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Ressources naturelles : L’opérationnalisation de la Banque africaine de l’énergie annoncée en 2025

Les ministres des 18 pays membres de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) se sont réunis à Yaoundé pour la 46e session de leur Conseil. Cet événement, marqué par la présence de hauts représentants comme le Premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute et le ministre congolais des Hydrocarbures Bruno Jean-Richard Itoua, a permis aux membres de réitérer leur soutien à la Banque africaine de l’énergie (AEB) et d’avancer un message fort pour l’indépendance énergétique de l’Afrique. « Avec la signature et la ratification de l’accord d’établissement et la charte de la Banque par deux pays, à savoir la République du Ghana et la République fédérale du Nigeria, le traité portant création de la Banque est effectivement entré en vigueur », a indiqué le communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres de l’APPO.
Ce projet phare de l’organisation incarne l’espoir d’une souveraineté énergétique du continent africain. Lancée officiellement en partenariat avec l’Afreximbank, la Banque africaine de l’énergie, dont l’initiative remonte à 2020, devrait débuter ses opérations au premier trimestre de 2025, apprend-on. « La Banque, il faut d’abord le rappeler, va beaucoup s’occuper des questions de pétrole et de gaz, notamment. En matière de pétrole et de gaz, c’est trop de demandes d’exportations. Et il s’agit maintenant pour les pays africains de disposer d’un capital et de savoir-faire afin justement de diminuer leurs prix », a indiqué Pr Pierre Roland Atangana, expert en question énergétique.
Pour son opérationnalisation, l’AEB devrait disposer d’un capital initial de 5 milliards de dollars issu des contributions des pays membres de l’APPO. « Nous avions besoin de 5 milliards de dollars pour démarrer. Mais nous avons décidé qu’il nous fallait 500 millions pour démarrer. Et nous avons obtenu 50 % de cette somme avant même d’avoir officiellement lancé la banque. Nous sommes donc convaincus que d’ici la fin du premier trimestre de l’année prochaine, la banque devrait être opérationnelle », a indiqué Omar Farouk Ibrahim, Secrétaire général de l’APPO. La souscription est fixée à 83,33 millions de dollars par pays. Actuellement, 99,953 millions de dollars ont déjà été mobilisés grâce à l’engagement financier de trois pays pionniers : l’Angola, le Ghana, et le Nigeria, ayant respectivement contribué 10, 20,83 et 69,12 millions de dollars. Le ministre congolais des Hydrocarbures, Bruno Jean-Richard Itoua, a insisté sur l’importance d’une mobilisation collective pour concrétiser ce projet et encourage l’ensemble des membres de l’APPO à accélérer leurs versements pour renforcer la banque et soutenir son rôle central dans le financement des projets énergétiques africains. « Nous avons fixé un budget de démarrage qui permettra à la Banque, dès le début, de disposer de ressources pour lancer ses opérations assez rapidement. Nous avons déjà mobilisé 40% de ce budget de démarrage mais nous sommes confiants dans le fait que les différents pays membres pourront remplir rapidement leurs obligations. C’est notre décision commune. Ce sont les 18 qui ont décidé, ça n’aurait pas de sens que nous ayons décidé cela et que nous n’ayons pas des actes subséquents. Tous les pays sont mobilisés », dit-il. L’AEB dont le siège sera basé au Nigeria, née de la volonté commune de promouvoir l’autonomie énergétique, prévoit de financer divers projets et initiatives énergétiques à travers le continent africain.
Sa création découle d’un processus commencé en 2020 et rendu effectif en juin 2024 avec la signature de l’accord de création de la banque par le Ghana et le Nigeria, permettant ainsi au traité de création de prendre effet. En plus du financement propre de l’APPO et de l’Afreximbank, l’AEB bénéficie de soutiens financiers stratégiques, visant à en faire un levier pour le développement énergétique et économique. Sur le continent, près d’un milliard de personnes vivent sans accès à une énergie fiable, le défi est immense. Les pays membres de l’APPO, se sont ainsi engagés à exploiter, produire et raffiner leurs propres hydrocarbures pour réduire cette pauvreté énergétique qui entrave le développement économique.
La Banque africaine de l’énergie jouera un rôle crucial en soutenant non seulement l’industrie pétrolière et gazière, mais aussi d’autres sources d’énergie, y compris les renouvelables, dans le but de sortir l’Afrique de la crise énergétique. Les statistiques disponibles révèlent l’ampleur des ressources naturelles du continent : plus de 125 milliards de barils de pétrole brut et plus de 600 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel. Malgré ce potentiel, la dépendance vis-à-vis des financements étrangers a longtemps freiné les ambitions africaines. En finançant les projets énergétiques directement à partir de ressources africaines, la Banque africaine de l’énergie pourrait changer la donne.
JOSEPH DION NGUTE, Premier ministre


