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Université de Douala : une thèse de doctorat sur la crise anglophone

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Université de Douala : une thèse de doctorat sur la crise anglophone

« Les postures énonciatives du discours dans le traitement médiatique de la crise anglophone : analyse néostructurale des quotidiens Cameroon Tribune et La Nouvelle Expression », c’est le sujet d’une thèse de doctorat défendu devant un jury universitaire et pluridisciplinaire samedi dernier par Panisse Istral Fotso, journaliste au groupe La Nouvelle Expression.

Un sujet de thèse portant sur le traitement médiatique de la crise anglophone au Cameroun a été soutenu samedi dernier au Département de Français et Études Francophones de l’École Doctorale Sciences Sociales et Humaines. Le doctorant a présenté avec mention très honorable ses travaux devant un jury de six professeurs, dont le Pr. Alda Flora Amabiamina (présidente) de l’université de Douala, le Pr. Jacques Evouna (directeur) de l’université de Yaoundé, et le MC Jean Marcel Essiene (codirecteur) de l’université de Douala. Deux rapporteurs, le MC Claude Fingoue de l’université de Douala et le MC Eloundou Eloundou Venant de l’université de Yaoundé, ainsi que le MC Ferdinand Njoh Kome, membre du jury.

Ladite thèse qui porte sur Les postures énonciatives du discours dans le traitement médiatique de la crise anglophone : analyse néostructurale des quotidiens Cameroon Tribune et La Nouvelle Expression est un sujet d’une brûlante actualité, car les régions anglophones du Cameroun (Nord-Ouest et Sud-Ouest) sont en proie à un conflit depuis 2016. Les manifestations pacifiques de 2016-2017 ont été suivies de violences, avec des groupes armés sécessionnistes s’opposant aux forces gouvernementales. Cette crise a des conséquences socio-politiques et économiques importantes, notamment pour le système éducatif Le traitement médiatique de cette crise est donc un sujet crucial pour comprendre les enjeux et les dynamiques de ce conflit : « Dans sa thèse intitulée « Les Postures énonciatives du discours dans le traitement médiatique de la crise anglophone : analyse néo-structurale des quotidiens Cameroun Tribune et La Nouvelle expression », Dr Fotso aborde un sujet à la fois d’actualité et de haute importance sociopolitique : la responsabilité énonciative des journalistes dans le traitement médiatique de la crise anglophone au Cameroun.

Selon le traitement qu’ils en font, les médias peuvent contribuer à apaiser ou à exacerber les crises. Le travail, inscrit à l’intersection de la linguistique du discours et des sciences de l’information et de la communication, met en lumière la contradiction fondamentale entre l’idéologie d’une neutralité journalistique supposée et une subjectivité langagière inévitable et subtile, qui se manifeste dans la production des récits médiatiques. La question centrale vise à comprendre comment les postures énonciatives adoptées par les journalistes influencent la production, la structuration et, minimalement, la réception des discours relatifs à cette crise sociopolitique » atteste le Pr Jacques Evouna (directeur). Cette thèse de 330 pages a été rédigée durant cinq années d’étude doctorale. Elle comporte trois parties et 9 chapitres. La première partie traite des approches théoriques et méthodologiques de la subjectivisation.

Dans cette partie, le candidat montre que la subjectivisation qui est le processus par lequel un individu se construit comme sujet, peut être abordée théoriquement et méthodologiquement de différentes manières. Les approches théoriques explorent les fondements conceptuels de la subjectivisation, tandis que les approches méthodologiques se concentrent sur les méthodes d’étude de ce processus. Le Chapitre 1 intitulé « Cadre théorique : pour une analyse énonciative du discours médiatique » s’appuie sur des concepts clés de la linguistique et de l’analyse du discours, notamment l’énonciation, le dialogisme, et la notion d’instance discursive. Le chapitre 2 portant sur « Le contexte énonciatif du discours sur la crise anglophone» permet de montrer que la problématique de l’énonciation est au centre de l’analyse des textes linguistiques. Cette analyse du contexte énonciatif du discours sur la crise anglophone au Cameroun met en lumière le rôle crucial de l’énonciation dans la construction du sens et de la compréhension de ce conflit. Le Chapitre 3 « Étude typologique de la modalisation dans Cameroon Tribune et La Nouvelle Expression » concerne l’analyse des marques de modalisation présentes dans les journaux camerounais, Cameroon Tribune et La Nouvelle Expression, afin de déterminer les différences et les similarités dans leur traitement de la modalité. Le chapitre se penche sur la manière dont ces deux journaux expriment leur point de vue et leur positionnement par rapport à la crise.

