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Christelle Grâce Zinni Ngamani : « Le salon du voyageur veut restaurer la confiance entre les différents acteurs »

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Christelle Grâce Zinni Ngamani : « Le salon du voyageur veut restaurer la confiance entre les différents acteurs »
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Le Salon du Voyageur est une grande première au Cameroun. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé sa création et en quoi il se distingue des autres événements du secteur ?

Un voyageur est une personne qui se déplace d’un point A à un point B. Et en ce qui concerne la route, chaque année, environ 1,3 million de personnes trouvent une mort tragique dans des accidents de la route. Ces accidents font aussi 20 à 50 millions de blessés, dont certains deviennent handicapés. Les accidents de la circulation constituent la huitième cause de mortalité dans le monde et les jeunes de 5 à 29 ans en sont les principales victimes. Beaucoup de victimes en Afrique ne sont pas soutenues ou n’ont pas une connaissance des aides et assurances disponibles, ce qui contribue à une détérioration de leur situation économique. Le poids économique des traumatismes dus à un accident de la circulation représente entre 3 et 5 % du PIB d’un pays. Ces accidents entraînent des pertes économiques considérables pour ceux qui en sont victimes, leur famille et les pays et plongent des millions de personnes dans la pauvreté. Leur coût pour l’économie mondiale est estimé à 1 850 milliards d’euros chaque année, ce qui est colossal. Face à ce constat je n’ai pas compris pourquoi il n’existe pas déjà un espace de rencontre et d’échange des différents acteurs du voyage et voilà comment a germé l’idée de ce salon. Pourtant, il existe déjà des rendez-vous des professionnels et d’autres des particuliers. Il y a une séparation entre les différents acteurs de l’écosystème du voyage. Ce qui amplifie les problèmes de compréhension de la réalité des autres acteurs. Le salon du voyageur se distingue des autres événements du secteur par le fait qu’il s’agit en quelque sorte d’une place de marché. Le marché est par nature un lieu d’échange ouvert et accessible. Il s’agit de rassembler les voyageurs, les entreprises et les institutions publiques et privées afin que chacun puisse :- Savoir ce que l’autre fait,- Partager son expérience et expertise,- Poser des questions- Apporter des réponses et solutions appropriées.

Quelles sont les principales problématiques du secteur du voyage au Cameroun auxquelles cet événement souhaite apporter des solutions concrètes ?

Au Cameroun, voyager fait peur : nous avons peur du voyage, nous sommes inquiet lorsqu’un proche voyage. Les principales problématiques du secteur du voyage au Cameroun auxquelles le Salon du voyageur souhaitent apporter des solutions concrètes sont :- Tout d’abord le problème de confiance. Le salon du voyageur a l’ambition de restaurer la confiance entre les différents acteurs et cela commence par permettre à chaque acteur de s’exprimer sur ce qu’il apporte à l’écosystème et sur ses attentes. – Ensuite le problème du faible développement du tourisme au Cameroun. Pourtant nous avons un immense potentiel inexploité. Le développement de l’image de marque du Cameroun comme pays des voyageurs est un point important de ce salon. Ce statut de pays des voyageurs est une réalité historique et j’aimerais que nous soyons plus nombreux à en prendre conscience.

La vision du Salon du Voyageur va bien au-delà des simples rencontres. Pouvez-vous nous parler de votre ambition et des impacts attendus sur le secteur touristique et économique au Cameroun ?

Mon ambition au travers du Salon du Voyageur est de relever un défi ambitieux : celui de repositionner le voyage au Cameroun et en Afrique comme un pilier essentiel de développement économique, social et psychologique. Parce qu’un pays sans mobilité fiable et sécurisée est un pays sans croissance. Avec le Salon du Voyageur, nous réinventons le voyage en Afrique. Les impacts attendus sur le secteur économique c’est de permettre aux entreprises du secteur de gagner de l’argent. La période des fins d’année est une période difficile parce que les entreprises sont en difficulté financière. Au Cameroun les entreprises ont du mal à sortir de l’argent parce qu’elle perde beaucoup d’argent par manque de solidarité. Le Salon du voyageur veut être un espace de solidarité. La solidarité est un des piliers essentiels permettant aux personnes de vivre ensemble en harmonie. Elle favorise les liens sociaux, renforce la cohésion de groupe et inspire des actions qui profitent à chacun. La solidarité n’est pas incompatible avec la rentabilité. L’impact sur le secteur touristique pour moi est une évidence. Et c’est pour cela que le Ministère du Tourisme a confirmé sa présence un mois après avoir reçu ma lettre d’invitation à exposer au salon.

