Un groupe séparatiste a admis être derrière l’attaque qui a coûté la vie à un policier et blessé plusieurs personnes mercredi 9 avril 2025 à Bamenda, dans le nord-ouest du Cameroun. Parmi les blessés figurent un autre policier, un gendarme dans un état critique et un civil, ainsi qu’un étudiant pris dans la fusillade.
Sur les réseaux sociaux, des comptes liés au Conseil de gouvernance de l’Ambazonie (AgovC) – la branche politique des Forces de défense de l’Ambazonie (ADF) – ont célébré l’attaque. Dans un message posté le jour même, ils ont écrit : « L’ADF frappe fort à Bamenda, carrefour de l’hôpital + une belle récolte ». Benedict Kuah, présenté comme le chef de leur conseil de guerre, a ajouté : « Nous avons confisqué les armes utilisées pour harceler nos citoyens », utilisant le terme « Bulus » pour désigner les forces de sécurité camerounaises, majoritairement francophones.
Une zone en tension permanente
Cette attaque, survenue au carrefour de l’hôpital, illustre l’insécurité qui règne dans les régions anglophones du Cameroun, en crise depuis 2016. Les affrontements entre séparatistes et armée gouvernementale ont déjà fait des milliers de morts et de déplacés. Quelques jours plus tôt, une embuscade de l’ADF à Ekona (sud-ouest) avait tué quatre jeunes, dont certains combattants séparatistes.
Les autorités locales n’ont pas encore réagi aux revendications de l’AgovC. Mais cette nouvelle violence risque d’aggraver les tensions, d’autant que le leader des ADF, Ayaba Cho Lucas, est actuellement jugé en Norvège pour crimes contre l’humanité.
Les habitants des régions anglophones, déjà éprouvés par des années de conflit, redoutent une escalade. L’attaque ciblant un lieu public comme un carrefour hospitalier montre à quel point la situation reste explosive.















