Ce lundi 5 mai, la ville de Bambili (Cameroun) a vécu une matinée de chaos à cause d’un simple message WhatsApp. Tout a commencé par une rumeur relayée en masse pendant la nuit : des jeunes bloqueraient les routes, le chef traditionnel aurait interdit les déplacements, et le gouverneur viendrait sur place pour calmer la situation. Résultat ? Des rues désertes, une université fantôme… et une panique générale.
Une voix inquiète qui fait tout basculer
Le message partagé incluait un enregistrement audio d’une femme, la voix tremblante, qui suppliait les étudiants de ne pas sortir de leur logement :« Restez chez vous, les enlèvements sont en hausse ! ». En quelques heures, la psychose s’est installée. À l’aube, même les enseignants de l’Université de Bamenda (UBa) ont préféré éviter le campus.« On devait avoir cours à 7h, mais personne n’a osé bouger », raconte un étudiant en design, encore sous le choc.
Qui a lancé l’alerte ? Mystère…
À ce jour, personne ne sait d’où vient ce message. Certains soupçonnent une tentative de dénoncer l’insécurité grandissante dans la région. Ces cinq derniers jours, cinq personnes ont été tuées près de Bambili, et plusieurs étudiants de l’UBa ont disparu après des enlèvements. De quoi alimenter les peurs.
Les jeunes du coin contre-attaquent
Face à la panique, l’association culturelle Mbeligi a réagi fermement :« Aucun blocage de routes n’est prévu, le chef n’a rien ordonné, et le gouverneur ne vient pas ! ». Leur message est clair :« Vérifiez les infos avant de les partager, arrêtez de semer la peur ! ». Trop tard. Même après ce démenti, l’université est restée fermée. Les cours ont été annulés, faute d’étudiants… et de profs.
WhatsApp, arme à double tranchant
Cette histoire montre à quel point les réseaux sociaux peuvent enflammer une situation fragile. Bambili est déjà en proie à la crise anglophone, avec des tensions régulières. Alors quand une fausse info débarque, les gens préfèrent rester prudents.« Même si c’est faux, on ne se sent plus en sécurité ici », confie une étudiante, qui réfléchit à arrêter ses études sur place.














