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Nord-ouest et Sud-ouest : La Fondation Orange offre 8 couveuses solaires et 500 chèques santé

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Nord-ouest et Sud-ouest : La Fondation Orange offre 8 couveuses solaires et 500 chèques santé
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Dans un contexte marqué par les crises, la Fondation Orange apporte une réponse concrète aux besoins des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en offrant des équipements médicaux de pointe et en finançant des soins de santé essentiels. Elle a en effet offert huit couveuses solaires et 500 chèques santé pour soutenir les formations sanitaires publiques et renforcer les efforts de réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile. L’entreprise de la téléphonie intervient dans ce secteur pour : « renforcer la capacité d’accueil des nouveaux-nés dans les formations sanitaires, participer à la lutte contre la mortalité infantile et contribuer à l’amélioration de la prise en charge adéquate de la mère et du nouveau-né », a indiqué la Fondation.

C’est le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie qui a reçu ces dons de la Fondation Orange vendredi dernier à l’esplanade de son département ministériel. Exprimant sa gratitude, le ministre a salué cet appui stratégique. « Ces équipements arrivent à point nommé », a-t-il déclaré, rappelant les défis rencontrés par les infrastructures sanitaires des zones concernées, souvent exacerbés par les crises socio-politiques. « Le chèque santé que vous offrez aujourd’hui aux régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, qui viennent d’intégrer ce programme cette année, est un instrument précieux. Il permet aux femmes enceintes de bénéficier gratuitement de consultations prénatales. Grâce à ce chèque, elles peuvent accoucher gratuitement. En cas de complications lors de l’accouchement, elles seront référées à un hôpital plus approprié et pourront subir une césarienne, le tout gratuitement. De plus, si le nouveau-né tombe malade dans les 42 jours suivant la naissance, il pourra recevoir des soins gratuits à l’hôpital », a indiqué Manaouda Malachie.

Il a souligné l’importance de ces couveuses solaires dans les zones où l’accès à l’électricité est limité, permettant de sauver des vies de nouveau-nés en situation critique, notamment les prématurés. Les huit couveuses solaires seront déployées dans des maternités identifiées comme vulnérables par le Minsanté, fournissant une solution durable aux besoins en électricité pour les soins néonataux. Il poursuit : « Ce don reflète notre volonté de réduire les inégalités d’accès aux soins de santé, particulièrement dans les régions les plus touchées. » Rentrant dans le cadre de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), l’implication de l’entreprise dans ce domaine sensible est née du constat que, « malgré des avancées significatives résultant des actions du gouvernement et de ses partenaires techniques et financiers, les indicateurs de la santé de la mère et du nouveau-né demeurent préoccupants au Cameroun. Nous connaissons tous les statistiques environ 460 décès pour 100 000 naissances vivantes, qui exposent le gap qui reste à combler pour que le Cameroun atteigne les objectifs en matière fixés dans le cadre ODD, à savoir, passé d’ici 2030 à un chiffre inférieur à 140 décès pour 100 000 naissances vivantes », justifie Patrick Benon directeur général d’Orange Cameroun, par ailleurs PCA de la Fondation Orange.

D’une valeur totale de plus de 23 millions de FCFA, ce geste généreux marque une étape importante dans les efforts conjoints du secteur public et privé pour atteindre l’objectif de Couverture Santé Universelle au Cameroun, avec une attention particulière portée aux femmes enceintes et aux enfants, les plus vulnérables. La Fondation Orange Cameroun soutient les pouvoirs publics en développant diverses actions de mécénat en faveur des femmes en âge de procréer et des enfants de 0 à 5 ans, afin de garantir un accès à des soins de qualité. « Il s’agit de la construction et l’équipement des maternités et des unités de néonatalogie des formations sanitaires : de dotation de formations sanitaires en points d’eau et dispositifs d’énergie solaire ; financement des campagnes de dépistage et de vaccination gratuite ; de formations des personnels soignants ; de la prise en charge des femmes victimes des complications telles que fistules », énumère le PCA de la Fondation Orange. Il poursuit : « A date nous avons touché 25 maternités avec des dons d’équipements et/ou rénovation d’infrastructures vétustes ; 7 structures sanitaires qui ont doté de points d’eau trois maternité électrifiées au solaire. » Globalement, l’investissement de la Fondation Orange pour la lutte contre la mortalité maternelle et infantile se chiffre à plus de 500 millions de FCFA, apprend-on.

