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Discours : Ce que Paul Biya a dit à son peuple

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Yaoundé, le 31 décembre 2024

Camerounaises, Camerounais, Mes chers compatriotes,

Il y a quelques années, j’avais indiqué que le septennat en cours devait être décisif, dans la mesure où il permettrait à notre pays de poursuivre résolument sa marche vers l’émergence. J’avais précisé que cet objectif devait être érigé en véritable « cause nationale », notamment à travers notre engagement collectif à rétablir la sécurité, à conforter notre croissance économique et à améliorer sensiblement les conditions de vie des Camerounais.

Un regard rétrospectif sur les années qui se sont écoulées depuis lors, permet de constater que des avancées considérables ont été accomplies dans chacun de ces domaines. La sécurité, condition essentielle du progrès économique et social, a été et reste au centre de nos priorités. Grâce à l’action conjuguée de nos forces de défense et de police, des autorités administratives et des populations, notre pays est resté stable, malgré un environnement international particulièrement troublé. Certes, quelques-unes de nos localités demeurent confrontées aux attaques lâches des groupes terroristes et à la grande criminalité. Je puis cependant vous assurer que tout est mis en œuvre pour assurer une paix durable sur toute l’étendue de notre territoire. La criminalité dans nos centres urbains et dans nos zones rurales est combattue vigoureusement par les forces de maintien de l’ordre, à qui je souhaite adresser ici tous mes encouragements. Je me réjouis tout particulièrement des progrès enregistrés dans le combat contre le groupe terroriste Boko Haram. Les opérations menées ces dernières années par nos forces armées, dans la région de l’Extrême-Nord, ont permis de réduire fortement les capacités de nuisance de ces terroristes, qui en sont maintenant réduits à ne s’attaquer qu’à des civils innocents.

« Je suis attaché à l’UNITE NATIONALE, au PROGRES et à la PAIX»

J’observe par ailleurs que le processus de reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest progresse, en dépit des atrocités commises par quelques bandes armées, qui continuent leurs exactions principalement contre la population civile. Je ne le dirai jamais assez. La cause séparatiste que ces groupes d’illuminés prétendaient défendre est vouée à l’échec. Le Cameroun restera un et indivisible. C’est le vœu de l’écrasante majorité de nos compatriotes. C’est l’essence même du mandat qui m’a été confié. Et je n’y faillirai point.

Mes chers compatriotes,

Vous savez combien je suis attaché à l’UNITE NATIONALE, au PROGRES et à la PAIX. Vous êtes témoins des actions que le gouvernement mène, sous mon impulsion, depuis des années, pour mettre un terme à cette crise sécuritaire, qui affecte le développement de ces régions et endeuille de nombreuses familles. C’est l’occasion pour moi de rappeler aux membres de ces bandes armées, que la Nation leur tend toujours la main. Je les invite, une fois de plus, à saisir l’offre de paix qui leur a été faite et à déposer les armes. Des centaines de leurs camarades ont déjà rejoint les Centres de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion, et ont été formés à différents métiers, afin de faciliter leur insertion sociale. Le sort de ceux qui persistent dans la criminalité est peu enviable. Ils continueront d’être traqués sans relâche et répondront inéluctablement de leurs forfaits.

Mes chers compatriotes,

La consolidation de la croissance économique de notre pays est désormais une réalité. Le Cameroun est régulièrement apprécié par les instances financières compétentes pour sa résilience, malgré un contexte international particulièrement difficile. En effet, nous n’avons pas été épargnés, ces dernières années, par une série de chocs exogènes. La guerre en Europe de l’Est, les conflits au Proche-Orient, la morosité du marché des capitaux et des matières premières, les perturbations climatiques, les tensions inflationnistes et les fluctuations des cours du pétrole, ont ralenti nos perspectives de croissance.

Mais, en dépit de cet environnement difficile, l’économie camerounaise a enregistré un regain d’activité, avec un taux de croissance estimé à 3,8% en 2024, et projeté à 4,1% en 2025. Les mesures prises pour limiter les comportements spéculatifs et accroître l’offre des produits de première nécessité, ont contribué à réduire l’inflation de 7,4% en 2023, à 5% cette année. La maitrise de l’inflation devrait se poursuivre en 2025, pour se situer à 4%. Dans l’optique de réduire le déficit de notre balance commerciale et de garantir notre souveraineté alimentaire, le plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique, que j’ai annoncé l’année dernière, commence à produire des résultats visibles.

Au cours de cette année, 452 tonnes de semences et 12 mille 800 tonnes de farine ont été produites. Par ailleurs, notre répertoire de produits exportés s’étend désormais aux produits industriels, notamment à l’aluminium. Cette dynamique devrait connaître une accélération en 2025, à la faveur de la réforme de la Société Nationale des Investissements, qui fait de cet organisme un véritable levier stratégique de promotion des investissements productifs au Cameroun. Le gouvernement a par ailleurs poursuivi les efforts de redressement et de transformation structurelle de notre économie, à travers l’opérationnalisation progressive des zones économiques. Plusieurs initiatives ont été engagées dans ce sens, à l’instar de la zone industrielle intégrée du Port Autonome de Kribi. Celle-ci est dédiée à la transformation des matières premières telles que le cacao, le café et l’hévéa.

