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Les BRICS dévoilent un plan pour contester la domination du dollar américain

L'organisation BRICS, orientée vers le Sud, a dévoilé des plans ambitieux pour transformer le système monétaire et financier international, visant à remettre en question la domination de longue date du dollar américain.
En tant que président des BRICS pour 2024, la Russie a proposé la création d’une initiative de paiement transfrontalier des BRICS (BCBPI), qui permettrait aux membres de l’organisation d’échanger en utilisant leurs monnaies nationales. Par ailleurs, les BRICS mettront en place une infrastructure de messagerie alternative pour contourner le système SWIFT, sous contrôle américain et soumis aux sanctions occidentales.
Le « système multidevises » proposé comprendrait de nouveaux mécanismes non seulement pour dédollariser le commerce, mais également pour encourager les investissements dans les membres des BRICS et dans d’autres marchés émergents et économies en développement. Ces initiatives comprennent une plateforme BRICS Clear, un « nouveau système de comptabilité et de règlement des titres » et des instruments financiers libellés en monnaies nationales.
Contourner Swift
Les BRICS expérimenteront également la technologie des registres distribués (DLT) et promouvront l’utilisation des monnaies numériques des banques centrales (CBDC) pour régler directement les déséquilibres commerciaux, en contournant le système SWIFT et les banques correspondantes situées dans des pays tiers.
Les BRICS prévoient de créer une bourse des céréales BRICS et une agence de tarification associée. Il créera des centres d’échange de matières premières comme les céréales, le pétrole, le gaz naturel et l’or, qui pourront également régler les déséquilibres commerciaux.
Le ministère des Finances de la Fédération de Russie, la Banque de Russie et le cabinet de conseil Yakov and Partners ont co-écrit le rapport « Amélioration du système monétaire et financier international », qui présente ces recommandations.
Le ministre russe des Finances Anton Siluanov a expliqué cette motivation :
« Le système actuel est basé sur l’infrastructure financière occidentale existante et sur l’utilisation de monnaies de réserve. Il est gravement défectueux et est de plus en plus utilisé comme outil de pression politique et économique », a-t-il déclaré. « Une autre raison en faveur d’une réforme du système monétaire et financier international est la fragmentation géo-économique qui est devenue le résultat de l’abus des restrictions commerciales et financières. »
Le rapport a été publié à la veille du sommet des BRICS à Kazan, en Russie, du 22 au 24 octobre.
Les BRICS élargissent leur adhésion
Fondés à l’origine comme un groupement informel de marchés émergents et d’économies en développement, les BRICS comprennent désormais le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Lors du sommet des BRICS de 2023 à Johannesburg, en Afrique du Sud, six autres pays ont été invités à les rejoindre : l'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Argentine.
La présidence des BRICS tourne sur une base annuelle. En 2023, l’Afrique du Sud assumait la présidence, et en 2024, la Russie.
En février 2024, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des BRICS se sont réunis à Sao Paulo, au Brésil, où la Russie a annoncé son intention de créer une « plateforme multilatérale de règlement et de paiement numérique » appelée BRICS Bridge.
Défier la domination du dollar américain
Le rapport de la présidence russe des BRICS affirme que le système monétaire et financier international (SMI) actuel est non seulement injuste mais également inefficace, car il s’agit d’un monopole qui souffre « d’une dépendance excessive à l’égard d’une monnaie unique et d’une infrastructure financière centralisée ».
Le document note que « l’actuel IMFS sert principalement les intérêts des pays avancés » (économies avancées), c’est-à-dire en grande partie les pays riches d’Occident. De plus, « le IMFS existant a été caractérisé par des crises fréquentes, des déséquilibres persistants du commerce et des comptes courants, des niveaux de dette publique élevés et croissants et une volatilité déstabilisatrice des flux de capitaux et des taux de change ».
Le monopole du dollar américain garantit la demande mondiale pour cette monnaie, permettant aux États-Unis d'enregistrer des déficits courants gargantuesques pendant des décennies tout en militarisant leur monnaie pour servir leurs intérêts géopolitiques. Le gouvernement américain a imposé des sanctions unilatérales à un tiers de tous les pays, dont 60 % des pays à faible revenu.
