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Quels sont les problèmes de l’économie du Cameroun ?

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Quels sont les problèmes de l’économie du Cameroun ?
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Malgré ses ressources naturelles abondantes et sa position géographique stratégique, le pays continue de lutter contre plusieurs obstacles majeurs qui freinent sa croissance économique. Avec un taux de croissance moyen de 3,9% en 2023, le pays peine à atteindre son objectif de devenir une économie émergente à l’horizon 2035. Poursuivons notre lecture pour découvrir quels sont les problèmes de l’économie du Cameroun.

Des défis structurels persistants

Le Cameroun reste très dépendant des exportations de matières premières, en particulier le pétrole, le bois et les produits agricoles comme le cacao et le café. Cette dépendance rend son économie particulièrement vulnérable aux fluctuations des prix sur les marchés internationaux. Par exemple, le secteur pétrolier joue un rôle important à la fois dans les exportations et les recettes fiscales, ce qui illustre la sensibilité économique du pays aux fluctuations des prix du pétrole. Lorsque les prix mondiaux du pétrole chutent, comme cela a été le cas entre 2014 et 2016, l’économie camerounaise en subit l’impact sous la forme d’une baisse des recettes de l’État, ce qui limite sa capacité à investir dans le développement.

Une infrastructure insuffisante

L’un des problèmes majeurs de l’économie camerounaise réside dans son déficit infrastructurel. Les infrastructures existantes présentent plusieurs lacunes critiques :

  • Transport routier : Seule une petite partie du réseau routier est asphaltée, ce qui limite l’efficacité du transport des biens et des personnes et a un impact sur la connectivité rurale.
  • L’électricité : L’accès à l’électricité reste limité à environ 65% dans les zones urbaines et seulement 25% dans les zones rurales.
  • Infrastructures portuaires : Le port de Douala, un centre commercial crucial, est confronté à des problèmes de congestion, entraînant des retards qui augmentent les coûts logistiques et rendent les exportations moins compétitives.
  • Télécommunications : Malgré des investissements récents, l’accès à l’internet reste limité, avec des lacunes dans la couverture à travers le pays. De nombreuses zones, en particulier les zones rurales, ont une faible connectivité, ce qui a un impact sur le développement numérique et les opérations commerciales.

Une gouvernance économique déficiente

Le développement du Cameroun est freiné par des problèmes de gouvernance économique. La gestion des finances publiques présente d’importantes faiblesses, avec une transparence budgétaire limitée et des inefficacités dans l’attribution des marchés publics, ce qui entraîne souvent des coûts excessifs. La coordination entre les ministères économiques est médiocre et le suivi des projets de développement est incohérent, ce qui entraîne des retards fréquents.

Les défis du secteur privé

Le secteur privé au Cameroun est considéré comme le moteur potentiel de la croissance économique. Cependant, il fait face à des conditions qui compliquent son expansion et limitent ses contributions au développement du pays. Ces défis sont en grande partie liés aux politiques économiques et à l’infrastructure financière du pays.

Un climat des affaires peu attractif

La croissance du secteur privé camerounais est entravée par plusieurs facteurs. Le système fiscal est complexe, avec de nombreux types d’impôts qui découragent les entrepreneurs. La création d’une entreprise prend beaucoup plus de temps ici que dans les principales économies africaines, et la corruption augmente encore les coûts d’exploitation. En outre, la lenteur et l’imprévisibilité du système judiciaire compliquent la résolution des litiges commerciaux, ce qui rend l’environnement difficile pour le développement durable du secteur privé.

Le problème du financement

L’accès au financement bancaire reste un obstacle majeur pour les PME camerounaises. Moins de 20 % de ces entreprises peuvent obtenir un crédit bancaire, et les garanties exigées doublent souvent le montant du prêt, ce qui rend le financement pratiquement inaccessible. Le rôle limité du secteur bancaire dans l’économie limite encore plus la croissance, car il ne couvre qu’une fraction du financement nécessaire.