S’agissant du cas spécifique du cacao, la politique de promotion de l’excellence qualitative mise en œuvre ces dernières années, a abouti à des niveaux de prix exceptionnels au profit des producteurs. De même, deux zones économiques spécialisées dans la transformation du bois sont en cours de démarrage à Edéa et à Bertoua. Il en est également du technopole agro-industriel de Ouassa-Babouté par Nkoteng, qui sera consacré à la production et à la transformation des céréales, des tubercules, du lait et de ses dérivés.

« Le démarrage de l’exploitation des gisements de fer de Kribi-Lobe, BipindiGrand Zambi et Mbalam-Nabeba est imminent»

Chaque jour qui passe, l’industrialisation de notre pays devient une réalité. L’ouverture, dans la localité de Bipaga à Kribi, de la plus grande usine de production de carreaux en Afrique Centrale, en constitue une preuve supplémentaire, avec à la clé la création de plus de 2500 emplois directs. Le dynamisme dans le secteur industriel s’est aussi traduit par l’entrée en service d’une sixième cimenterie au Cameroun, entraînant la baisse des prix du ciment.

Il est incontestable que l’essor de ce secteur, constitue la clé de voûte de l’émergence économique à laquelle notre pays aspire légitimement. Les perspectives de développement du riche potentiel dont nous disposons dans le secteur minier sont, elles aussi, porteuses d’espoir. Le démarrage de l’exploitation des gisements de fer de Kribi-Lobe, BipindiGrand Zambi et Mbalam-Nabeba est imminent. C’est aussi le cas de la bauxite de Minim-Martap, dont la convention d’exploitation a été signée au mois de juillet dernier. Je suis persuadé par ailleurs que la maîtrise des circuits de commercialisation de nos minerais, va accroître le volume des ressources financières nécessaires à la réalisation de nos projets de développement.

Mes chers compatriotes,

Depuis mon accession à la magistrature suprême, l’amélioration des conditions de vie des Camerounaises et des Camerounais n’a jamais cessé d’être au centre de mes préoccupations. Sous mon impulsion, des efforts significatifs ont été consentis par les pouvoirs publics, afin de garantir à nos populations un accès satisfaisant aux services sociaux de base. La forte poussée démographique que connaît notre pays a certes pu relativiser l’impact de ces efforts, en raison d’une demande de plus en plus croissante.

C’est pourquoi le gouvernement n’a cessé, sous mon autorité, d’accorder une attention particulière à la réalisation de projets, qui contribuent à rendre meilleur le quotidien de chaque citoyen.

Tel est notamment le cas de la fourniture en énergie électrique, dont l’importance pour le développement des activités économiques et la vie des ménages n’est plus à démontrer.

L’offre en la matière a connu une amélioration substantielle, grâce à l’achèvement, cette année, des travaux de construction de l’usine de pied du barrage de Lom Pangar et à la mise en service du barrage de Nachtigal. Le volume des investissements dans ce secteur stratégique est appelé à s’accroître, à la faveur de la maturation de plusieurs projets hydroélectriques et photovoltaïques.

Pour ce qui est des zones rurales notamment, la quatrième phase du projet d’électrification de mille localités par l’énergie solaire va se poursuivre. Il en est de même de la construction de 360 centrales solaires, dans les unités administratives non encore électrifiées. La réalisation de ces projets et le raccordement des réseaux interconnectés sud et nord permettra, à terme, de réduire les délestages et de résorber la fracture énergétique entre les régions méridionales et septentrionales de notre pays.

L’approvisionnement en eau potable constitue également un défi majeur que le gouvernement s’est attelé à relever ces dernières années, avec une détermination louable. La mise en service du projet d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé, a permis une nette amélioration de la desserte de cette agglomération.

Une campagne de branchement de huit mille ménages au réseau d’eau potable a conséquemment été lancée dans cette ville.

« L’état de notre réseau routier ne reflète pas les efforts et les sacrifices qui sont consentis»

Dans la ville de Douala, les travaux de réhabilitation et d’extension de la station hydraulique de Japoma sont en cours, tandis que les études techniques du méga projet d’adduction en eau potable de cette cité ont été finalisées.

La remise à niveau des stations de production d’eau potable se poursuit dans plusieurs villes secondaires. Notre ambition est de doter chacune de nos localités d’une eau de qualité, à la mesure des attentes de nos concitoyens. Dans le même temps, nous allons poursuivre les efforts visant à améliorer l’offre des soins, en renforçant le plateau technique des hôpitaux et en densifiant la carte sanitaire. C’est le sens de la récente mise en service des Centres Hospitaliers Régionaux de Ngaoundéré et de Bertoua.

