser 60 milliards de FCFA d’opérations en 2025, puis 61,2 milliards entre janvier et septembre 2026. Ces montants correspondent à des volumes d’opérations et ne doivent pas être confondus avec la valeur des titres encore détenus par la Caisse. Le total des transactions réalisées sur une période ne permet pas, à lui seul, de mesurer l’augmentation de son portefeuille.
En 2025, la CDEC s’était déjà distinguée parmi les investisseurs institutionnels sur le marché des titres publics. Selon les données de la Direction de la Trésorerie du ministère des Finances, elle avait investi 59,65 milliards de FCFA dans ce compartiment. Sur ce montant, 51,15 milliards avaient été consacrés aux souscriptions sur le marché primaire, où les États émettent directement leurs titres, et 8,5 milliards aux achats sur le marché secondaire, où s’échangent les titres déjà émis. Ces opérations lui avaient valu le prix du meilleur investisseur institutionnel du Cameroun en 2025, devant la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), première en 2024.
La CDEC finance ainsi directement le Trésor camerounais lorsqu’elle souscrit aux nouvelles émissions de bons ou d’obligations. Ses achats sur le marché secondaire contribuent, eux, à la circulation des titres existants, sans apporter de nouvelles ressources budgétaires à l’État émetteur.
Cette activité de placement repose sur les fonds collectés et conservés par la Caisse. Au 30 septembre 2026, l’institution déclarait avoir encaissé 162,3 milliards de FCFA depuis le démarrage de ses activités en 2023. Elle avait parallèlement restitué 30,5 milliards aux bénéficiaires, laissant un solde arithmétique de 131,8 milliards de FCFA sous gestion. Ce solde ne correspond pas nécessairement aux liquidités immédiatement disponibles. Une partie des ressources confiées à la CDEC doit pouvoir être restituée aux ayants droit, ce qui impose de tenir compte des échéances et de la disponibilité des fonds dans les décisions d’investissement.
La place occupée par la dette camerounaise dans les investissements de la CDEC s’inscrit dans un marché régional en expansion. Selon les statistiques de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), publiées le 2 novembre 2026, l’encours des valeurs du Trésor camerounais atteignait 2 184,4 milliards de FCFA au 30 septembre, soit 19,8 % des 11 016,7 milliards de FCFA de titres publics en circulation dans la CEMAC.
Cette expansion s’accompagne de tensions sur la demande. Dans son rapport sur les consultations de 2026 au titre de l’article IV, publié en avril, le Fonds monétaire international (FMI) relève une saturation progressive du marché régional et une diminution de l’appétit des investisseurs pour les titres camerounais. L’institution souligne notamment la forte exposition des banques locales à la dette souveraine et recommande d’élargir la base des investisseurs ainsi que de développer le marché secondaire. Les dernières statistiques de la BEAC font état d’un taux régional de souscription aux émissions de 70,99 % en septembre 2026, contre 76,48 % en août.
Pour la CDEC, la concentration des investissements dans la dette d’un seul État pose la question de la répartition des risques. L’institution a commencé en 2026 à investir également dans les titres publics d’autres pays de la CEMAC. Cette diversification entre émetteurs souverains réduit la dépendance à un seul État, sans faire disparaître l’exposition aux risques associés à la dette publique régionale.
À l’horizon 2028, la CDEC prévoit de consacrer plus de 20 % de ses placements à des supports autres que les titres publics de l’État camerounais. Cette orientation doit accompagner sa recherche de rendement. La Caisse fait état de rendements indicatifs d’environ 6 % en 2025 et de 6,5 % en 2026, tout en visant un rendement moyen supérieur à 3 % sur l’ensemble des ressources mobilisées à l’horizon 2028. Ces indicateurs ne portent pas nécessairement sur les mêmes bases de calcul.
Les chiffres disponibles ne précisent toutefois pas la valeur du portefeuille détenu au 30 septembre 2026, sa ventilation détaillée par émetteur et par échéance, ni les montants que la CDEC devra réorienter pour atteindre son objectif de diversification. Ces données permettraient de mesurer plus précisément son exposition à la dette camerounaise et les marges dont elle dispose pour investir dans d’autres catégories d’actifs.
Amina Malloum
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