Qu’on ne s’y trompe pas : Maurice Kamto n’est pas un opposant, c’est un revenant. Un spectre du régime qu’il prétend aujourd’hui combattre, mais dont il a bu le vin, goûté les privilèges, et profité des largesses jusqu’à l’indigestion. Le voilà désormais vêtu du manteau blanc de la résistance, proclamant son amour pour la démocratie, hurlant à la dictature, frappant du poing sur la table pour réclamer ce qu’il n’a pas su arracher lorsqu’il était assis à celle du festin.
Kamto a été ministre. Kamto a été conseiller. Kamto a été serviteur zélé. Il a géré les dossiers sensibles, négocié au nom du régime, représenté la patrie dans les cénacles diplomatiques. Il n’a pas seulement vu le système de l’intérieur : il l’a entretenu, consolidé, légitimé. Et il ne s’est pas arrêté là. Avec son entreprise Brain Trust, il a obtenu des marchés publics comme on distribue des bonbons à un enfant bien sage. Le régime ne lui a rien refusé, jusqu’à lui offrir, sur un plateau présidentiel, une candidature à la Cour internationale de Justice, défendue par Paul Biya en personne. Oui, celui qu’il accuse aujourd’hui de tyrannie était autrefois son parrain politique. Quelle farce.
Contrairement à ce qui est répandu au sein de l’opinion, Maurice Kamto n’a pas quitté le régime Biya par conviction, mais parce qu’il était mis à l’écart. Ignoré, sans dossiers, il a démissionné pour ne pas être humilié.
Aujourd’hui, il se présente en opposant, mais tout le monde dans le système sait qu’il est un recalé du pouvoir, pas un résistant. Il est un produit du régime, pas une alternative.
Mais les carrières ministérielles ont une fin. Quand la lumière s’est éloignée, que les couloirs du pouvoir se sont refermés, Kamto a découvert les vertus de l’opposition. Comme par magie, les injustices sont devenues insupportables, la Constitution contestable, les pratiques insoutenables. Le silence d’hier s’est mué en indignation tonitruante. Où était sa voix en 2008, quand le régime brisait la limitation des mandats ? Il faut être clair : Maurice Kamto n’a pas changé de combat, il a changé de camp. Ce n’est pas un éveil idéologique, c’est un repositionnement stratégique. Ce n’est pas un leader éclairé, c’est un déçu du pouvoir, un recalé des hautes sphères qui rêve de revanche.
Son discours sonne faux. Il sent l’opportunisme à plein nez. Il ne renverse pas le système, il le recycle, il le remixe, il le rejoue avec les mêmes acteurs et les mêmes méthodes. Un ancien courtisan grimé en tribun du peuple. Maurice Kamto n’est pas l’avenir. Il est le miroir du passé, fissuré, repeint, mais toujours accroché au même mur.
Par Bruno Bidjang