La deuxième partie porte sur « les contextes exophoriques de la crise anglophone. » s’ouvre par une étude du contexte historico-politique relayé par les discours journalistiques. La crise anglophone est un conflit complexe avec des racines profondes dans l’histoire, la politique, la socio-économie et la culture du Cameroun. Le chapitre 4 « Contexte Historico-Politique » renvoie à une analyse de l’histoire et des événements politiques liés à la crise anglophone. Il s’agit d’étudier les facteurs politiques, sociaux, culturels et économiques qui ont façonné le paysage politique d’une période donnée. Dans le chapitre 5 « Du problème intitulé anglophone à la crise », le Candidat s’est focalisé sur l’évolution du problème anglophone qui a abouti à la crise dans les deux parties anglophones du Cameroun avec trois catégories de constructions identitaires : la matrice coloniale marquée par le double héritage colonial qui pose les fondements de la problématique autour de la forme de l’Etat à partir de 1960, la suppression du fédéralisme en 1972 et le sentiment de marginalisation des anglophones par la majorité francophone. Le chapitre 6 intitulé « La crise anglophone : une question linguistique et identitaire » examine les causes linguistiques de cette crise qui orchestrent le clivage socio-politique anglophone et francophone hérité de la colonisation. Dans la troisième partie nommée « Les modalités structurelles et sémantiques dans le discours médiatique sur la crise anglophone », l’auteur procède à ce niveau à l’étude des postures énonciatives à travers les deixis ou la pragmatique du premier degré, notamment l’étude de la « personne » pour voir le degré d’implication des énonciateurs dans le discours. Le chapitre 7 portant sur « Les postures énonciatives de Cameroon tribune et la nouvelle expression : un traitement des faits tendancieux » permet au candidat de montrer comment la posture énonciative réfère à la manière dont les journalistes de Cameroon Tribune et de La Nouvelle Expression abordent la crise anglophone, influençant ainsi la perception du lecteur. Le chapitre 8 intitulé « Du discours expressif au figuratif dans la presse écrite », permet au docteur d’analyser la figuration expressive pour montrer l’usage des procédés stylistiques mobilisés par les énonciateurs afin d’informer l’opinion publique sur la crise anglophone.

Dans le chapitre 9 « Les valeurs pragmatiques du discours sur la crise anglophone et notamment les valeurs illocutoires, perlocutoires et implicites. » l’analyse montre que l’énoncé est le point de départ de toute interprétation en vue de produire les effets sur les acteurs de l’acte de communication. La pragmatique permet à l’énoncé de mener à une action de la part des interlocuteurs. Dans le cadre de ses recherches, le candidat explore les différentes manières dont un locuteur se positionne dans son discours, les postures qu’il adopte pour construire son message et influencer son auditoire. Il examine les postures de coénonciation, où le locuteur partage son point de vue avec un autre, de surénonciation, où il s’affirme comme détenteur d’une vérité, et de sous énonciation, où il laisse entendre plus qu’il ne dit explicitement. Son corpus d’étude, composé de Cameroon Tribune et de La Nouvelle Expression lui a permis d’observer comment ces postures se manifestent dans différents contextes discursifs.

En analysant des articles tirés de Cameroon Tribune et de La Nouvelle Expression, ceux-ci ont révélé que ces postures ne sont pas figées mais évoluent en fonction de la situation de communication et des enjeux interactionnels. Le candidat a également mis en lumière la complexité des interactions verbales et la nécessité de prendre en compte les enjeux de la situation de communication pour bien comprendre le message transmis. « La thèse aborde un sujet d’actualité majeur, à savoir la crise anglophone au Cameroun, sous un angle rarement exploré : celui de l’analyse linguistique et discursive. L’originalité réside dans le croisement entre la linguistique de l’énonciation, l’analyse du discours médiatique et la lecture critique des enjeux idéologiques, dans un contexte de conflit interne. Le choix de comparer deux journaux aux orientations éditoriales contrastées (officiel vs privé) donne une richesse particulière à l’analyse, en révélant comment les choix linguistiques reflètent ou dissimulent des postures politiques.

