Evelyn Lima Dantas, 21 ans, venait tout juste de retrouver la liberté. Dix jours plus tard, elle était abattue devant chez elle, sous les yeux de son père. Un règlement de comptes glaçant qui relance l’enquête sur l’un des faits divers les plus violents du Pará ces derniers mois.
Une exécution en pleine rue, sous les yeux de son père
Il est environ 3h30 du matin ce mercredi 16 septembre lorsque des coups de feu retentissent rue Bernardo Ferreira de Oliveira, dans le quartier São Francisco, à Mãe do Rio, au nord-est de l’État du Pará, au Brésil.
Selon les informations relayées par le média localDiário do Pará, deux hommes non identifiés font irruption dans la maison où vit Evelyn Lima Dantas. Ils immobilisent son père, puis traînent la jeune femme jusque devant le domicile familial.
C’est là, sur le trottoir, qu’ils ouvrent le feu à plusieurs reprises. D’après le récit rapporté par le siteA Voz do Xingu, les assaillants prennent ensuite la fuite en voiture, non sans avoir pris le temps de taguer le sigle “TCP” sur le mur de la maison.
Ce sigle renvoie au Terceiro Comando Puro (Troisième Commandement Pur), une faction criminelle originaire de Rio de Janeiro. La police n’a toutefois pas confirmé, à ce stade, l’implication directe de cette organisation dans le meurtre.
Les policiers militaires, alertés vers 3h57 par des riverains ayant entendu les tirs, découvrent le corps de la jeune femme recouvert d’un drap sur la chaussée. Son père, retrouvé en train de nettoyer les lieux, est alors sommé d’arrêter afin de préserver la scène de crime pour les besoins de l’enquête scientifique.
Une libération provisoire qui a précédé le drame de quelques jours à peine
Le nom d’Evelyn Lima Dantas n’était pas inconnu des autorités locales. La jeune femme venait tout juste de sortir de détention, le 9 septembre, après avoir été placée en préventive dans le cadre d’une autre affaire criminelle très médiatisée.
Elle était en effet soupçonnée d’avoir participé à l’organisation de l’assassinat du sergent de réserve Antônio Anildo Alves da Silva, 56 ans, tué le 29 juillet dernier par des hommes armés ayant ouvert le feu depuis une voiture devant un supermarché de la même ville.
Selon le site britanniqueNeed To Know, qui avait suivi l’affaire dès son arrestation en juillet, Evelyn comptait alors plus de 22 000 abonnés sur Instagram, où elle partageait régulièrement des clichés glamour, entre coiffures soignées et tenues sophistiquées. Ce chiffre avait grimpé à plus de 24 000 followers au moment de sa mort, avant que son compte ne soit désactivé mercredi.
La jeune femme avait par ailleurs déjà été interpellée par le passé pour des soupçons de trafic de stupéfiants liés à la même organisation criminelle, selon la police civile.
Une enquête tous azimuts, aucun suspect interpellé
Près de vingt-quatre heures après les faits, aucune arrestation n’avait été annoncée. Dans un communiqué cité par plusieurs médias brésiliens, la police civile a détaillé les pistes suivies :
« Des expertises médico-légales ont été demandées et des témoins sont entendus pour faire avancer l’enquête. Des recherches sont menées pour identifier et localiser les responsables et établir le mobile du crime. »
Les enquêteurs exploitent notamment des images de vidéosurveillance montrant le véhicule utilisé par les tireurs pour prendre la fuite. Une force conjointe réunissant la police civile, la police militaire et la police scientifique a été mobilisée sur le terrain, dans un contexte de tensions déjà vif depuis l’assassinat du sergent Alves da Silva en juillet, qui avait donné lieu à une vaste opération de sécurité dans la région, marquée par des barrages, des perquisitions et plusieurs échanges de tirs.
À ce stade, les autorités n’ont pas confirmé si l’exécution d’Evelyn Lima Dantas est directement liée à l’affaire pour laquelle elle venait d’être libérée.