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Réassurance : détails sur le mécanisme du projet de cession légale présenté par le Minfi

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Réassurance : détails sur le mécanisme du projet de cession légale présenté par le Minfi
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(Investir au Cameroun) – Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a précisé les contours du projet de cession légale, actuellement examiné par les députés. Le 23 juin 2025, au sortir de son audition devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, il a déclaré que les primes et contrats de réassurance souscrits par les compagnies d’assurance seraient désormais collectés par une structure étatique compétente.

« Ce que nous essayons de faire maintenant, c’est de retenir une partie de ces primes au Cameroun, d’où ce terme de cession légale. C’est-à-dire que lorsque vous avez une prime à payer, il y a une partie qui revient automatiquement au Cameroun et qui est versée auprès d’un organisme qu’on va peut-être mettre en place. Mais en attendant, cela se fera auprès de l’administration en charge de l’assurance », a-t-il expliqué.

Il existe en effet, au sein du ministère des Finances, une Direction des assurances placée sous la tutelle de la Direction générale du Trésor, de la Coopération financière et monétaire. C’est elle qui assurera, à terme, le rôle de collecte et de régulation.

Pour le ministre, il s’agit d’un texte stratégique : « C’est un projet de loi très important, parce qu’on parle de la cession légale », a-t-il insisté.

Dans ses explications, Louis Paul Motaze a rappelé le fonctionnement du secteur : « Les agents économiques, qu’il s’agisse des individus ou des entreprises, peuvent s’adresser à une compagnie d’assurance pour se couvrir contre la maladie, les bâtiments et autres types de sinistres. Ils paient à cet effet une prime d’assurance. Or, ces compagnies d’assurance, pour mieux couvrir les risques, peuvent elles-mêmes souscrire une assurance : c’est ce qu’on appelle la réassurance. Jusqu’ici, toutes les primes et contrats de réassurance étaient conclus en faveur d’entreprises étrangères. »

Le projet de loi vise ainsi à retenir une part de ces flux pour soutenir l’économie nationale. « Vous pouvez comprendre qu’il y avait beaucoup d’argent qui partait à l’étranger. Ce que nous essayons de faire maintenant, c’est de retenir une partie de ces primes au Cameroun, d’où ce terme de cession légale. », défend l’argentier national.

D’après les estimations officielles, environ 45 milliards de FCFA en devises sortent chaque année du pays au titre des primes de réassurance. Entre 2019 et 2023, cette perte cumulative serait de l’ordre de 119 milliards de FCFA.

Mais du côté des assureurs, le projet suscite déjà des interrogations. S’ils ne se sont pas encore exprimés officiellement, plusieurs professionnels du secteur font part de craintes d’ingérence dans la liberté contractuelle et redoutent des effets pervers sur la compétitivité des compagnies locales.

En coulisses, certains dénoncent une mesure imposée sans concertation préalable. « Le marché n’a pas été suffisamment préparé. Nous ne sommes pas contre l’idée de renforcer la réassurance locale, mais cela nécessite d’abord une offre solide et crédible », confie, sous anonymat, un cadre d’une société d’assurance.

Ludovic Amara

Lire aussi:

Assurance : vers une obligation de réassurance locale pour enrayer la fuite de 45 milliards de FCFA de devises par an

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Eurobond : Le Gabon lève 920 millions $, soit 22,7 % de plus que prévu

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Eurobond : Le Gabon lève 920 millions $, soit 22,7 % de plus que prévu
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(Investir au Cameroun) – Assortie d’un coupon de 9,375 %, d’une maturité de sept ans et de trois années de différé, l’opération améliore les conditions obtenues en 2025, tout en confirmant un coût de financement encore élevé.

Le Gabon a fixé, ce 30 juillet 2026, les conditions d’un Eurobond de 920 millions de dollars, soit environ 524 milliards de FCFA. Le montant dépasse de 22,7 % l’objectif initial de 750 millions et améliore plusieurs paramètres du placement privé de février 2025. Mais avec un coupon annuel de 9,375 % — l’intérêt versé chaque année aux détenteurs des titres — Libreville continue de payer cher son accès aux capitaux internationaux.