MANAOUDA MALACHIE, Ministre de la Santé publique

« Le segment que vous avez choisi aujourd’hui est prioritaire pour le président de la République »

Il est important qu’ensemble nous puissions travailler et aider nos populations à bien se porter et à produire de la richesse pour que notre pays connaisse la prospérité, et que nous puissions atteindre l’émergence voulue par M. le Président de la République, S.E. Paul Biya. Je prends cela comme une réponse et je voudrais vous remercier de nous accompagner dans ce cadre. Le segment que vous avez choisi aujourd’hui est prioritaire pour M. le président de la République. Lorsque nous avons commencé à modeler la couverture santé universelle, le Président a dit qu’il fallait d’abord cibler les femmes enceintes et les enfants de zéro à cinq ans. C’est pourquoi, dans la phase 1 de la couverture santé universelle, nous nous sommes concentrés sur les femmes et les enfants de 0 à 5 ans. Le chèque santé que vous offrez aujourd’hui aux régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, qui viennent d’intégrer ce programme, est une facilité précieuse ».

PATRICK BENON, DG d’Orange Cameroun, par ailleurs PCA de la Fondation Orange

« Le montant total de ce soutien s’élève à plus de 23 millions de FCFA »

Ce n’est pas que de la téléphonie, ce n’est pas que de l’accès à l’internet, c’est aussi de soutien aux populations dans le cadre de partenariats publics-privés. Donc nous sommes là aujourd’hui pour soutenir les actions du gouvernement dans le domaine de la santé avec 8 couveuses que nous venons de donner au ministère de la Santé. Ce sont des couveuses connectées, autonomes, solaires, afin de subvenir aux besoins des femmes qui accouchent dans les hôpitaux les plus reculés du pays. Notre soutien également est en termes de chèques santé. Nous avons fait un don de 500 chèques santé qui vont servir à accompagner toujours les femmes enceintes dans leur accès aux soins de santé pour que, évidemment, tout le processus d’accouchement et de prise en charge des nouveau-nés se passe bien. Donc le montant total de nos soutiens est à plus de 23 millions de francs CFA. Et encore une fois, Orange Cameroun est toujours là dans le domaine de la santé. Lorsqu’on fait le point de tous nos soutiens que nous avons faits depuis quelques années dans le domaine de la santé, on est à plus de 500 millions de financements que nous avons toujours apportés pour accompagner les populations. ».

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Bali : une explosion provoque un violent incendie sur un bateau de plongée

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Bali : une explosion provoque un violent incendie sur un bateau de plongée
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Une sortie de plongée a failli tourner au drame au large de Nusa Penida, en Indonésie. Quatre touristes étrangers et leur guide ont dû se jeter à l’eau après une violente explosion suivie d’un incendie à bord de leur bateau. Le capitaine, blessé aux jambes, a été transporté à l’hôpital. Les circonstances exactes de l’accident restent à déterminer.

La scène a provoqué la panique dans la baie de Gamat, une destination très fréquentée par les amateurs de plongée avec masque et tuba à Bali. Alors que le bateau s’apprêtait à quitter les lieux, une détonation a soudainement retenti. Quelques instants plus tard, les flammes ont envahi une partie de l’embarcation, obligeant les passagers à abandonner le navire.

Une explosion à bord du Naomi en pleine excursion à Bali

Selon les informations publiées le vendredi 30 octobre 2026 par l’agence de presse indonésienne ANTARA, l’accident s’est produit le jeudi 29 octobre, aux alentours de 13h40, heure locale.

Le bateau, baptisé Naomi, avait quitté sa base opérationnelle vers 12h30 avec quatre touristes étrangers à bord. Le groupe participait à une excursion privée comprenant trois étapes réputées pour leurs fonds marins : Manta Bay, Crystal Bay et Gamat Bay.

Alors que l’embarcation s’apprêtait à quitter cette dernière destination, une forte explosion s’est produite à l’une de ses extrémités. Les premières informations recueillies par la police orientent les soupçons vers un composant de la batterie installée sur le bateau.

La détonation a rapidement été suivie par un incendie qui s’est propagé à l’embarcation. Face aux flammes, le guide touristique Made Wirya et les quatre visiteurs ont immédiatement sauté dans l’eau pour éviter d’être piégés à bord.

Les images de l’accident montrent un bateau entièrement gagné par les flammes, tandis qu’une épaisse fumée s’élève au-dessus de la baie. La violence de l’incendie a rendu toute évacuation à bord particulièrement dangereuse.

Le capitaine blessé, les cinq autres personnes secourues

Le sauvetage a finalement eu lieu grâce à un autre bateau qui naviguait à proximité. Vers 14h50, soit un peu plus d’une heure après le début de l’incendie, cette embarcation est venue récupérer les personnes présentes dans l’eau.

D’après les informations communiquées par la police de Klungkung et relayées par ANTARA, les quatre touristes et le guide ont tous été évacués sains et saufs. Aucun décès n’a été signalé.

Le capitaine, identifié par les autorités sous le nom de I Kadek Dwiyana, âgé de 31 ans et originaire de Nusa Penida, a toutefois subi des brûlures aux jambes. Les secours l’ont transporté aux urgences de l’hôpital Gema Santhi, sur l’île, pour recevoir des soins médicaux.