Maniafi, votre service de conciergerie de voyage, est au cœur de cet événement. Comment cette initiative s’intègre-t-elle dans votre vision globale pour révolutionner la mobilité ?

Pour la petite histoire j’ai partagé mon expérience comme membre de la diaspora africaine sur le podcast “Conversation avec la Diaspora” en Août 2020. Et à ce moment il est question de comment est-ce que je peux apporter ma contribution en Afrique après plus de 10 ans d’expérience dans des grands groupes français. Et la première idée c’est de construire une usine pour recycler les véhicules abandonnés dans les garages et aux bords des routes. Ceci parce que j’ai une expérience de fabricant de véhicules : voiture, train, bus. Et comme ce projet nécessite de gros moyens financiers. Je décide de commencer par un petit projet. Je Viens donc au Cameroun suite au décès de ma grand-mère paternelle en 2021 et j’en profite pour faire un enquête terrain. Je vais à l’université des Montagnes pour échanger avec le responsable logistique, Monsieur Dominique DJOFANG. Je fais le tour des agences de voyage de transport interurbain à Yaoundé pour échanger avec les voyageurs. Et de ces échanges l’idée de faire le lien entre les voyageurs et les transporteurs naît. Maniafi, le service de conciergerie voyage est lancé en 2023. Avec Maniafi, réserver un billet de bus, de train ou d’avion devient simple. Tout comme obtenir des réponses sur les offres de voyages. Ce service digital, accessible par WhatsApp ou par téléphone, message ou appel, incarne la vision du salon : une mobilité fluide, sécurisée, et sans effort.

Cet événement est également un lieu de rencontre pour divers acteurs. Quels types de participants et partenaires attendez-vous ? Et quels bénéfices peuvent-ils en retirer ?

Ce que j’aime dire c’est que le voyage nous concerne tous et c’est pour cela que le slogan du salon du voyageur c’est : le voyage c’est ce qui nous rassemble. Un autre slogan est celui de mon cabinet : « Créer le lien pour viser l’excellence ». Les participants et partenaires attendus sont d’abord les personnes sensibles à ces notions :- Rassemblement- Création de liens- Excellence Plus précisément comme professionnel sont attendus : les transporteurs de personnes comme de marchandises, les responsables des différents ports, les responsables des aéroports, les banques, les assurances, les opérateurs de téléphonie, les entreprises technologiques, les cabinets d’ingénierie et de conseil, les écoles et les centres de formation, les fabricants de véhicules, les experts automobiles, les responsables des auto-écoles, les pharmaciens, les médecins, les autorités traditionnelles et religieuses,…Et comme particuliers : les voyageurs, les curieux et passionnés de voyage et tourisme. Les bénéfices généraux d’être exposant au Salon du Voyageur pour les professionnels :- Visibilité accrue : Faites connaître votre structure à un public qualifié.- Opportunités de partenariats : Élargissez votre réseau et collaborez avec des entreprises du secteur du voyage et du tourisme.- Accès direct aux clients potentiels : Rencontrez des voyageurs, des entreprises et des autorités locales pour développer des relations commerciales et recevoir des retours sur vos services.- Renforcer la notoriété et l’image de marque de votre structure : Mettez en avant vos services et montrez votre engagement pour des voyages sûrs, fiables et accessibles.- Fidéliser les clients existants : Présentez des offres exclusives pour les participants et les entreprises inscrits au salon.- Proposer des solutions adaptées aux voyageurs (format voyage, produits résistants aux contraintes de transport).- Démontrer votre expertise en sécurité : Affichez votre engagement pour la sécurité des voyageurs en offrant des conseils et des produits spécifiques.- Créer des expériences uniques sur votre stand : Organisez des démonstrations et des événements interactifs pour renforcer la notoriété de la marque auprès d’un public engagé.- Construire une image de marque internationale : Positionnez votre marque comme un symbole d’excellence, de sécurité et de fiabilité, attirant des clients dans le monde entier.- Démontrer l’importance de la sécurité des voyages : Proposez des solutions de maintenance pour les véhicules de transport et des conseils sur l’entretien pour assurer la sécurité des voyageurs.