Dans la perspective d’améliorer les performances du secteur, j’ai décidé de la contractualisation de 9 mille 944 personnels de santé, sur une période de cinq ans. Ce recrutement spécial contribuera sans doute à la réduction du chômage des jeunes diplômés dans le secteur de la santé, en même temps qu’il facilitera substantiellement la prise en charge des malades. Sur un tout autre plan, le dialogue entre le gouvernement et les organisations syndicales se poursuit, dans le sens de la prise en compte des aspirations et des préoccupations des enseignants.

Mes chers compatriotes,

Permettez-moi de dire un mot sur le réseau routier.

Je suis conscient du sentiment de frustration qui vous habite, au regard de la dégradation de nos voiries urbaines et interurbaines.

Cette situation, vous vous en doutez bien, a un impact réel sur les activités économiques, et est très souvent à l’origine de nombreux accidents de la circulation. Je puis vous assurer que l’état de notre réseau routier ne reflète pas les efforts et les sacrifices qui sont consentis pour sa réhabilitation et son extension.

Les contraintes en la matière sont connues. Au premier rang de celles-ci, la disponibilité des financements. La pluviométrie vient ensuite. Je n’oublie pas non plus les problèmes de gouvernance, qui nécessitent assurément des mesures fermes et diligentes. J’y veillerai.

Pour faire face à cette situation, j’ai instruit la réorganisation du Fonds Routier, dans le sens d’accroître sa capacité à mobiliser les financements nécessaires à la réalisation des projets de construction, de réhabilitation et d’entretien des routes.

Les insuffisances que je viens d’évoquer ne doivent cependant pas occulter les efforts méritoires que nous avons accomplis dans ce secteur, en dépit de nombreuses contraintes. Au cours de l’année qui s’achève, 446 kilomètres de routes ont été bitumées sur toute l’étendue du territoire national. En outre, près de 228 kilomètres de routes ont été réhabilitées. D’autres projets de réhabilitation routière seront lancés en 2025, à l’instar des tronçons Bekoko-Limbe-Idenau et Mutenguene-Buea. Après de longues négociations avec les bailleurs de fonds, plusieurs projets routiers, prévus de longue date, sont en voie de démarrage. Il s’agit des routes Ngaoundéré-Garoua, Ebolowa-Akom II-Kribi, et Mora-Kousseri. Parallèlement, les travaux de construction de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé- Nsimalen ont été lancés, tandis que les diligences relatives à la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala ont connu des avancées.

Camerounaises, Camerounais, Mes chers compatriotes,

Tous les projets que je viens de mentionner, et bien d’autres, exigent, pour leur mise en œuvre, d’importantes ressources financières. Celles-ci, nous le savons, sont de plus en plus rares et difficiles à mobiliser, compte tenu de la conjoncture internationale et des contraintes inhérentes à notre économie. Si nous voulons atteindre les objectifs de développement que nous nous sommes fixés, nous devons améliorer la gouvernance dans tous les secteurs d’activité.

Le Sommet Extraordinaire des Etats de la CEMAC que notre pays vient d’abriter, a rappelé l’urgence de conduire à bonne fin les réformes structurelles nécessaires à la consolidation des finances publiques dans notre sous-région. Comme par le passé, le Cameroun mettra tout en œuvre pour y parvenir. Améliorer la gouvernance, c’est aussi amplifier la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics. C’est garantir une sécurité juridique aux investissements privés. C’est assurer la protection de la propriété foncière, où certaines dérives ont été constatées. Soyez assurés d’une chose. Des sanctions appropriées seront infligées aux auteurs des infractions qui seront établies.

Camerounaises, Camerounais,

Plusieurs de nos compatriotes ont perdu la vie cette année, à la suite d’accidents dont certains étaient pourtant évitables. Il en est ainsi des accidents de la route comme de l’effondrement de constructions bâties en violation des règles en vigueur.

Les mesures prises par les pouvoirs publics pour réduire les risques en la matière vont se poursuivre et s’intensifier. Nous avons également déploré de nombreuses victimes du fait des catastrophes naturelles. Le drame de la falaise de Dschang et les inondations survenues dans la région de l’Extrême-Nord, témoignent des conséquences auxquelles nous exposent de plus en plus les changements climatiques. Bien que ces inondations soient, pour la plupart, difficilement prévisibles, il est impératif d’intensifier nos efforts pour prévenir ou réduire les dégâts qu’elles causent. J’ai à cet égard donné des directives claires au gouvernement pour la mise en œuvre d’un plan spécifique de construction et de rénovation des différentes infrastructures de protection contre les inondations dans cette région.

Mes chers compatriotes,

L’année 2025 ouvre la voie à une nouvelle saison d’échéances politiques. Le calendrier électoral prévoit l’organisation de l’élection présidentielle et des élections régionales.

