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Dispositions constitutionnelles du Cameroun sur la vacance présidentielle : que se passe-t-il lorsque la présidence devient vacante ?

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Dispositions constitutionnelles du Cameroun sur la vacance présidentielle : que se passe-t-il lorsque la présidence devient vacante ?
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Depuis des semaines, les médias locaux et internationaux s'inquiètent de l'état de santé et du décès possible du président Paul Biya, qui dirige le Cameroun depuis 1982. L'homme de 91 ans n'a pas été vu en public depuis le 8 septembre 2024. des inquiétudes croissantes quant à sa capacité à continuer à diriger la nation centrafricaine. Bien que le gouvernement ait eu du mal à dissiper les rumeurs sur l'état de santé du président et certaines sur sa mort, son absence continue du public laisse de nombreux Camerounais se demander ce qui va se passer ensuite. Les dispositions constitutionnelles du Cameroun et les cadres juridiques associés établissent un processus définitif pour remédier à l'absence ou à la vacance de la présidence, garantissant ainsi la continuité et la stabilité politiques.

Ces dispositions visent à prévenir une vacance du pouvoir et à assurer le bon fonctionnement de l'État, qu'elle soit provoquée par une incapacité temporaire ou une situation permanente telle que le décès ou la démission. Alors que la nation est confrontée à des difficultés politiques croissantes, il devient de plus en plus crucial de comprendre l’application de ces lois, ou leurs applications potentielles.

Absence temporaire du Président

La Constitution du Cameroun de 1996 décrit les situations dans lesquelles le président peut être temporairement indisponible ou frappé d'incapacité, le rendant incapable de remplir ses fonctions. Dans ces cas, le Président a le pouvoir de déléguer des pouvoirs au Premier ministre pour agir à sa place. Le Premier ministre ne peut exercer des responsabilités spécifiques que pendant une durée limitée, jusqu'à ce que le Président reprenne ses fonctions.

Les délégations temporaires offrent une solution pratique lors des brèves absences du président, qu'il s'agisse d'un traitement médical, de missions diplomatiques ou d'autres circonstances. Si l'absence persiste ou si le président n'est pas en mesure de reprendre ses fonctions, des mesures supplémentaires sont prises pour éviter une absence prolongée de leadership.

Ce système semble simple, mais il nécessite encore une évaluation approfondie dans des scénarios réels. Le Cameroun a une riche histoire de pouvoir exécutif robuste, avec peu de cas de présidents accordant des pouvoirs au Premier ministre pour des durées prolongées. Cela soulève des questions sur l’efficacité potentielle du processus dans un scénario réel impliquant une absence prolongée.

Poste vacant définitivement : décès, démission ou incapacité

Dans les cas plus graves, la Constitution prévoit des dispositions relatives à une vacance permanente à l'article 6, qui peut survenir dans les conditions suivantes :

  1. Décès du président: Le décès du Président en cours de mandat entraîne une vacance immédiate et permanente.
  2. Démission: Si le Président choisit de démissionner, cette action nécessite le processus de succession.
  3. Incapacité permanente: Si le président est déclaré définitivement incapable, que ce soit en raison de problèmes de santé importants ou d'une incapacité mentale, un poste permanent peut être créé.

Dans tous les cas, le transfert d’autorité doit avoir lieu rapidement. La constitution exige que le président du Sénat assume le rôle de président par intérim. Si le Président du Sénat, qui est actuellement Niat Njifenji Marcel, n'est pas disponible ou ne peut pas prendre ses fonctions, le Vice-Président du Sénat assurera l'intérim. Il y a actuellement cinq vice-présidents au Sénat. Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, le Lamido de Rey Bouba, est le 1er Vice-Président. Derrière lui se trouvent quatre autres : SM Nfor Tabetando Ndieb-Nso, Din Bell Marie Armande, Robert Nkili et Mochiggle Vanigangsen.

Prochaines étapes

Lorsqu'un poste permanent devient vacant, le Cameroun doit organiser de nouvelles élections présidentielles dans un délai de 120 jours. Le président par intérim est confronté à des limites dans ses pouvoirs pendant cette période intérimaire : il ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale ou le Sénat, organiser un référendum ou apporter des amendements à la Constitution. Ces protections garantissent que le président par intérim ne peut pas apporter de changements significatifs au cadre politique du pays avant les élections pour un nouveau dirigeant légitimement élu.

