Ali Bongo sort de l’ombre. Ce samedi 12 avril 2025, l’ancien président gabonais a été aperçu pour la première fois en public depuis sa chute du pouvoir. Il s’est rendu dans un bureau de vote pour élire le nouveau président du pays, un geste fort, qu’il a justifié ainsi :
« Je suis avant tout citoyen gabonais. Il était important pour moi de participer à cette nouvelle étape de notre démocratie. »
Mais c’est surtout sa déclaration à la sortie de l’isoloir qui a marqué les esprits. Les traits tirés, le ton grave, Ali Bongo a lancé un appel poignant :
« Mon vote reste secret, bien sûr, mais je tiens à implorer le prochain président : pensez à ma femme, à mon fils. Ils sont encore emprisonnés, injustement. »
Il ne s’est pas arrêté là. L’ancien chef de l’État a tendu la main aux nouvelles autorités :
« Je me tiens prêt à jouer le rôle de sage, à veiller sur cette démocratie que ma famille a tant contribué à bâtir. Mais je supplie les nouvelles autorités : montrez un peu d’humanité envers les miens. »
Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition, a été élu dès le premier tour avec 90,35 % des voix, selon les résultats provisoires annoncés par le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault. Candidat indépendant porté par la plateforme Le Rassemblement des Bâtisseurs (RDB), il a largement dominé dans les neuf régions du pays, et même à l’étranger, où il a recueilli près de 79 % des suffrages.
Ali Bongo a voté. Mais surtout, il a parlé. Et son message, entre douleur personnelle et appel à l’apaisement, ne laisse personne indifférent.