Comme par le passé, ce sera un grand moment de la vie nationale. Saisissons cette opportunité pour consolider notre démocratie. J’en appelle à la maturité et à la responsabilité de tous les acteurs. Ils devront veiller à ce que le calme règne avant, pendant et après les élections. Je suis bien conscient que certains de nos compatriotes continuent d’éprouver des difficultés pour s’inscrire sur les listes électorales, en raison du défaut de cartes nationales d’identité. Nombre d’entre eux se trouvent également, de leur propre fait, en situation de double identité. J’ai ordonné les mesures nécessaires pour faire face à cette situation qui devrait être rapidement réglée.

Camerounaises, Camerounais,

L’année 2025 qui commence, s’annonce pleine de défis. Je ne doute pas un seul instant qu’en restant le peuple uni et soudé que nous avons toujours été, nous ne soyons en mesure de les relever. Oui, mes chers compatriotes, nous saurons, ensemble, comme par le passé, transformer ces défis en opportunités. Et nous continuerons, ensemble, notre marche déterminée vers le progrès, dans la sécurité et la paix.

Je suis particulièrement sensible au soutien massif que vous n’avez cessé de m’apporter toutes ces années. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais ménagé aucun effort pour répondre à vos aspirations. Votre confiance m’honore et me sert de boussole dans l’action que je mène à la tête de notre cher et beau pays.

Je puis vous assurer que ma détermination à vous servir demeure intacte et se renforce au quotidien, face à l’ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés.

Camerounaises, Camerounais, Mes chers compatriotes,

Le moment est maintenant venu de vous souhaiter, à toutes et à tous, une bonne et heureuse année 2025.

Vive la République ! Vive le Cameroun !

Elecam : 7 845 622 électeurs inscrits en 2024

L’organe chargé de l’organisation des élections en a fait le point ce 30 décembre 2024.

Au moment où se clôture l’année civile 2024, le fichier électoral national compte exactement 7 845 622 électeurs dont 4 207 957 hommes et 3 637 665 femmes. Ce sont les Camerounais appelés à voter si le corps électoral était convoqué aujourd’hui. A première vue, l’on est largement au-dessus du chiffre de 7 millions 500 mille électeurs annoncés et qui ont nourri la polémique entre Elecam et l’opposition et la société civile. A priori, Elecam a donc tenu compte des contestations au sujet des empreintes digitales non enregistrées.

A la clôture des inscriptions sur les listes électorales le 31 août dernier, le fichier électoral comptait 8 116 960 électeurs. Dans ce chiffre, il ressortait qu’Elecam avait enregistré 8830 nouveaux électeurs en 2024 dont 443 270 hommes et 311 815 femmes. La prochaine étape consistait en le toilettage de ce fichier, question d’en rayer les condamnés, les morts, les doublons. Et enfin rendre publique la liste définitive au 20 octobre. A cette échéance, de vives polémiques ont jailli, lorsqu’Elecam a mis entre parenthèses des centaines de milliers d’électeurs dont les empreintes digitales n’auraient pas été enregistrées. En tête de la contestation, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) qui accusait Elecam de préparer la fraude en écartant 120 000 électeurs. Finalement, l’organe technique en charge des élections réintégrera les électeurs « exclus » du droit de vote en raison de ce défaut technique des appareils d’Elecam.

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Hydrocarbures : Dangote crée une société pétrolière au Cameroun ; Par Blaise NNANG

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Hydrocarbures : Dangote crée une société pétrolière au Cameroun ; Par Blaise NNANG
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Constituée le 28 octobre 2026 avec un capital initial de 10 millions de FCFA, Dangote Oil & Gas Cameroon SA marque une nouvelle étape dans l’implantation du groupe nigérian au Cameroun. Dirigée par Bertrand Mbouck, la société dispose d’un siège à Douala et d’un centre d’opérations déclaré à Kribi. Sa création intervient au moment où Dangote renforce ses relations avec la SONARA dans l’approvisionnement du marché camerounais en produits pétroliers.

Le groupe industriel nigérian Dangote dispose désormais d’une société dédiée aux hydrocarbures au Cameroun. Dangote Oil & Gas Cameroon SA a été constituée le 28 octobre 2026, avec un capital social de 10 millions de FCFA. Selon l’annonce légale publiée le lendemain dans Cameroon Tribune, l’entreprise a établi son siège à Douala-Bonanjo et déclaré un centre d’opérations dans la zone industrielle de Kribi. Cette implantation élargit la présence du conglomérat d’Aliko Dangote, déjà actif dans l’industrie cimentière camerounaise.

La direction générale de la nouvelle entreprise a été confiée à Bertrand Mbouck, qui dirige également Dangote Cement Cameroon depuis 2020. Le conseil d’administration comprend quatre membres : Aliko Dangote, fondateur du groupe, Devakumar Victor Gnanadoss Edwin, dirigeant de ses activités industrielles, Fatima Aliko-Dangote et Bertrand Mbouck. Deloitte & Touche a été désigné commissaire aux comptes titulaire, tandis que KPMG Afrique centrale occupe les fonctions de commissaire aux comptes suppléant.