Aucune affaire n’a jamais pleinement appliqué ces dispositions, malgré des spéculations politiques occasionnelles. En 2020, lors des premières phases de la pandémie de COVID-19, l’absence prolongée du président Paul Biya des apparitions publiques a suscité des rumeurs et des inquiétudes concernant sa santé. L'absence d'une déclaration officielle d'incapacité a attiré l'attention sur l'importance de ces dispositions et a déclenché des discussions sur la préparation du pays à une vacance inattendue de la présidence.

La règle des 40/45 jours

Outre la Constitution, Loi n°92/010 du 17 septembre 1992 offre une méthode supplémentaire pour faire face à une vacance présidentielle résultant d'une absence prolongée. Si le Président est absent du pays ou incapable d'exercer ses fonctions pendant plus de 40 jours sans motif valable ni notification aux autorités compétentes, l'Assemblée nationale ou le Conseil constitutionnel peut déclarer la présidence vacante.

Cette disposition légale entre en vigueur lorsque le président ne divulgue pas son emplacement ou son incapacité à exercer ses fonctions pendant une durée prolongée, ce qui pourrait conduire à une crise de gouvernance. La règle des 45 jours sert de norme pour déterminer quand une absence prolongée peut justifier la déclaration d'un poste vacant permanent. Cette disposition garantit que le Cameroun dispose d'un cadre juridique pour éviter que les absences prolongées n'entraînent l'instabilité.

Bien que ces protections juridiques existent, le défi de les faire respecter présente une situation différente. « Les mesures en place pour répondre à une vacance présidentielle visent à protéger l'État contre des périodes prolongées sans leadership, mais la détermination à mettre en œuvre ces protocoles est essentielle », a déclaré l'avocat Michele Ndoki, homme politique et fondateur de Les Bâtisseurs de la Nation (Les bâtisseurs de la nation).

« Dans le système hautement centralisé du Cameroun, les limitations du pouvoir exécutif existent souvent plus en théorie qu'en pratique, mais c'est à ce moment-là que les Camerounais sont prêts à s'assurer qu'ils reprennent le contrôle de leur vie », a-t-elle déclaré à MMI.

Comparer le Cameroun aux autres pays africains

L’approche de gestion des vacances présidentielles au Cameroun n’est pas distincte en Afrique, même si les méthodes particulières peuvent varier quelque peu d’un pays à l’autre. Au Nigeria, la Constitution stipule que le vice-président prend ses fonctions en cas de décès ou d'incapacité permanente du président. Cela s'est produit en 2010, à la suite du décès du président Umaru Musa Yar'Adua, lorsque le vice-président Goodluck Jonathan a assumé le rôle pour terminer le mandat.

Se préparer à l'inévitable

Alors que les rumeurs sur l’état de santé du président Paul Biya restent sans réponse, la possibilité d’un changement de pouvoir devient inévitable. En tant que l’un des chefs d’État au règne le plus long au monde, les questions se multiplient concernant la succession et l’avenir du leadership au Cameroun. Les demandes de davantage de clarté sur l'état de santé du président et son éventuelle absence se sont intensifiées ces dernières semaines.

Une déclaration de vacance pourrait avoir des conséquences politiques importantes, en particulier dans un pays où une seule personne est au pouvoir depuis plus de quatre décennies.

« Des dispositions existent pour garantir la continuité ; cependant, dans un pays comme le Cameroun, où l’autorité est fortement liée à un seul individu, la transition peut s’avérer tumultueuse », a déclaré l’analyste politique Kingsley Sheteh Newuh à MMI. « Le président du Sénat et l’armée subiront des pressions importantes pour garantir le bon déroulement du processus, mais l’instabilité reste une réelle préoccupation. »

Un cadre pour la stabilité : mais est-ce que cela fonctionnera ?

Le cadre constitutionnel du Cameroun répond efficacement aux vacances présidentielles, dans le but de prévenir les crises de leadership et d'assurer une transition en douceur. Le véritable défi réside dans la manière de le mettre en pratique. Alors que la santé du président Biya reste la question clé des discussions entre Camerounais et que son absence dure déjà plus de 40 jours, le risque de voir un poste vacant pour cause d'incapacité ou d'absence augmente. Cela soulève des questions sur l’efficacité des mécanismes qui seront utilisés le moment venu.

Le pays est confronté à une pression politique croissante et à des appels à des réformes, ce qui rend les dispositions constitutionnelles destinées à répondre à une vacance présidentielle de plus en plus importantes. La manière dont ces garanties juridiques seront utilisées – ou éventuellement contournées – façonnera l’avenir de la gouvernance au Cameroun.