Les autorités indonésiennes n’ont pas communiqué officiellement l’identité des quatre touristes ni leur nationalité.

La police de Bali enquête sur l’origine de l’explosion

L’accident soulève désormais des questions sur les conditions techniques du bateau. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, le Naomi avait pourtant fait l’objet de vérifications avant son départ.

Made Wirya a notamment indiqué aux autorités que les équipements de sécurité et l’état technique de l’embarcation avaient été contrôlés et jugés satisfaisants avant l’excursion.

La police de Klungkung a également confirmé que le bateau avait récemment bénéficié de réparations et d’un entretien régulier. Malgré ces précautions, les enquêteurs n’écartent pas l’hypothèse d’une défaillance liée à un élément de la batterie.

Dans un communiqué publié le 30 octobre, la police de Nusa Penida a indiqué poursuivre les investigations, notamment à travers la collecte de témoignages et l’examen des éléments disponibles sur les lieux.

Rapportée par ANTARA, l’enquête doit permettre de déterminer les circonstances exactes de l’explosion et de l’incendie qui ont détruit le bateau de plongée. Les autorités attendent également que le propriétaire de l’embarcation se présente au commissariat pour déposer une plainte officielle.

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »
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Le ministre de l’Administration territoriale explique que dans le cas de la suspension du FSNC de Issa Tchiroma Bakary, le gouvernement camerounais a pris le temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et la justice se devait d’aller jusqu’au bout.

Le 27 octobre 2026, le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a prononcé la suspension pour une durée de trois mois du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), le parti d’opposition dirigé par Issa Tchiroma Bakary actuellement en exil.

Revenant sur les faits dans une interview accordée au journal Cameroon Tribune du jeudi 29 octobre 2026, le membre du gouvernement rappelle tout d’abord que tous les partis politiques au Cameroun se déploient en fonction des dispositions de la loi du 19 décembre 1990, régissant la liberté des associations dans le pays.

«Vous avez vécu les événements postélectoraux et les violences inouïes enregistrées avant, pendant et après le processus électoral. Dans l’article 17 de la loi que je viens de citer, il est clairement dit que le ministre chargé de l’Administration territoriale peut d’office suspendre par décision motivée pour une durée de trois mois, tout parti politique responsable de troubles graves à l’ordre public ou qui ne satisfait pas aux dispositions des articles 5,6,9,10 et11 de la loi de 1990» justifie Paul Atanga Nji.

Outre les motifs d’appel à l’insurrection, atteinte à l’intégrité territoriale, incitation à la violence ayant occasionné des destructions des biens publics et privés, troubles graves à l’ordre public qui sont formulés dans la décision de suspension du FSNC, Paul Atanga Nji parle également d’un candidat qui s’est autoproclamé vainqueur, faisant ici référence à Issa Tchiroma Bakari.

«Il a même eu l’audace de demander aux autorités administratives et aux forces de défense de se mettre à sa disposition. Face à cette dangereuse imposture, nous avons pris notre temps parce qu’il y avait des enquêtes en cours et nous avons voulu que la justice aille jusqu’au bout. A partir de là, lorsque les indices concordants de culpabilité sont réunis, le Minat prends les décisions appropriées à l’encontre des contrevenants» explique le Minat.

Opportunité ou hasard de calendrier ?

A la question de savoir si la décision de suspendre le FSNC a un lien avec les élections municipales et législatives prévues pour se tenir en début d’année 2027, le Minat est péremptoire : « …je ne m’intéresse pas à ce genre de considérations. Il y a des échéances électorales, bien évidemment. Le corps électoral n’est pas encore convoqué. Il le sera le moment voulu par le chef de l’Etat qui dispose seul de cette prérogative. Mais si vous êtes fautifs, je n’ai pas besoin d’attendre les élections» explique le membre du gouvernement.

Il affirme même qu’il était temps de sanctionner ce parti politique afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir en pensant qu’après un processus électoral on peut se livrer à tous genres de dérives.

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Résilience économique : ce que l’Afrique doit copier et ne doit pas copier de l’expérience russe

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Paul Atanga Nji : « Il était temps de sanctionner ce parti afin que personne ne s’amuse plus à l’avenir »
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Alors que Moscou a accueilli le troisième sommet Russie-Afrique les 28 et 29 octobre 2026, l’économie russe sert de cas d’école. Elle montre ce que permet la diversification des partenaires, et ce qu’elle coûte. Au-delà de la diplomatie, un enjeu s’impose : comment une économie visée par des sanctions sans précédent a-t-elle tenu, et que peut-on en tirer pour le continent africain ?