Vous êtes une figure inspirante avec un parcours atypique. En tant que promotrice, comment votre expérience personnelle et professionnelle a-t-elle influencé la création de ce Salon ?

Je suis ingénieure en électronique qui enfant rêvait d’être magistrate puis psychologue (et plein d’autres métiers). J’ai fait un cursus scientifique alors qu’au départ je voulais faire un parcours littéraire. Mon expérience personnelle et professionnelle a influencé la création de ce Salon parce que je crois qu’il n’y a pas de bon ni de mauvais parcours. Pour moi l’essentiel c’est de créer du lien et pour cela nous agissons, évaluons et ajustons de manière systématique. Et c’est ainsi que j’organise ce salon et c’est cette façon de percevoir les situations que je veux apporter. Un autre point important pour moi c’est le fait de remplacer les limites strictes par des limites souples ce qui permet d’être créatif.

Enfin, qu’aimeriez-vous dire aux Camerounais, aux entreprises, et à la diaspora pour les encourager à participer ou soutenir le Salon du Voyageur ?

Avec le Salon du Voyageur, nous réinventons le voyage en Afrique. Oui c’est la 1ère édition. Je reçois beaucoup de félicitations et d’encouragement. Pourtant certains potentiels partenaires préfèrent attendre la 2ème édition. Je tiens à préciser que les conférences et sessions d’échanges seront accessibles en ligne et enregistrées pour être mise à disposition des personnes inscrites. Oui la vision est ambitieuse. Je redis encore : l’essentiel c’est d’agir, d’évaluer et d’ajuster de manière systématique. Une évidence : je ne peux pas réaliser ce salon sur fonds propres. Il y a toute une équipe derrière ce salon. J’ai la compétence et la capacité de structure des systèmes complexes. Le Salon du Voyageur 2025 c’est une expérience unique. Ne vous le faites pas raconter. Rejoignez le mouvement et devenez acteur d’une transformation collective qui prend racine dans les réalités du Cameroun. Comment faire concrètement : s’inscrire maintenant, pas après, comme visiteur, exposant ou sponsor. Ça se passe sur le site Internetsalonduvoyageur.comou par téléphone au 242 234004. Je vais contacter individuellement chaque personne inscrite pour lui apporter la meilleure expérience pendant ces 3 jours.

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DÉPÔTS ET CONSIGNATIONS : 162,3 milliards de FCFA encaissés, 30,5 milliards restitués en quatre ans par la CDEC au Cameroun

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DÉPÔTS ET CONSIGNATIONS : 162,3 milliards de FCFA encaissés, 30,5 milliards restitués en quatre ans par la CDEC au Cameroun
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Au cours d’une rencontre avec la presse à Yaoundé, le 30 octobre dernier, la Caisse des Dépôts et Consignations a présenté le bilan de l’institution depuis janvier 2023 et ses objectifs à fin 2028.

Ce 30 octobre 2026, au Concord International Hôtel, Richard Evina Obam, directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC), a réuni les hommes de médias et les influenceurs autour d’un déjeuner de presse pour dresser le bilan de près de quatre ans d’activité. Il en ressort, en quelques chiffres, que depuis la nomination des dirigeants, le 20 janvier 2023, et jusqu’au 30 septembre 2026, l’institution a encaissé 162,3 milliards de FCFA, dont 114,3 milliards de transferts historiques et 48,0 milliards de consignations nouvelles. Elle en a restitué 30,5 milliards aux bénéficiaires, soit 18,8 % des encaissements cumulés. L’écart laisse un encours de 131,8 milliards de FCFA.

La courbe s’est dessinée par paliers : 1,5 milliard de FCFA en 2023, 67,7 milliards en 2024 sous l’effet des transferts historiques, 51,7 milliards en 2025, puis 41,5 milliards sur les neuf premiers mois de 2026. Les restitutions suivent : 0,7 milliard en 2024, 15,9 milliards en 2025 et déjà 13,9 milliards à fin septembre 2026. La CDEC précise que ces encaissements sont bruts des restitutions et que le chiffre de 2026 n’est pas extrapolé à l’année pleine.

