Divine Mbimenyuy et sa famille ont passé leur première nuit dehors après avoir tout perdu dans un terrible incendie. Vendredi soir, alors qu’il rentrait du travail vers 20h30, Divine a découvert sa maison en feu. À l’intérieur, sa femme et ses enfants ont eu la vie sauve, mais toutes leurs affaires ont été réduites en cendres.
« Ce que vous voyez là, au milieu des décombres, c’est ma bouteille de gaz », a-t-il confié, debout, impuissant face aux ruines. C’était la seule chose encore reconnaissable après l’incendie.
« En rentrant, j’ai reçu un appel m’annonçant qu’il y avait un feu chez moi. Quand je suis arrivé, tout était parti », a raconté Divine.
« Je fais de petits boulots pour survivre. Aujourd’hui, ma famille et moi, on a besoin d’aide », a-t-il ajouté.
Divine louait une chambre dans cette maison en planches qui abritait une quinzaine de personnes, juste en face du terrain Pala-Pala à Bakweri Town.
Parmi les maisons détruites, l’une appartenait au père du journaliste Daniel Ekome, de HiTV. Daniel a lui aussi été appelé en urgence, pour découvrir la maison de son père entièrement calcinée.
Il a expliqué que son père, présent lors du départ du feu, avait été évacué à temps par les voisins venus prêter main-forte.
Le feu n’a pas seulement ravagé ces habitations : il a aussi atteint un bâtiment voisin, détruisant partiellement son toit, et touché quelques boutiques situées en bord de route. Heureusement, grâce à la solidarité du quartier, certains biens ont pu être sauvés des flammes. Les commerçants, impuissants, regardaient leur gagne-pain partir en fumée.
Pas de brigade de pompiers efficace à Buea
L’incendie a duré près d’une heure avant d’être maîtrisé, sans aucune intervention des pompiers.
Les habitants, sans accès rapide à l’eau, ont tout tenté : quelques litres récupérés chez eux, du sable, des pierres… Une lutte acharnée qui a fini par porter ses fruits, évitant que le feu ne fasse encore plus de dégâts.
Ce n’est qu’une fois les flammes éteintes que la police est arrivée sur place pour commencer les premières enquêtes.
Buea, pourtant capitale de la région du Sud-Ouest, dispose d’une caserne de pompiers, mais elle reste gravement sous-équipée. Il y a quelques mois à peine, une autre maison du même quartier avait été victime d’un incendie similaire.
L’origine du feu pointée du doigt : une étincelle électrique
Même si aucune déclaration officielle n’a encore été faite, les habitants pensent que le feu est parti d’une défaillance électrique.
« Hier, le transformateur juste à côté avait déjà pris feu. Les gens l’avaient éteint avec des pierres. Aujourd’hui, à cause des coupures répétées de courant, il y a eu une étincelle qui s’est transformée en incendie », a expliqué un riverain ayant participé à l’extinction des flammes.
Les témoins rapportent aussi que depuis plusieurs jours, la tension électrique était très instable.
Le feu a démarré juste sous les câbles à haute tension connectés au transformateur. On voyait d’ailleurs des habitants déconnecter des câbles brûlés pour éviter d’autres dégâts.
Buea, une ville marquée par des incendies à répétition
Le drame de Bakweri Town n’est que le dernier d’une longue série d’incendies à Buea.
Le mois dernier encore, le palais royal de Wotolo à Bonduma, près de l’école secondaire Nabesk, avait été totalement détruit par les flammes.
Malgré les efforts désespérés des voisins pour sauver ce qui pouvait l’être, les pertes s’étaient chiffrées à plusieurs centaines de millions de FCFA.
Avant cela, d’autres incendies avaient également frappé la ville, surtout dans des maisons en planches, particulièrement vulnérables aux flammes.














