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un leader politique en avance sur le temps

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un leader politique en avance sur le temps
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L’opération de lancement de la campagne de collecte de fonds pour l’élection présidentielle 2025 est un acte doté d’un sens et d’une puissance qui démontre que ce leader politique a pris une longueur d’avance sur les autres leaders sur l’échiquier politique camerounais.

Lire la tribune du journaliste et sociologue Serge Aimée Bikoi :

En effet, en lançant cette opération de financement de la prochaine présidentielle, Maurice Kamto reste déterminé à participer à ce scrutin crucial. Question de le vaincre et de devenir, par conséquent, le prochain président de la République du Cameroun. À ce stade, l’homme politique se positionne et montre véritablement qu’il prépare, de manière efficace et efficiente, les échéances électorales ultérieures et, singulièrement, l’élection présidentielle. Depuis 2012, année de sa naissance, le Mrc est resté et demeuré dans l’arène politique, surtout dans l’action de contestation des scories et dysfonctionnements du régime du Renouveau.

Aujourd’hui en 2025, le temps n’est plus arc-bouté sur : Maurice Kamto sera-t-il candidat ou pas? Sera-t-il investi par le Front pour le changement du Cameroun (Fcc) ou par l’Aliance pour le changement (Apc)? C’est un débat obsolète bien que plusieurs personnes continuent d’ergoter régulièrement sur cette énigme. Certes, ce débat alimente les joutes politiques et draine des échanges vifs et houleux dans les medias audiovisuels et sur les réseaux sociaux, mais l’homme politique reste campé sur les stratégies d’organisation de la présidentielle prochaine.

Après la décision de l’Alliance pour le changement (Apc) consistant à designer Maurice Kamto candidat de cette dynamique coalitive en 2023, bien de leaders se sont levés pour battre en brèche ce choix rendu public par l’honorable Jean Michel Nintcheu, président national du Front pour le changement du Cameroun (Fcc) lors des dernières assises de la convention du Mrc. Il y a, d’ailleurs, eu une levée de boucliers de certains acteurs politiques tant ils se sont situés aux antipodes de la méthodologie du choix de M. Kamto comme candidat de l’Apc. Une autre alliance, en l’occurrence l’Alliance pour la transition pacifique (Atp) est née, mais cette dynamique s’est flagellée quelques mois après eu égard à la discorde entretenue par certains membres.

Jusqu’à ce jour, bien de personnes continuent de jeter le discrédit et l’opprobre sur le président national du Mrc estimant qu’il ne saurait être candidat ou encore qu’il ne saurait être investi par le Fcc. Malgré tout, le leader national du Mrc a toujours soutenu qu’il userait des voies et moyens, certes, plus difficiles , mais prévus la loi fondamentale pour présenter sa candidature. Selon l’article 121(1 et 2) du code électoral, « le candidat investi par un parti politique non représenté à l’assemblée nationale, au sénat, dans un conseil régional ou dans un conseil municipal », doit, comme tout candidat indépendant, réunir au moins 300 signatures légalisées par les autorités administratives territorialement compétentes, des personnalités originaires de toutes les dix régions à raison de 30 par région et possédant la qualité soit de membre du parlement, soit d’une chambre consulaire, soit de conseiller régional ou municipal, soit de chef traditionnel de premier degré.

En ce moment, la majorité des personnalités pouvant, à travers leurs signatures, présenter un candidat à la présidentielle sont des militants du parti au pouvoir. Jamais un tel scénario ne s’est produit à cette échéance électorale capitale au Cameroun. Dans le contexte actuel, cette procédure est jonchée de pesanteurs. Mais M. Kamto peut contourner les épines dressées sur son chemin, en s’inspirant du précédent à la dernière élection présidentielle, à laquelle Me Akere Muna, Cabral Libii, feu Franklin Ndifor avaient dû emprunter des partis politiques disposant d’élus pour se présenter. De toutes les manières, le président national du Mrc reste décisif et continue de tisser sa toile en veillant sur la bonne organisation des échéances électorales futures. C’est non sans pertinence que l’homme politique ne cesse de critiquer systématiquement les méthodes de l’organe en charge de la gestion du processus, en exigeant, entre autres, la publication forcée de la liste électorale nationale 2024. L’on suivra, d’ailleurs, les réquisitions du ministère public le 17 février 2025 relativement à ce contentieux.

