Un grave incident s’est produit au poste frontière de Nguéli, entre le Cameroun et le Tchad. Un agent des douanes a ouvert le feu sur un chauffeur de camion, le blessant grièvement. L’affaire a provoqué une vive indignation parmi les transporteurs, relançant les inquiétudes sur l’usage excessif des armes à feu par les forces de sécurité.
Il était environ 14h quand le calme du poste douanier de Nguéli a été brisé par des tirs. Un douanier a tiré à trois reprises sur un chauffeur, alors installé dans sa cabine. L’une des balles l’a atteint, le blessant très gravement.
Des témoins sur place affirment que rien ne justifiait une telle violence. « J’ai entendu trois coups de feu. En sortant, j’ai vu le chauffeur en sang. L’agent tenait encore son arme », raconte un employé, qui a préféré rester anonyme.
Malgré la gravité des faits, le douanier n’a pas été immédiatement arrêté. Il serait resté sur les lieux pendant plusieurs heures, ce qui a rapidement mis le feu aux poudres chez les autres conducteurs.
Finalement, il a été retrouvé dans le quartier Walia, puis interpellé par la police locale pour être entendu.
De son côté, le chauffeur blessé a été transporté d’urgence à l’hôpital Le Bon Samaritain. Il a été opéré pour extraire la balle. Son état reste critique.
Des chauffeurs en colère bloquent la route
La nouvelle s’est propagée à grande vitesse. Dès le soir même, des dizaines de conducteurs ont érigé des barricades sur l’axe principal pour réclamer justice. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative d’étouffer l’affaire.
« On en a marre de ces abus. Aujourd’hui c’est notre collègue, demain ce sera qui ? » s’insurge Hamadou, chauffeur de poids lourd, très remonté.
La police du 9e arrondissement est intervenue pour calmer la situation. Un haut responsable a assuré que l’agent des douanes serait poursuivi et qu’une enquête était en cours. Après de longues discussions, les chauffeurs ont levé le barrage, tout en promettant de rester vigilants.
L’usage des armes par les forces de l’ordre en question
Ce nouvel incident relance le débat sur la gestion des armes à feu par les forces de sécurité au Cameroun. Les cas d’abus et de violence ne sont pas rares, mais les victimes peinent souvent à obtenir justice.
« Quand ceux qui sont censés nous protéger deviennent une menace, qu’est-ce qu’il nous reste ? » déplore Moussa, représentant syndical des conducteurs. Il appelle les ministères des Transports et de la Défense à agir pour éviter que ces dérives ne se répètent.
L’enquête suit son cours. Le douanier est en garde à vue, pendant que le chauffeur, entre la vie et la mort, lutte à l’hôpital. À Nguéli, la tension reste palpable. Tous attendent désormais des réponses concrètes… et des sanctions.














