L’administration Trump envisagerait d’imposer des restrictions de voyage aux citoyens camerounais, dans le cadre d’une initiative plus large visant jusqu’à 41 pays. D’après une note interne consultée par Reuters, le Cameroun figure parmi les nations à qui l’on a donné 60 jours pour améliorer leurs procédures de sécurité et de contrôle, sous peine de faire face à des restrictions de visa.
Le Cameroun sur la « Liste Jaune »
Selon le plan proposé, le Cameroun appartient au troisième niveau des pays concernés – souvent désigné sous le nom de « Liste Jaune ». Les nations de cette catégorie ne font pas l’objet d’une interdiction immédiate, mais sont invitées à ajuster leurs processus de contrôle et de vérification. En cas de non-conformité dans les 60 jours, des suspensions partielles de visa pourraient être appliquées aux Camerounais souhaitant entrer aux États-Unis.
Un durcissement plus large de la politique migratoire
Ces restrictions s’inscrivent dans le cadre d’une politique migratoire plus stricte menée par l’administration Trump, qui a renforcé le contrôle de sécurité pour les ressortissants étrangers. Le décret du 20 janvier a ordonné à plusieurs agences gouvernementales américaines d’évaluer les pays en fonction de leur capacité à partager des informations sécuritaires avec les autorités américaines.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, n’a pas encore approuvé la note proposant ces restrictions, et celle-ci pourrait encore être modifiée. Cependant, si elle était adoptée, elle pourrait avoir un impact considérable sur les Camerounais souhaitant se rendre aux États-Unis pour étudier, travailler ou rendre visite à leur famille.
Liste complète
La note dresse la liste de 41 pays répartis en trois groupes distincts.
Suspension totale des visas : Afghanistan, Cuba, Iran, Libye, Corée du Nord, Somalie, Soudan, Syrie, Venezuela, Yémen.
Suspension partielle des visas (les visas touristiques, étudiants et certains autres types seraient affectés) : Érythrée, Haïti, Laos, Myanmar, Soudan du Sud.
Pays recommandés pour une suspension partielle s’ils ne corrigent pas leurs lacunes : Angola, Antigua-et-Barbuda, Biélorussie, Bénin, Bhoutan, Burkina Faso, Cap-Vert, Cambodge, Cameroun, Tchad, République Démocratique du Congo, Dominique, Guinée Équatoriale, Gambie, Libéria, Malawi, Mauritanie, Pakistan, République du Congo, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Sao Tomé-et-Principe, Sierra Leone, Timor oriental, Turkménistan, Vanuatu.
Un retour au durcissement migratoire de Trump
Cette politique proposée s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges de Trump pour renforcer les contrôles migratoires lors de son second mandat. Son décret du 20 janvier a imposé un contrôle de sécurité accru pour les voyageurs étrangers, en chargeant les principaux responsables ministériels d’identifier, d’ici le 21 mars, les pays présentant des « défaillances » dans leurs mesures de filtrage.
Lors d’un discours de campagne en octobre 2023, Trump avait promis d’étendre les restrictions de voyage aux individus venant de zones de conflit, notamment Gaza, la Libye, la Somalie, la Syrie et le Yémen, arguant que de telles mesures étaient nécessaires pour protéger la sécurité nationale.
Réactions politiques et diplomatiques
Cette décision a déjà suscité des comparaisons avec le décret migratoire du premier mandat de Trump, qui avait provoqué de vives protestations et des contestations judiciaires. Les critiques estiment que cette politique cible de manière disproportionnée les nations en développement et pourrait tendre les relations diplomatiques, notamment avec les pays africains et caribéens.
Dès son premier jour en fonction en 2021, l’ancien président Joe Biden avait annulé les précédentes interdictions de voyage imposées par Trump, les qualifiant de « tache sur notre conscience nationale » et contraires à l’histoire des États-Unis, pays d’accueil pour les personnes de toutes confessions et origines.
Pendant ce temps, des analystes en sécurité et des responsables du Département d’État examinent la liste provisoire, cherchant à déterminer si les pays identifiés représentent réellement un risque pour la sécurité ou si des considérations politiques entrent en jeu.
Avec l’approche de la date limite du 21 mars, la liste finale des pays soumis à des restrictions est encore susceptible d’évoluer. Cependant, si elle est appliquée, cette nouvelle interdiction de voyager pourrait marquer un tournant majeur dans la politique migratoire américaine, avec des conséquences considérables sur les relations internationales et la mobilité mondiale.
Un avenir incertain pour les voyageurs camerounais
Avec cette période d’examen de 60 jours en cours, les efforts diplomatiques du Cameroun seront essentiels pour déterminer si ses citoyens continueront à bénéficier d’un accès sans restriction aux visas américains. Les Camerounais ayant des projets de voyage aux États-Unis devraient suivre de près la situation et rester informés de toute annonce officielle.
Les précédentes interdictions de voyage de l’administration Trump ont fait l’objet de recours judiciaires, en particulier celles visant des pays à majorité musulmane. On ignore encore si cette nouvelle vague de restrictions fera face à une opposition similaire de la part des législateurs et des groupes de défense des droits.















