Actualités locales
Hommage : Ibrahim Cherif, le dernier des seigneurs cathodiques, prend sa retraite ce jour


Ce 31 juillet 2025 marque la fin d’un long et lumineux générique : Ibrahim CHERIF tire sa révérence professionnelle. Le Directeur Central du pôle Télévision de la CRTV, le journaliste, le meneur d’hommes, l’élégant aîné, le charmeur sahélien, raccroche le micro et les clés des studios. Avec lui, c’est tout un pan de notre audiovisuel qui entre doucement dans les archives.
Lire le texte de Eric Benjamin Lamere :
CHERIF c’est d’abord un nom qui impose. Ensuite une voix, un regard, une stature. Enfin un style : celui d’un journaliste pétri d’intelligence, d’élégance et de loyauté. Dès les bancs de l’École de journalisme de Yaoundé, il s’impose. Cadet de sa promotion, il devient pourtant le chef de meute de cette génération dorée qui a donné à la presse camerounaise des figures de proue comme Emmanuel WONGIBE, Christian L. WANGUE d’heureuse mémoire, Linus Pascal FOUDA, Célestin BOTEN, François Marc MODZOM… Un flair, une authenticité douce mais ferme, une noblesse d’attitude qui ne l’aura plus quitté.
Il faut dire que le bonhomme est héritier d’une noble lignée peule. Ce n’est point un détail. On le sent dans sa façon de parler peu mais juste, de commander sans hausser le ton, de trancher sans blesser, de séduire sans insister. Mais aussi dans cette capacité rare à imposer le respect sans jamais humilier. CHERIF ou l’art du leadership en gandoura : souple, feutré, efficace.
De simple reporter à Directeur central, il aura gravi les échelons sans jamais presser le pas. Chef de service Culture, grand reporter, rédacteur en chef, éditorialiste… il aura occupé tous les postes du temple cathodique. Toujours avec cette rigueur tranquille, cette autorité bienveillante, et ce sens de l’équipe qui faisait croire à chacun de ses collaborateurs qu’il avait une relation « privilégiée » avec le REC, le DR ou le DC. Impression savamment entretenue, qui aura permis à CHERIF de mobiliser ses troupes jour et nuit, week-ends compris, sans jamais donner l’impression d’en abuser. Un véritable chef d’orchestre affectif. Mieux, un vrai chef de gang.
Puis, il y avait le style CHERIF. Costume toujours sobre mais impeccablement coupé, port altier, gestuelle mesurée, regard profond. Un visage aux traits sahéliens aussi expressifs qu’énigmatiques. Et un sourire qui en disait long. Il était l’un des derniers grands séducteurs de la CRTV, de ceux que l’on regardait avant même d’écouter. Un aimant à regards. Surtout féminins. Toutes générations confondues. En avait-il conscience ? Sûrement. En jouait-il ? Probablement. En a-t-il profité (et abusé )? Bien malin qui pourrait y répondre. Ce qu’on sait en revanche, c’est que le musulman pratiquant est resté fidèle à la monogamie, comme pour signifier que tout seigneur a ses limites, même dans la tentation.
Côté plume, CHERIF ne cherchait ni l’esbroufe, ni l’effet. Pas de flamboyances inutiles, ni de punchlines forcés. Il écrivait droit, sobre, précis. Il racontait l’info comme on raconte une histoire vraie, sans fioritures, mais avec l’intensité tranquille de ceux qui savent que le fond a toujours plus d’écho que la forme.
On a pu lui reprocher de ne pas souvent prendre position, d’éviter les affrontements, de trop peu s’engager dans les débats brûlants qui traversent la maison ou la société. Mais ce n’était ni réserve excessive ni calcul frileux. C’était un choix assumé, presque philosophique : celui de croire qu’il existe d’autres manières de se faire entendre, d’autres formes de présence que l’éclat ou le choc frontal. Une posture de retrait actif, en somme, fidèle à sa vision du métier comme un art de la nuance et du dosage.
Aujourd’hui, le plateau se vide, le générique se referme, mais la légende demeure. L’un des derniers grands seigneurs (le dernier ?) du petit écran prend congé avec cette élégance qui l’a toujours défini. À lui, les vertes prairies de l’Adamaoua dans l’apprentissage d’une vie hors des projecteurs. À nous le souvenir ému d’un homme qui aura, à sa manière, incarné le journalisme comme un sacerdoce, et le management comme un art de vivre.
CHERIF part. Mais il ne quitte pas vraiment. On ne quitte pas comme ça une maison qu’on a contribué à bâtir et des » enfants » qu’on a su faire grandir….professionnellement!
MERCI !
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Actualités locales
Mamadou Mota en colère après la démolition nocturne du marché historique