Avec la posture vigilante de M. Kamto, le Mrc reste, en permanence, critique à l’égard du régime en place, ainsi qu’à l’endroit de l’organe en charge de la gestion du processus électoral. Alors que les uns et les autres débattent, de manière perpétuelle, sur l’accréditation de la candidature de Maurice Kamto ou non à la prochaine présidentielle, l’homme lance la campagne de collecte de fonds pour la préparation de ce scrutin. L’opposant principal au régime de Yaoundé cherche plus de six milliards de Fcfa pour réaliser ce dessein. À présent que l’opération de collecte est lancée, il est impératif que le leader national du Mrc et ses plus proches collaborateurs s’organisent pour faire le point chaque fois que l’occasion opportune se présente.

De manière contextuelle, il est idoine qu’à chaque fin du mois, le leader national du Mrc fasse le point des contributions reçues afin que l’on connaisse l’état du nombre d’acteurs et les montants. Cet état de choses participe, sans doute, à la monstration de la transparence et de la fiabilité de cette procédure de collecte. À quelques mois de la convocation du corps électoral, l’on saura finalement, le jour dit, quel est le montant global des contributions reçues par le parti. Sans conteste, lorsque l’on saura, par exemple, que les contributions sont déjà de l’ordre des centaines de millions ou de quelques milliards de Fcfa, le parti de Maurice Kamto imposera une sorte de rapport de forces au régime en place afin que coûte que vaille sa candidature soit validée.

En dépit de la manipulation entretenue par certains journaux qui font état de ce que M. Kamto est investi par le Front des démocrates camerounais (Fdc), il ne se laisse guère emporter par ces publications, dont l’objectif malsain est de susciter la surenchère des auteurs pour espérer la captation des prébendes et des dividendes exorbitantes.

Ce type de mode opératoire est débusqué. En dépit de la diabolisation de cette formation politique et de son leader par certains acteurs sociopolitiques, Les partisans du Mrc ne se laissent donc pas distraire et restent concentrés sur l’opération de collecte des fonds pour la présidentielle 2025 et sur les inscriptions massives sur les listes électorales. En dépit de la campagne de sabotage orchestrée par certaines figures de la scène médiatique et politique suite à ses prises de positions et aux décisions de la technostructure de sa formation politique, M. Kamto reste agglutiné sur les desseins qu’il compte réaliser à court, moyen et long terme.

Serge Aimé BIKOI

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Bauxite de Minim-Martap : A2MP veut retirer Canyon de la cote et remet en cause la rentabilité du projet

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Bauxite de Minim-Martap : A2MP veut retirer Canyon de la cote et remet en cause la rentabilité du projet
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(Investir au Cameroun) – A2MP Investments, qui détient 55,56 % de Canyon Resources, veut prendre le contrôle total de la compagnie australienne, la retirer de la cote et revoir l’échelle du projet de bauxite de Minim-Martap. Dans son offre déposée le 29 juillet 2026, l’actionnaire majoritaire soutient que les hypothèses de prix, de fret et de production retenues par Canyon pourraient ne plus permettre une exploitation rentable du gisement camerounais.

Canyon Resources a confirmé avoir reçu cette offre publique d’achat non sollicitée et conditionnelle, portant sur l’ensemble des actions qu’A2MP ne détient pas encore. Le document de l’acquéreur a été publié le même jour sur la plateforme d’annonces de l’Australian Securities Exchange (ASX).

L’offre hors marché propose aux actionnaires minoritaires 0,05 dollar australien par action. Ce prix représente une décote de 42,5 % par rapport au cours de clôture de 0,087 dollar australien enregistré le 28 juillet, veille du dépôt de l’offre.

L’opération valorise les fonds propres de Canyon à environ 103 millions AUD. En ajoutant la dette nette évoquée par A2MP, la valeur d’entreprise ressortirait autour de 188 millions AUD.

A2MP devrait débourser au maximum 45,82 millions AUD pour acquérir les titres minoritaires existants. La facture pourrait atteindre 46,57 millions AUD si les options encore en circulation étaient exercées. L’acquéreur affirme disposer d’environ 127 millions de dollars américains de trésorerie pour financer l’opération.

L’offre reste conditionnée à l’obtention d’au moins 75 % du capital. Si sa participation dépasse 90 %, A2MP prévoit de procéder au rachat obligatoire des titres restants, puis de retirer Canyon Resources de l’ASX. Même en deçà de ce seuil, mais au-delà de 75 %, le groupe pourrait solliciter une radiation de la cote, sous réserve du respect des règles de la place boursière australienne.