Alternatives à la Banque mondiale et au FMI
Pour transformer le système monétaire et financier international, le rapport russe propose la création de plusieurs nouvelles institutions, notamment la BRICS Cross-Border Payment Initiative (BCBPI), la plateforme BRICS Clear et la BRICS Grain Exchange.
Il a également appelé au renforcement de la Nouvelle Banque de Développement (NDB) et de l'Accord de Réserve Contingent (CRA), que les BRICS ont déjà établi comme alternatives à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaire International (FMI).
La NDB a été fondée pour fournir des financements aux pays en développement, notamment pour des projets d'infrastructures. La NDB s’est engagée à offrir davantage de prêts dans les monnaies nationales des membres des BRICS, dans le but de dédollariser progressivement le pays.
La présidence russe des BRICS a appelé à « augmenter considérablement la capacité de financement de la NDB » et à revoir ses « principes et critères d'évaluation pour la sélection des projets ».
Toutefois, l’ARC, conçue comme une source alternative de liquidités pour les pays confrontés à des problèmes de balance des paiements, a été moins active. La proposition russe souligne que l'ARC souffre d'une dépendance à la fois à l'égard du dollar américain et du système de messagerie interbancaire SWIFT. De plus, le FMI est chargé de superviser ses opérations, ce qui peut réduire son efficacité.
La nécessité d’un nouvel ordre économique international
La proposition des BRICS de transformer le système monétaire et financier international constitue une étape importante vers la lutte contre les inégalités structurelles du système actuel. Il soutient l'appel du Groupe des 77 (G77) en faveur d'un nouvel ordre économique international (NIEO), en vigueur depuis 1974. Selon les économistes du World Inequality Lab, Nievas et Sodano, cela réduira la domination du système actuel.
« En effet, la position centrale des pays riches dans le système monétaire et financier international leur permet de fonctionner comme des intermédiaires, à l’image des banquiers du monde », ont-ils déclaré. « Ce rôle renforce encore leur privilège, car ils tirent parti de leur position avantageuse pour attirer l’épargne excédentaire et la canaliser vers des investissements productifs. Ce cycle perpétue leur domination et renforce leur position en tant qu’acteur clé dans le paysage économique mondial. »
Mimi Méfo Infos
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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.
Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.
DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS
Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.
Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.
Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.
Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.
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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale

Cet événement biennal prévu du 27 juillet au 05 août 2026 à Yaoundé, mettra en avant l’artisanat local par des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation et des innovations.
Promouvoir et stimuler l’innovation dans le secteur de l’artisanat camerounais, en créant une plateforme d’échanges fructueux entre les savoirs-faires traditionnels et les influences contemporaines, afin d’accroître sa compétitivité. C’est l’objectif général de la 9ème édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), prévu du 27 juillet au 05 août 2026 au musée national de Yaoundé.
L’événement qui aura pour pays invités d’honneur la Côte d’Ivoire et le Cameroun et l’Algérie va se tenir sous le thème : «Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale? ». Comme innovation de cette 9ème édition, le SIARC 2026 ambitionne des formations des artisans sur l’appropriation du processus de normalisation et de certification des produits artisanaux, l’ouverture d’une boutique souvenir SIAR 2026 et un atelier d’initiation des jeunes vulnérables aux métiers artisanaux.
Au cours du point de presse organisé hier jeudi 23 juillet 2026 à Yaoundé en prélude à l’événement, Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) a expliqué que «l’artisanat demeure l’un des piliers de l’économie camerounaise. Selon les autorités, il mobilise près de 60 % de la population active, contribue significativement à la création de richesses, favorise l’insertion socio-économique et participe à la préservation de l’identité culturelle nationale».
Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fait de l’innovation, de la compétitivité et de la valorisation du secteur privé des instruments majeurs pour conduire le Cameroun vers l’émergence. L’artisanat y occupe une place de choix en tant que levier de création d’emplois, de promotion du « Made in Cameroon » et de développement des chaînes de valeur locales.
Achille Bassilekin III a indiqué que l’artisanat national dépasse le simple acte commercial. « Acheter un produit artisanal camerounais, c’est soutenir une famille, préserver un savoir-faire, contribuer à la création d’emplois et investir dans notre patrimoine culturel », a-t-il déclaré.
