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Christelle Grâce Zinni Ngamani : « Le salon du voyageur veut restaurer la confiance entre les différents acteurs »

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Christelle Grâce Zinni Ngamani : « Le salon du voyageur veut restaurer la confiance entre les différents acteurs »
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Le Salon du Voyageur est une grande première au Cameroun. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé sa création et en quoi il se distingue des autres événements du secteur ?

Un voyageur est une personne qui se déplace d’un point A à un point B. Et en ce qui concerne la route, chaque année, environ 1,3 million de personnes trouvent une mort tragique dans des accidents de la route. Ces accidents font aussi 20 à 50 millions de blessés, dont certains deviennent handicapés. Les accidents de la circulation constituent la huitième cause de mortalité dans le monde et les jeunes de 5 à 29 ans en sont les principales victimes. Beaucoup de victimes en Afrique ne sont pas soutenues ou n’ont pas une connaissance des aides et assurances disponibles, ce qui contribue à une détérioration de leur situation économique. Le poids économique des traumatismes dus à un accident de la circulation représente entre 3 et 5 % du PIB d’un pays. Ces accidents entraînent des pertes économiques considérables pour ceux qui en sont victimes, leur famille et les pays et plongent des millions de personnes dans la pauvreté. Leur coût pour l’économie mondiale est estimé à 1 850 milliards d’euros chaque année, ce qui est colossal. Face à ce constat je n’ai pas compris pourquoi il n’existe pas déjà un espace de rencontre et d’échange des différents acteurs du voyage et voilà comment a germé l’idée de ce salon. Pourtant, il existe déjà des rendez-vous des professionnels et d’autres des particuliers. Il y a une séparation entre les différents acteurs de l’écosystème du voyage. Ce qui amplifie les problèmes de compréhension de la réalité des autres acteurs. Le salon du voyageur se distingue des autres événements du secteur par le fait qu’il s’agit en quelque sorte d’une place de marché. Le marché est par nature un lieu d’échange ouvert et accessible. Il s’agit de rassembler les voyageurs, les entreprises et les institutions publiques et privées afin que chacun puisse :- Savoir ce que l’autre fait,- Partager son expérience et expertise,- Poser des questions- Apporter des réponses et solutions appropriées.

Quelles sont les principales problématiques du secteur du voyage au Cameroun auxquelles cet événement souhaite apporter des solutions concrètes ?

Au Cameroun, voyager fait peur : nous avons peur du voyage, nous sommes inquiet lorsqu’un proche voyage. Les principales problématiques du secteur du voyage au Cameroun auxquelles le Salon du voyageur souhaitent apporter des solutions concrètes sont :- Tout d’abord le problème de confiance. Le salon du voyageur a l’ambition de restaurer la confiance entre les différents acteurs et cela commence par permettre à chaque acteur de s’exprimer sur ce qu’il apporte à l’écosystème et sur ses attentes. – Ensuite le problème du faible développement du tourisme au Cameroun. Pourtant nous avons un immense potentiel inexploité. Le développement de l’image de marque du Cameroun comme pays des voyageurs est un point important de ce salon. Ce statut de pays des voyageurs est une réalité historique et j’aimerais que nous soyons plus nombreux à en prendre conscience.

La vision du Salon du Voyageur va bien au-delà des simples rencontres. Pouvez-vous nous parler de votre ambition et des impacts attendus sur le secteur touristique et économique au Cameroun ?

Mon ambition au travers du Salon du Voyageur est de relever un défi ambitieux : celui de repositionner le voyage au Cameroun et en Afrique comme un pilier essentiel de développement économique, social et psychologique. Parce qu’un pays sans mobilité fiable et sécurisée est un pays sans croissance. Avec le Salon du Voyageur, nous réinventons le voyage en Afrique. Les impacts attendus sur le secteur économique c’est de permettre aux entreprises du secteur de gagner de l’argent. La période des fins d’année est une période difficile parce que les entreprises sont en difficulté financière. Au Cameroun les entreprises ont du mal à sortir de l’argent parce qu’elle perde beaucoup d’argent par manque de solidarité. Le Salon du voyageur veut être un espace de solidarité. La solidarité est un des piliers essentiels permettant aux personnes de vivre ensemble en harmonie. Elle favorise les liens sociaux, renforce la cohésion de groupe et inspire des actions qui profitent à chacun. La solidarité n’est pas incompatible avec la rentabilité. L’impact sur le secteur touristique pour moi est une évidence. Et c’est pour cela que le Ministère du Tourisme a confirmé sa présence un mois après avoir reçu ma lettre d’invitation à exposer au salon.

