Actualités locales
Joshua Osih et le SDF dévoilent leur vision pour un Cameroun réformé
Le parti du Front social démocrate (SDF) a annoncé son intention de mettre fin aux évacuations médicales à l’étranger des fonctionnaires du gouvernement si c’est le contribuable qui paie la facture.
Lorsque cette annonce a été faite lors du congrès extraordinaire du parti à Yaoundé le 1er mars, les participants l’ont accueillie avec un large applaudissement.
Cela s’explique par le fait que le régime du président Paul Biya a dépensé des milliards de francs CFA pour soigner de hauts fonctionnaires à l’étranger au détriment des contribuables camerounais.
S’il est élu chef de l’État, le porte-drapeau du SDF, Joshua Osih, affirme que tout membre du gouvernement souhaitant se rendre à l’étranger pour des soins médicaux devra fournir les fonds, et non l’État.
Outre le simple fait de mettre fin aux évacuations médicales financées par le contribuable, le SDF Joshua Osih a d’autres programmes alléchants.
Il a déclaré qu’il avait commencé à gérer ces programmes dès son premier jour à la présidence.
Le SDF va faire respecter la déclaration de patrimoine
L’un des aspects de son manifeste est l’application immédiate de l’article 66 de la Constitution camerounaise sur la déclaration de patrimoine.
Cela fait partie de la Constitution depuis 1996, mais le gouvernement ne l’a jamais appliqué. Certains Camerounais pensent que la corruption généralisée, le détournement de fonds et la mauvaise gestion des ressources de l’État sont en partie dus au fait que les fonctionnaires ne déclarent pas leurs biens avant de prendre leurs fonctions.
Au Cameroun, les administrateurs des ministères, de la présidence, des conseils régionaux et locaux et des organismes parapublics ont tendance à ne pas faire la différence entre les caisses de l’État et leurs caisses personnelles.
Le SDF prévoit de mettre fin à cette situation dès le premier jour s’il est élu.
Réduction des effectifs du gouvernement
Joshua Osih prévoit également de réduire les coûts. Il estime que le régime actuel est surchargé de personnel et que s’il prend le pouvoir, il ne fonctionnera qu’avec quelques ministères.
Actuellement, le Cameroun compte plus de 30 ministères avec près de 50 ministres et ministres délégués.
Le SDF estime que certaines de leurs fonctions sont redondantes. Il considère la création de nombreux ministères comme une stratégie du président Biya pour satisfaire ses amis politiques.
C’est pourquoi Osih a déclaré qu’il « réduirait la taille du gouvernement et éliminerait les dépenses inutiles ». Il a également promis d’éliminer les contrats sans appel d’offres tout en privilégiant le contenu local.
Le parti SDF croit en l’égalité des chances, ce qui donne à chacun une chance équitable. Sous la direction de Joshua Osih, il prévoit de supprimer les références ethniques ou régionales dans les documents sociaux.
Il interdirait également les motions de soutien et les cultes de la personnalité et veillerait à ce que l’accès à l’université soit assuré quel que soit l’âge.
« Après avoir accouché, vous pouvez toujours aller à l’école jusqu’au niveau de votre doctorat », peut-on lire dans le manifeste du SDF.
Cartes d’identité et certificats de naissance gratuits
Pour obtenir une carte d’identité au Cameroun, il faut dépenser au moins 10 000 FCFA. Malgré ces dépenses, beaucoup restent encore plusieurs années sans recevoir leur carte d’identité en raison de la corruption et de la bureaucratie.
Mais sous le SDF, comme l’a promis Joshua Osih, le gouvernement délivrerait des cartes d’identité à un coût nul.
Outre la délivrance gratuite des cartes d’identité, il prévoit de faire de même avec les certificats de naissance. Bien que la délivrance soit actuellement gratuite, certaines communes continuent de percevoir de l’argent pour cela.
Mais il ferait différemment, c’est de prolonger le délai d’obtention des certificats de naissance de trois mois à cinq ans.