La démolition du marché de Mora cette nuit suscite la colère de Mamadou Mota, élite de la localité et ancien vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun. Il demande au préfet de prendre ses responsabilités en main.
Il ne reste plus que des décombres de ce qui était jusqu’à mardi soir des boutiques et comptoirs du marché de Mora. Des installations de l’espace marchand ont disparu de la place cette nuit. D’après des témoins, la mairie de la commune de Mora a procédé aux environs de 3 h du matin à leur démolition. Un acte qui complète le processus de déguerpissement de la place occupée par le marché historique de la permanence. Ce que Mamadou Mota digère mal.
D’après l’élite de la localité, comme il se présente lui-même, « c’est un acte d’une lâcheté absolue ». Les populations sont déjà fragilisées par l’insécurité galopante dans le Mayo-Sava. Le maire vient encore « anéantir leurs maigres moyens de subsistance ». Il qualifie cette démolition de « trahison intolérable » et déclare que « les coupables de ce désastre économique et social doivent payer ». Dans sa sortie, il interpelle le préfet, autorité de tutelle de la commune, en lui demandant de prendre ses responsabilités.
Sur la place du marché, le processus de déguerpissement a été entrepris il y a des mois par la mairie qui a initié et met en œuvre le projet de construction du marché moderne de Sankré. Première phase du projet achevée, le maire a lancé le transfert des activités commerciales de l’ancien marché vers le marché moderne. Mais les populations et commerçants ont manifesté leur résistance.
En mars dernier, le maire Chetima Hamidou, parti pour détruire des boutiques au marché historique, a été encerclé par des populations qui ont opposé une vive résistance à la démolition, prétextant que le nouveau marché ne contient pas assez de boutiques pour recaser tout le monde.
Plus tard, la réalité a commencé à changer. Sur environ 87 commerçants et artisans recensés sur la place de l’ancien marché, plus de la moitié avaient rejoint le nouveau marché. Le maire a lancé la deuxième phase du projet avec dans le viseur la construction de 180 boutiques, trois hangars, une boucherie, deux blocs sanitaires et une mosquée.
Le 28 septembre, le premier magistrat municipal signait encore des arrêtés portant transfert de certaines activités du marché historique vers le marché moderne.
Ce mercredi matin, la démolition du marché historique est une réalité. Ce même mercredi, la permanence du parti RDPC de Mora a été ravagée par des flammes. Certains lient cet incendie à la démolition du marché, pointant un doigt accusateur sur certains habitants qui auraient agi en représailles contre les autorités municipales.
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quatre civils tués dans une attaque séparatiste à Koshin, trois assaillants neutralisés

Une attaque armée attribuée aux combattants séparatistes a causé la mort de quatre civils le mardi 27 octobre dans cette localité de la région du Nord-Ouest. La riposte de l’armée a permis de neutraliser trois assaillants.
L’attaque survenue mardi matin à Koshin, un village situé dans l’arrondissement de Fungom, département de la Menchum, région du Nord-Ouest, a coûté la vie à sept personnes. Des hommes armés ont fait une incursion dans le village, surprenant des habitants dans leur sommeil autour de 2 h du matin. Quatre civils ont été tués dans cette attaque à laquelle les forces de défense du Cameroun n’ont pas tardé à riposter.
Les éléments du 53ᵉ bataillon d’infanterie motorisée, informés de la situation, vont tendre une embuscade aux assaillants qui repliaient après avoir commis leur forfait. Les militaires ont ainsi neutralisé trois assaillants. Plusieurs de leurs compagnons ont été blessés avant de prendre la fuite. La réponse de l’armée régulière a permis aussi de saisir d’importantes quantités de matériels militaires : quatre fusils AK-47, deux fusils M21, un fusil de traite, 506 cartouches de calibre AK-47, 165 cartouches de calibre M21, sept chargeurs et des téléphones portables.
Cette attaque, qui est un signe de la poursuite du conflit ayant déjà duré plus de 10 ans, rallonge la liste des victimes civiles estimées à des milliers. La crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest résiste encore aux efforts de pacification entrepris depuis 2019.
Le Grand dialogue national et ses résolutions, le dialogue communautaire qui vient d’être lancé ainsi que des appels multiples à déposer des armes n’ont pas encore pu mettre fin aux hostilités. Des hommes et des femmes continuent d’être tués, des séparatistes continuent aussi de commettre des actes comme les enlèvements, l’imposition des villes mortes.
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