Maniafi, votre service de conciergerie de voyage, est au cœur de cet événement. Comment cette initiative s’intègre-t-elle dans votre vision globale pour révolutionner la mobilité ?

Pour la petite histoire j’ai partagé mon expérience comme membre de la diaspora africaine sur le podcast “Conversation avec la Diaspora” en Août 2020. Et à ce moment il est question de comment est-ce que je peux apporter ma contribution en Afrique après plus de 10 ans d’expérience dans des grands groupes français. Et la première idée c’est de construire une usine pour recycler les véhicules abandonnés dans les garages et aux bords des routes. Ceci parce que j’ai une expérience de fabricant de véhicules : voiture, train, bus. Et comme ce projet nécessite de gros moyens financiers. Je décide de commencer par un petit projet. Je Viens donc au Cameroun suite au décès de ma grand-mère paternelle en 2021 et j’en profite pour faire un enquête terrain. Je vais à l’université des Montagnes pour échanger avec le responsable logistique, Monsieur Dominique DJOFANG. Je fais le tour des agences de voyage de transport interurbain à Yaoundé pour échanger avec les voyageurs. Et de ces échanges l’idée de faire le lien entre les voyageurs et les transporteurs naît. Maniafi, le service de conciergerie voyage est lancé en 2023. Avec Maniafi, réserver un billet de bus, de train ou d’avion devient simple. Tout comme obtenir des réponses sur les offres de voyages. Ce service digital, accessible par WhatsApp ou par téléphone, message ou appel, incarne la vision du salon : une mobilité fluide, sécurisée, et sans effort.

Cet événement est également un lieu de rencontre pour divers acteurs. Quels types de participants et partenaires attendez-vous ? Et quels bénéfices peuvent-ils en retirer ?

Ce que j’aime dire c’est que le voyage nous concerne tous et c’est pour cela que le slogan du salon du voyageur c’est : le voyage c’est ce qui nous rassemble. Un autre slogan est celui de mon cabinet : « Créer le lien pour viser l’excellence ». Les participants et partenaires attendus sont d’abord les personnes sensibles à ces notions :- Rassemblement- Création de liens- Excellence Plus précisément comme professionnel sont attendus : les transporteurs de personnes comme de marchandises, les responsables des différents ports, les responsables des aéroports, les banques, les assurances, les opérateurs de téléphonie, les entreprises technologiques, les cabinets d’ingénierie et de conseil, les écoles et les centres de formation, les fabricants de véhicules, les experts automobiles, les responsables des auto-écoles, les pharmaciens, les médecins, les autorités traditionnelles et religieuses,…Et comme particuliers : les voyageurs, les curieux et passionnés de voyage et tourisme. Les bénéfices généraux d’être exposant au Salon du Voyageur pour les professionnels :- Visibilité accrue : Faites connaître votre structure à un public qualifié.- Opportunités de partenariats : Élargissez votre réseau et collaborez avec des entreprises du secteur du voyage et du tourisme.- Accès direct aux clients potentiels : Rencontrez des voyageurs, des entreprises et des autorités locales pour développer des relations commerciales et recevoir des retours sur vos services.- Renforcer la notoriété et l’image de marque de votre structure : Mettez en avant vos services et montrez votre engagement pour des voyages sûrs, fiables et accessibles.- Fidéliser les clients existants : Présentez des offres exclusives pour les participants et les entreprises inscrits au salon.- Proposer des solutions adaptées aux voyageurs (format voyage, produits résistants aux contraintes de transport).- Démontrer votre expertise en sécurité : Affichez votre engagement pour la sécurité des voyageurs en offrant des conseils et des produits spécifiques.- Créer des expériences uniques sur votre stand : Organisez des démonstrations et des événements interactifs pour renforcer la notoriété de la marque auprès d’un public engagé.- Construire une image de marque internationale : Positionnez votre marque comme un symbole d’excellence, de sécurité et de fiabilité, attirant des clients dans le monde entier.- Démontrer l’importance de la sécurité des voyages : Proposez des solutions de maintenance pour les véhicules de transport et des conseils sur l’entretien pour assurer la sécurité des voyageurs.

Vous êtes une figure inspirante avec un parcours atypique. En tant que promotrice, comment votre expérience personnelle et professionnelle a-t-elle influencé la création de ce Salon ?