Selon l’UNESCO, plus de 7 millions d’enfants au Cameroun n’ont pas de certificat de naissance. Cela est dû au processus laborieux et en plusieurs étapes nécessaire à l’obtention du document. Non seulement le coût financier est trop élevé pour certains citoyens, mais la répartition inégale des centres d’enregistrement, en particulier dans les zones rurales ou reculées, ajoute au problème.
Le SDF affirme qu’il veillera à ce que les accouchements et les soins de santé soient gratuits pour les enfants jusqu’à deux ans.
L’éducation gratuite jusqu’au secondaire
Sur le plan de l’éducation, Joshua Osih a déclaré qu’il donnerait la priorité à l’éducation publique gratuite jusqu’à la fin du premier cycle du secondaire.
Lors d’une conférence de presse à Yaoundé, Osih a déclaré que le conseil municipal devrait gérer l’enseignement primaire et secondaire, tandis que les conseils régionaux devraient gérer l’enseignement universitaire.
Il a déclaré que le gouvernement central devrait uniquement déterminer le programme des écoles tandis que la gestion et le recrutement des enseignants devraient être décentralisés.
Toujours dans le cadre de son programme éducatif, il envisage de supprimer l’examen probatoire, très répandu dans le sous-système éducatif francophone.
Les autres réformes que Joshua Osih entend mener comprennent l’abolition des routes fixes réglementant les relations entre propriétaires et locataires en interdisant le paiement anticipé des loyers, un phénomène courant dans les zones urbaines.
Il prévoit également d’appliquer strictement le bilinguisme au Cameroun.
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Actualités locales
Jean Bahebeck réclame un Ordre des journalistes au Cameroun
Selon le médecin et figure médiatique bien connue, cet organe pourra mieux défendre et arbitrer les dérives dans les médias.
Sur le plateau de CLUB D’ÉLITES sur Vision4 ce dimanche, le Pr Jean Bahebeck a plaidé pour la création d’un Ordre des journalistes face aux dérives observées récemment, notamment dans l’actualité sur l’abus sexuel sur une enfant de trois ans dans une école privée à Yaoundé.
Selon lui, le Conseil national de la communication qui joue actuellement le rôle de régulateur est « juge et partie ».
« Je pense que les journalistes ont besoin d’une structure, et même les télévisions en ont besoin. Pas seulement le CNC qui les interpelle, mais aussi une organisation capable de les défendre. Il n’y a personne pour les défendre ni pour arbitrer véritablement. Le CNC est juge et partie. C’est une institution face à des individus.
Je crois aussi que, si nous voulons faire évoluer notre pays, il faudrait envisager quelque chose comme un ordre des journalistes. De l’autre côté, il pourrait également exister une association des débatteurs de télévision. Cette activité prend de plus en plus d’importance. Je lance simplement l’idée : il faudrait s’organiser et se structurer pour qu’elle ne disparaisse pas, car elle joue un rôle social important dans le débat public », a déclaré Pr Jean Bahebeck.
Rappelons que le Conseil national de la communication (abrégé en CNC ») est un organe de régulation et de consultation doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Placé auprès du premier ministre, chef du Gouvernement du Cameroun il est chargé d’assister les pouvoirs publics dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de la politique nationale de communication sociale.
Le CNC veille par ses décisions et avis au respect :
Des lois et règlements en matière de communication sociale;
De l’éthique et de la déontologie professionnelle;
De la paix sociale, de l’unité et de l’intégration nationale dans tous les médias;
De la promotion des langues et cultures nationales dans tous les médias ;
De la promotion des idéaux de paix, de démocratie et des droits de l’homme;
De la protection de la dignité des personnes, notamment de l’enfance et de la jeunesse dans les médias;
De l’égalité d’accès aux médias, notamment en période électorale;
De la liberté et de la responsabilité des médias;
De l’indépendance des services public et privé de la communication;
De la transparence, du pluralisme et de l’équilibre dans les programmes des entreprises de communication.
Le CNC émet un avis conforme sur :
Les dossiers de demande de licences de création et d’exploitation des entreprises privées de communication audiovisuelle;
les rapports du Gouvernement relatifs à l’assignation des fréquences audiovisuelles;
Le CNC est consulté avant tout recours contentieux relatif au refus ou au retrait de la carte de presse.
