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Kah Wallah à Atanga Nji : « Cessez vos menaces et vos insultes à l’endroit des Camerounais »

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Kah Wallah à Atanga Nji : « Cessez vos menaces et vos insultes à l’endroit des Camerounais »
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« Monsieur le Ministre de l’administration territoriale, Cessez immédiatement les menaces et les insultes que vous utilisez lorsque vous vous adressez aux Camerounais. C’est une violation de la loi camerounaise, une attitude inconvenante et un manque de respect à l’égard du peuple »,écrit l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2011 Edith Kah Walla sous la tunique du CPP, dans une lettre ouverte, adressée à Paul Atanga Nji.

En effet, face aux rumeurs persistantes sur l’état de santé du président de la République, le ministre de l’Administration territoriale a fait une sortie interdisant désormais les Camerounais de parler de ce sujtet dans la presse privée et les réseaux sociaux. Une sortie véhémente contestée par certains acteurs de la scène politique, parmi lesquelles Kah Wallah, femme politique Camerounaise. Dans sa correspondance adressée au Minat, elle laisse transparaître son mécontentement et la déception qu’elle a vis à vis de son « frère Abakwa ».

Lebledparle.com vous propose ci-dessous l’intégralité de ladite lettre:

Monsieur le Ministre de l’Administration Territoriale,
Mon cher frère Abakwa,

Je vous écris une lettre publique et personnelle. Publique parce qu’elle concerne plutôt les actions publiques ostentatoires que vous avez menées et que vous n’avez pas menées. Personnellement parce que oui, vous êtes mon frère.
Cette lettre a pour but de vous demander de cesser, de renoncer et de passer à l’action.

Cessez !

En tant que citoyenne camerounaise, je vous demande de cesser immédiatement deux choses.
Tout d’abord, vous devez cesser de nous menacer et de nous insulter, nous, citoyens camerounais. L’utilisation de termes tels que “moulinex”, le langage et le ton intimidants doivent cesser immédiatement. Vous êtes Ministre de la République du Cameroun.

Je vous invite à relire l’article 2 de notre Constitution. Nous, le Peuple, détenons la souveraineté nationale que nous choisissons d’exercer par l’intermédiaire du Président de la République. Vous êtes nommé par le Président de la République. Dans l’ordre hiérarchique, nous, le Peuple, sommes le patron de votre patron. En aucun cas vous n’êtes censé nous insulter ou nous menacer dans l’exercice de vos fonctions officielles. Nos impôts paient votre salaire et celui du Président de la République. Vous travaillez pour nous.

En tant que Ministre de la République, vous devez faire preuve de professionnalisme, d’étiquette et de respectabilité à tout moment. Nous vous payons pour que vous nous représentiez avec dignité et décorum.
Contrairement à beaucoup de Camerounais, je vous ai rencontré et j’ai discuté avec vous. Au cours d’un entretien de 3 heures, nous n’étions pas d’accord plus de 90% du temps. Pas une seule fois vous ne m’avez menacé ou insulté pendant cette conversation, malgré nos points de vue diamétralement opposés. Je sais donc que vous êtes capable de communiquer sans menace ni insulte.

Cessez immédiatement les menaces et les insultes que vous utilisez lorsque vous vous adressez aux Camerounais. C’est irrespectueux envers nous, le Peuple. C’est une violation de la loi camerounaise, une attitude inconvenante et un manque de respect à l’égard du peuple camerounais.
C’est un acte indigne de la fonction que vous avez été désigné pour occuper. Une fonction qui nous représente en tant que nation.
Cessez immédiatement les menaces et les insultes.

Renoncez !

En tant que citoyenne camerounaise, je vous demande de renoncer immédiatement à des déclarations de nature illégale. En tant que Ministre de la République du Cameroun, l’une de vos responsabilités principales est de respecter et faire respecter la loi. Vous faites régulièrement des déclarations et tentez d’accomplir des actes contraires à la loi. Je citerai deux exemples.

