Le journaliste kényan Larry Madowo, figure bien connue de CNN, a récemment secoué la toile avec un tweet qui résonne chez de nombreux voyageurs africains : il déplore le coût jugé exorbitant du visa camerounais. Pour une simple entrée, il a déboursé 229 euros — une somme qu’il qualifie d’abusivement élevée, surtout entre pays du même continent.
Le Cameroun figure en effet parmi les États africains aux politiques de visa les plus restrictives. Seuls sept pays du continent bénéficient d’un accès sans visa à son territoire. Une réalité à rebours des principes de libre circulation défendus par l’Union africaine, notamment dans le cadre ambitieux de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Pourquoi une telle fermeture ? Les autorités avancent plusieurs raisons : des considérations sécuritaires, des capacités administratives limitées, et parfois des mesures de réciprocité vis-à-vis d’autres pays également fermés. Mais pour Larry Madowo, ce genre d’obstacles ne fait que freiner les échanges, la mobilité, le tourisme et l’intégration africaine.
D’autres pays montrent pourtant la voie : le Rwanda a ouvert ses frontières à tous les Africains, le Bénin offre des visas à l’arrivée, et la Gambie a aboli les visas pour les ressortissants africains. Pendant ce temps, l’idée d’un passeport unique africain peine à sortir des tiroirs de l’Union africaine.
Dans un continent qui aspire à plus d’unité, le prix d’un visa peut-il encore justifier autant de barrières entre frères ?