Le cadre juridique a été posé en deux temps. En décembre 2023, un décret du Premier ministre et deux arrêtés du ministre des Finances ont organisé les déclarations, les transferts et les circuits comptables, tandis qu’une convention du 15 décembre a confié aux comptables du Trésor, comme préposés de la CDEC, les opérations de dépôt, de retrait, de consignation et de déconsignation. En novembre 2024, un décret a prévu la prescription au profit de l’État des fonds non réclamés après trente ans, et un arrêté a ouvert à la CDEC les titres de créance et de capital.

Sur le terrain, les résultats varient selon les secteurs. Le premier transfert de masse, en octobre 2023, est venu d’une compagnie d’assurance. MTN et Orange ont transféré leurs stocks historiques de cautions et signé des conventions. Dans l’eau et l’électricité, CAMWATER et ENEO contestent la qualification des cautions versées par les abonnés, qu’ils décrivent comme des avances sur consommation, et un arbitrage a été sollicité.

Les placements ont pris le relais à partir de décembre 2024. Les volumes nominaux transigés sont passés de 9 milliards de FCFA ce mois-là à 60 milliards en 2025, puis 61,2 milliards en 2026 à date. Plus de 80 % de ce volume concerne des titres de l’État du Cameroun, bons et obligations du Trésor assimilables et emprunts obligataires, avec une ouverture en 2026 à d’autres États de la CEMAC. Le rendement indicatif ressort à environ 6 % en 2025 et 6,5 % en 2026. La CDEC a ainsi reçu du ministère des Finances, en 2025, le prix du meilleur investisseur institutionnel du marché des titres publics.

Reste la question des transferts, que la CDEC désigne comme le principal frein à la mobilisation : selon elle, certains détenteurs sont réticents à se dessaisir des fonds. Elle recense plus d’une centaine de dossiers pendants devant les juridictions, dont 101 où elle est défenderesse. Certaines banques et plusieurs compagnies d’assurance y contestent des mesures de transfert ou de recouvrement. De son côté, l’institution a engagé 16 procédures devant la Cour de justice de la CEMAC, le TGI du Mfoundi et le Tribunal criminel spécial. Selon elle, ces procédures ne préjugent pas des décisions à intervenir et la concertation se poursuit avec quatorze banques sur dix-huit. En 2025, les banques poursuivies ont transféré 11,7 milliards de FCFA.

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L’horizon est fixé à fin 2028 : un stock de ressources de 525 milliards de FCFA, contre une base stratégique d’environ 100 milliards à fin 2025, avec des étapes de 150 milliards en 2026 et 262,5 milliards en 2027. La CDEC vise plus de 20 % de placements hors titres publics camerounais, un rendement moyen supérieur à 3 % sur l’ensemble des ressources et 30 milliards de FCFA cumulés pour le développement économique, dont 5 milliards pour un projet pilote en faveur des PME portées par des jeunes et des femmes.

Elle annonce aussi un délai de restitution de dix jours ouvrables au plus, tenu dans tous les cas dès janvier 2027. Le projet DIASDEV, conduit avec l’AFD et Expertise France, prépare une épargne réglementée pour la diaspora et les résidents. Plaidoyer de haut niveau, partenariats structurés avec les détenteurs, recouvrement renforcé et au moins trois nouvelles catégories de ressources : tels sont les moyens annoncés.

Richard Evina Obam a indiqué que cette responsabilité impose à l’institution « une exigence permanente de rigueur, de bonne gouvernance et de transparence ». Évoquant les interrogations suscitées par certaines questions institutionnelles et réglementaires, « notamment dans le contexte des échanges avec la BEAC et la COBAC », il a dit vouloir « favoriser un dialogue constructif, dans lequel chacun peut exercer pleinement ses responsabilités ».

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

RICHARD EVINA OBAM, Directeur général de la CDEC

« Concilier la sécurité des ressources, la qualité de leur gestion et l’utilité économique et sociale de leur mobilisation »

« La Caisse des Dépôts et Consignations est une institution financière publique investie d’une mission d’intérêt général. Sa vocation est de recevoir, de sécuriser et de gérer les dépôts et consignations qui lui sont confiés, ainsi que de contribuer à la mobilisation des ressources susceptibles de soutenir le développement économique et social de notre pays, dans le respect de ses attributions et du cadre réglementaire applicable.

La particularité de notre institution réside notamment dans sa vocation de long terme. Dans un contexte où les besoins de développement exigent des ressources pérennes, une gestion prudente et une vision durable, la CDEC a vocation à apporter une contribution spécifique à l’architecture financière nationale.