« La Banque africaine de l’énergie pourrait servir de modèle dans d’autres domaines »
Le Cameroun, comme l’a souligné son représentant lors des assises, accueille pour la quatrième fois la session ministérielle de l’APPO depuis la création de cette instance de coordination. Il est pertinent de revenir sur les évolutions significatives que nous avons enregistrées depuis les dernières rencontres de Yaoundé, en mars 2008, qui témoignent de l’excellente coopération africaine dans le secteur des hydrocarbures. Cette dynamique pourrait servir de modèle dans d’autres domaines de développement sur le continent. Il faut d’abord souligner l’augmentation du nombre de pays membres, passé de 14 en 2008 à 18 aujourd’hui. Cela montre l’intérêt supranational qui anime cette organisation et qui a même poussé le Venezuela, pays d’Amérique du Sud disposant des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, à rejoindre notre organisation en tant que membre observateur. Cela confirme le caractère stratégique et privilégié de notre coopération interétatique. Ensuite, je souhaite rappeler les réformes internes majeures ayant transformé l’APPO, qui est passée d’une association à une organisation, affirmant ainsi plus clairement ses ambitions en tant que cartel pétrolier et gazier africain. Enfin, je me réjouis des actions menées par la présidence camerounaise du Conseil des ministres, qui ont contribué à renforcer la bonne gouvernance au sein de notre organisation. Cette 46ème session du Conseil des ministres de l’APPO se déroule dans un contexte particulier, marqué d’une part par les exigences environnementales en faveur du développement d’énergies alternatives, et d’autre part par la volonté de nos États de trouver des solutions endogènes pour lutter contre la pauvreté et améliorer le bien-être de nos populations. Il est évident que l’une des solutions réside dans la gestion efficace de nos ressources naturelles pour faire face à la pauvreté énergétique qui touche encore notre continent.
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Dayla, 26 ans, tuée par une balle perdue : son meurtrier de 15 ans condamné à 100 ans de prison

Une jeune femme de 26 ans, sans lien avec les faits, a perdu la vie après avoir été touchée par une balle perdue. Plusieurs années après le drame, la justice a rendu un verdict particulièrement sévère contre l’auteur des tirs, qui était âgé de seulement 15 ans au moment des faits.
Une victime innocente prise dans une fusillade
Dayla, 26 ans, se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. Une fusillade a éclaté et une balle perdue l’a mortellement atteinte, alors qu’elle n’avait aucun lien avec les personnes impliquées dans les violences.
Sa mort avait profondément choqué la population et relancé le débat sur les conséquences dramatiques des armes à feu et de la violence chez les jeunes.
Une condamnation exceptionnelle
Le tireur, qui n’avait que 15 ans au moment des faits, a finalement été condamné à une peine cumulée de 100 ans de prison par la justice américaine.
Même si cette peine paraît spectaculaire, le système judiciaire des États-Unis permet de cumuler plusieurs condamnations pour différentes infractions liées à une même affaire, ce qui explique ce total particulièrement élevé.
Une affaire qui marque les esprits
Ce dossier rappelle une nouvelle fois les conséquences tragiques des fusillades, où des personnes totalement étrangères aux conflits deviennent des victimes.
La condamnation prononcée traduit la volonté de la justice de sanctionner sévèrement les crimes commis avec des armes à feu, même lorsque leur auteur était mineur au moment des faits.
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C’est grave : les captures d’écran de discussions d’un pasteur et une jeune fille partagées sur la toile excitent les mecs

Une vive polémique agite les réseaux sociaux après la diffusion de supposées captures d’écran de conversations attribuées à un pasteur et à une jeune femme. Les images ont été largement partagées sur plusieurs plateformes, suscitant de nombreuses réactions.
À ce stade, l’authenticité de ces captures d’écran n’a pas été officiellement confirmée. Les personnes concernées ne se sont pas publiquement exprimées, et aucune décision de justice ou communication officielle n’a permis de vérifier les accusations relayées en ligne.
Cette affaire relance le débat sur la diffusion de contenus privés sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes appellent à la prudence, rappelant qu’il est important de ne pas tirer de conclusions avant que les faits ne soient établis.



Une polémique est née après la diffusion de supposées captures d’écran impliquant un pasteur et une jeune femme. Les faits restent à confirmer.
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Justice : Contentieux et arbitrages exposent l’État à une facture de 652 milliards FCFA

