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Christelle Grâce Zinni Ngamani : « Le salon du voyageur veut restaurer la confiance entre les différents acteurs »

Le Salon du Voyageur est une grande première au Cameroun. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé sa création et en quoi il se distingue des autres événements du secteur ?
Un voyageur est une personne qui se déplace d’un point A à un point B. Et en ce qui concerne la route, chaque année, environ 1,3 million de personnes trouvent une mort tragique dans des accidents de la route. Ces accidents font aussi 20 à 50 millions de blessés, dont certains deviennent handicapés. Les accidents de la circulation constituent la huitième cause de mortalité dans le monde et les jeunes de 5 à 29 ans en sont les principales victimes. Beaucoup de victimes en Afrique ne sont pas soutenues ou n’ont pas une connaissance des aides et assurances disponibles, ce qui contribue à une détérioration de leur situation économique. Le poids économique des traumatismes dus à un accident de la circulation représente entre 3 et 5 % du PIB d’un pays. Ces accidents entraînent des pertes économiques considérables pour ceux qui en sont victimes, leur famille et les pays et plongent des millions de personnes dans la pauvreté. Leur coût pour l’économie mondiale est estimé à 1 850 milliards d’euros chaque année, ce qui est colossal. Face à ce constat je n’ai pas compris pourquoi il n’existe pas déjà un espace de rencontre et d’échange des différents acteurs du voyage et voilà comment a germé l’idée de ce salon. Pourtant, il existe déjà des rendez-vous des professionnels et d’autres des particuliers. Il y a une séparation entre les différents acteurs de l’écosystème du voyage. Ce qui amplifie les problèmes de compréhension de la réalité des autres acteurs. Le salon du voyageur se distingue des autres événements du secteur par le fait qu’il s’agit en quelque sorte d’une place de marché. Le marché est par nature un lieu d’échange ouvert et accessible. Il s’agit de rassembler les voyageurs, les entreprises et les institutions publiques et privées afin que chacun puisse :- Savoir ce que l’autre fait,- Partager son expérience et expertise,- Poser des questions- Apporter des réponses et solutions appropriées.
Quelles sont les principales problématiques du secteur du voyage au Cameroun auxquelles cet événement souhaite apporter des solutions concrètes ?
Au Cameroun, voyager fait peur : nous avons peur du voyage, nous sommes inquiet lorsqu’un proche voyage. Les principales problématiques du secteur du voyage au Cameroun auxquelles le Salon du voyageur souhaitent apporter des solutions concrètes sont :- Tout d’abord le problème de confiance. Le salon du voyageur a l’ambition de restaurer la confiance entre les différents acteurs et cela commence par permettre à chaque acteur de s’exprimer sur ce qu’il apporte à l’écosystème et sur ses attentes. – Ensuite le problème du faible développement du tourisme au Cameroun. Pourtant nous avons un immense potentiel inexploité. Le développement de l’image de marque du Cameroun comme pays des voyageurs est un point important de ce salon. Ce statut de pays des voyageurs est une réalité historique et j’aimerais que nous soyons plus nombreux à en prendre conscience.
La vision du Salon du Voyageur va bien au-delà des simples rencontres. Pouvez-vous nous parler de votre ambition et des impacts attendus sur le secteur touristique et économique au Cameroun ?
Mon ambition au travers du Salon du Voyageur est de relever un défi ambitieux : celui de repositionner le voyage au Cameroun et en Afrique comme un pilier essentiel de développement économique, social et psychologique. Parce qu’un pays sans mobilité fiable et sécurisée est un pays sans croissance. Avec le Salon du Voyageur, nous réinventons le voyage en Afrique. Les impacts attendus sur le secteur économique c’est de permettre aux entreprises du secteur de gagner de l’argent. La période des fins d’année est une période difficile parce que les entreprises sont en difficulté financière. Au Cameroun les entreprises ont du mal à sortir de l’argent parce qu’elle perde beaucoup d’argent par manque de solidarité. Le Salon du voyageur veut être un espace de solidarité. La solidarité est un des piliers essentiels permettant aux personnes de vivre ensemble en harmonie. Elle favorise les liens sociaux, renforce la cohésion de groupe et inspire des actions qui profitent à chacun. La solidarité n’est pas incompatible avec la rentabilité. L’impact sur le secteur touristique pour moi est une évidence. Et c’est pour cela que le Ministère du Tourisme a confirmé sa présence un mois après avoir reçu ma lettre d’invitation à exposer au salon.
Maniafi, votre service de conciergerie de voyage, est au cœur de cet événement. Comment cette initiative s’intègre-t-elle dans votre vision globale pour révolutionner la mobilité ?
Pour la petite histoire j’ai partagé mon expérience comme membre de la diaspora africaine sur le podcast “Conversation avec la Diaspora” en Août 2020. Et à ce moment il est question de comment est-ce que je peux apporter ma contribution en Afrique après plus de 10 ans d’expérience dans des grands groupes français. Et la première idée c’est de construire une usine pour recycler les véhicules abandonnés dans les garages et aux bords des routes. Ceci parce que j’ai une expérience de fabricant de véhicules : voiture, train, bus. Et comme ce projet nécessite de gros moyens financiers. Je décide de commencer par un petit projet. Je Viens donc au Cameroun suite au décès de ma grand-mère paternelle en 2021 et j’en profite pour faire un enquête terrain. Je vais à l’université des Montagnes pour échanger avec le responsable logistique, Monsieur Dominique DJOFANG. Je fais le tour des agences de voyage de transport interurbain à Yaoundé pour échanger avec les voyageurs. Et de ces échanges l’idée de faire le lien entre les voyageurs et les transporteurs naît. Maniafi, le service de conciergerie voyage est lancé en 2023. Avec Maniafi, réserver un billet de bus, de train ou d’avion devient simple. Tout comme obtenir des réponses sur les offres de voyages. Ce service digital, accessible par WhatsApp ou par téléphone, message ou appel, incarne la vision du salon : une mobilité fluide, sécurisée, et sans effort.