Le candidat est parti du constat selon lequel la mise en récit de la crise anglophone dans la presse écrite camerounaise est génératrice de pratiques et tensions professionnelles qui rejaillissent dans les mises en récits et registres de discours ainsi que sur la perception sociale que le public a de cet événement qui attente à la sécurité des hommes et des biens » affirme le MC Jean Marcel Essiene, codirecteur de thèse. Dans cette recherche, le candidat vérifie si les faits ont été séparés des commentaires et si le principe des sources contradictoires a été respecté. Il a traité de l’imaginaire professionnel de l’objectivité, et a également analysé comment les journalistes et les médias se sont distanciés ou non des faits à traiter. Pour faire cela, Panisse Istral Fotso s’attarde sur les registres du discours mobilisés pour rendre compte de ce phénomène. Le candidat rend compte de la manière dont la crise anglophone est traitée par la presse écrite camerounaise. Il s’est agi de décrypter les marques de subjectivité, de mettre en exergue les tensions professionnelles qui travaillent la production journalistique camerounaise sur cette question chargée d’enjeux sociopolitiques, économiques et psychosociaux à travers la presse progouvernementale Cameroon tribune et la presse à capitaux privés La Nouvelle Expression.

Comprendre et analyser le rôle des médias dans la couverture de la crise, c’est essayer de rendre compte des tensions professionnelles et personnelles des journalistes et responsables éditoriaux dans les choix des stratégies et des registres de mise en récit des actualités relatives à cette question. C’est tenter de comprendre les agencements que les acteurs doivent opérer pour produire des informations, des imaginaires et des représentations à travers un discours de presse qui a l’ambition d’être autonome alors même que la crise fragilise les principes démocratiques, le lien social, les libertés individuelles, la propriété privée, le bien public, etc. J’ai montré que les médias camerounais étudiés sont dans une difficulté à gérer leur autonomie éditoriale, les paradoxes et contraintes de la coopération conflictuelle, entre l’impératif de parler de la crise en contribuant à sa mise en visibilité médiatique, et une soumission implicite aux schèmes de perception symboliques dominants imposés par l’État.

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Célestin Bedzigui dénonce une atteinte grave à la démocratie au Cameroun

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Célestin Bedzigui dénonce une atteinte grave à la démocratie au Cameroun
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Le président du Parti de l’Alliance libérale (PAL), Célestin Bedzigui, critique vivement la suspension pour trois mois du Front du salut national du Cameroun (FSNC). Dans une tribune, le maire de Monatélé y voit un recul démocratique et conteste la légalité de la mesure prise par le ministère de l’Administration territoriale (MINAT). Il appelle le président Paul Biya à faire rapporter la décision.

La suspension des activités du Front du salut national du Cameroun (FSNC) continue de susciter des réactions dans la classe politique. Dans une tribune intitulée « L’interdiction du FSNC : un crime grave contre la démocratie qui pèsera lourd dans le jugement de l’Histoire », Célestin Bedzigui, président du Parti de l’Alliance libérale (PAL) et maire de Monatélé, condamne la mesure annoncée par le ministère de l’Administration territoriale.

Le responsable politique considère cette suspension de trois mois comme une atteinte majeure au pluralisme politique. Selon lui, la décision dépasse le cadre d’une simple mesure administrative et constitue un signal préoccupant pour l’avenir de la démocratie camerounaise.

Célestin Bedzigui estime notamment que la suspension d’un parti ayant participé à l’élection présidentielle et disposant de représentants et de militants dans le pays revient à restreindre l’expression politique de ses sympathisants.