  • Déclaration illégale sur la liberté d’expression: Interdiction du débat public sur l’état de santé du Chef de l’Etat. Le préambule de la Constitution du Cameroun stipule que “la liberté de communication, d’expression, de presse, de réunion, d’association et de syndicalisme, ainsi que le droit de grève sont garantis dans les conditions fixées par la loi”. La liberté d’expression est un droit constitutionnel ! Vous ne pouvez pas, en tant que Ministre de la République, interdire à un Camerounais de s’exprimer sur n’importe quel sujet, à moins qu’il n’existe une loi spécifique vous permettant de le faire. Votre directive du 9 octobre 2024 aux gouverneurs est donc illégale.
  • Prononcés illégaux sur le fonctionnement des partis politiques: Interdire les coalitions et exiger que les partis politiques demandent l’autorisation aux préfets et sous-préfets pour tenir des réunions, Monsieur tu Ministre, est en contradiction directe avec les lois N° 90/055 et N° 90/056 du 19 décembre 1990 qui spécifient les paramètres légaux pour la tenue de réunions publiques et le fonctionnement des partis politiques, respectivement. Ces lois rendent illégaux vos communiqués du 12 mars et du 23 mai 2024, qui sont également rédigés sur un ton menaçant et insultant.

Monsieur le Ministre, le respect de la loi camerounaise, je le répète, est un élément fondamental et spécifique de vos fonctions.

La loi stipule que vous devez fournir un cadre dans lequel les partis politiques exercent la liberté d’opinion politique, garantie par notre constitution, et mènent leurs activités. En aucun cas, vous n’êtes censé vous immiscer ou interférer dans le fonctionnement des partis politiques. Malgré notre système judiciaire très imparfait, vos tentatives d’ingérence dans le fonctionnement interne des partis politiques ont toujours été stoppées par les tribunaux. Je le sais de première main, car je vous ai battu en tant que présidente du Cameroon People’s Party, non pas une, mais deux fois dans le système judiciaire. Plusieurs autres partis politiques vous ont également battu dans un système judiciaire qui ne favorise aucunement les partis d’opposition.
Retenez la leçon. Arrêtez les communiqués, les décisions et les actes ministériels illégaux. Ce n’est pas seulement inconvenant et indigne de la fonction que vous avez été nommé à occuper, mais cela suggère que vous n’êtes pas apte à exercer cette fonction.

Enfin, Monsieur le Ministre, vous devez cesser de confondre votre rôle de militant du parti politique au pouvoir avec vos fonctions de ministre.

Il est regrettable que votre parti, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), se soit confondu en tant que parti avec le gouvernement du Cameroun au cours des 42 dernières années. Vous avez confondu les fonctions de l’État, vous avez confondu les ressources de l’État et vous avez complètement confondu les intérêts de l’État avec ceux de votre parti.
Sachez que cette confusion est regrettable, contraire aux intérêts de la République et incontestablement illégale. C’est une confusion qui a appauvri notre pays, entravé son développement et empêché les Camerounais de jouir des libertés, des ressources et des richesses de ce merveilleux pays qui est le nôtre. Vous, Monsieur le Ministre, êtes l’un des principaux promoteurs de cette confusion.
Vous devez cesser immédiatement de confondre votre rôle de militant du RDPC avec votre rôle de Ministre. Vous êtes Ministre de la République du Cameroun. Nous vous payons pour soutenir et défendre les intérêts nationaux, et non les intérêts d’un citoyen individuel quelconque, même quand ce citoyen est le Président de la République.

Passez à l’action.

Pendant que vous êtes occupés à proférer des insultes, des menaces et des déclarations illégales, le travail que vous êtes censés faire, le travail pour lequel nous vous payons en tant que citoyen/nes camerounais/es, est très mal fait. Les responsabilités dont vous vous acquittez de manière extrêmement inadéquate sont multiples. Permettez-moi de me concentrer sur trois d’entre elles qui nécessitent une action urgente et efficace de votre part.

  • La crise à l’Extrême Nord

Monsieur le Ministre, près d’un demi-million de Camerounais sont en situation de détresse dans l’Extrême-Nord de notre pays à cause des inondations. Vous avez interdit (vous et l’interdiction, hein !) aux Camerounais de mobiliser des ressources pour aider leurs concitoyens. Pendant ce temps, la Direction de la Protection Civile de votre ministère a échoué sur plusieurs fronts.