Je suis ingénieure en électronique qui enfant rêvait d’être magistrate puis psychologue (et plein d’autres métiers). J’ai fait un cursus scientifique alors qu’au départ je voulais faire un parcours littéraire. Mon expérience personnelle et professionnelle a influencé la création de ce Salon parce que je crois qu’il n’y a pas de bon ni de mauvais parcours. Pour moi l’essentiel c’est de créer du lien et pour cela nous agissons, évaluons et ajustons de manière systématique. Et c’est ainsi que j’organise ce salon et c’est cette façon de percevoir les situations que je veux apporter. Un autre point important pour moi c’est le fait de remplacer les limites strictes par des limites souples ce qui permet d’être créatif.

Enfin, qu’aimeriez-vous dire aux Camerounais, aux entreprises, et à la diaspora pour les encourager à participer ou soutenir le Salon du Voyageur ?

Avec le Salon du Voyageur, nous réinventons le voyage en Afrique. Oui c’est la 1ère édition. Je reçois beaucoup de félicitations et d’encouragement. Pourtant certains potentiels partenaires préfèrent attendre la 2ème édition. Je tiens à préciser que les conférences et sessions d’échanges seront accessibles en ligne et enregistrées pour être mise à disposition des personnes inscrites. Oui la vision est ambitieuse. Je redis encore : l’essentiel c’est d’agir, d’évaluer et d’ajuster de manière systématique. Une évidence : je ne peux pas réaliser ce salon sur fonds propres. Il y a toute une équipe derrière ce salon. J’ai la compétence et la capacité de structure des systèmes complexes. Le Salon du Voyageur 2025 c’est une expérience unique. Ne vous le faites pas raconter. Rejoignez le mouvement et devenez acteur d’une transformation collective qui prend racine dans les réalités du Cameroun. Comment faire concrètement : s’inscrire maintenant, pas après, comme visiteur, exposant ou sponsor. Ça se passe sur le site Internetsalonduvoyageur.comou par téléphone au 242 234004. Je vais contacter individuellement chaque personne inscrite pour lui apporter la meilleure expérience pendant ces 3 jours.

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?
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Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.

Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.

LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »

Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.

Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.

Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.

L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE

L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).

L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.

Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.

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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC
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Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.

En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).

Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.

DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME

Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.

Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.

Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.

Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.

Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.

Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.

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Tissu Productif : Plus de 472 000 PME structurent l’économie locale en 2025

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Tissu Productif : Plus de 472 000 PME structurent l’économie locale en 2025
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En 2025, le Cameroun se situe à mi-parcours de sa Stratégie Nationale de Développement 2020- 2030, qui vise une accélération de l’industrialisation à l’horizon 2030. C’est dans ce contexte que le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) a rendu publique ce 24 juin, à Yaoundé, sa 15e édition de l’annuaire statistique sur les PMEESA.

Le tableau de bord dressé pour l’exercice 2025 offre une photographie sans précédent de la dynamique entrepreneuriale du pays, et les chiffres qu’il contient invitent à revoir l’image habituelle d’une économie dominée par l’informel. Le tissu productif formel camerounais regroupe en 2025 un total estimé de 569 208 unités, dont 99,9 % relèvent du segment des petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat (PMEESA). Les 778 grandes entreprises qui composent le reste du tissu ne représentent qu’un dixième de pour cent.

Cette asymétrie structurelle n’est pas nouvelle, mais son ampleur s’est accentuée au fil des années. Dans cet ensemble, les PME seules totalisent 472 208 unités actives, soit 83 % du tissu formel total. Les 12,7 % restants se partagent entre les 72 508 Unités de production artisanale (UPA) et les 23 714 Organisations de l’Économie Sociale (OES).

16 845 NOUVELLES PME ENREGISTRÉES EN 2025

La progression est nette. En un an, le stock de PME a augmenté de 6,5 %. Sur six ans, la hausse est spectaculaire. En 2019, le Cameroun dénombrait 287 316 PME actives. En 2025, ce chiffre dépasse les 472 000. Cette évolution s’appuie sur des données issues des trois Recensements Généraux des Entreprises réalisés en 2009, 2016 et 2023, complétées par les flux de création enregistrés dans les Centres de formalités de création d’entreprises (CFCE).

Au cours de la seule année 2025, les CFCE ont enregistré 16 845 nouvelles PME sur l’ensemble du territoire national, contre 13 423 en 2019. Ces créations nouvelles reflètent une dynamique entrepreneuriale qui dépasse les seuls chiffres de stock. La part des entreprises créées par des jeunes de moins de 35 ans est passée de 36,4 % en 2019 à 42 % en 2025. Celle des femmes a progressé de 25 % à 33 % sur la même période.