Ses missions revêtent ainsi une importance particulière pour notre économie. La première concerne la réception et la conservation sécurisée des dépôts et consignations. Cette responsabilité repose sur une exigence fondamentale : préserver la confiance des déposants et assurer une gestion rigoureuse des ressources confiées à l’institution.

La deuxième porte sur la gestion de fonds pour le compte de tiers, dans le respect des principes de prudence, de sécurité et de transparence. Elle exige une gouvernance solide, des mécanismes de contrôle appropriés et une attention constante à la préservation des ressources.

La troisième mission concerne la contribution au financement du développement, notamment à travers l’accompagnement de projets d’intérêt général, dans les domaines relevant des attributions de la CDEC. Les infrastructures, l’habitat, le développement local et le soutien à l’activité économique constituent autant de secteurs dans lesquels des ressources financières judicieusement mobilisées et orientées peuvent contribuer à la transformation de notre pays.

Enfin, la CDEC a vocation à accompagner les politiques publiques, en complémentarité avec l’État, les collectivités territoriales et les autres acteurs du système financier.

Ces différentes missions traduisent une ambition essentielle : faire de la Caisse des Dépôts et Consignations un instrument au service de la mobilisation des ressources, de la confiance financière et du développement du Cameroun.

En assurant une gestion rigoureuse des fonds qui lui sont confiés, notre institution contribue à renforcer la confiance dans les mécanismes financiers publics. Par sa vocation d’investisseur de long terme, elle peut également participer, dans le cadre de ses missions, à la recherche de solutions de financement adaptées aux besoins de développement du pays.

L’enjeu est donc de concilier la sécurité des ressources, la qualité de leur gestion et l’utilité économique et sociale de leur mobilisation. »

Par Bonaventure TCHOUANGE
Défis Actuels du 03/11/2026

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Budget des CTD en 2027 : Ces secteurs qui vont tirer l’économie vers le haut

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Budget des CTD en 2027 : Ces secteurs qui vont tirer l’économie vers le haut
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Une planification a été faite dans une lettre-circulaire conjointe du ministère des Finances et celui du Développement local.

Selon les prévisions de la lettre-circulaire conjointe du ministère en charge des Finances et celui du Développement local du 29 octobre 2026, en 2027, la croissance économique au Cameroun devrait être portée par les entreprises relevant de toutes les branches socio-économiques mais principalement celles du secteur primaire.

En ce qui concerne les entreprises des secteurs secondaires et tertiaires, elles favorisent généralement dans les Collectivités territoriales décentralisées (CTD) où elles sont impliquées, le développement d’activités économiques induites où elles sont implantées. Par secteur d’activités, les estimations et prévisions de croissance dans les différentes ranches concernées se présentent comme suit :

Secteur primaire

Dans le secteur sylviculture et exploitation forestière, le taux de croissance devrait passer de 2,5% en 2026 à 2,4% en 2027. Pour ce qui est de la pêche et de la pisciculture, l’on devrait passer de 3,4% à 3,6% sur la même période. Elevage et chasse (4,4% et 4,5%), agriculture des produits vivriers (3,7% et 4,0%) et agriculture industrielle et exportation (0,3% et 2,3%).

Secteur secondaire

Bâtiment et travaux publics (4,7% et 5,3%). Autres industries manufacturières (3,7% et 5,0%), production et distribution d’électricité (5,7% et 6,2%), industrie agro-alimentaires (4,2% et 4,5%), production et distribution d’eau et assainissement (3,2% et 4,6%).

Secteur tertiaire

Commerce et réparation de véhicules (2,8% et 3,2%), transport entrepôts et communications (4,9% et 4,9%), restauration et hôtels (6,3% et 5,4%), éducation (5,3% et 5,5%) et santé et action sociale (3,0% et 3,2%).

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Cameroun / fiscalité : le gouvernement veut généraliser la taxation en temps réel

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Budget des CTD en 2027 : Ces secteurs qui vont tirer l’économie vers le haut
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Le ministère des Finances prépare la généralisation d’un dispositif de collecte automatique de certains impôts au moment des transactions. Évalué à 39 milliards de FCFA par les services de programmation budgétaire, ce projet vise à sécuriser les recettes fiscales, à réduire les possibilités de fraude et à démultiplier le rendement de l’impôt.