Les dates d’ouverture et de clôture de l’offre n’étaient pas encore précisées dans le document déposé le 29 juillet.

Une prime réduite de moitié, un coût du fret presque doublé

Derrière l’opération boursière se profile une remise en cause des principaux paramètres économiques présentés par Canyon Resources dans l’étude de faisabilité définitive de Minim-Martap, publiée en septembre 2025.

Cette étude évaluait la valeur actuelle nette du projet à 835 millions de dollars américains et son taux de rentabilité interne avant impôts à 29 %. Elle reposait notamment sur une prime moyenne d’environ 11 dollars par tonne de bauxite, justifiée par la teneur élevée du minerai en alumine et sa faible concentration en silice.

A2MP estime désormais qu’une prime proche de 5 dollars par tonne sèche correspondrait davantage aux conditions du marché. Le groupe affirme appuyer cette estimation sur six mois d’échanges commerciaux avec des acheteurs potentiels.

Dans le même temps, il évalue le coût du fret au démarrage entre 32 et 36 dollars par tonne, contre 17 dollars dans l’étude de faisabilité.

À l’échelle d’une tonne, la combinaison de ces deux révisions détériorerait de 21 à 25 dollars l’équation économique présentée par Canyon : environ six dollars de prime en moins et entre 15 et 19 dollars de fret supplémentaire.

Cette comparaison ne constitue toutefois pas une nouvelle étude complète de rentabilité. A2MP ne recalcule pas l’ensemble des coûts, des volumes, des prix de vente et des investissements nécessaires au développement du projet.

L’actionnaire majoritaire estime néanmoins que les assurances, les droits à l’exportation, les frais d’échantillonnage, le carburant et certains investissements logistiques pourraient également avoir été sous-évalués.

« Le projet pourrait ne plus être viable dans sa forme actuelle et avec les financements disponibles », affirme A2MP.

Cette appréciation contraste avec les conclusions de l’étude de faisabilité, qui chiffrait les investissements globaux à 446 millions de dollars américains, dont 348 millions consacrés aux infrastructures ferroviaires. Canyon estimait alors disposer de bases raisonnables pour envisager le financement du développement, sans pour autant avoir sécurisé l’intégralité des capitaux nécessaires.

A2MP envisage une exploitation plus petite

A2MP ne se contente pas de contester certains paramètres financiers. L’actionnaire majoritaire envisage explicitement une exploitation plus petite que celle retenue dans la feuille de route de Canyon.

Si l’offre aboutit, il prévoit de réexaminer la stratégie, la situation financière, les actifs et les opérations de la compagnie. Cette revue devra notamment déterminer si Minim-Martap peut atteindre une production commerciale rentable aux prix et volumes retenus jusqu’ici.

« Le projet de Minim-Martap pourrait ne pas être rentable aux prix et volumes actuellement proposés », soutient A2MP.

Si cette analyse était confirmée par des conseils indépendants, le groupe indique qu’il pourrait renoncer à développer le projet jusqu’aux niveaux de production actuellement annoncés. Certains travaux miniers seraient poursuivis, mais la configuration, l’échelle et le calendrier de l’exploitation seraient redéfinis.

Le retrait de la cote permettrait également de supprimer les coûts liés au maintien de Canyon sur l’ASX et de l’intégrer plus étroitement à la stratégie minière africaine d’A2MP.

Le groupe affirme vouloir développer au Cameroun une chaîne allant de l’extraction de la bauxite à la production d’alumine et d’aluminium. Son document ne précise toutefois ni les capacités envisagées, ni le coût des installations de transformation, ni leur calendrier de réalisation.

La première expédition repoussée au quatrième trimestre

Cette réévaluation intervient alors que le calendrier de Minim-Martap a déjà glissé. Initialement annoncée pour le premier semestre 2026, la première expédition de bauxite est désormais attendue au quatrième trimestre.

Canyon indiquait encore, le 26 juin, que les sept locomotives prévues pour la première phase avaient été livrées. Associées à 160 wagons, elles doivent permettre de transporter environ 35 000 tonnes humides de minerai par mois.

Pour porter cette capacité à 105 000 tonnes mensuelles dès le troisième trimestre 2027, la compagnie estime devoir mobiliser 160 millions de dollars américains supplémentaires. Ces ressources financeraient l’acquisition de 15 locomotives, de 400 wagons additionnels et le renforcement du réseau ferroviaire.