Ces deux tendances traduisent une transformation profonde du profil des entrepreneurs camerounais. La création d’entreprise est devenue, pour une fraction croissante de la population, un vecteur d’insertion économique autant qu’une réponse aux tensions sur le marché du travail formel.

5 618,9 MILLIARDS FCFA DE CHIFFRE D’AFFAIRES EN 2025

Sur le plan sectoriel, la concentration des PME dans le tertiaire reste dominante avec 78,8 % des entreprises, mais ce chiffre est en recul par rapport aux 84,2 % enregistrés en 2016. Dans le même temps, la part du secteur secondaire est passée de 15,6 % à 20,8 %. Ce rééquilibrage progressif, même limité, correspond à l’objectif stratégique de faire monter en puissance la Valeur ajoutée manufacturière (Vam), dont la cible est fixée à 25 % du PIB à l’horizon 2030.

Les secteurs de l’agro-industrie, du coton-textilecuir et de la transformation du bois ont été les priorités affichées du cadre stratégique de performance 2022-2024. L’impact de ces entreprises sur l’économie se mesure à plusieurs niveaux.

Selon les estimations de l’annuaire, le chiffre d’affaires global des PMEESA s’établit à 5 618,9 milliards de francs CFA en 2025, sur un total de 21 870,3 milliards pour l’ensemble des entreprises, soit une part de 25,7 %. Sur le front de l’emploi, les PME assurent à elles seules quelque 800 000 emplois formels sur 1 219 936 que compte le secteur formel, soit 75 % des emplois formels créés par les PMEESA.

Pour la seule année 2025, les nouvelles unités créées dans les CFCE ont déclaré 79 750 emplois prévisionnels, dont la grande majorité concentrée dans les CFCE de Yaoundé et de Douala.

LE TISSU ÉCONOMIQUE NATIONAL FAIT PREUVE DE RÉSILIENCE

L’économie sociale et l’artisanat complètent ce tableau. Du côté des OES, 23 714 organisations sont désormais affiliées à 326 Réseaux Locaux de l’Économie Sociale, avec 2 850 nouveaux enregistrements en 2025. Leurs activités restent fortement ancrées dans les secteurs primaires : l’agriculture représente 45,3 % des nouvelles OES créées en 2025, l’élevage 30,7 %.

Pour les UPA, le secteur de l’artisanat de production est le plus représenté avec 52 % des unités, devant l’artisanat d’art à 31 %. La représentativité féminine y est majoritaire depuis 2022 et atteint 54,1 % en 2025. Cette performance s’inscrit pourtant dans un contexte difficile. L’annuaire le reconnaît explicitement : l’exercice 2025 a été marqué par la désorganisation des chaînes logistiques mondiales, des pressions inflationnistes persistantes et une instabilité sécuritaire dans certaines régions du pays.

Que la dynamique entrepreneuriale se soit maintenue malgré ces contraintes renforce la portée des résultats publiés. Achille Bassilekin III, ministre des Petites et Moyennes Entreprises, y voit la confirmation que le tissu économique national a fait preuve de résilience, et que les interventions publiques — promotion de l’entrepreneuriat, modernisation des unités de production, structuration des filières — ont produit des effets mesurables. Des lacunes structurelles demeurent, que les données du ministère permettent de quantifier avec précision. Le secteur informel concentre encore 87 % des unités de production nationales, soit environ 3,8 millions d’unités de production informelles estimées en 2025. Ces unités génèrent de leur côté 3,8 millions d’emplois, dans un pays où l’emploi formel ne couvre que 24 % de la population active. La migration du secteur informel vers le formel reste donc un chantier de longue haleine.

Pour y répondre, le cadre stratégique de performance 2026-2028, qui succède à celui de 2022-2024, prévoit notamment de renforcer les interventions en faveur des filières à forte valeur ajoutée, de développer des pôles économiques régionaux et des parcs industriels spécialisés, et d’intensifier la structuration du secteur informel en vue d’une formalisation progressive.

Ce sont ces orientations qui définiront l’agenda du ministère au cours des trois prochaines années, dans un pays dont la trajectoire d’industrialisation dépendra en grande partie de la capacité de ses PME à monter en puissance, à se connecter aux chaînes de valeur locales et à générer une valeur ajoutée manufacturière qui reste encore en dessous des ambitions de la SND30.

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