Une compétitivité limitée

Les entreprises camerounaises sont confrontées à des défis en matière de concurrence internationale en raison de plusieurs facteurs structurels. Les coûts de production élevés, aggravés par le manque de fiabilité de l’infrastructure énergétique, alourdissent le fardeau des entreprises. La productivité du travail reste également inférieure à celle des marchés émergents, tandis que le financement limité de l’innovation restreint la croissance. L’intégration dans les marchés mondiaux est minimale, seule une petite partie des entreprises étant impliquée dans les exportations, ce qui limite encore la compétitivité.

Ces problèmes limitent la capacité du pays à s’intégrer dans les marchés mondiaux, le laissant derrière d’autres économies à forte croissance en 2024 et réduisant sa compétitivité globale sur la scène mondiale.

Les enjeux socio-économiques

L’économie camerounaise est également confrontée à des défis socio-économiques qui affectent directement le bien-être de sa population. Ces enjeux, allant du chômage des jeunes à la dominance de l’informalité, influencent la stabilité sociale et la distribution des ressources, tout en affectant les perspectives de développement.

Le chômage des jeunes

Le chômage des jeunes au Cameroun est un défi majeur pour l’économie du pays. Bien que le taux de chômage officiel soit relativement bas, cette statistique ne reflète pas pleinement la réalité du marché du travail, notamment en ce qui concerne les jeunes.

  • Taux de chômage officiel: Selon les données de la Banque mondiale, le taux de chômage total au Cameroun était de 3,7 % en 2022. Cependant, ce chiffre masque une sous-utilisation significative de la main-d’œuvre, en particulier chez les jeunes. Par exemple, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans était estimé à 6,4 % en 2023.
  • Diplômés et emplois formels: Chaque année, le Cameroun forme un nombre important de diplômés. Cependant, le marché du travail formel ne crée pas suffisamment d’emplois pour absorber cette main-d’œuvre qualifiée, ce qui conduit de nombreux jeunes à se tourner vers le secteur informel ou à rester sans emploi.
  • Concentration des opportunités d’emploi: Les villes de Douala et Yaoundé concentrent une part significative des opportunités d’emploi formel, laissant les autres régions avec moins de possibilités, ce qui accentue les disparités régionales en matière d’emploi.

L’économie informelle dominante

Le secteur informel camerounais, qui englobe la majorité de l’activité économique, présente des défis importants pour l’économie nationale. En raison de sa taille, l’assiette fiscale reste limitée et la plupart des travailleurs n’ont pas accès aux protections sociales. La productivité est généralement plus faible dans ce secteur, avec des revenus nettement inférieurs à ceux des emplois formels. Les entreprises informelles ont souvent du mal à accéder aux contrats et aux financements publics, ce qui renforce le cycle de l’informalité.

Les inégalités régionales croissantes

Les disparités économiques régionales au Cameroun s’accentuent, avec des différences substantielles dans les niveaux de revenus et d’investissement. L’investissement privé est fortement concentré dans les régions du Littoral et du Centre, tandis que la pauvreté reste profondément ancrée dans les régions septentrionales, ce qui contribue aux tensions sociales. La répartition inégale des opportunités économiques souligne la nécessité d’efforts de développement plus équilibrés à travers le pays.

Les solutions potentielles

Malgré les difficultés, il existe des solutions viables qui pourraient transformer le paysage économique du Cameroun. En se concentrant sur la diversification et l’innovation, le pays pourrait renforcer sa résilience économique et ouvrir de nouvelles opportunités pour sa population.

La diversification économique

Pour réduire sa dépendance aux matières premières, le Cameroun doit accélérer la diversification de son économie. Les axes prioritaires comprennent :

  • Développement de l’agro-industrie: Le développement de l’agro-industrie pourrait générer des opportunités d’emploi substantielles dans les années à venir, notamment en se concentrant sur la transformation des produits locaux.
  • Investissement dans l’économie numérique: Le secteur numérique connaît une croissance régulière, avec des augmentations annuelles de l’activité, offrant de nouvelles opportunités d’affaires et d’emploi.
  • Promotion du tourisme: Malgré son potentiel, le tourisme reste sous-développé, contribuant actuellement à environ 3 % du PIB. Grâce à des investissements ciblés, ce secteur pourrait stimuler la croissance économique.
  • Soutien à l’agriculture moderne: Les investissements dans la mécanisation et l’irrigation visent à stimuler la productivité et à moderniser l’agriculture, soutenant ainsi la sécurité alimentaire et la résilience économique.

