Depuis la mort d’un vendeur survenue il y a près d’une semaine lors d’un accrochage avec les forces de l’ordre, les commerçants du marché Douche à Douala vivent sous une pression policière de plus en plus forte.
D’habitude installés sur des étals de fortune, les vendeurs ambulants sont désormais contraints de se déplacer constamment, transportant leurs marchandises à bout de bras pour éviter les patrouilles de la police et des agents de la mairie de Douala. Cette présence sécuritaire renforcée a fait monter la tension d’un cran dans la zone.
Les commerçants racontent vivre dans la peur permanente d’une arrestation ou de voir leurs biens saisis, ce qui perturbe fortement leur activité quotidienne. Gagner leur vie devient de plus en plus compliqué.
Les faits remontent au 8 mai. Ce jour-là, une altercation éclate entre un vendeur et les forces de l’ordre qui venaient de saisir ses produits. Submergé par le stress, l’homme s’effondre. Il est aussitôt transporté à l’hôpital Laquintinie, où il est malheureusement déclaré mort.
En réaction, les vendeurs du marché ont observé deux jours de deuil, les 9 et 10 mai, en arrêtant complètement leurs activités. Un geste de solidarité envers leur collègue disparu, mais aussi une manière de dénoncer des pratiques qu’ils jugent injustes et illégales. Nombreux sont ceux qui accusent certains agents de sécurité de leur soutirer de l’argent pour pouvoir continuer à occuper les trottoirs – un espace vital pour leur survie économique.
Un voisin du vendeur décédé, qui a préféré garder l’anonymat, raconte ce qu’il a vu :
« Mes marchandises ont été saisies aussi, on m’a demandé 2 000 FCFA pour les récupérer, ce que j’ai fait. Mais lui, on lui a demandé 5 000 FCFA. Il a dit qu’il n’avait rien vendu et qu’il ne pouvait donner que 2 000 FCFA, mais ils ont refusé. Il s’est effondré au poste, on ne sait pas si c’est le stress qui l’a tué »,confie-t-il.
Situé dans la capitale économique du Cameroun, le marché Douche est l’un des plus fréquentés de Douala. De nombreux vendeurs s’y installent chaque jour devant les boutiques tenues par des commerçants chinois, ce qui vaut au lieu le surnom de « marché chinois ». C’est un lieu animé, où la vente de rue est une question de survie pour beaucoup.
Après cet événement tragique, les vendeurs disent en avoir assez. Selon eux, cela fait des années qu’ils subissent des formes d’extorsion et de harcèlement de la part de certains agents. Aujourd’hui, les appels à une réforme en profondeur et à plus de justice se font de plus en plus entendre.
De leur côté, les responsables de la sécurité sur place n’ont pas souhaité faire de commentaire ni répondre aux accusations.














