Éric Tataw, surnommé « le Maître Garri », vient d’être officiellement inculpé par un grand jury fédéral aux États-Unis. Il est accusé d’avoir financé et encouragé des actes de violence menés par des groupes séparatistes armés au Cameroun.
D’après les procureurs américains, Tataw aurait utilisé les réseaux sociaux pour lever des fonds destinés aux « Amba Boys », des combattants séparatistes qui luttent pour créer un État indépendant appelé « Ambazonie ». Mais ce n’est pas tout : il aurait également poussé ses partisans à commettre des actes de violence extrême contre des civils, n’hésitant pas à appeler à des mutilations et des meurtres.
Parmi les cibles visées, on retrouve des élus locaux, des chefs traditionnels, mais aussi des employés de la Cameroon Development Corporation. La procureure fédérale Kelly O. Hayes n’a pas mâché ses mots : « Tataw et ses complices ont mis en place un plan machiavélique pour tenter de renverser un gouvernement étranger. Ils ont semé la terreur à travers des violences inimaginables pour servir leurs objectifs politiques. »
De lourdes accusations contre Éric Tataw
Les charges retenues contre Éric Tataw sont particulièrement graves. Il est notamment accusé de complot pour fournir un soutien matériel à des terroristes, un crime qui pourrait lui valoir jusqu’à 15 ans de prison. En plus de cela, il doit répondre de quatre chefs d’accusation pour menaces, chacun passible de cinq ans de prison.
Le 31 août 2023, le FBI a procédé à son arrestation sur le sol américain.
L’affaire, qui fait grand bruit aussi bien aux États-Unis qu’au Cameroun, relance le débat sur le rôle des diasporas dans les conflits internes et sur l’utilisation des réseaux sociaux pour soutenir des actions violentes.