Opportunités de l’économie numérique

L’essor de l’économie numérique au Cameroun est en train de remodeler les industries traditionnelles et de créer diverses opportunités d’innovation et de génération de revenus. Qu’il s’agisse des plateformes de commerce électronique qui permettent aux petites entreprises d’atteindre un public plus large ou des services financiers numériques qui améliorent l’accessibilité dans les zones reculées, le passage au numérique a un impact significatif.

En outre, la création de contenu numérique et les possibilités de travail à distance offrent de nouvelles sources d’emploi, en particulier pour les jeunes professionnels. Dans ce paysage numérique en expansion, des secteurs comme les jeux d’argent en ligne gagnent également du terrain, offrant des options de divertissement réglementées et accessibles. Des plateformes de jeux en ligne fiables par CasinoDoc contribuent à assurer la sécurité et la transparence des utilisateurs, reflétant ainsi les avantages plus larges d’un secteur numérique formalisé. En saisissant ces opportunités, le Cameroun peut soutenir une croissance économique durable dans divers secteurs.

La modernisation des infrastructures

Les infrastructures du Cameroun nécessitent des investissements importants pour être modernisées, les domaines prioritaires étant les suivants :

  • Construction de routes: Extension du réseau routier pour améliorer la connectivité, avec des plans pour ajouter des milliers de kilomètres dans les années à venir.
  • Modernisation des ports: Modernisation du port de Kribi pour en faire une plaque tournante du commerce régional et améliorer l’efficacité des activités d’importation et d’exportation.
  • Expansion de la capacité énergétique: Augmentation de la capacité de production d’énergie, avec pour objectif d’atteindre plusieurs milliers de mégawatts d’ici 2030 afin de répondre à la demande croissante.
  • Développement de la fibre optique: Étendre la couverture de la fibre optique pour améliorer la connectivité, en vue d’un accès généralisé dans tout le pays.

Le renforcement du capital humain

L’investissement dans le capital humain représente un levier crucial pour la transformation économique du pays. La réforme du système éducatif vise à augmenter la proportion d’étudiants en filières techniques d’ici 2025. Des centres d’excellence sont en cours de développement en partenariat avec le secteur privé, tandis que des programmes de formation continue sont mis en place pour les travailleurs du secteur informel. L’introduction de l’entrepreneuriat dans les cursus scolaires et universitaires devrait également favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs.

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Kim Kardashian fête ses 46 ans sans Lewis Hamilton : la raison de son absence dévoilée

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Kim Kardashian fête ses 46 ans sans Lewis Hamilton : la raison de son absence dévoilée
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Kim Kardashian a célébré ses 46 ans entourée de sa famille, mais un invité manquait à l’appel : Lewis Hamilton. L’absence du pilote de Ferrari lors de cette soirée organisée à Beverly Hills a rapidement attiré l’attention des fans. Selon le tabloïd britannique The Sun, le Britannique n’aurait pas pu assister au dîner en raison de ses préparatifs pour le Grand Prix des États-Unis, prévu ce week-end à Austin, au Texas.

D’après des sources citées par le média, la star américaine aurait été déçue de ne pas partager ce moment avec son compagnon, tout en souhaitant qu’il reste concentré sur la compétition. Le couple devait se retrouver au Texas pour passer du temps ensemble après les festivités familiales.

Kim Kardashian organise une soirée intime avec sa famille

Pour cet anniversaire, Kim Kardashian a privilégié une réception privée au restaurant Baldi, situé dans l’hôtel Waldorf Astoria de Beverly Hills. La soirée réunissait notamment ses sœurs Khloé et Kourtney, son frère Rob, sa mère Kris Jenner et sa demi-sœur Kylie Jenner.

L’entrepreneuse avait choisi deux tenues vintage signées Paco Rabanne. Elle est d’abord apparue dans une robe-tunique métallique verte, accompagnée d’un imposant ornement de tête décoré de pierres. Elle a ensuite changé de tenue pour porter une version bordeaux du même modèle.