Le Cameroun envisage de consacrer environ 39 milliards de FCFA à la mise en œuvre de son système de taxation en temps réel. Ce montant figure dans le recueil des recommandations issues des conférences élargies de programmation budgétaire, publié le 27 octobre 2026 par la Direction générale du Budget (DGB). Les services de programmation recommandent au ministère des Finances de réaffecter prioritairement à ce projet une partie des ressources supplémentaires prévues au budget d’investissement public. L’opération doit permettre à l’administration fiscale de prélever certains impôts directement lors des transactions, au lieu d’attendre leur déclaration et leur paiement périodiques par les contribuables.

Dans le document consulté par Défis Actuels, la DGB recommande au ministère des Finances de « revoir à la hausse le BIP par rapport à l’exercice précédent », en privilégiant le projet de taxation en temps réel, « dont l’enveloppe globale est estimée à environ 39 milliards de FCFA ». Cette recommandation intervient dans le cadre de la préparation du budget 2027 et du Cadre de dépenses à moyen terme 2027-2029. Le projet est également rattaché aux programmes de financement axés sur les résultats, désignés par l’acronyme PforR.

L’enveloppe annoncée donne une dimension financière à une réforme fiscale engagée dès 2026. Son coût prévisionnel représente près de quatre fois les 10 milliards de FCFA initialement inscrits dans le budget 2026 pour la poursuite de la modernisation du système d’information fiscale, selon les documents budgétaires. Le financement du nouveau dispositif devra notamment accompagner l’automatisation de la collecte, la transmission des données et l’adaptation des systèmes informatiques utilisés par l’administration et les contribuables.

PRÉLEVER L’IMPÔT AU MOMENT DE LA TRANSACTION

La taxation en temps réel a été introduite par l’article L8 sexies du Livre des procédures fiscales, dans le cadre de la loi de finances 2026. Elle concerne les impôts, droits et taxes dont l’assiette et le recouvrement peuvent être automatisés. Son principe consiste à déclencher la perception de l’impôt au moment où intervient l’opération taxable, grâce à des dispositifs électroniques agréés ou homologués par l’administration.

Dans l’exposé des motifs de la loi de finances 2026, le gouvernement explique que le régime déclaratif traditionnel entraîne « un décalage temporel entre le fait générateur de l’impôt et sa perception effective par le Trésor public ». Ce délai, parfois supérieur à un mois, expose les recettes fiscales aux risques de sous-déclaration, de dissimulation des transactions et de manipulation des crédits d’impôt. Le nouveau mécanisme doit permettre de réduire cet intervalle entre l’activité économique et l’encaissement des ressources publiques.

Le dispositif repose notamment sur l’émission de factures normalisées et leur transmission immédiate à l’administration fiscale. Les opérations enregistrées pourront être rapprochées automatiquement des obligations fiscales correspondantes. Le gouvernement prévoit ainsi de renforcer les contrôles électroniques et de réduire les possibilités de modification des données après la réalisation des transactions. Selon l’exposé des motifs, « le régime de taxation en temps réel repose sur la collecte instantanée et automatisée de l’impôt au moment de la transaction ». Cette évolution pourrait transformer les procédures de déclaration et de paiement des entreprises, particulièrement dans les secteurs où les transactions sont nombreuses et où les risques de sous-déclaration sont élevés.

DE NOUVELLES OBLIGATIONS POUR LES ENTREPRISES

Pour les entreprises, la réforme implique une adaptation des systèmes de facturation, de comptabilité et de paiement. Les équipements et logiciels utilisés devront permettre l’enregistrement des opérations taxables et la transmission sécurisée des informations à l’administration. Les entreprises disposant de systèmes informatiques intégrés pourraient être amenées à développer des interfaces avec la plateforme fiscale, tandis que les plus petites structures devront accéder à des solutions compatibles avec leurs moyens.

Les modalités techniques seront déterminantes pour les commerçants, les prestataires de services et les entreprises industrielles. Le fonctionnement du dispositif devra notamment tenir compte des annulations de transactions, des avoirs, des remboursements et des opérations donnant droit à déduction ou à crédit d’impôt. La loi prévoit déjà que les crédits d’impôt et les excédents de versement pourront faire l’objet d’une imputation, d’une restitution ou d’un remboursement selon les règles fiscales applicables.