Le capital initial de 10 millions de FCFA correspond au minimum légal applicable à une société anonyme ne faisant pas publiquement appel à l’épargne dans l’espace OHADA. Il constitue donc la base juridique de l’entreprise et non le budget de ses futurs investissements. Les montants nécessaires à la construction d’installations pétrolières, de dépôts ou de pipelines sont sans commune mesure avec cette dotation de départ. Aucun programme d’investissement chiffré n’accompagne, à ce stade, l’annonce de constitution.

DU CIMENT AUX INFRASTRUCTURES PÉTROLIÈRES

Les activités statutaires de Dangote Oil & Gas Cameroon couvrent un périmètre étendu de la chaîne pétrolière. Elles comprennent notamment l’importation, l’exportation, le raffinage, le stockage, le transport et la commercialisation des hydrocarbures, ainsi que le développement d’infrastructures associées. Ce champ d’activité donne à la société la possibilité juridique d’intervenir dans plusieurs segments du marché, sous réserve des autorisations et agréments exigés par la réglementation camerounaise.

Le choix de Kribi comme centre d’opérations déclaré présente un intérêt industriel particulier. La ville abrite le principal port en eau profonde du Cameroun et une zone industrialo-portuaire appelée à accueillir de nouvelles activités de transformation et de logistique. Pour les opérateurs pétroliers, les installations portuaires constituent un maillon essentiel de l’importation des cargaisons, de leur stockage et de leur acheminement vers les centres de consommation. La nouvelle société n’a cependant annoncé ni construction de dépôt ni attribution de concession portuaire.

La création de Dangote Oil & Gas Cameroon prolonge des démarches engagées plusieurs mois auparavant. En juillet 2026, Devakumar Edwin avait présenté aux autorités camerounaises un projet portant sur le stockage et le transport de produits pétroliers. Les discussions avaient notamment conduit le dirigeant nigérian auprès du Premier ministre Joseph Dion Ngute. L’immatriculation d’une société locale fournit désormais un véhicule juridique susceptible de porter les activités envisagées, sans préjuger de leur calendrier de réalisation.

UN RAPPROCHEMENT AVEC LA SONARA

Cette implantation intervient également dans un contexte de rapprochement commercial entre Dangote et la Société nationale de raffinage (SONARA). Le 30 octobre 2026, la raffinerie camerounaise a confirmé la signature, le 22 octobre à Lagos, d’un accord de fourniture de produits pétroliers raffinés avec Dangote et MRS Oil & Gas Company. La cérémonie officielle initialement prévue le 29 octobre a été reportée pour des raisons de calendrier, sans remettre en cause la signature annoncée.

L’accord vise à renforcer la sécurité des approvisionnements du Cameroun, devenu entièrement dépendant des importations de carburants raffinés depuis l’incendie qui a endommagé les installations de la SONARA en mai 2019. La raffinerie continue d’exercer des fonctions essentielles dans l’organisation de l’approvisionnement national, tandis que sa reconstruction nécessite des investissements importants. Le partenariat avec Dangote intervient ainsi dans un marché où la disponibilité des cargaisons, les coûts logistiques et les conditions de paiement jouent un rôle déterminant.

Le groupe nigérian dispose d’un avantage industriel avec sa grande raffinerie de Lekki, près de Lagos. Cette installation lui permet de produire des carburants destinés au marché nigérian et à l’exportation. Pour le Cameroun, la proximité géographique peut offrir de nouvelles possibilités d’approvisionnement par voie maritime. Les gains éventuels dépendront cependant des prix contractuels, des volumes, du fret, des coûts de stockage et des conditions de règlement négociées entre les partenaires.

Les deux opérations doivent être distinguées. L’accord annoncé par la SONARA concerne l’approvisionnement en produits raffinés, tandis que Dangote Oil & Gas Cameroon est une société nouvellement constituée, dont les activités statutaires couvrent plusieurs métiers pétroliers. Aucun document publié n’établit que la nouvelle filiale est partie au contrat signé à Lagos ou qu’elle en assurera directement l’exécution. Les liens opérationnels éventuels entre ces deux initiatives dépendront des décisions commerciales et réglementaires à venir.

UNE IMPLANTATION INDUSTRIELLE À CONSTRUIRE

Le développement de la société pourrait modifier la configuration du marché camerounais des hydrocarbures si les projets de stockage et de transport présentés aux autorités se concrétisent. Ces activités nécessitent des investissements lourds, des autorisations administratives, des études techniques et des engagements financiers de long terme. Elles mettent également en jeu les relations avec les importateurs, les distributeurs et les gestionnaires des infrastructures existantes.