Le dîner comprenait quatre services et deux gâteaux d’anniversaire, dont l’un était recouvert de framboises. Les images partagées sur les réseaux sociaux montraient une table élégamment dressée, avec des compositions florales et des verres de vin.

La présence de Rob Kardashian aurait également compté pour sa sœur. Peu présent dans la vie publique, il apparaît rarement lors des événements médiatisés de la famille.

Pourquoi Lewis Hamilton a-t-il manqué l’anniversaire ?

Selon les informations de The Sun, Lewis Hamilton était retenu par sa préparation au Grand Prix des États-Unis. Le rendez-vous de Formule 1 se déroule du 23 au 25 octobre 2026 sur le circuit des Amériques, à Austin, comme le confirme le calendrier officiel de la discipline.

Une source citée par le tabloïd affirme que Kim Kardashian devait rejoindre le pilote au Texas pour assister à la course et qu’ils comptaient organiser une célébration plus discrète tous les deux. Cette version repose toutefois sur des sources anonymes : ni le média ni les proches cités ne donnent de déclaration directe de Lewis Hamilton expliquant son absence.

Le week-end de course représente une échéance importante pour le pilote britannique, qui évolue chez Ferrari. Les essais et les qualifications précèdent le Grand Prix prévu dimanche 25 octobre.

Kris Jenner rend hommage à sa fille sur Instagram

Avant le dîner, Kim Kardashian aurait commencé sa journée avec ses quatre enfants dans sa résidence de Hidden Hills. Plusieurs médias ont rapporté qu’elle tient à partager ce moment avec eux chaque année, notamment pour découvrir les cartes qu’ils lui préparent.

Sa mère, Kris Jenner, lui a également consacré un message sur Instagram. Elle y a salué les accomplissements de sa fille, son investissement auprès de ses proches et son rôle de mère.

« Tu es une maman incroyable, et voir à quel point tu aimes tes enfants me rend tellement heureuse », a notamment écrit Kris Jenner dans son hommage.

De son côté, Kourtney Kardashian a partagé plusieurs images de la soirée, tandis que le styliste de Kim, Dani Levi, a publié des vidéos montrant la décoration et les tables du restaurant.

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MARCHÉ FINANCIER : La CEMAC supprime le plafond de 20 milliards de FCFA sur les placements privés

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MARCHÉ FINANCIER : La CEMAC supprime le plafond de 20 milliards de FCFA sur les placements privés
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À compter du 1er novembre 2026, les entreprises pourront mobiliser des capitaux sans limitation de montant auprès d’un cercle élargi d’investisseurs qualifiés. Adoptée le 7 octobre à N’Djamena à l’initiative de la COSUMAF, la réforme vise à faciliter le financement des investissements dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. Son efficacité dépendra toutefois de la capacité des émetteurs à convaincre les investisseurs.

Le marché financier de l’Afrique centrale s’apprête à connaître une importante évolution réglementaire. À partir du 1er novembre 2026, les entreprises, établissements financiers et autres émetteurs pourront lever des fonds par placement privé sans être soumis au plafond de 20 milliards de FCFA jusque-là applicable sur une période de douze mois. Le nombre maximal d’investisseurs autorisés à participer à ces opérations passe également de 40 à 99.

Ces changements résultent du règlement n° 03/CEMAC/UMAC/CM/COSUMAF, adopté le 7 octobre 2026 à N’Djamena, au Tchad, par le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC). Pris sur proposition de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF), après avis conforme du conseil d’administration de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), ce texte modifie les dispositions du règlement du 21 juillet 2022 relatives aux placements privés.

L’objectif est de permettre aux entreprises de mobiliser davantage de capitaux directement auprès des investisseurs, sans nécessairement passer par les circuits traditionnels du crédit bancaire ou par un appel public à l’épargne. Le placement privé consiste à proposer des titres financiers, notamment des obligations, à un groupe déterminé d’investisseurs disposant des compétences et des ressources nécessaires pour apprécier les risques de l’opération.