Lire la tribune de Célestin Bedzigui :

L’interdiction du FSNC : un crime grave contre la démocratie qui pèsera lourd dans le jugement de l’Histoire

L’interdiction pendant 3 mois du parti politique Front du Salut National du Cameroun (FSNC) est un crime grave contre la démocratie et pèsera lourdement en négatif dans le jugement que l’histoire rendra sur le bilan des années du Renouveau dans le domaine de la démocratie.

Ce n’est pas une simple décision administrative. Ce n’est pas un incident de parcours. C’est un acte fondateur d’une régression autoritaire assumée, un aveu d’échec et un tournant historique dont les conséquences dépasseront de loin les trois mois de suspension annoncés.

Sur le plan politique : le retour honteux à l’ère coloniale et le naufrage moral

Il faut mesurer la gravité symbolique de ce qui vient de se passer. Sur le plan politique, cet acte nous ramène au temps le plus sombre de notre histoire, au temps où le pouvoir colonial interdisait l’UPC.

En 1955, l’administration française, par arrêté, dissout l’Union des Populations du Cameroun. Pourquoi ? Parce que l’UPC portait la parole du peuple camerounais en quête de son indépendance véritable. Parce qu’elle demandait la réunification et l’indépendance immédiate. Le pouvoir colonial ne pouvait tolérer une opinion adverse qui contestait sa légitimité. Il a donc interdit.

L’histoire a jugé. Aujourd’hui, qui se souvient des noms de l’ administrateur colonial qui a signé l’interdiction de l’UPC ? Personne. En revanche, le peuple camerounais a fait de Ruben Um Nyobé un héros national. L’UPC, interdite, est devenue immortelle.

Qu’aujourd’hui, en 2026, sous un régime qui se prétend républicain, le Ministère de l’Administration Territoriale prenne une mesure identique contre le FSNC, c’est un pur naufrage de la morale républicaine. Que le Président de la République laisse que se dise, que se chuchote, que se crie dans les chaumières et sur les réseaux sociaux une similitude entre ce que faisait le colon et ce qui est fait aujourd’hui, dans le dessein identique de brider une opinion adverse, est une faute historique impardonnable.

C’est le reniement de tout ce que le 6 novembre 1982 était censé incarner. Le Président Biya est arrivé au pouvoir en promettant la rigueur et la moralisation, puis en 1990, en ouvrant le multipartisme. Il a suscité une espérance immense. Des millions de Camerounais ont cru que la page de l’autoritarisme à parti unique était tournée. Cette interdiction du FSNC est la preuve administrée que nous sommes revenus à la case départ, mais en pire. Car même le parti unique de 1966 à 1990 n’interdisait pas formellement l’opposition puisqu’elle n’existait pas légalement. Aujourd’hui, on crée une opposition légale pour mieux l’interdire légalement. C’est le cynisme à son paroxysme.

Le FSNC n’est pas un parti anodin. C’est un parti qui a participé à la dernière élection présidentielle, qui a des élus, des maires, des militants sur tout le territoire. L’interdire, c’est dire à ses 300 000 électeurs : votre vote ne compte pas, votre opinion est illégale pendant trois mois. C’est une privation collective des droits civiques. C’est un crime contre la démocratie, car la démocratie n’est pas seulement le droit de voter pour le parti au pouvoir, c’est le droit d’exister politiquement contre le pouvoir.

Sur le plan du droit : l’ensauvagement et l’ignorance des fondamentaux

Sur le plan du droit, cette décision est une monstruosité juridique qui constitue un recul intolérable de la gouvernance.
Rappelons les principes élémentaires que tout étudiant en première année de droit apprend. Au Cameroun, la liberté de création et d’activité des partis politiques est garantie par la Constitution et encadrée par la loi n°90/056 du 19 décembre 1990. L’article 4 de cette loi est clair : un parti politique ne peut être dissous ou suspendu que par décision de justice.

Pourquoi le législateur a-t-il voulu cela ? Précisément pour éviter l’arbitraire administratif. Pour éviter qu’un ministre, qui est un militant du RDPC, ne puisse interdire un parti adverse à la veille d’échéances cruciales. Le législateur a voulu que seule une autorité impartiale, le juge, puisse porter une atteinte aussi grave à une liberté fondamentale.