Dangote connaît déjà le marché camerounais à travers ses activités cimentières. Cette expérience lui a permis de développer des relations avec les administrations, les opérateurs logistiques et les entreprises locales. Son extension aux hydrocarbures représente toutefois un changement d’échelle et de métier. Le secteur pétrolier impose des contraintes spécifiques de sécurité industrielle, de financement des stocks, de gestion des prix et de conformité réglementaire.

Avec Dangote Oil & Gas Cameroon, le groupe nigérian se dote ainsi d’une structure permanente pour développer ses ambitions pétrolières dans le pays. L’entreprise dispose désormais d’une direction, d’organes de gouvernance et d’une implantation déclarée à Douala et Kribi. La prochaine étape sera celle des investissements effectivement engagés, des autorisations obtenues et des infrastructures réalisées, qui détermineront son poids dans l’approvisionnement et la logistique pétrolière du Cameroun.

Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 03/11/2026

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La création de la Banque africaine de l’énergie ouvre des perspectives de financement au Cameroun

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La création de la Banque africaine de l’énergie ouvre des perspectives de financement au Cameroun
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Officiellement créée le 31 octobre 2026 à Abuja par Afreximbank et l’Organisation des producteurs de pétrole africains, la Banque africaine de l’énergie entend financer les investissements pétroliers et gaziers du continent. Pour le Cameroun, membre de l’organisation fondatrice, cette nouvelle institution pourrait constituer une source de financement pour la reconstruction de la SONARA, les projets gaziers et les infrastructures pétrolières.

La reconstruction de la Société nationale de raffinage (SONARA), le développement des projets gaziers et la modernisation des infrastructures pétrolières camerounaises pourraient bénéficier d’une nouvelle source de financement africaine. Le 31 octobre 2026, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) et l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) ont officiellement créé, à Abuja, au Nigeria, la Banque africaine de l’énergie (Africa Energy Bank, AEB). Dotée d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars, soit environ 2 800 milliards de FCFA, l’institution aura vocation à financer l’exploration, la production, le transport, la transformation, le raffinage et la distribution des hydrocarbures.

La première assemblée générale de la banque, tenue dans la capitale nigériane, a désigné l’Égyptien Helmy Ghazi comme premier président et constitué son conseil d’administration. La nouvelle institution fonctionnera comme une banque panafricaine supranationale et indépendante. Ses promoteurs entendent mobiliser des ressources auprès des gouvernements, des compagnies pétrolières nationales, des établissements financiers et des investisseurs privés. Le capital autorisé de 5 milliards de dollars représente le plafond statutaire de capital, et non le montant des ressources déjà disponibles pour accorder des crédits.

Le Cameroun appartient à l’APPO, organisation intergouvernementale créée le 27 janvier 1987 à Lagos pour renforcer la coopération entre les pays africains producteurs de pétrole. Cette appartenance place le pays dans le périmètre institutionnel de l’initiative. Les entreprises camerounaises du secteur énergétique pourraient ainsi rechercher des financements auprès de la nouvelle banque, sous réserve des conditions d’éligibilité et des procédures d’approbation qui seront établies.

LA RECONSTRUCTION DE LA SONARA PARMI LES BESOINS POTENTIELS

La SONARA constitue l’un des principaux dossiers camerounais susceptibles d’intéresser cette nouvelle institution. Depuis l’incendie du 31 mai 2019, qui a endommagé ses installations de raffinage à Limbé, le Cameroun dépend des importations de produits pétroliers raffinés pour approvisionner son marché. La reconstruction de l’unique raffinerie du pays nécessite d’importants investissements, auxquels s’ajoutent les engagements financiers accumulés par l’entreprise.

Le mandat de la Banque africaine de l’énergie correspond à plusieurs composantes de ce chantier : raffinage, stockage, transport et distribution des produits pétroliers. Une intervention pourrait prendre la forme d’un prêt à long terme, d’un financement structuré ou d’une participation à un montage associant plusieurs institutions. Les modalités exactes dépendront de la politique de crédit de la banque et de la structure financière du projet présenté.

DES PERSPECTIVES POUR LE GAZ ET LES INFRASTRUCTURES PÉTROLIÈRES

Au-delà de la SONARA, les projets de développement du gaz naturel constituent un autre champ d’intervention potentiel. Le Cameroun dispose de ressources gazières exploitées ou en cours de valorisation, notamment dans les bassins sédimentaires côtiers. Leur développement nécessite des investissements dans les installations de production, de traitement, de transport et, selon les projets, de liquéfaction ou de distribution aux industries.

Les besoins concernent également les infrastructures de stockage et de transport des produits pétroliers. La sécurisation des approvisionnements dépend de la capacité à réceptionner les cargaisons, à conserver des stocks suffisants et à acheminer les carburants vers les principaux centres de consommation. Les investissements correspondants mobilisent des capitaux importants et exigent des financements adaptés à la durée de vie des équipements.