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La réforme répond, selon les considérants du nouveau règlement, à « l’importance croissante des besoins de financement des économies de la CEMAC et les contraintes pesant sur les finances publiques ». Les autorités monétaires entendent ainsi faire du placement privé un instrument de mobilisation de l’épargne institutionnelle au profit des investissements productifs. Le texte le présente comme « un levier stratégique de financement de l’économie réelle », notamment dans les infrastructures, l’énergie, l’industrie, l’agro-industrie et les services.

DES ÉMISSIONS SANS PLAFOND, MAIS UN ACCÈS ENCADRÉ

La suppression du plafond constitue la principale innovation. « Les opérations de placement privé ne sont soumises à aucune limitation de montant », dispose désormais l’article 88 du règlement. Une entreprise pourra donc, en principe, rechercher 30, 50 ou 100 milliards de FCFA auprès d’investisseurs qualifiés, sans être obligée de recourir à un appel public à l’épargne du seul fait du montant recherché.

Cette liberté s’accompagne néanmoins de nouvelles conditions. Un même émetteur ne pourra réaliser plus de deux placements privés sur une période glissante de 24 mois. Les opérations devront également être effectuées avec le concours d’un ou de plusieurs intermédiaires de marché agréés par la COSUMAF, notamment les sociétés de bourse chargées de structurer les émissions et de rechercher les souscripteurs.

Le règlement élargit parallèlement le cercle des investisseurs. Alors que l’ancien dispositif limitait leur nombre à 40, le nouveau autorise jusqu’à 99 investisseurs qualifiés par opération. Il fixe également une souscription minimale de 10 millions de FCFA par investisseur. Auparavant, la réglementation imposait une valeur nominale minimale de 50 millions de FCFA par titre, une exigence juridiquement différente de celle désormais retenue.

L’assouplissement ne signifie cependant pas que les placements privés deviennent accessibles à tous les épargnants. Les banques, compagnies d’assurance, fonds d’investissement, organismes de placement collectif, institutions de prévoyance sociale, caisses de retraite et institutions de financement du développement constituent les principales catégories d’investisseurs qualifiés de plein droit.

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Les personnes physiques pourront également accéder à ce statut, sous réserve de justifier notamment d’un patrimoine net d’au moins 50 millions de FCFA et de compétences financières adaptées. Pour les personnes morales ne bénéficiant pas automatiquement de cette qualification, le seuil de capitaux propres est fixé à 250 millions de FCFA, auquel s’ajoutent des exigences relatives à l’appréciation des risques.

Cette ouverture pourrait permettre à de nouveaux investisseurs privés, notamment des entrepreneurs et des holdings disposant de ressources importantes, de participer au financement des entreprises régionales.

La réforme ouvre également le marché régional aux émetteurs établis hors de la CEMAC, sous réserve du respect de la réglementation des changes. Certaines procédures pourront être accélérées lorsque les pays concernés disposent d’accords de coopération avec la BEAC ou la COSUMAF.

Sur le plan réglementaire, les opérations resteront soumises à un enregistrement auprès de la COSUMAF. Le texte précise cependant que cet enregistrement constitue un contrôle formel de conformité et ne vaut pas approbation des conditions économiques et financières de l’émission. Les investisseurs conserveront donc la responsabilité d’apprécier les risques des titres proposés.

LA BVMAC APPELÉE À FACILITER LA REVENTE DES TITRES

Autre innovation, la réforme modifie les conditions de cession des titres acquis lors des placements privés. Jusqu’ici, leur revente était limitée aux investisseurs qualifiés initialement sélectionnés pour l’opération. Désormais, les détenteurs pourront céder leurs titres à d’autres investisseurs qualifiés, même si ceux-ci n’ont pas participé à l’émission.

Ces transactions devront toutefois s’effectuer obligatoirement sur un compartiment dédié de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Cette disposition confère à la Bourse régionale un rôle supplémentaire dans l’organisation des échanges de titres issus des placements privés.

L’enjeu est important. La possibilité de revendre un titre avant son échéance peut constituer un argument pour convaincre les investisseurs de souscrire à des financements de longue durée. Mais l’existence d’un marché secondaire organisé ne garantit pas, à elle seule, la présence d’acheteurs ni la liquidité des titres.

