Actualités locales
la société civile alerte contre la désinformation et la haine
Une coalition de 16 organisations de la société civile (OSC) camerounaises a signé une déclaration appelant les autorités camerounaises à « lutter contre la désinformation et les discours de haine pendant les élections au Cameroun ».
Ce document de quatre pages a été signé par diverses organisations, dont Civic Watch Cameroon, Paradigm Initiative et Sisterspeak237, entre autres.
Selon le Dr Ngala Desmond de Civic Watch Cameroon, cette déclaration a été publiée car « à l’approche des élections au Cameroun cette année, nous avons lancé une campagne visant à examiner les actions concertées menées par la plupart, voire la totalité, des parties prenantes dès l’année dernière.»
Le Dr Ngala a déclaré : « Notre objectif n’était pas de nous présenter comme des syndicats stratifiés, mais de veiller à ce que tous ceux qui sont ici participent à la discussion afin que les discours de haine, la désinformation et l’incitation à la violence soient efficacement atténués par les Camerounais, tant au pays qu’à l’étranger.
Nous avons tous la responsabilité de promouvoir la paix, la coexistence pacifique et le respect, que ce soit par le biais de contenus en ligne, de discussions au sein de nos communautés ou des médias, et c’est pourquoi nous avons décidé de réunir les parties prenantes. »
La coalition exhorte les institutions étatiques à appliquer les lois existantes contre les discours de haine et la désinformation de manière juste et transparente.
Parallèlement, elle met en garde contre les tactiques autoritaires telles que les coupures d’Internet, les arrestations arbitraires ou la répression des médias, qui ont entaché les précédentes élections au Cameroun.
Le groupe a émis une série de recommandations, notamment :
- Au gouvernement : appeler les autorités à appliquer la loi équitablement pour poursuivre les incitations et la désinformation, tout en évitant les réponses disproportionnées telles que les coupures d’Internet ou les arrestations de voix dissidentes.
- Aux médias : les journalistes doivent revenir à un journalisme éthique et s’engager à couvrir des sujets de paix, en évitant les contenus clivants ou non vérifiés.
- Aux partis politiques : ils doivent éviter les discours incendiaires et privilégier l’unité nationale aux intérêts politiques à court terme.
- Aux influenceurs des réseaux sociaux : rejeter la manipulation et la désinformation, et utiliser leurs plateformes pour promouvoir l’inclusion et le calme.
- Aux citoyens : vérifier les informations avant de les partager, résister à la désignation de boucs émissaires ethniques et promouvoir un dialogue pacifique.
- Aux plateformes numériques : soutenir la modération locale et collaborer avec les acteurs communautaires pour lutter contre les discours de haine.
À l’approche du scrutin d’octobre, qui s’annonce comme l’un des plus attendus et des plus tendus de ces dernières années, la coalition avertit que le parcours démocratique du Cameroun pourrait être compromis si des mesures urgentes ne sont pas prises.
« La signature de cette déclaration coïncide avec la Journée internationale contre les discours de haine (célébrée chaque année le 18 juin), journée instituée par l’ONU. Elle est pertinente car c’est la première fois que la société civile se mobilise pour mettre en garde contre les dangers des discours de haine au Cameroun », a ajouté Ngala.
Alors que le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, approche de ce qui pourrait être sa dernière élection, ou la plus contestée, le climat politique est tendu. L’appel de la coalition est donc non seulement opportun, mais nécessaire.
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Actualités locales
« nous ne roulons pour aucun clan »

Le journal panafricain Jeune Afrique affirme n’être d’aucun clan au Cameroun et avoir d’énormes difficultés pour la collecte des informations.
Du fait de certains de ses articles, Jeune Afrique est considéré par de nombreux Camerounais comme attaché au régime Biya. Le journal affirme n’en être rien de tel. Le 1ᵉʳ novembre 2026, il a publié une sortie intitulée « Jeune Afrique, le Cameroun et les clans ». Dans ladite sortie, il indique combien il est difficile de collecter les informations dans le pays de Paul Biya. Et selon lui, cela est dû à une « féroce guerre de clans, sur fond de succession de Paul Biya ».