Cet événement est également un lieu de rencontre pour divers acteurs. Quels types de participants et partenaires attendez-vous ? Et quels bénéfices peuvent-ils en retirer ?
Ce que j’aime dire c’est que le voyage nous concerne tous et c’est pour cela que le slogan du salon du voyageur c’est : le voyage c’est ce qui nous rassemble. Un autre slogan est celui de mon cabinet : « Créer le lien pour viser l’excellence ». Les participants et partenaires attendus sont d’abord les personnes sensibles à ces notions :- Rassemblement- Création de liens- Excellence Plus précisément comme professionnel sont attendus : les transporteurs de personnes comme de marchandises, les responsables des différents ports, les responsables des aéroports, les banques, les assurances, les opérateurs de téléphonie, les entreprises technologiques, les cabinets d’ingénierie et de conseil, les écoles et les centres de formation, les fabricants de véhicules, les experts automobiles, les responsables des auto-écoles, les pharmaciens, les médecins, les autorités traditionnelles et religieuses,…Et comme particuliers : les voyageurs, les curieux et passionnés de voyage et tourisme. Les bénéfices généraux d’être exposant au Salon du Voyageur pour les professionnels :- Visibilité accrue : Faites connaître votre structure à un public qualifié.- Opportunités de partenariats : Élargissez votre réseau et collaborez avec des entreprises du secteur du voyage et du tourisme.- Accès direct aux clients potentiels : Rencontrez des voyageurs, des entreprises et des autorités locales pour développer des relations commerciales et recevoir des retours sur vos services.- Renforcer la notoriété et l’image de marque de votre structure : Mettez en avant vos services et montrez votre engagement pour des voyages sûrs, fiables et accessibles.- Fidéliser les clients existants : Présentez des offres exclusives pour les participants et les entreprises inscrits au salon.- Proposer des solutions adaptées aux voyageurs (format voyage, produits résistants aux contraintes de transport).- Démontrer votre expertise en sécurité : Affichez votre engagement pour la sécurité des voyageurs en offrant des conseils et des produits spécifiques.- Créer des expériences uniques sur votre stand : Organisez des démonstrations et des événements interactifs pour renforcer la notoriété de la marque auprès d’un public engagé.- Construire une image de marque internationale : Positionnez votre marque comme un symbole d’excellence, de sécurité et de fiabilité, attirant des clients dans le monde entier.- Démontrer l’importance de la sécurité des voyages : Proposez des solutions de maintenance pour les véhicules de transport et des conseils sur l’entretien pour assurer la sécurité des voyageurs.
Vous êtes une figure inspirante avec un parcours atypique. En tant que promotrice, comment votre expérience personnelle et professionnelle a-t-elle influencé la création de ce Salon ?
Je suis ingénieure en électronique qui enfant rêvait d’être magistrate puis psychologue (et plein d’autres métiers). J’ai fait un cursus scientifique alors qu’au départ je voulais faire un parcours littéraire. Mon expérience personnelle et professionnelle a influencé la création de ce Salon parce que je crois qu’il n’y a pas de bon ni de mauvais parcours. Pour moi l’essentiel c’est de créer du lien et pour cela nous agissons, évaluons et ajustons de manière systématique. Et c’est ainsi que j’organise ce salon et c’est cette façon de percevoir les situations que je veux apporter. Un autre point important pour moi c’est le fait de remplacer les limites strictes par des limites souples ce qui permet d’être créatif.
Enfin, qu’aimeriez-vous dire aux Camerounais, aux entreprises, et à la diaspora pour les encourager à participer ou soutenir le Salon du Voyageur ?
Avec le Salon du Voyageur, nous réinventons le voyage en Afrique. Oui c’est la 1ère édition. Je reçois beaucoup de félicitations et d’encouragement. Pourtant certains potentiels partenaires préfèrent attendre la 2ème édition. Je tiens à préciser que les conférences et sessions d’échanges seront accessibles en ligne et enregistrées pour être mise à disposition des personnes inscrites. Oui la vision est ambitieuse. Je redis encore : l’essentiel c’est d’agir, d’évaluer et d’ajuster de manière systématique. Une évidence : je ne peux pas réaliser ce salon sur fonds propres. Il y a toute une équipe derrière ce salon. J’ai la compétence et la capacité de structure des systèmes complexes. Le Salon du Voyageur 2025 c’est une expérience unique. Ne vous le faites pas raconter. Rejoignez le mouvement et devenez acteur d’une transformation collective qui prend racine dans les réalités du Cameroun. Comment faire concrètement : s’inscrire maintenant, pas après, comme visiteur, exposant ou sponsor. Ça se passe sur le site Internetsalonduvoyageur.comou par téléphone au 242 234004. Je vais contacter individuellement chaque personne inscrite pour lui apporter la meilleure expérience pendant ces 3 jours.
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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.
Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).
Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.
Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.
Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.
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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.
Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.
LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »
Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.
Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.
Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.
L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE
L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).
L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.
Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.
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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.
En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).
Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.
DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME
Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.
Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.
Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.
Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.
Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.
Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.
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