UN NOUVEAU LEVIER POUR LES ENTREPRISES CAMEROUNAISES ?

Au Cameroun, plusieurs entreprises ont déjà utilisé les placements privés pour financer leurs activités. Selon l’historique présenté dans sa note d’information de 2025, le crédit-bailleur Alios Finance Cameroun a réalisé quatre opérations de cette nature en 2007, 2008, 2023 et 2025, pour des montants recherchés respectifs de 2 milliards, 3 milliards, 5 milliards et 4 milliards de FCFA.

En 2025, NSIA Assurances Cameroun a également engagé une opération de placement privé de 2 milliards de FCFA. Comme celle d’Alios Finance, elle a été présentée à la COSUMAF par Société Générale Capital Securities Central Africa, illustrant le rôle des intermédiaires agréés dans la structuration de ces financements.

Avec la nouvelle réglementation, des entreprises industrielles, agroalimentaires, énergétiques ou financières pourraient envisager des levées de capitaux d’une ampleur supérieure. Les banques et les compagnies d’assurance pourraient, de leur côté, trouver dans ces émissions de nouvelles possibilités de placement de leurs ressources.

Toutefois, la suppression des restrictions réglementaires ne suffira pas à provoquer une multiplication automatique des opérations. Les entreprises devront présenter des projets financièrement viables, des états financiers crédibles et des garanties de remboursement suffisamment solides pour convaincre les investisseurs.

De leur côté, les banques, assureurs et fonds d’investissement devront tenir compte de leurs contraintes prudentielles, de leurs besoins de liquidité et des risques associés aux émetteurs. La disponibilité de capitaux ne signifie donc pas nécessairement qu’ils seront investis dans les titres proposés.

Par Yves TCHENANG
Défis Actuels du 22/10/2026

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Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?

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Cameroun : Où va l’argent de l’Etat ?
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En dix ans, le budget de l’État du Cameroun a plus que doublé, passant de 3746,6 milliards FCFA en 2015 à 8816,4 milliards FCFA en 2026. Mais, alors que ces chiffres donnent l’impression d’une trajectoire ascendante de la puissance publique, une interrogation fondamentale demeure chez les citoyens : où va réellement ces milliards ?

L’examen attentif des lois de règlement (documents arrêtant définitivement l’exécution des budgets votés à l’Assemblée nationale) et des rapports d’évaluation du FMI et de la Banque mondiale livre un constat sans équivoque : les arbitrages financiers de la dernière décennie ont été dominés par le poids de la dette publique, du fonctionnement institutionnel et des détournements des deniers publics, au détriment de l’investissement productif et des dépenses sociales.

1. Le service de la dette est le premier poste budgétaire du pays

L’argent public sert d’abord à rembourser les dettes. En 2024 seulement, le service de la dette publique représentait à lui seul 24% de l’ensemble des dépenses ordonnancées de l’État (avec plus de 1 600 milliards FCFA exécutés sur une prévision de 2 252 milliards FCFA). Il faut dire que la dette publique est passée de moins de 25% du PIB en 2015 à plus de 43% du PIB en 2024, ce qui asphyxie l’économie. Les rapports d’évaluation du FMI soulignent un risque élevé de surendettement, qui contraint l’État à consacrer près de 1 franc CFA sur 4 uniquement au paiement du principal et des intérêts de sa dette.

2. Fonctionnement et masse salariale

En 2024, les dépenses de personnel atteignaient 1490,5 milliards FCFA, soit 22,6% des dépenses ordonnancées. Sur dix ans, la masse salariale de la fonction publique a progressé de plus de 60%, alors que l’Etat ne produisait pas proportionnellement la croissance. Pire, la consommation de biens et services et les charges de fonctionnement des ministères et autres institutions représentent un bloc structurel d’environ 25% des budgets annuels, caractérisé régulièrement par des impayés et une accumulation de restes à payer (comme en témoigne la dette locative de l’État).