Ces inondations se produisent chaque année et les niveaux d’eau exceptionnellement élevés de cette année avaient été prévus. Votre ministère n’a rien fait pour éviter la mort des camerounais/es et la situation désastreuse dans laquelle se trouvent près de 500 000 de nos compatriotes

La mission précise de la Direction de la Protection Civile est de de se préparer et de répondre aux catastrophes. Jusqu’à présent, votre réponse est très insuffisante. Les abris sont insuffisants et ont été à nouveau inondés. L’assistance fournie aux victimes est insuffisante et inappropriée. Les victimes sont traumatisées et retraumatisées.

Coordination, planification et mobilisation des ressources.

Votre ministère est censé coordonner avec tous les autres ministères ainsi qu’avec les acteurs de la société civile et du secteur privé pour fournir des solutions à court, moyen et long terme à ces citoyens en détresse. En dehors de vos déclarations sur les cadeaux du Chef de l’Etat (confondant une fois de plus votre rôle de militant avec celui de ministre), les camerounais/es ne sont pas au courant du plan de soutien à nos compatriotes. Après votre interdiction des initiatives privées, malgré le manque criant de ressources pour les victimes, personne ne sait ce que votre ministère fait pour répondre à cette crise ni comment nous, citoyens, pouvons y contribuer.

Insécurité urbaine

Monsieur le Ministre, en tant que citoyens, nous vivons dans une insécurité croissante et alarmante dans nos villes. Cette insécurité est due au manque d’opportunités d’emploi, d’éducation et de formation pour environ 30 % de nos jeunes. L’insécurité est également due à la prolifération et à la consommation de drogues illégales dans notre pays. Cette insécurité met nos vies en danger, entrave la croissance économique et les investissements dans notre pays. Il s’agit d’un problème complexe et urgent qui est au cœur de votre portefeuille en tant que ministre de l’administration territoriale.
Vos journées devraient être consacrées, non pas à nous menacer et à nous insulter, mais à mobiliser vos collègues ministres ainsi que toutes les autres parties prenantes (comment pouvez-vous nous mobiliser quand vous nous menacez ?), pour résoudre ce problème urgent.

La crise anglophone

Monsieur le Ministre, comme je vous l’ai dit en personne, je vous considère comme l’un des principaux protagonistes d’une crise qui a tué près de 10.000 Camerounais, créé environ 60.000 réfugiés et déplacé plus de 800.000 personnes. Votre malheureuse « réunion de paix » du RDPC du 8 décembre 2016 a déclenché ce qui est devenu une guerre civile de faible intensité dans notre pays. Les citoyens étaient mécontents de leur gouvernement et formulaient des plaintes légitimes. Vous avez décidé de répondre par un événement partisan et vous avez déclenché une catastrophe. Commencez-vous à comprendre la calamité que cette confusion entre le rôle de ministre et celui de militant a engendrée pour notre pays ?

Aujourd’hui, la crise est là et vous êtes Ministre. Les réponses que vous avez apportées aux personnes déplacées internes (PDI) qui sont directement sous votre responsabilité sont totalement inadéquates. Les personnes déplacées ont besoin d’abris, de documents administratifs, d’écoles et d’emplois. Vous leur avez parfois fourni un matelas ou un sac de riz. L’Ouest, le Littoral, le Centre et même le Sud sont inondés de vagues de personnes déplacées qui, dans leur vulnérabilité, font l’objet d’un trafic humain à des fins sexuelles et de travail. Les victimes sont revictimisées encore et encore. Monsieur le Ministre, vous avez été si prompt, par votre arrogance, vos menaces et vos insultes, à déclencher cette crise. Nous vous demandons maintenant d’effectuer le travail pour lequel nous, les citoyen/nes, vous payons.