La création récente de Dangote Oil & Gas Cameroon, avec un centre d’opérations déclaré à Kribi, intervient dans ce contexte de développement potentiel des infrastructures pétrolières. Les projets envisagés par le groupe nigérian dans le stockage et le transport des hydrocarbures pourraient s’inscrire dans les catégories d’investissements que la Banque africaine de l’énergie souhaite soutenir. Aucun engagement financier entre la nouvelle banque et Dangote Oil & Gas Cameroon n’a été annoncé.

Pour les compagnies pétrolières et gazières, l’intérêt de l’AEB réside notamment dans la possibilité de mobiliser des capitaux auprès d’une institution spécialisée dans les risques énergétiques africains. Les projets d’exploration présentent des incertitudes géologiques et commerciales importantes, tandis que les installations de production ou de transport nécessitent souvent plusieurs années avant de générer des recettes suffisantes. Ces caractéristiques compliquent leur financement par les circuits bancaires traditionnels.

UNE RÉPONSE AU RETRAIT DES FINANCEURS INTERNATIONAUX

La création de la banque répond à l’évolution des politiques de financement du secteur énergétique. Plusieurs institutions financières internationales et banques commerciales ont réduit leurs engagements dans les nouveaux projets pétroliers et gaziers, dans le cadre de leurs politiques climatiques et de gestion des risques. Cette évolution limite les sources de capitaux disponibles pour les pays africains qui souhaitent développer leurs ressources en hydrocarbures.

Dans leur communiqué conjoint du 31 octobre, Afreximbank et l’APPO constatent que les financeurs traditionnels « se retirent du financement des énergies fossiles », alors que le pétrole et le gaz demeurent essentiels aux systèmes énergétiques africains. Les deux organisations évaluent à 200 milliards de dollars les besoins d’investissement énergétique du continent. La Banque africaine de l’énergie est présentée comme un instrument destiné à contribuer à la mobilisation de ces ressources.

L’institution entend également soutenir la transformation locale des ressources. Ses promoteurs indiquent que les investissements doivent permettre de « réduire la dépendance à l’égard des produits pétroliers importés » et de promouvoir le commerce énergétique entre pays africains. Cette orientation concerne directement le Cameroun, dont les exportations d’hydrocarbures coexistent avec une dépendance aux importations de carburants raffinés depuis l’arrêt des activités de transformation de la SONARA.

Le développement du raffinage africain constitue d’ailleurs une priorité affichée par l’APPO. Dans un entretien accordé à S&P Global Commodity Insights le 15 octobre 2026, son secrétaire général, Farid Ghezali, avait insisté sur la nécessité de développer les marchés énergétiques intérieurs et de transformer davantage les ressources produites sur le continent. Cette stratégie vise à réduire la dépendance des économies africaines aux importations de produits finis et aux perturbations des marchés internationaux.

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500 MILLIONS DE DOLLARS MOBILISÉS POUR LE DÉMARRAGE

Le financement initial de la banque demeure une étape déterminante. Le 15 octobre, Farid Ghezali avait indiqué à S&P Global Commodity Insights que l’institution disposait de 500 millions de dollars de capital de départ, soit environ 280 milliards de FCFA. Le responsable de l’APPO annonçait également l’ambition de lever 5 milliards de dollars sur les marchés et de porter les ressources mobilisées à 10 milliards de dollars d’ici à la fin de 2027.

Dans le même entretien, le secrétaire général précisait que les premières décisions d’investissement étaient attendues en 2027, avec l’objectif de financer au moins trois projets au cours de l’année. La priorité initiale serait accordée aux opérations transfrontalières, notamment les raffineries régionales et les infrastructures de transport des hydrocarbures. Le système de pipelines d’Afrique centrale figure parmi les projets cités par l’APPO.

La constitution du capital associe les États membres et Afreximbank. Selon des déclarations d’Helen Brume, directrice du financement de projets et d’actifs à Afreximbank, rapportées le 13 octobre, le Nigeria avait engagé 200 millions de dollars et Afreximbank 222 millions. Ces deux contributions représentent ensemble 422 millions de dollars. La participation financière propre du Cameroun à la capitalisation de la nouvelle banque n’a pas été rendue publique dans les documents examinés.

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Par Bonaventure TCHOUANGE
Défis Actuels du 03/11/2026

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Journée mondiale de l’épargne : Le Minfi appelle à mobiliser davantage l’épargne pour financer le développement

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Journée mondiale de l’épargne : Le Minfi appelle à mobiliser davantage l’épargne pour financer le développement
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Le Cameroun a célébré, samedi 31 octobre 2026, à la Maison du Parti de Bonanjo, à Douala, sa deuxième Journée mondiale de l’épargne officiellement commémorée, un an après la première édition organisée à Yaoundé. Devant les représentants des banques, des compagnies d’assurances, des sociétés de bourse et des fintechs, le ministre délégué auprès du ministre des Finances, Yaouba Abdoulaye, a délivré, au nom de Louis Paul Motaze, un message : mobiliser davantage l’épargne nationale et mieux la mettre au service du développement économique. L’enjeu est de taille.