3. Les détournement de deniers publics en hausse

Si le rapport annuel de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), pour l’exercice 2025, ne présente qu’un préjudice financier subi par l’État de 6,2 milliards FCFA, c’est parce qu’au fil du temps, l’on ne poursuit plus grand monde en justice ! La CONAC ne travaille que sur des cas signalé et/ou enrôlés ! Les détournements tracés et poursuivis par la justice et les organes de contrôle représentent moins de 2% du budget consolidé.

Or, dans la réalité, lorsque l’on regarde le rapport des bailleurs de fonds, la part réelle et systémique des détournements à travers des mécanismes de surfacturation, gaspillage, fraude, exécutions fictives, absentéisme payé (fonctionnaires fictifs), virements dérogatoires hors budget, est d’environ 15% de la valeur réelle du budget national annuel. Sauf que la corruption est devenue une normalité au Cameroun. L’un des sujets les plus discutés dans les rapports de la Banque mondiale et du FMI sur le Cameroun porte sur les « subventions » aux produits pétroliers.

Entre 2015 et 2023, cela a coûté plus de 2000 milliards FCFA au Trésor public. L’on appelle cela subvention alors que dans la structure des prix du litre de carburant, c’est le consommateur qui paie. Où part cet argent ? C’est aussi le consommateur qui paie la (re)construction de la SONARA, sauf que le budget annoncé a déjà été récolté plusieurs fois sans suite ! Pire, les rapports d’évaluation des bailleurs de fonds estiment que les détournements représentent une perte d’efficacité atteignant 30% du Budget d’Investissement Public (BIP).

Sur la décennie, cela équivaut à un manque à gagner réel allant jusqu’à 4000 milliards FCFA sur la réalisation des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux). L’opération de comptage physique des personnels de l’État (COPPE) a révélé sur la décennie des dizaines de milliers d’agents publics fictifs ou en situation d’irrégularité.

Les rémunérations indues versées et rattrapées représentaient jusqu’à 600 milliards FCFA sur la décennie, soit environ 4% de la masse salariale publique. Plus grave, l’audit approfondi mené sur les chapitres 65 (interventions de fonctionnement) et 94 (interventions en investissement) sur la décennie a mis en lumière l’évaporation de près de 1000 milliards FCFA au profit d’entreprises écrans ou pour des interventions dépourvues de justificatifs probants. Mais, comme j’ai dit, l’opération épervier s’est avérée politique et à tête chercheuse.

4. Les soldes engagées non décaissées

L’une des critiques récurrentes formulées par l’Assemblée nationale lors des débats sur les lois de règlement concerne le taux d’exécution des dépenses en capital (BIP). L’on a toujours parlé d’une sous-consommation chronique du budget et des emprunts. Sur la décennie, la part des SEND (Soldes Engagés Non Décaissés) s’est révélée particulièrement élevée, allant jusqu’à 70% du budget annuel global (soit environ les deux tiers du budget de l’État), et représentant près de 15% du PIB.

Les encours de SEND (prêts extérieurs signés avec les Partenaires Techniques et Financiers – PTF, mais non encore décaissés) ont fortement grimpé sous l’effet de l’accumulation des conventions de financement. En 2025, ils ont atteint le niveau critique de 5100 milliards FCFA, soit l’équivalent de près de 70% de l’ensemble des ressources et charges budgétisées de l’exercice.

Le coût d’opportunité et les commissions d’immobilisation sont importants. Le Cameroun subit le syndrome de la faible capacité d’absorption alors qu’il faut seulement travailler à résoudre les problèmes d’exécution qui sont : la faible maturité des projets, les retards dans les procédures d’expropriation, les lenteurs des décaissements et la complexité des procédures de passation des marchés publics.

En récapitulant les dix dernières années d’exécution budgétaire au Cameroun, l’on note qu’environ 15% seulement de l’argent public a été consacré au financement des routes, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, etc. L’enjeu central pour la gestion des finances publiques camerounaises ne réside plus seulement dans la capacité à collecter des recettes ou à emprunter, mais dans la qualité de la dépense.

Sans une restructuration audacieuse qui accorde la priorité absolue aux investissements générateurs de croissance, l’argent de l’État continuera principalement de financer son propre fonctionnement et le remboursement de ses dettes.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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