  • Élaborer un plan clair pour les documents administratifs destinés aux personnes déplacées. Des centaines de milliers de personnes déplacées vivent dans l’insécurité la plus totale parce qu’elles n’ont pas d’acte de naissance, de carte d’identité nationale ou d’autres documents administratifs. Organisez-vous avec vos collègues ministres et sortez immédiatement ces citoyen/nes de cette situation précaire. Ils souffrent depuis trop longtemps.
  • Fournir des soins de santé physique et mentale. Depuis le début de cette crise, votre gouvernement n’a offert que peu ou pas de services aux personnes déplacées qui ont subi de graves traumatismes physiques et mentaux. Organisez-vous avec vos collègues en charge de la santé et de l’aide sociale pour fournir les services dont ont cruellement besoin ces victimes qui ont souffert pendant des années sans que vous ne vous en préoccupiez.
  • Élaborer une stratégie claire pour l’emploi. Les personnes déplacées ont besoin d’un moyen de survie. Organisez-vous avec vos multiples collègues ministres en charge de la décentralisation, du développement économique, de l’agriculture, etc. et développez une stratégie claire pour l’emploi. Les personnes déplacées sont des citoyens que les politiques malavisées de votre gouvernement RDPC ont rendus sans abri et sans emploi. Il est de votre responsabilité de leur permettre de se réinsérer dans la vie sociale et économique.
    Monsieur le Ministre, il y a plus qu’assez de travail sérieux à faire. Ce ne sont là que quelques-uns des dossiers urgents qui se trouvent sur votre bureau. Vous n’avez pas de temps à consacrer à des communiqués futiles et à des décisions ministérielles illégales.
    Agissez, Monsieur le Ministre. C’est votre travail.

Mon cher frère Abakwa,

Oui, je conclurai sur cette note très personnelle. Vous êtes mon frère et je suis votre sœur, quels que soient nos sentiments d’ambivalence l’un envers l’autre. Le Cameroun nous destine ainsi, Abakwa nous destine ainsi.

Quiconque vous rencontre se rend immédiatement compte de l’amour profond, à la limite de l’adoration, que vous portez au Chef de l’État. Même si je trouve ce choix étrange, c’est le vôtre et je le respecte. Cet amour aveugle pour Paul Biya vous a cependant conduit à mener des actions qui ont très directement détruit l’Abakwa que nous connaissions et aimions, pour cette génération et la suivante. Que cela serve de leçon. Que cela ne se répète pas pour la Nation tout entière. Si la nature suit son cours, tôt ou tard, Paul Biya quittera cette Nation et vous et moi y resterons. Frères et sœurs, nous nous regardons en face.

Cessez. Renoncez. Agissez. Afin que ce jour-là, nous puissions trouver un terrain d’entente pour reconstruire, à partir de ces cendres que vous et votre amour de Paul Biya nous avez laissées.

Très sincèrement
Kah Walla
Citoyenne

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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC

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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC
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Le mardi 9 juin 2026, des gendarmes camerounais ont investi un entrepôt du troisième arrondissement de Douala. Derrière une façade d’unité de production d’enduits et de matériaux de construction se cachait une chaîne de montage dédiée à la fabrication de fausses pièces de monnaie métallique. Cinq individus ont été interpellés — deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont celui qui assurait la direction technique de l’opération. Le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, s’est déplacé en personne pour constater l’ampleur du dispositif.

L’affaire a immédiatement suscité des interrogations sur la capacité de la Banque centrale à protéger les signes monétaires qu’elle émet. D’autant que la presse relevait la saisie, dans le même contexte, de liasses de faux billets de 10 000 francs CFA et de rondelles imitant des pièces de 500 francs. Des interrogations qui ont conduit Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC à clarifier, dans une interview accordée à nos confrères de Cameroon Business Today, les faits et à replacer l’incident dans sa juste proportion.

Première mise au point de taille : les pièces saisies à Douala ne sont pas des contrefaçons de la nouvelle gamme 2024. « Les vérifications effectuées ont montré que les pièces concernées étaient des imitations de la pièce de 500 francs de l’ancienne gamme mise en circulation en 1985 et progressivement retirée depuis l’introduction de la gamme de 2006 », a précisé le gouverneur. Une nuance essentielle, qui change la nature du problème. Il ne s’agit pas d’une brèche dans les nouveaux dispositifs de sécurité, mais d’une tentative de remise en circulation de copies d’une pièce déjà obsolète.

ANALYSE DES CONTREFAÇONS

Les chiffres que la BEAC a publiés à cette occasion méritent d’être examinés avec attention. Au 30 avril 2026, le Laboratoire d’analyse des contrefaçons de la Banque centrale avait recensé 16 639 billets contrefaits sur un volume de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation dans l’espace CEMAC. Le ratio obtenu — 19 billets contrefaits pour un million de billets en circulation — est nettement inférieur au seuil de vigilance retenu à l’échelle internationale, généralement fixé à 100 billets contrefaits par million. Autrement dit, plus de 99,998 % des billets qui transitent chaque jour dans les économies des six pays membres sont authentiques. Ces statistiques ne relativisent pas le crime lui-même.