À l'approche de la transition, les dirigeants camerounais sont confrontés à un moment crucial qui mettra à l'épreuve la résilience de leurs institutions constitutionnelles. La mise en œuvre efficace de ces mécanismes détermine la stabilité du pays.

En comparant les dispositions constitutionnelles du Cameroun avec celles d'autres pays africains et en tenant compte du contexte historique et des implications politiques potentielles, il est clair que même si les cadres juridiques existent, leur efficacité à relever les défis du monde réel déterminera en fin de compte leur succès. . La capacité du pays à maintenir la stabilité dans un contexte de transition de leadership attirera une attention considérable, tant de la part de la communauté internationale que de l'intérieur.

Mimi Mefo Info – Dispositions constitutionnelles du Cameroun sur la vacance présidentielle : que se passe-t-il lorsque la présidence devient vacante ? Constitutionnelle du Cameroun

Tata Mbunwe a contribué à ce rapport

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Bali : une explosion provoque un violent incendie sur un bateau de plongée

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Bali : une explosion provoque un violent incendie sur un bateau de plongée
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Une sortie de plongée a failli tourner au drame au large de Nusa Penida, en Indonésie. Quatre touristes étrangers et leur guide ont dû se jeter à l’eau après une violente explosion suivie d’un incendie à bord de leur bateau. Le capitaine, blessé aux jambes, a été transporté à l’hôpital. Les circonstances exactes de l’accident restent à déterminer.

La scène a provoqué la panique dans la baie de Gamat, une destination très fréquentée par les amateurs de plongée avec masque et tuba à Bali. Alors que le bateau s’apprêtait à quitter les lieux, une détonation a soudainement retenti. Quelques instants plus tard, les flammes ont envahi une partie de l’embarcation, obligeant les passagers à abandonner le navire.

Une explosion à bord du Naomi en pleine excursion à Bali

Selon les informations publiées le vendredi 30 octobre 2026 par l’agence de presse indonésienne ANTARA, l’accident s’est produit le jeudi 29 octobre, aux alentours de 13h40, heure locale.

Le bateau, baptisé Naomi, avait quitté sa base opérationnelle vers 12h30 avec quatre touristes étrangers à bord. Le groupe participait à une excursion privée comprenant trois étapes réputées pour leurs fonds marins : Manta Bay, Crystal Bay et Gamat Bay.

Alors que l’embarcation s’apprêtait à quitter cette dernière destination, une forte explosion s’est produite à l’une de ses extrémités. Les premières informations recueillies par la police orientent les soupçons vers un composant de la batterie installée sur le bateau.

La détonation a rapidement été suivie par un incendie qui s’est propagé à l’embarcation. Face aux flammes, le guide touristique Made Wirya et les quatre visiteurs ont immédiatement sauté dans l’eau pour éviter d’être piégés à bord.

Les images de l’accident montrent un bateau entièrement gagné par les flammes, tandis qu’une épaisse fumée s’élève au-dessus de la baie. La violence de l’incendie a rendu toute évacuation à bord particulièrement dangereuse.

Le capitaine blessé, les cinq autres personnes secourues

Le sauvetage a finalement eu lieu grâce à un autre bateau qui naviguait à proximité. Vers 14h50, soit un peu plus d’une heure après le début de l’incendie, cette embarcation est venue récupérer les personnes présentes dans l’eau.

D’après les informations communiquées par la police de Klungkung et relayées par ANTARA, les quatre touristes et le guide ont tous été évacués sains et saufs. Aucun décès n’a été signalé.

Le capitaine, identifié par les autorités sous le nom de I Kadek Dwiyana, âgé de 31 ans et originaire de Nusa Penida, a toutefois subi des brûlures aux jambes. Les secours l’ont transporté aux urgences de l’hôpital Gema Santhi, sur l’île, pour recevoir des soins médicaux.

Les autorités indonésiennes n’ont pas communiqué officiellement l’identité des quatre touristes ni leur nationalité.

La police de Bali enquête sur l’origine de l’explosion

L’accident soulève désormais des questions sur les conditions techniques du bateau. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, le Naomi avait pourtant fait l’objet de vérifications avant son départ.

Made Wirya a notamment indiqué aux autorités que les équipements de sécurité et l’état technique de l’embarcation avaient été contrôlés et jugés satisfaisants avant l’excursion.