Le Cameroun fait face à une accumulation de contentieux financiers liés à la gestion de grands projets d’infrastructure et miniers. L’addition des indemnités réclamées ou déjà accordées à des entreprises internationales pourrait dépasser les 650 milliards FCFA, faisant peser un risque important sur les finances publiques.
L’annonce la plus récente concerne le secteur minier. L’entreprise australienne Sundance Resources a affirmé avoir remporté une procédure d’arbitrage devant la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris contre l’État du Cameroun. Dans un communiqué publié par son financeur de litige, Burford Capital, le tribunal arbitral a condamné le Cameroun à verser 355 milliards FCFA (plus de 600 millions de dollars) à la junior minière australienne.
Cette sentence fait suite à un litige portant sur le projet de gisement de fer de Mbalam-Nabeba, situé à la frontière entre le Cameroun et la République du Congo. Sundance et sa filiale Cam Iron SA estimaient que le Cameroun avait violé ses obligations légales en retirant leurs droits miniers et en attribuant le permis d’exploitation du côté camerounais à un autre opérateur.
Le tribunal a également jugé que Yaoundé n’avait pas respecté une ordonnance d’urgence de la CCI rendue en mars 2022, qui lui interdisait d’accorder ce permis à une tierce partie. Selon les informations disponibles, la somme initialement réclamée par Sundance s’élevait à 5,5 milliards de dollars. Cette condamnation ne signifie toutefois pas que le paiement interviendra immédiatement. Burford Capital, qui a financé les frais de la procédure en échange d’une part des indemnités éventuelles, a lui-même appelé à la prudence. « La délivrance de la sentence arbitrale ne constitue pas un versement en espèces pour Burford », rappelle le groupe, soulignant que « plusieurs étapes restent à franchir avant un éventuel recouvrement effectif ».
UN RISQUE GLOBAL DE PLUS DE 600 MILLIARDS FCFA POUR LES FINANCES PUBLIQUES
Le contentieux minier n’est cependant pas le seul dossier susceptible d’alourdir les charges de l’État. Selon le Rapport de certification du Compte général de l’État 2024, publié par la Chambre des comptes de la Cour suprême, le Cameroun reste confronté à deux autres contentieux majeurs liés au Complexe sportif d’Olembé.
Ce complexe comprend un stade de 60 000 places, un hôtel, un centre commercial, un gymnase, une piscine olympique et plusieurs équipements annexes. Si le stade a accueilli des rencontres de la Coupe d’Afrique des nations en janvier 2022, l’ensemble du projet n’a jamais été achevé.
Depuis lors, les travaux sont à l’arrêt malgré plusieurs mises en demeure adressées par le ministère des Sports. Les entreprises Piccini (Italie) et Magil Construction (Canada), qui se sont succédé sur le chantier, réclament au total 267 milliards FCFA d’indemnisation. Le contentieux le plus important concerne Piccini SPA.
La société italienne a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), institution du Groupe de la Banque mondiale basée à Washington. Elle estime avoir été évincée alors que son contrat, d’un montant initial de 163 milliards FCFA, pouvait encore être exécuté. Elle réclame ainsi 250 milliards FCFA, soit environ 381 millions d’euros. La Chambre des comptes rappelle toutefois que l’entreprise avait déjà perçu 113 milliards de FCFA avant la résiliation du contrat.
De son côté, le gouvernement soutient que les retards accumulés par Piccini compromettaient l’organisation de la CAN 2021 et justifiaient la rupture du marché. La procédure est toujours en cours. Magil Construction Corporation, qui avait repris le chantier après le départ de Piccini, poursuit également l’État devant la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale à Paris.
L’entreprise canadienne réclame 17 milliards FCFA, estimant que les financements nécessaires à la poursuite des travaux n’ont jamais été mis à sa disposition. En réponse, le gouvernement affirme que Magil a déjà perçu 42 milliards FCFA alors que le contrat initial s’élevait à 22 milliards de FCFA. Il précise que 38 milliards FCFA provenaient d’un prêt contracté auprès de Standard Chartered Bank. Les autorités estiment en outre que les décaissements dépassaient largement l’état réel d’avancement du chantier.
Elles rappellent enfin qu’au moment de quitter Olembé, plusieurs fournisseurs réclamaient à Magil près de 13 milliards FCFA de factures impayées.
TOLLCAM ATTEND TOUJOURS SON INDEMNISATION
Le Rapport de certification du Compte général de l’État 2024 évoque également le contentieux opposant le Cameroun à Tollcam Partenariat SAS, société créée par les groupes français Fayat et Egis pour réaliser quatorze postes de péage automatiques dans le cadre d’un partenariat public-privé signé en 2019. Après la résiliation de ce contrat, l’entreprise a saisi la Cour internationale d’arbitrage de Paris pour réclamer 30 milliards FCFA à l’État.
La Chambre des comptes indique toutefois qu’une procédure de règlement amiable a été engagée entre les deux parties. Selon des informations recueillies auprès du ministère des Travaux publics, le gouvernement a inscrit 20 milliards FCFA au budget 2026 afin d’effectuer un premier versement au profit de Tollcam. Les 10 milliards FCFA restants devraient être réglés en 2027, conformément aux dispositions de l’accord conclu entre les parties.
En additionnant la condamnation obtenue par Sundance (environ 355 milliards FCFA), les réclamations de Piccini et Magil (267 milliards de FCFA) ainsi que l’indemnisation prévue pour Tollcam (30 milliards FCFA), les passifs potentiels ou déjà actés liés à ces trois contentieux atteignent environ 652 milliards FCFA. Ces trois dossiers ne constituent toutefois que la partie visible de l’iceberg.
Dans son Rapport de certification du Compte général de l’État 2024, la Chambre des comptes de la Cour suprême relève que le Cameroun est confronté à une multitude d’autres litiges opposant l’État à des entreprises et à des particuliers. Si les montants en jeu sont, pour la plupart, nettement inférieurs à ceux des affaires Sundance, Piccini, Magil ou Tollcam, ils représentent néanmoins des engagements financiers susceptibles d’alourdir progressivement les charges publiques.
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