Selon le communiqué publié par le gouvernement gabonais, le règlement est attendu autour du 5 août. Les obligations arriveront à échéance en 2033, après sept ans, avec trois années de différé : durant cette période, l’État paiera les intérêts sans encore rembourser le capital.

Le gouvernement affirme que l’émission a été« largement sursouscrite ». Selon les informations de marché disponibles, elles ont dépassé 1 milliard de dollars. Le Gabon a finalement retenu 920 millions, soit 170 millions de plus que prévu.

Des conditions meilleures qu’en 2025

En février 2025, le Gabon avait mobilisé 570 millions de dollars, avec un coupon de 9,5 % et une échéance en 2029. Le montant emprunté progresse donc de 61,4 %, tandis que la durée passe d’environ quatre à sept ans. Le taux recule de 0,125 point, soit 12,5 points de base.

Cette comparaison doit être nuancée. Le coupon ne représente pas tout le coût d’un emprunt : celui-ci dépend aussi du prix de vente des titres, du rendement réclamé par les investisseurs et des frais. En 2025, l’obligation à 9,5 % avait été placée sous sa valeur nominale, portant son rendement initial à 12,7 %. Il faut donc connaître le prix d’émission et le rendement effectif du nouveau titre pour mesurer précisément l’amélioration.

La destination des fonds diffère aussi. En 2025, une part importante avait servi à rembourser l’Eurobond arrivant à échéance en juin. En 2026, aucun rachat d’obligations existantes n’a été annoncé. Le Trésor devrait donc recevoir davantage d’argent frais, même si les commissions et autres frais seront déduits des 920 millions.

Plus que le Cameroun, mais à un coût plus élevé

Le Gabon mobilise 22,7 % de plus que les 750 millions de dollars obtenus par le Cameroun le 30 janvier 2026. Les deux emprunts courent sur sept ans. Yaoundé bénéficie de deux années de grâce et a mis en place un swap dollar-euro : ce mécanisme transforme les paiements en dollars en paiements en euros afin de réduire le risque de change, le FCFA étant arrimé à l’euro. Selon le ministère camerounais des Finances, il a ramené le coût effectif annoncé à 7,79 % en euros.

Ce niveau reste inférieur au coupon gabonais de 9,375 %, mais la comparaison demeurera incomplète tant que le rendement effectif de l’émission gabonaise ne sera pas publié. Pour Libreville, le progrès tient surtout au montant obtenu, à la durée plus longue et à l’absence de rachat simultané d’un ancien Eurobond.

Cette amélioration intervient un mois après que Moody’s a maintenu la note souveraine du Gabon à « Caa2 », tout en abaissant sa perspective de « stable » à « négative ». L’agence invoque des besoins de financement élevés, un accès limité aux ressources et le risque de nouvelles opérations de dette contraintes.

Investissements, arriérés et marge d’emprunt

Le gouvernement précise que« le produit net de cette émission sera affecté au financement des projets d’investissement de l’État ainsi qu’au remboursement d’arriérés ». Selon la documentation de placement, il s’agit d’engagements commerciaux extérieurs et multilatéraux, et non des impayés dus aux entreprises gabonaises.

L’émission reste sous le plafond de 857,9 milliards de FCFA, soit environ 1,5 milliard de dollars, autorisé par la loi de finances rectificative promulguée le 17 juillet. Les 920 millions représentent près de 61 % de cette enveloppe, laissant une capacité théorique d’environ 580 millions, sans qu’une seconde émission soit annoncée. La loi évoquait aussi une durée de dix ans, contre sept ans finalement obtenus ; le gouvernement n’a pas expliqué cet écart.

Précédée par la publication d’un prospectus préliminaire le 27 juillet, l’opération a été conduite par le ministre Thierry Minko. Le gouvernement estime que la demande traduit une« confiance renouvelée des investisseurs dans la qualité de la signature et la trajectoire de réformes engagée par le Gabon ».

L’accord avec le Fonds monétaire international renforcerait cette perception. Sur ce sujet, les discussions techniques continuent, avec une mission attendue à Libreville en septembre et l’objectif de conclure un programme économique et financier avant fin 2026.

Baudouin Enama

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