Sans ce financement, la capacité resterait limitée à environ 35 000 tonnes par mois. À titre purement arithmétique, une cadence constante de ce niveau correspondrait à environ 420 000 tonnes par an, hors interruptions, montée en puissance ou contraintes opérationnelles.

Ce volume demeure très inférieur au premier palier de 1,2 million de tonnes par an retenu dans l’étude de faisabilité.

Pour le Cameroun, une réduction de l’échelle du projet modifierait les perspectives de recettes minières, de trafic ferroviaire et d’activité portuaire associées à Minim-Martap. Cette hypothèse ne constitue toutefois pas encore une décision industrielle. Elle correspond au scénario avancé par A2MP pour justifier son offre et la décote proposée aux actionnaires minoritaires.

Canyon demande aux actionnaires de ne pas agir

Canyon Resources n’a pas encore répondu sur le fond aux critiques formulées par A2MP contre les hypothèses économiques de Minim-Martap.

Dans son communiqué du 29 juillet, la compagnie indique que son conseil d’administration examine la déclaration d’offre et prépare sa recommandation officielle. Il demande aux actionnaires de ne prendre aucune décision concernant l’offre ni les documents transmis par A2MP avant la publication duTarget’s Statement, qui présentera la position formelle de Canyon.

Cette réponse devra notamment être accompagnée d’une expertise indépendante sur le caractère équitable et raisonnable du prix proposé.

La réponse de Canyon devra donc aller au-delà de la défense du prix de son action. Elle devra convaincre les investisseurs que les hypothèses de l’étude de faisabilité de septembre 2025 restent valables malgré le renchérissement du fret, la baisse de la prime commerciale envisagée et les besoins de financement supplémentaires.

L’offre ouvre ainsi une confrontation entre deux scénarios industriels : celui d’un développement progressif vers plusieurs millions de tonnes défendu jusqu’ici par Canyon, et celui d’un projet redimensionné, contrôlé hors cote et intégré à la stratégie africaine d’A2MP.

Baudouin Enama

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« On va continuer à travailler » : Marie Gisèle Ngah Manga après son doublé victorieux

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Le Cameroun a parfaitement entamé sa CAN Féminine 2026 en s’imposant face au Mali (2-1), porté par une Marie Gisèle Ngah Manga des grands jours. […]

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Rutile et terres rares de Minta : Lion Rock étend les indices sur 130 km² au Cameroun, sans chiffrer la ressource

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Rutile et terres rares de Minta : Lion Rock étend les indices sur 130 km² au Cameroun, sans chiffrer la ressource
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(Investir au Cameroun) – Lion Rock Minerals affirme avoir étendu sur 130 km² la zone dans laquelle elle a identifié des indices de rutile entre Mboma, Loum et Minta 1, dans le centre du Cameroun. Cette avancée renforce l’intérêt géologique du projet. Mais la compagnie australienne n’a encore publié ni tonnage, ni teneur moyenne globale, ni estimation des ressources permettant de mesurer la taille réelle du futur gisement.

Dans son rapport d’activités publié le 29 juillet 2026, Lion Rock présente Minta 1 comme la troisième découverte de rutile à haute teneur dans cette zone, après Mboma et Loum. Les différents résultats obtenus dessinent désormais un corridor minéralisé qui s’étend sur 44 km et couvre environ 130 km².

« La définition du corridor riche en rutile de Mboma-Loum, suivie des découvertes voisines à haute teneur de Minta 1, constitue une réalisation importante pour le trimestre et indique un système de rutile ouvert et en expansion, sur plusieurs fronts », affirme Theuns de Bruyn, directeur général de Lion Rock.

Des résultats prometteurs, mais encore ponctuels

Le rutile est un minerai riche en dioxyde de titane. Il est notamment utilisé dans la fabrication de pigments blancs destinés aux peintures, aux plastiques et à certains produits industriels.

À Mboma, Lion Rock indique que le rutile représente jusqu’à 72,7 % de la fraction des minéraux lourds isolée dans certains échantillons. La meilleure teneur mesurée dans l’ensemble du sol atteint toutefois 3,32 %.

À Loum, ces deux indicateurs culminent respectivement à 65,4 % et 2,02 %. À Minta 1, les résultats détaillés font ressortir un maximum de 66,3 % de rutile dans la fraction des minéraux lourds et de 1,74 % dans l’ensemble du matériau prélevé.