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Actualités locales
Joseph Antoine Bell en vedette aux États-Unis
Entre transmission, culture et diaspora, le gardien de but mythique des Lions Indomptables met fin ce dimanche 31 mai 2026 à une série d’activités entamée il y a quelques jours au pays de Donald Trump.
Ce dimanche 31 mai 2026, Joseph Antoine Bell, ancienne gloire des Lions Indomptables, clôture aux États-Unis d’Amérique une série d’activités entamée deux jours plus tôt.
À l’invitation de la diaspora camerounaise d’Amérique, le double champion d’Afrique, chef traditionnel et conférencier réputé, a lancé sa tournée le 29 mai. Il a pris part à plusieurs temps forts du Festival culturel camerounais d’Amérique du Nord, organisé autour du thème « Cameroonian culture and living together”.
Au cours de son séjour, l’ancienne star du football mondial a rencontré plusieurs personnalités, dont l’ambassadeur du Cameroun aux États-Unis, Henri Etoundi Essomba, informe le journaliste camerounais Nana Paul Sabin. .
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Actualités locales
les paradoxes d’une décentralisation sous tutelle
Dans les normes, la décentralisation doit être exercée par la base. Mais, le modèle camerounais consacre plutôt une décentralisation administrée par le sommet. C’est l’objet de ce regard critique dont le prétexte est la signature ce 15 mai 2026 de l’Arrêté Conjoint N°0043/AC/MINDDEVEL/MINFI fixant les modalités de création et d’organisation des Unités de Suivi de la Fiscalité Locale (USFL) au sein des CTD, clame Louis Marie Kakdeu.
Ce texte s’inscrit dans la chaîne normative ouverte par la loi n°2024/020 du 23 décembre 2024 portant fiscalité locale, dont la circulaire conjointe FILOC du 4 juillet 2025 avait déjà précisé les modalités d’application.
Pendant la session parlementaire de Novembre 2024, le Social Democratic Front (SDF) avait porté ce débat à l’Assemblée nationale lors des débats sur la loi des finances 2025 mais, le parti avait été inaudible parce que le débat identitaire dominait l’actualité politique du pays reléguant au second plan les préoccupations réelles du citoyen et les enjeux de développement du pays. Aujourd’hui, le réveil est brutal et l’ensemble de la communauté nationale découvre comme si c’était un nouveau sujet que le processus de décentralisation a été dévoyé sous nos yeux. De quoi est-il question ?
Lutte contre la mauvaise gouvernance locale
Le cœur de la réforme porte en gros sur l’article 13 qui consacre explicitement le dessaisissement des ordonnateurs et comptables municipaux de leurs prérogatives liées à l’émission des recettes fiscales et au recouvrement des impôts, taxes et redevances communales. En langage facile, le gouvernement veut sanctionner les maires qui excellent dans le détournement des recettes fiscales. En effet, la collecte de la fiscalité locale était un objet d’enrichissement personnel des maires.
Alors que ces derniers se remplissaient les poches, le gouvernement était sollicité pour payer les frais de fonctionnement des mairies, ce qui représentait pour l’Etat une double perte. C’est le cas des arriérés de salaire dans les CTD qui entrent dans la dette flottante devant être payée par l’Etat.
La DGI projette à près de FCFA 600 milliards les recettes attendues de la fiscalité locale en 2026, somme qui s’était toujours volatilisée jusqu’ici. Par exemple, les banderoles et autres affiches pullulent dans nos villes sans que l’on ne voie suffisamment les entrées dans les recettes des mairies. Le fisc entend donc instaurer un principe de la gouvernance, celui de la transparence, afin d’instituer la traçabilité des recettes fiscales locales. Du point de vue du gouvernement, cette réforme ne toucherait pas les engagements financiers de l’Etat vis-à-vis des CTD ; elle viserait plutôt à mieux collecter les ressources pour mieux servir les CTD dans l’intérêt général.