Le gouvernement a retenu une mise en œuvre progressive. L’exposé des motifs précise que « les modalités techniques, les secteurs concernés et les spécifications des dispositifs seront déterminés par arrêté du Ministre chargé des Finances ». Cette approche doit permettre d’adapter les obligations aux caractéristiques des activités économiques et aux capacités des entreprises.

La réforme pourrait également modifier les relations entre les contribuables et les services fiscaux. La disponibilité immédiate des données de transaction faciliterait les rapprochements comptables et les contrôles ciblés. Elle pourrait aussi réduire certaines interventions manuelles dans la liquidation et le recouvrement des impôts, à condition que les plateformes informatiques fonctionnent de manière fiable et que les procédures de rectification soient accessibles.

UNE RÉFORME INSCRITE DANS LA STRATÉGIE DE MOBILISATION DES RECETTES

La taxation en temps réel figure parmi les mesures retenues pour renforcer les recettes fiscales non pétrolières. Dans son rapport de mars 2026, le Fonds monétaire international indique que les autorités camerounaises prévoient de porter ces recettes de 3 895 milliards de FCFA en 2025 à 4 331 milliards en 2026. Cette progression repose sur plusieurs facteurs, dont l’évolution de l’activité économique, les mesures fiscales nouvelles et l’amélioration du recouvrement.

Le FMI inclut la taxation en temps réel et la facturation électronique parmi les réformes destinées à élargir l’assiette et à améliorer le rendement des prélèvements. Ces mesures participent à un ensemble d’actions dont les effets positifs sont évalués à 61,4 milliards de FCFA pour 2026. Ce montant regroupe plusieurs dispositions fiscales et administratives, et non les recettes attendues du seul système de taxation instantanée.

Dans sa circulaire du 12 octobre 2026 relative à la préparation du budget 2027, le président de la République a demandé « la poursuite de l’implémentation de la réforme de la taxation en temps réel et sa généralisation progressive ». Le texte prescrit également la poursuite de la facturation électronique et le renforcement des dispositifs de suivi électronique de la production dans les secteurs présentant un potentiel fiscal important ou des risques élevés de sous-déclaration.

Ces orientations placent la numérisation du recouvrement au cœur de la stratégie budgétaire. Pour l’administration fiscale, l’enjeu est d’améliorer la traçabilité des opérations et de sécuriser les encaissements. Le dispositif pourrait notamment réduire les écarts entre les ventes effectivement réalisées par les entreprises et les montants déclarés à l’administration.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

LE FINANCEMENT LIÉ AUX RÉSULTATS

Le rattachement du projet aux mécanismes PforR introduit une dimension supplémentaire dans son financement. Ces programmes, utilisés notamment par la Banque mondiale, associent les décaissements à l’atteinte de résultats préalablement définis et vérifiés. Dans le domaine des finances publiques, les indicateurs peuvent porter sur la modernisation des systèmes, l’amélioration du recouvrement ou la réduction des délais de traitement.

Le Cameroun utilise déjà ce type de financement pour certaines réformes de gestion publique. Dans le cadre du programme IMPACT, l’interconnexion entre la Direction générale des impôts et le Trésor a notamment permis, depuis avril 2026, le transfert quasi instantané aux communes de leur quote-part de l’impôt général synthétique. Cette opération montre les possibilités offertes par l’interopérabilité des systèmes administratifs dans la circulation et la répartition des recettes publiques.

La généralisation de la taxation en temps réel représente un chantier plus vaste, puisqu’elle doit intervenir directement au niveau des transactions économiques. Elle nécessitera des investissements dans les infrastructures numériques, la sécurisation des données, l’accompagnement des contribuables et la formation des agents fiscaux. Les coûts de maintenance et d’exploitation devront également être intégrés dans la gestion du système.

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Le projet de 39 milliards de FCFA pourrait ainsi devenir l’un des principaux investissements de modernisation de l’administration fiscale camerounaise. Sa mise en œuvre devra concilier l’objectif d’accélération des encaissements avec la continuité des activités des entreprises. Pour le ministère des Finances, les résultats se mesureront à l’augmentation des recettes effectivement recouvrées, à la réduction des pertes fiscales et à la capacité du dispositif à fonctionner durablement.

Par Yves TCHENANG
Défis Actuels du 03/11/2026

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