La contrefaçon monétaire reste une infraction grave, aux effets potentiellement déstabilisateurs. Lorsqu’elle prend de l’ampleur, elle érode la confiance dans la monnaie, perturbe les transactions commerciales et peut entraîner des pertes directes pour les ménages et les entreprises qui reçoivent de faux billets sans le savoir. Elle peut également alimenter d’autres circuits criminels.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les banques centrales traitent ce sujet comme une priorité permanente, quelle que soit l’ampleur réelle du phénomène. Mais dans le cas de la CEMAC, les données disponibles indiquent que ces risques systémiques ne se matérialisent pas. « Nous sommes très loin d’une situation susceptible de menacer la stabilité monétaire ou économique de notre sous-région », a soutenu le gouverneur. Une affirmation que les chiffres étayent.

DISPOSITIFS D’AUTHENTIFICATION

La réponse institutionnelle de la BEAC s’articule autour de trois axes. Le premier est préventif : intégrer en permanence de nouvelles technologies de sécurité dans les billets et les pièces, en travaillant sur les substrats, les procédés de fabrication et les dispositifs d’authentification. Le deuxième est opérationnel : maintenir un système de détection mobilisant la Banque centrale, les établissements de crédit, les forces de sécurité et les autorités judiciaires. Le laboratoire d’analyse des contrefaçons joue un rôle central dans ce dispositif, en expertisant les signes monétaires suspects et en suivant l’évolution du phénomène à l’échelle de la sous-région.

Le troisième axe est pédagogique : sensibiliser régulièrement le grand public, les commerçants et les professionnels de la monnaie aux signes permettant d’identifier les faux billets. Dans cette optique, la BEAC a développé une application mobile baptisée « BEAC NG2020 », disponible sur les plateformes Play Store et App Store. Elle permet aux utilisateurs d’identifier les caractéristiques de sécurité de la gamme actuelle de billets et de renforcer leur capacité d’authentification au quotidien.

La question de la sécurité des coupures elles-mêmes a aussi été posée directement au gouverneur, certains observateurs laissant entendre que des failles pourraient exister du côté de la Banque centrale. Sa réponse a été sans ambiguïté. « Les billets et les pièces émis par la BEAC sont dotés de dispositifs de sécurité répondant aux standards les plus exigeants », a-t-il affirmé, en rappelant que la lutte contre la contrefaçon n’est jamais un acquis définitif pour aucune banque centrale au monde. Les faussaires s’adaptent, innovent, cherchent des failles. Ce qui impose aux instituts d’émission une veille technologique permanente.

L’existence de tentatives de contrefaçon ne traduit donc pas une défaillance institutionnelle ; elle confirme la nécessité de maintenir la pression.

MÉCANISME DE VIGILANCE

L’affaire de Douala illustre précisément ce mécanisme de vigilance. C’est la détection d’un individu qui tentait d’introduire des pièces contrefaites dans les circuits commerciaux du premier arrondissement qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’aux têtes du réseau. Deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont le technicien principal de l’opération. L’enquête, relayée par la chaîne Équinoxe TV et le média Benin Web TV, montre que les mécanismes de coopération entre la Banque centrale et les forces de l’ordre fonctionnent.

La robustesse de ces mécanismes est, en définitive, le message que la BEAC cherche à faire passer. Non pas que la contrefaçon n’existe pas — l’affaire de Douala en est la démonstration — mais qu’elle reste contenue dans des proportions qui ne menacent ni la monnaie ni les économies de la zone. Le gouverneur a conclu sur un appel à la responsabilité partagée : « La première ligne de défense contre la contrefaçon demeure la vigilance des utilisateurs eux-mêmes. » Signaler tout signe monétaire suspect, se familiariser avec les critères d’authentification, utiliser les outils numériques mis à disposition — autant de réflexes qui, mis bout à bout, renforcent l’intégrité du circuit fiduciaire dans l’ensemble de la sous-région.

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles
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Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.

Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).

Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.

Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.

Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?
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Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.

Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.

LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »

Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.

Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.

Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.

L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE

L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).

L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.

Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.

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