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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total

«Qui gouverne ce pays ? Le chef de l’État est absent du territoire national depuis plus de six semaines (…). La vice-présidence, créée à la hâte en avril au nom de la continuité de l’État demeure vacante. L’État fonctionne par délégation de signature qu’aucun citoyen n’a jamais vue».Le coup de gueule est de Joshua Osih hier lors de la conférence de presse qu’l a donnée à Yaoundé. Le séjour prolongé du président de la République en Europe était le sujet phare abordé par le président du Social democratic front (SDF) à cette occasion où il présentait la position de son parti sur l’état de la nation. Joignant ainsi sa voix aux millions d’autres qui s’inquiètent du « court séjour » présidentiel devenu de plus en plus élastique. Déjà 45 jours que le peuple camerounais est sans nouvelles de Paul Biya son président, parti « en Europe » début juin dernier, et qui n’a plus donné signe de vie. Lui qui a fait l’objet de vifs débats sur son état de santé à l’occasion de la célébration de la Fête nationale le 20 mai dernier. Lui dont des sources annoncent une hospitalisation en Suisse. Une information qui avait été donnée par le magazine Jeune Afrique. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, avait démenti cette information, la déclarant « non fondée ». Le porte-parole du gouvernement indiquait que Paul Biya est au travail.
Mais cela fait déjà un mois et demi que l’homme en qui le peuple camerounais a confié son destin, est toujours sans nouvelles officielles. Amplifiant les rumeurs et débats sur sa santé. Et désormais sur la vacance à la tête de l’Etat. Convoquant l’article 6, alinéa 5 de la Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en avril dernier. Lequel dispose que «en cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat du président de la République». Faux : «Affirmer que le pouvoir (exécutif) est ‘’vacant’’ au Cameroun relève d’un barbarisme juridique, voire politique oulogique », réagi Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc, parti au pouvoir.
« République en pilotage automatique »
Sauf que la réalité à savoir la longue absence prolongée du président de la République, impose débats et conjectures lorsqu’après sa sortie, le patron de la communication du parti au pouvoir ne peut apporter une preuve que Paul Biya continue d’être le commandant de bord du bateau Cameroun. Le SDF par la voix de son président, est monté au créneau pour joindre sa voix à celles des autres Camerounais qui refusent d’assister en victimes résignées du sevrage brusque de leur président ; mais surtout, de sortir le débat des réseaux sociaux pour l’exposer dans les espaces conventionnels de gouvernance participative de la cité. «Nous comprenons, et nous l’avons dit, que d’un point de vue constitutionnel, cette vacance n’existe pas par voie d’absence», rejoint-il Fame Ndongo. «Nous respectons cela. Nous sommes des républicains et nous respectons les lois qui nous entourent. Mais nous disons, et nous insistons, que d’un point de vue politique et tout simplement de décence, la question reste sur la table : celle qui oblige le président de la République d’informer ses concitoyens. Tout comme il le fait quand il part, il a l’obligation de nous dire ce qu’il lui arrive», s’en éloigne-t-il. Jugeant l’absence de communication officielle comme «indécente et méprisante».
Le Chairman du SDF rappelle que le chef de l’Etat«est une institution». Insistant sur le fait que «nous devons savoir ce qui se passe avec le chef de l’Etat». Et «ce n’est pas une faveur que nous demandons». Et d’insister sur la notion de « court séjour », autre pan du débat. «Si court, chez lui, veut dire 45 jours, il faudrait qu’on revoie le curriculum scolaire au Cameroun, parce que, quand moi je suis allé à l’école, 45 jours n’étaient pas considérés comme un court séjour». Le successeur de Ni John Fru Ndi ne se contente plus du bavardage : «Quand nous disons que nous allons aviser, c’est tout simplement pour savoir : qu’il nous informe, de ce qui se passe. Parce que si, après tous ces appels des Camerounais pour savoir où il est, il ne répond pas, il faudra passer à la phase suivante : comprendre pourquoi il ne peut pas nous dire où il est», menace-t-il. D’autant plus que «le Cameroun est une République en pilotage automatique et l’on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête». Faisant allusion aux nombreuses questions et préoccupations des Camerounais à l’heure actuelle : la vie chère, la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 qui institue la vice-présidence de la République, le problème du trafic illicite de l’or,…
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