Les arguments évoqués dans le communiqué du MINAT pour justifier la suspension du FSNC sont de nature judiciaire : « atteinte à la sûreté de l’État », « discours haineux », « incitation à la rébellion ». Fort bien. Si ces faits sont avérés, qu’on saisisse le procureur de la République, qu’on ouvre une information judiciaire, qu’on présente des preuves devant un tribunal contradictoire où le FSNC pourra se défendre avec ses avocats.

C’est le B.A.-BA de l’État de droit.

Le seul cas où une intervention de l’autorité administrative pourrait s’en prévaloir sans jugement préalable serait un cas de flagrant délit, de trouble grave et immédiat à l’ordre public nécessitant une mesure conservatoire de quelques heures, le temps que le juge se prononce.

La jurisprudence administrative est constante là-dessus.

Or, nous sommes à une année après l’élection présidentielle d’octobre 2025. Le Président du FSNC Issa Tchiroma Bakary n’est pas en garde à vue. Autant que le sait l’opinion publique, il n’est pas pris dans les entraves de poursuites judiciaires. Il n’y a pas de flagrant délit.

Que le Ministère de l’Administration Territoriale prenne une mesure de suspension de 3 mois des activités politiques d’un parti, sans jugement, sans débat contradictoire, relève donc d’un ensauvagement et d’une ignorance des fondamentaux du droit. C’est le retour de l’administrateur colonial qui gouvernait par arrêté. C’est la négation de la séparation des pouvoirs.

Un ministre de l’Administration, par définition, administre le territoire, il n’administre pas les opinions. Il n’a pas compétence pour juger si une opinion est bonne ou mauvaise, dangereuse ou non. Seul le juge en a la compétence.

En agissant ainsi, le MINAT crée un précédent mortel pour tous les partis, y compris ceux du pouvoir. Car demain, un autre ministre pourra interdire le RDPC pour les mêmes motifs fallacieux. Quand on ouvre la boîte de Pandore de l’arbitraire, on ne sait jamais qui y entrera ensuite.

Le jugement de l’Histoire : Jusqu’à quand ?

Et comme hier Cicéron interpellant Catilina, le conspirateur qui voulait détruire la République romaine, dans sa célèbre première Catilinaire : « Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? » – Jusqu’à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? – je me résous à demander au Président de la République : Jusqu’à quand laisserez-vous notre pays sombrer dans les abysses de l’inacceptable ?

Jusqu’où l’iniquité et l’incompétence détruiront-elles le visage de l’espérance que votre parole a suscité il y a 35 ans, en 1990, quand vous avez semblé ouvrir la porte de la démocratie au Cameroun ? J’ en étais. Des millions de jeunes vous ont cru. Ils ont cru que la liberté était irréversible.

Pensez-vous au jugement de l’Histoire, Monsieur le Président ?

L’Histoire ne retiendra pas le nombre de kilomètres de route bitumée, ni le nombre de stades construits. L’Histoire jugera un bilan à une seule aune : avez-vous laissé un Cameroun plus libre ou plus asservi que celui que vous avez trouvé en 1982 ?

L’interdiction de l’UPC a sali à jamais le bilan de la colonisation française au Cameroun. L’interdiction du FSNC pourra salira à jamais le bilan des années Biya.

Il est encore temps de reculer. Il est encore temps pour le Chef de l’État de demander au MINAT de rapporter son arrêté illégal. Ce serait un acte de grandeur. Ce serait la preuve que la République est plus forte que les réflexes autoritaires d’une administration aux abois.

Trois mois d’interdiction, c’est trois mois de trop. Mais dans la mémoire collective, ce sera une éternité. Car le peuple camerounais n’oublie jamais quand on lui interdit de penser. Il a pardonné beaucoup, mais il n’a jamais pardonné qu’on lui interdise d’espérer.

Un parti politique interdit aujourd’hui, c’est la démocratie camerounaise tout entière qui est mise en détention préventive. Et une démocratie en détention, c’est un peuple en prison.

Par Célestin Bedzigui
Maire A1 de Monatélé
Président du Parti de l’Alliance Libérale (PAL)

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