Une résilience réelle, mais risquée

Les chiffres sont impressionnants. Fin avril 2025, 28 937 restrictions non commerciales visaient la Russie, dont 92 % imposées après février 2022. Malgré cela, la croissance russe a atteint 4,3 % en 2024. Le tableau s’est depuis nettement assombri. La croissance est retombée à 1 % en 2025.

Le PIB s’est contracté de 0,2 % au premier trimestre 2026, premier recul annuel depuis 2023, avant un rebond de 1,3 % au deuxième trimestre. La Banque centrale russe table désormais sur 0 à 1 % pour l’année. L’économie de guerre a été portée par des dépenses de défense record, près de 6,5% du PIB, mais freinée par une demande des ménages faible et un recul de l’investissement civil.

La résilience russe tient donc à une capacité d’adaptation de court terme, et non à un modèle de croissance durable. L’Afrique a intérêt à retenir les deux volets et à se méfier de l’économie de guerre.

Le pivot asiatique : réorienter, mais sans se rendre dépendant

Premier mécanisme de survie face aux sanctions occidentales : la réorientation des exportations d’hydrocarbures. Selon le vice-Premier ministre Alexandre Novak, Moscou vendait fin 2023 de 45 à 50 % de son pétrole à la Chine et environ 40 % à l’Inde. La part de la Chine dans le commerce russe a presque doublé pour atteindre 18 %, alors que la Russie ne pèse que 2,5 % dans le commerce chinois. L’Inde, de son côté, est passée de moins de 3 % à plus de 40 % de pétrole russe dans ses achats.

Leçon n° 1 : ne dépendre d’aucun client unique. Le pivot a sauvé les recettes russes, mais il a créé un risque de dépendance à l’Asie. L’Afrique, dont les échanges restent concentrés sur l’Europe, la Chine et les États-Unis, a tout intérêt à élargir son éventail de partenaires avant d’y être contrainte. Elle doit aussi éviter de remplacer une dépendance par une autre.

Dédollarisation : un outil réel, mais insuffisant

Second pilier : le règlement des échanges en monnaies locales. Selon le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov, la quasi-totalité des quelque 240 milliards de dollars d’échanges russo-chinois se règle désormais en yuans et en roubles.

Avec l’Inde, les monnaies nationales représentent environ 90 % des paiements directs, selon l’ambassadeur russe à New Delhi. Toutefois, la part du dollar dans les réserves de change des banques centrales est passée d’environ 70 % en 2000 à 58 % fin 2024, ce qui reste une érosion lente. Le yuan peine à dépasser 2 % des paiements mondiaux.

Leçon n° 2 : sécuriser des circuits de paiement alternatifs. Les pays africains disposent déjà d’un outil, le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), lancé sous l’égide d’Afreximbank et de la Zone de libre-échange continentale. Il vise à réduire le recours aux devises tierces dans les échanges intra-africains, qui plafonnent autour de 15 % du commerce du continent. Il ne s’agit pas de rejeter le dollar, mais de ne plus en être prisonnier.

Le sommet de Moscou : l’écart entre ambitions et réalité

Les chiffres du commerce russo-africain invitent à la prudence. Les échanges ont atteint 27 milliards de dollars en 2025, essentiellement avec l’Afrique du Nord. Ils sont très déséquilibrés : en 2024, la Russie a exporté 24,3 milliards de dollars vers l’Afrique et n’y a importé que 3,5 milliards. Le continent ne représente que 3,9 % de son commerce extérieur. Le blé russe couvrait environ 30 % des besoins africains.

À titre de comparaison, les échanges de l’Afrique avec l’Union européenne ont atteint 355 milliards d’euros en 2024, et avec la Chine 348 milliards de dollars en 2025. À Sotchi, Moscou s’était engagée à doubler ses échanges pour atteindre environ 40 milliards, et l’objectif n’est toujours pas atteint. Moscou vise désormais 50 à 60 milliards de dollars d’ici 2030.

Leçon n° 3 : négocier en position de force. L’Afrique n’a pas à choisir un camp. Elle peut exiger de chaque partenaire, Russie comprise, de la transformation locale, des transferts de technologie et un rééquilibrage de la balance commerciale. Concrètement, il s’agit d’engrais, de nucléaire civil, de céréales et de formation, avec des engagements chiffrés et vérifiables.

En gros, l’Afrique n’est pas sous sanctions, et la comparaison a ses limites. Le modèle russe repose sur une économie de guerre, avec ses coûts : une inflation attendue autour de 5 % en 2026 et des prévisions de croissance divisées par trois par le gouvernement. Il s’appuie aussi sur une rente énergétique que la plupart des économies africaines ne possèdent pas.

Ce qui se transpose, c’est la méthode : multiplier les partenaires, bâtir des circuits financiers de secours et protéger ses marges de manœuvre avant la crise plutôt que pendant. Pour l’Afrique, l’enjeu est moins de rejoindre un bloc que d’éviter d’avoir à dépendre d’un seul.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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