La police de Klungkung a également confirmé que le bateau avait récemment bénéficié de réparations et d’un entretien régulier. Malgré ces précautions, les enquêteurs n’écartent pas l’hypothèse d’une défaillance liée à un élément de la batterie.

Dans un communiqué publié le 30 octobre, la police de Nusa Penida a indiqué poursuivre les investigations, notamment à travers la collecte de témoignages et l’examen des éléments disponibles sur les lieux.

Rapportée par ANTARA, l’enquête doit permettre de déterminer les circonstances exactes de l’explosion et de l’incendie qui ont détruit le bateau de plongée. Les autorités attendent également que le propriétaire de l’embarcation se présente au commissariat pour déposer une plainte officielle.

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »
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Le ministre de l’Administration territoriale explique que dans le cas de la suspension du FSNC de Issa Tchiroma Bakary, le gouvernement camerounais a pris le temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et la justice se devait d’aller jusqu’au bout.

Le 27 octobre 2026, le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a prononcé la suspension pour une durée de trois mois du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), le parti d’opposition dirigé par Issa Tchiroma Bakary actuellement en exil.

Revenant sur les faits dans une interview accordée au journal Cameroon Tribune du jeudi 29 octobre 2026, le membre du gouvernement rappelle tout d’abord que tous les partis politiques au Cameroun se déploient en fonction des dispositions de la loi du 19 décembre 1990, régissant la liberté des associations dans le pays.

«Vous avez vécu les événements postélectoraux et les violences inouïes enregistrées avant, pendant et après le processus électoral. Dans l’article 17 de la loi que je viens de citer, il est clairement dit que le ministre chargé de l’Administration territoriale peut d’office suspendre par décision motivée pour une durée de trois mois, tout parti politique responsable de troubles graves à l’ordre public ou qui ne satisfait pas aux dispositions des articles 5,6,9,10 et11 de la loi de 1990» justifie Paul Atanga Nji.

Outre les motifs d’appel à l’insurrection, atteinte à l’intégrité territoriale, incitation à la violence ayant occasionné des destructions des biens publics et privés, troubles graves à l’ordre public qui sont formulés dans la décision de suspension du FSNC, Paul Atanga Nji parle également d’un candidat qui s’est autoproclamé vainqueur, faisant ici référence à Issa Tchiroma Bakari.

«Il a même eu l’audace de demander aux autorités administratives et aux forces de défense de se mettre à sa disposition. Face à cette dangereuse imposture, nous avons pris notre temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et nous avons voulu que la justice aille jusqu’au bout. A partir de là, lorsque les indices concordants de culpabilité sont réunis, le Minat prends les décisions appropriées à l’encontre des contrevenants» explique le Minat.

Opportunité ou hasard de calendrier ?

A la question de savoir si la décision de suspendre le FSNC a un lien avec les élections municipales et législatives prévues pour se tenir en début d’année 2027, le Minat est péremptoire : « …je ne m’intéresse pas à ce genre de considérations. Il y a des échéances électorales, bien évidemment. Le corps électoral n’est pas encore convoqué. Il le sera le moment voulu par le chef de l’Etat qui dispose seul de cette prérogative. Mais si vous êtes fautifs, je n’ai pas besoin d’attendre les élections» explique le membre du gouvernement.

Il affirme même qu’il était temps de sanctionner ce parti politique afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir en pensant qu’après un processus électoral on peut se livrer à tous genres de dérives.

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Résilience économique : ce que l’Afrique doit copier et ne doit pas copier de l’expérience russe

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »
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Alors que Moscou a accueilli le troisième sommet Russie-Afrique les 28 et 29 octobre 2026, l’économie russe sert de cas d’école. Elle montre ce que permet la diversification des partenaires, et ce qu’elle coûte. Au-delà de la diplomatie, un enjeu s’impose : comment une économie visée par des sanctions sans précédent a-t-elle tenu, et que peut-on en tirer pour le continent africain ?

Une résilience réelle, mais risquée

Les chiffres sont impressionnants. Fin avril 2025, 28 937 restrictions non commerciales visaient la Russie, dont 92 % imposées après février 2022. Malgré cela, la croissance russe a atteint 4,3 % en 2024. Le tableau s’est depuis nettement assombri. La croissance est retombée à 1 % en 2025.