Cette distinction est essentielle. Un taux de 66,3 % ou de 72,7 % ne signifie pas que le sol contient la même proportion de rutile. Il indique seulement que le rutile domine parmi les minéraux lourds séparés de l’échantillon. La teneur mesurée dans l’ensemble du sol, nettement plus faible, donne une indication plus proche de la réalité du terrain.

Le résumé introductif du rapport mentionne pourtant une teneur maximale de 2,31 % à Minta 1. Mais le tableau détaillé rattache ce résultat à l’échantillon MB0222, prélevé à Mboma. Lion Rock devra donc clarifier cette différence.

La compagnie ajoute que deux laboratoires indépendants ont confirmé la présence de fragments de rutile naturel contenant plus de 98 % de dioxyde de titane. Là encore, ce chiffre mesure la pureté de fragments sélectionnés. Il ne correspond ni à la teneur moyenne du sol ni à celle d’un éventuel minerai exploitable à grande échelle.

« Ensemble, les trois permis adjacents forment une province de rutile d’importance mondiale », soutient Theuns de Bruyn. Cette appréciation reste cependant celle de l’entreprise. Elle n’est pas encore appuyée par une estimation certifiée des ressources.

Aucun tonnage ni calendrier de production

Lion Rock reconnaît que Mboma, Loum et Minta 1 sont seulement en cours d’avancement vers une première estimation des ressources minérales.

Cette étape doit permettre de répondre à trois questions essentielles : quelle quantité de matériau contient du rutile, quelle est sa teneur moyenne et sur quelle distance cette minéralisation reste continue.

Le rapport ne donne aucune date précise pour la publication de cette estimation. Lion Rock prévoit des forages supplémentaires au cours des six à douze prochains mois, surtout dans les secteurs où les résultats sont les plus élevés. Plusieurs analyses restent également attendues à Mboma, Loum, Minta 1 et Minta Nord.

« Les travaux seront concentrés sur les domaines présentant les teneurs et les assemblages les plus solides », indique la compagnie.

Des essais devront aussi déterminer quelle proportion du rutile contenu dans le sol peut effectivement être récupérée, avec quelle qualité et à quel coût.

En l’absence de ces informations, il est encore impossible de savoir quelle quantité de rutile pourrait être produite, combien coûterait la construction d’une mine, quelle serait sa capacité de production ou si l’exploitation serait rentable.

Lion Rock ne publie encore ni étude de faisabilité, ni budget d’investissement, ni calendrier de mise en production.

Environ 714 millions de FCFA dépensés en exploration

Lion Rock a consacré 1,786 million de dollars australiens, soit environ 714 millions de FCFA, à ses activités d’exploration et d’évaluation au cours du trimestre achevé le 30 juin 2026.

Selon l’entreprise, ces dépenses ont principalement financé les forages, les analyses en laboratoire, les consultants géologiques et le maintien des permis de Minta.

À la fin du trimestre, sa trésorerie atteignait 6,865 millions de dollars australiens, soit environ 2,75 milliards de FCFA. Au rythme de dépenses déclaré, la compagnie estime disposer de 3,2 trimestres de financement, soit environ 9,6 mois.

Lion Rock ne déclare aucune recette commerciale ni ligne de crédit disponible.

Le projet bénéficie néanmoins de l’appui stratégique de Tronox Holdings, producteur américain de dioxyde de titane qui détient environ 5 % du capital de Lion Rock. Tronox présente Minta comme une source potentielle de rutile et de monazite pour sa stratégie dans les terres rares.

Cette participation ne constitue toutefois ni un contrat d’achat de la future production ni un engagement à financer la construction d’une mine.

L’extension des indices sur 130 km² renforce donc la connaissance géologique du projet. Mais la prochaine étape décisive sera la publication d’une première estimation des ressources, suivie des essais de récupération et des études économiques.

Tant que ces travaux ne sont pas achevés, Minta reste un projet d’exploration prometteur, mais pas encore un gisement dont l’exploitation commerciale est démontrée.

Baudouin Enama

Lire aussi :

06-12-2025 – Terres rares de Minta : après l’arrivée de l’Américain Tronox, Lion Rock Minerals lance un programme de forages

17-10-2025 – Rutile de Minta : Lion Rock veut lever 3,3 milliards FCFA auprès de l’Américain Tronox pour développer le projet

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