Une mauvaise solution à un réel problème de gouvernance
On apprend à forger en forgeant. Au lieu de poursuivre la mise en œuvre du processus de la décentralisation, le gouvernement ne peut pas choisir de reculer et de compromettre les enjeux de développement parce qu’’il y a détournement des deniers publics. La solution au vol n’est pas le recul, le contournement ou le retrait des compétences, mais la sanction. Le fisc ne veut plus attendre les résultats d’audit pour avoir une idée des recettes locales. Le fisc veut la traçabilité en temps réel.
Toutefois, en s’abstenant de sévir face aux résultats d’audit qui accablent les maires, le gouvernement montre son incapacité à gouverner. La loi sur la fiscalité locale de 2024, la lettre circulaire de 2025 et l’arrêté de 2026 sont des voies de contournement des barons du régime et du RDPC qui ont pris en otage les mairies et qui ont fait main-basse sur la fiscalité locale. A défaut de les faire passer devant les lois de la République, le régime en place doit tout au moins faire preuve de courage politique pour renouveler son personnel politique et conduire le pays vers le développement.
Un gage de non-fonctionnalité
L’Arrêté consacre lui-même que les USFL au sein des CTD ne seront pas fonctionnelles. Il ne dit pas d’où viendront leurs moyens de fonctionnement. Il impose aux communes des obligations précises (transmission des fichiers contribuables avant le 31 janvier, participation aux enquêtes cadastrales, délibérations conformes, etc.) qui supposent une administration municipale structurée, informatisée et compétente. L’article 11 exige que le chef de l’USFL soit un agent public contractuel de catégorie 8 minimum ou un fonctionnaire en détachement de catégorie B minimum, avec une expérience en fiscalité. Or, une grande majorité des 374 communes camerounaises dispose de ressources humaines limitées et de systèmes d’information rudimentaires.
La création d’une USFL dans chaque CTD suppose des investissements massifs dans les infrastructures informatiques, un recrutement massif de nouveaux profils, ou des détachements de fonctionnaires, trois options qui impliquent des coûts budgétaires que les communes, précisément faute de ressources suffisantes, auront du mal à supporter. La création des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP) est évoquée comme solution d’avenir, mais la circulaire elle-même reconnaît, dans ses dispositions transitoires, que ces centres ne sont pas encore déployés. Dans l’intervalle, le droit commun s’applique, c’est-à-dire l’administration centrale des impôts.
La critique de la centralisation des recettes a toujours été la longueur du circuit de la collecte jusqu’au transfert des ressources aux CTD. Le plus souvent, ces ressources retournent au niveau des CTD vers la fin d’année, paralysant le fonctionnement des mairies en début d’année. Pour résoudre ce problème, l’on pourrait maintenir au niveau des Centres divisionnaires des impôts (CDI), les ressources de la fiscalité locale. Ce serait en ce moment-là un simple transfert du pôle de détournement des deniers publics des maires vers les chefs de CDI. On ne serait donc pas sorti de l’auberge et aucun problème de gouvernance n’aurait été résolu.
Une décentralisation de façade
En dessaisissant les ordonnateurs locaux, en soumettant la création de l’USFL à l’approbation étatique, en confiant l’essentiel des pouvoirs fiscaux aux CFLP de la DGI, le système construit autour de la loi de 2024 consacre une décentralisation de façade : les communes ont des structures, des attributions formelles, des obligations de reporting, mais pas de pouvoir réel.
À l’heure où le Cameroun ambitionne de parachever sa décentralisation et où le SDF ambitionne d’aller plus loin vers le fédéralisme, notamment à travers le transfert effectif des compétences et des ressources prévu par le Code Général des CTD de 2019, cet arrêté confirme que la trajectoire choisie par le gouvernement camerounais reste celle d’une décentralisation administrée par le sommet plutôt qu’exercée par la base.
Pour les enjeux de développement local, notamment le financement des infrastructures, l’amélioration des services de base, la responsabilisation des élus locaux devant leurs populations, cette trajectoire présente des limites que ni la meilleure circulaire ni le meilleur arrêté organisationnel ne pourront surmonter tant que le transfert réel des compétences n’aura pas été accompli. La constitutionnalité de ces textes est donc engagée et il est à espérer que le débat politique camerounais commencera à s’intéresser aux sujets de fonds touchant les enjeux de développement du pays.
Louis-Marie KAKDEU, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National SDF
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