Le PIB s’est contracté de 0,2 % au premier trimestre 2026, premier recul annuel depuis 2023, avant un rebond de 1,3 % au deuxième trimestre. La Banque centrale russe table désormais sur 0 à 1 % pour l’année. L’économie de guerre a été portée par des dépenses de défense record, près de 6,5% du PIB, mais freinée par une demande des ménages faible et un recul de l’investissement civil.

La résilience russe tient donc à une capacité d’adaptation de court terme, et non à un modèle de croissance durable. L’Afrique a intérêt à retenir les deux volets et à se méfier de l’économie de guerre.

Le pivot asiatique : réorienter, mais sans se rendre dépendant

Premier mécanisme de survie face aux sanctions occidentales : la réorientation des exportations d’hydrocarbures. Selon le vice-Premier ministre Alexandre Novak, Moscou vendait fin 2023 de 45 à 50 % de son pétrole à la Chine et environ 40 % à l’Inde. La part de la Chine dans le commerce russe a presque doublé pour atteindre 18 %, alors que la Russie ne pèse que 2,5 % dans le commerce chinois. L’Inde, de son côté, est passée de moins de 3 % à plus de 40 % de pétrole russe dans ses achats.

Leçon n° 1 : ne dépendre d’aucun client unique. Le pivot a sauvé les recettes russes, mais il a créé un risque de dépendance à l’Asie. L’Afrique, dont les échanges restent concentrés sur l’Europe, la Chine et les États-Unis, a tout intérêt à élargir son éventail de partenaires avant d’y être contrainte. Elle doit aussi éviter de remplacer une dépendance par une autre.

Dédollarisation : un outil réel, mais insuffisant

Second pilier : le règlement des échanges en monnaies locales. Selon le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov, la quasi-totalité des quelque 240 milliards de dollars d’échanges russo-chinois se règle désormais en yuans et en roubles.

Avec l’Inde, les monnaies nationales représentent environ 90 % des paiements directs, selon l’ambassadeur russe à New Delhi. Toutefois, la part du dollar dans les réserves de change des banques centrales est passée d’environ 70 % en 2000 à 58 % fin 2024, ce qui reste une érosion lente. Le yuan peine à dépasser 2 % des paiements mondiaux.

Leçon n° 2 : sécuriser des circuits de paiement alternatifs. Les pays africains disposent déjà d’un outil, le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), lancé sous l’égide d’Afreximbank et de la Zone de libre-échange continentale. Il vise à réduire le recours aux devises tierces dans les échanges intra-africains, qui plafonnent autour de 15 % du commerce du continent. Il ne s’agit pas de rejeter le dollar, mais de ne plus en être prisonnier.

Le sommet de Moscou : l’écart entre ambitions et réalité

Les chiffres du commerce russo-africain invitent à la prudence. Les échanges ont atteint 27 milliards de dollars en 2025, essentiellement avec l’Afrique du Nord. Ils sont très déséquilibrés : en 2024, la Russie a exporté 24,3 milliards de dollars vers l’Afrique et n’y a importé que 3,5 milliards. Le continent ne représente que 3,9 % de son commerce extérieur. Le blé russe couvrait environ 30 % des besoins africains.

À titre de comparaison, les échanges de l’Afrique avec l’Union européenne ont atteint 355 milliards d’euros en 2024, et avec la Chine 348 milliards de dollars en 2025. À Sotchi, Moscou s’était engagée à doubler ses échanges pour atteindre environ 40 milliards, et l’objectif n’est toujours pas atteint. Moscou vise désormais 50 à 60 milliards de dollars d’ici 2030.

Leçon n° 3 : négocier en position de force. L’Afrique n’a pas à choisir un camp. Elle peut exiger de chaque partenaire, Russie comprise, de la transformation locale, des transferts de technologie et un rééquilibrage de la balance commerciale. Concrètement, il s’agit d’engrais, de nucléaire civil, de céréales et de formation, avec des engagements chiffrés et vérifiables.

En gros, l’Afrique n’est pas sous sanctions, et la comparaison a ses limites. Le modèle russe repose sur une économie de guerre, avec ses coûts : une inflation attendue autour de 5 % en 2026 et des prévisions de croissance divisées par trois par le gouvernement. Il s’appuie aussi sur une rente énergétique que la plupart des économies africaines ne possèdent pas.

Ce qui se transpose, c’est la méthode : multiplier les partenaires, bâtir des circuits financiers de secours et protéger ses marges de manœuvre avant la crise plutôt que pendant. Pour l’Afrique, l’enjeu est moins de rejoindre un bloc que d’éviter d’avoir à dépendre d’un seul.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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