Dans son message publié dans la plaquette-programme de la journée, le ministre des Finances estime l’épargne nationale à environ 15 % du produit national, un niveau insuffisant au regard des ambitions de développement du pays. « Ce niveau demeure inférieur aux exigences nécessaires pour porter l’investissement au seuil de 29 % initialement fixé dans la SND30, condition essentielle à l’atteinte d’une croissance forte, durable et inclusive », souligne Louis Paul Motaze. Pour le ministre, l’épargne intérieure constitue également « un gage de résilience face aux multiples chocs auxquels nos économies peuvent être confrontées ».

QUATRE PRIORITÉS POUR MIEUX MOBILISER L’ÉPARGNE

Placée sous le thème « Soutenir ses projets par une épargne efficace », cette édition a mis l’accent sur l’accès aux services financiers, la confiance dans les institutions et la diversification des placements. « Or, notre économie demeure confrontée à une insuffisance de l’épargne disponible pour soutenir pleinement ses besoins d’investissement », relève le mijistre Yaouba Abdoulaye dans son discours d’ouverture. Pour inverser cette tendance, le Minfi fixe quatre priorités : développer la culture de l’épargne, sécuriser les placements, encourager les innovations financières et orienter les ressources collectées vers les secteurs productifs.

Car l’enjeu dépasse la seule accumulation de dépôts. « Sa véritable utilité économique réside dans sa capacité à se transformer en investissements, en entreprises, en emplois et, finalement, en richesses pour la Nation », insiste le Minfi. Les banques sont ainsi appelées à renforcer leur soutien aux PME, à l’agriculture, à l’industrie et aux projets structurants. Les assureurs sont, pour leur part, invités à développer l’assurance-vie et les produits de capitalisation.

9 147 MILLIARDS DE FCFA DE DÉPÔTS, ESSENTIELLEMENT À VUE

Les chiffres présentés à l’occasion de cette journée témoignent d’une progression de la collecte, mais aussi de la prédominance des ressources à court terme. Selon le magazine officiel de l’événement, consulté par Défis Actuels, les dépôts de la clientèle des 18 banques commerciales, qui disposent de 502 agences, ont atteint 9 147,5 milliards de FCFA à fin décembre 2025, contre 8 351,6 milliards un an auparavant, soit une hausse de 9,5 %. Les dépôts à vue concentrent 82,8 % de cet encours, soit 7 577,3 milliards de FCFA, loin devant les dépôts à terme (1 003,3 milliards) et les comptes à régime spécial (566,9 milliards).

Cette structure souligne le défi de la mobilisation de ressources stables pour financer les investissements de longue durée. La même prédominance du court terme caractérise la microfinance. Les 385 établissements agréés totalisent 1 112,6 milliards de FCFA de dépôts, en progression de 14,1 % sur un an, dont 84,2 % à court terme. Dans l’assurance-vie et la capitalisation, les onze sociétés du secteur ont collecté 102,35 milliards de FCFA de primes en 2025, contre 98,41 milliards en 2024. Leurs actifs atteignent 431,26 milliards de FCFA, dont 201,85 milliards placés en obligations et autres valeurs d’État.

LA CONFIANCE, CONDITION DE LA MOBILISATION

Au-delà des volumes collectés, le ministère des Finances insiste sur la sécurisation de l’épargne. Tout en encourageant la digitalisation des services financiers, il met en garde contre les placements non autorisés et les offres promettant des rendements irréalistes. « La confiance constitue le socle de tout système financier solide. Sans elle, aucune politique de mobilisation de l’épargne ne saurait prospérer durablement », prévient le ministre des Finances. Trois panels ont permis d’approfondir ces enjeux, autour des leviers d’amélioration de l’épargne nationale, notamment la diaspora et la finance islamique, des innovations technologiques et des critères d’efficacité de l’épargne.

DES UNIVERSITÉS AU MARCHÉ MBOPPI

La célébration a été précédée, les 29 et 30 octobre, d’une campagne de sensibilisation destinée à rapprocher les produits d’épargne du public. Selon Gilbert Didier Edoa, secrétaire général du ministère des Finances et président du comité d’organisation, les activités ont notamment ciblé l’Université de Douala, l’Université catholique Saint-Jérôme, l’Institut universitaire du Golfe et les commerçants du marché Mboppi. À ces rencontres se sont ajoutés des programmes radio télévisés, un court-métrage consacré à l’assurance-vie et l’envoi de 10 000 SMS de sensibilisation.

Pour le Minfi, le défi consiste désormais à transformer cette mobilisation en pratiques durables. « Une Nation qui protège l’épargne de ses citoyens consolide la confiance dans ses institutions. Une Nation qui investit efficacement cette épargne prépare les conditions d’une prospérité durable et partagée », conclut le ministre Yaouba Abdoulaye.

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