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Infrastructure énergétique: Barrage de Mekin, le dysfonctionnement de trop

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Infrastructure énergétique: Barrage de Mekin, le dysfonctionnement de trop
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Lors de la réunion interministérielle présidée par le Premier ministre Joseph Dion Ngute le 21 novembre 2024, une décision majeure a été prise : réhabiliter d’urgence le barrage hydroélectrique de Mekin, à l’arrêt depuis septembre, suite à un dysfonctionnement des pompes à eau du 1er étage à la suite d’une inondation, a-t-on appris de sources concordantes. Cette infrastructure, pourtant présentée comme l’une des pièces maîtresses de l’électrification rurale dans le Sud et le Centre du Cameroun, illustre aujourd’hui l’échec cuisant d’une gestion hasardeuse et de problèmes techniques à répétition.

En juillet 2023, l’infrastructure avait pourtant été officiellement réceptionnée, marquant une étape censée clore un chantier débuté en 2010. Mais cette réception n’a pas empêché les dysfonctionnements de perdurer, au point de rendre le barrage incapable de fonctionner. «C’est le dysfonctionnement de trop», souffle un cadre du ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE). UNE

PRODUCTION ÉNERGÉTIQUE LIMITÉE ET INÉGALE

Depuis sa mise en service initiale en 2016, le barrage de Mekin n’a jamais atteint son objectif de production de 15 MW. Selon les données communiquées en juin 2022 par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, la centrale injectait 11,2 MW par jour dans le Réseau Interconnecté Sud (RIS). Une production insuffisante pour répondre aux besoins de la région du Dja-et-Lobo et d’une partie de la région du Centre, qu’elle était censée alimenter. En cause, des pannes récurrentes sur la turbine et le transformateur principal, signalées dès les premières années d’exploitation.

Les responsables du projet, à l’époque, avaient évoqué des « contraintes techniques », sans jamais apporter de solutions pérennes. Le constat est resté inchangé jusqu’à l’arrêt complet de l’infrastructure en septembre 2024.

UN FLOU PERSISTANT SUR LA GESTION ET LA COMMERCIALISATION

Outre les problèmes techniques, le barrage de Mekin souffre également de l’absence d’un cadre légal clair pour sa gestion. En juillet 2023, Fréderic Biya Motto, directeur général de la Société Hydro Mekin, révélait que le contrat de concession de l’infrastructure n’avait toujours pas été signé. «C’est une urgence à résoudre pour permettre à Mekin de vendre sa production sur le marché, non seulement à Eneo, mais aussi à des grands consommateurs», avait-il déclaré.

Cette situation administrative floue «limite les possibilités de rentabilisation de l’ouvrage, renforçant les critiques sur le manque de vision stratégique autour de cet investissement», renseigne une autre source au sein du gouvernement qui a requis l’anonymat

UN LOURD PASSIF FINANCIER ET SOCIAL

Le barrage de Mekin est aussi devenu un symbole des dépassements budgétaires et de conflits sociaux. Initialement estimé à 25 milliards de FCFA, financés à hauteur de 75 % par EximBank of China et 25 % par l’État du Cameroun, le coût du projet avait déjà atteint 34,5 milliards de FCFA en 2020, selon Hydro Mekin. Sur le plan social, la mise en eau du barrage en 2016 a engendré des dégâts considérables : des villages environnants ont été submergés, obligeant des centaines d’habitants à se déplacer.

Huit ans plus tard, les indemnisations promises restent en grande partie impayées, alimentant un sentiment d’injustice parmi les populations locales. Par ailleurs, le barrage est également pointé du doigt par l’Unesco pour son impact sur la Réserve de Faune du Dja, classée au patrimoine mondial. Les organisations de protection de l’environnement dénoncent une mise en œuvre du projet sans considération suffisante pour les normes environnementales internationales.

LE SIGNAL D’UN ÉCHEC STRUCTUREL

La récente décision du Premier ministre de réhabiliter le barrage de Mekin souligne l’ampleur de l’échec. «C’est un projet qui symbolise les défis structurels de nos infrastructures énergétiques : une planification inadéquate, une exécution médiocre et une exploitation non optimale», analyse un expert du secteur. Pour Joseph Dion Ngute, c’est peut-être l’occasion de sauver ce qui peut encore l’être.

Mais pour de nombreux observateurs, le cas de Mekin doit également servir de leçon pour éviter que d’autres projets stratégiques ne subissent le même sort. QUELLE VOIE POUR L’AVENIR ? La réhabilitation du barrage, désormais priorisée, ne sera pas sans défis. Les réparations techniques, vont contraindre le gouvernement à mobiliser des fonds supplémentaires qui vont venir gonfler la facture de ce barrage fortement décrié

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles
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Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.

Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).

Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.

Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.

Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?
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Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.

Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.

LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »

Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.

Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.

Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.

L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE

L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).

L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.

Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.

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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC
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Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.

En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).

Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.

DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME

Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.

Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.

Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.

Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.

Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.

Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.

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