Pour montrer son indépendance éditoriale dans ses différentes publications, Jeune Afrique fait mention de certains de ses articles.
« Nous avons suscité la colère de Louis-Paul Motaze après un article sur des notes secrètes le concernant; l’ire de Ferdinand Ngoh Ngoh, qui a vu dans l’un de nos papiers une volonté de torpiller sa carrière; l’animosité d’Oswald Baboke, qui nous accuserait d’acharnement concernant le traffic d’or…Les proches de Chantal Biya sont agacés, ceux de Franck Biya aussi, tandis que Grégoire Owona nous appelle ‘Jeune à fric » », affirme le journal panafricain.
Les réticences ne sont pas uniquement avec le régime, mais aussi certains du côté de l’opposition. Il cite Maurice Kamto, l’ex-président du MRC, Issa Tchiroma Bakary, le président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), et Bello Bouba Maigari, le leader de l’UNDP. Ils n’acceptent pas de lui accorder une interview.
Pour ce qui est des clans, Jeune Afrique dit n’appartenir à aucun.
« Nous recevons des informations et nous les vérifions. Quand celles-ci viennent d’un « clan », nous les soumettons au contradictoire de ses adversaires. Qui, la plupart du temps, se murent dans le silence. Alamine Ousman Mey, sollicitée lorsque nous avons écrit son portrait, a décliné. Mounouna Foutsou, après avoir accepté une interview, n’est pas venu au rendez-vous et nous a laissés errer dans un grand hôtel parisien », affirme le journal.
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Actualités locales
Dettes des CTD : l’État prévoit des retenues sur les dotations de décentralisation en 2027

(Investir au Cameroun) – Le gouvernement camerounais prévoit de prélever directement sur la Dotation générale de la décentralisation (DGD) de 2027 la part revenant aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) dans le remboursement d’anciennes dettes commerciales. Cette disposition figure au point 41 de la lettre-circulaire conjointe du 29 octobre 2026, relative à la préparation des budgets des communes et des régions pour l’exercice 2027, publiée le 4 novembre dansCameroon Tribune.
La mesure concerne les dettes commerciales validées à l’issue de l’audit des arriérés de l’État et de ses démembrements sur la période 2000-2019. Le mécanisme d’apurement arrêté par le ministère des Finances en août 2024 prévoit une prise en charge de 70 % par l’État et de 30 % par les entités publiques débitrices. Pour les collectivités territoriales concernées, cette dernière part doit faire l’objet d’un prélèvement à la source sur les ressources de la DGD inscrites au titre de 2027.
Selon les résultats de l’audit rendus publics le 16 août 2024, les dettes commerciales validées à la charge des collectivités atteignaient 14,67 milliards de FCFA. L’application de la clé de répartition de 70 % pour l’État et de 30 % pour les entités débitrices correspondait, sur ce stock initial, à une contribution théorique de 10,27 milliards de FCFA pour l’État et de 4,40 milliards pour les collectivités.
Ces montants ne permettent cependant pas de déterminer les sommes qui seront effectivement prélevées en 2027. La nouvelle lettre-circulaire ne précise ni les remboursements déjà effectués depuis 2024 ni le solde de la dette commerciale restant à recouvrer auprès des collectivités.
Le calendrier initial prévoyait l’apurement des dettes commerciales auditées sur trois exercices, de 2024 à 2026. La mention de prélèvements dans la préparation budgétaire de 2027 pose donc la question de l’état d’avancement de cette opération, sans permettre à elle seule de conclure à un retard dans son exécution.
Parallèlement, les ministres des Finances et de la Décentralisation demandent aux collectivités de budgétiser au moins 30 % du volume global de leurs arriérés et dettes en 2027. Cette exigence, déjà formulée pour l’exercice 2026, vise un périmètre plus large que les seules dettes commerciales auditées. Le document ne précise pas comment les deux dispositifs seront articulés dans les budgets des collectivités concernées.
Baudouin Enama
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