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Israël interdit le chef de l'ONU, Guterres, dans un contexte d'escalade des tensions avec l'Iran et le Hezbollah

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israel Katz, a annoncé mercredi que le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, n'avait pas le droit d'entrer en Israël. Cette décision découle de l'incapacité de Guterres à condamner « sans équivoque » les attaques de missiles iraniens contre le pays, après le lancement par Téhéran de plus de 180 missiles balistiques mardi.
Katz a émis une réprimande sévère, déclarant : « Quiconque ne peut condamner sans équivoque l’attaque odieuse de l’Iran contre Israël, comme presque tous les pays du monde l’ont fait, ne mérite pas de mettre le pied sur le sol israélien. » Il a en outre déclaré qu’Israël continuerait à se défendre « avec ou sans Antonio Guterres ».
Guterres n’a fait que brièvement référence aux « dernières attaques au Moyen-Orient » dans un communiqué publié mardi, appelant à la paix tout en condamnant l’escalade de la violence dans la région. Son incapacité à aborder directement le rôle de l’Iran a provoqué une réaction diplomatique d’Israël.
Barrage de missiles iraniens et escalade du conflit
Mardi, l’Iran a lancé une importante attaque de missiles contre Israël, tirant plus de 180 missiles balistiques et intensifiant les hostilités régionales. La plupart des missiles ont été interceptés, mais quelques-uns ont pénétré les défenses israéliennes, causant des dégâts importants sans faire de victimes immédiates à l'intérieur des frontières israéliennes. Un Palestinien est mort en Cisjordanie à cause des débris d’un missile.
Cette attaque survient parallèlement à d'intenses combats entre les forces israéliennes et les militants du Hezbollah dans le sud du Liban. Mercredi, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont confirmé que des affrontements avaient entraîné la mort de huit soldats israéliens, dont six membres du commando Ergoz, décédés dans une fusillade dans un village du sud du Liban. Lors d'un autre incident, deux autres soldats de l'unité de reconnaissance Golani ont perdu la vie.
Israël a lancé son invasion terrestre du Liban tôt mardi matin, une opération dont Tsahal avait averti depuis longtemps qu’elle pourrait être nécessaire pour repousser les forces du Hezbollah de la frontière. L’invasion vise à sécuriser le nord d’Israël, permettant à 60 000 citoyens de rentrer chez eux.
Réponses internationales à la crise croissante
Au lendemain des frappes de missiles iraniennes, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a condamné le « cycle écoeurant d'escalade », mais n'a pointé du doigt aucun pays comme responsable. Il a critiqué les attaques de toutes les parties impliquées, notamment Israël, le Hezbollah, le Hamas et l'Iran, appelant à un arrêt urgent de la violence.
Dans le même temps, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a exprimé sa profonde inquiétude quant au risque d'une « guerre à grande échelle » au Moyen-Orient. Lavrov a déclaré que les actions d'Israël au Liban étaient un catalyseur de l'escalade actuelle et a présenté l'attaque de missiles iraniens comme une forme de représailles. “Les risques croissants d'une guerre à grande échelle au Moyen-Orient avec des conséquences dévastatrices pour l'ensemble de la région” ont alarmé Moscou, a-t-il déclaré.
Le pape François s'est également prononcé en appelant à une « journée de prière et de jeûne pour la paix » le 7 octobre, jour anniversaire des attaques meurtrières du Hamas contre Israël en 2023. Le pape a appelé à la fin du conflit en cette « heure dramatique de notre histoire ». .»
Le rôle de l'Iran et les déclarations de Khamenei
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a assumé la responsabilité d'avoir ordonné les frappes de missiles de mardi contre Israël. Lors d'une réunion à Téhéran, Khamenei a attribué les conflits de la région à l'ingérence des États-Unis et des pays européens. Il a exhorté ces puissances étrangères à « se perdre » de la région pour permettre à la paix de prévaloir.
Khamenei a également exprimé son deuil pour la mort du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tout en décrivant le deuil de l'Iran comme une force « revigorante et motrice » au milieu des combats incessants.
Les médias d’État iraniens ont affirmé que les attaques de missiles visaient des installations militaires israéliennes clés, notamment la base aérienne de Nevatim et le quartier général du Mossad près de Tel Aviv. C’était la deuxième fois cette année que l’Iran lançait une frappe de missile à grande échelle sur Israël, après une attaque similaire en avril.
Dommages et victimes en Israël
Les autorités israéliennes continuent d'évaluer les dégâts causés par les frappes de missiles de mardi. Dans les zones autour de Tel Aviv, des missiles ont détruit plusieurs maisons et voitures, un missile aurait laissé un cratère de 8 à 10 mètres de profondeur. Les rapports font état de dégâts à proximité des installations militaires israéliennes, mais leur ampleur reste incertaine. Un missile a frappé une école dans la région de Gedera, endommageant considérablement une salle de classe, mais aucun blessé n'a été à déplorer.
L'armée israélienne n'a pas divulgué tous les détails sur le nombre de missiles interceptés ni sur les dégâts subis, mais elle a confirmé que la plupart des projectiles entrants avaient été neutralisés. Deux destroyers de la marine américaine ont tiré des intercepteurs, participant activement aux efforts de défense visant à protéger Israël du barrage.
Israël a activé ses systèmes de défense avancés, notamment les intercepteurs Iron Dome, David's Sling et Arrow, pour contrer l'attaque, mais un petit nombre de missiles ont percé les défenses.
Une situation fragile
Alors que le conflit s’intensifie, Israël reste en état d’alerte et le risque d’une guerre plus large plane sur la région. Avec les appels internationaux à la paix de la part de l’ONU, de la Russie et des chefs religieux comme le pape François, la pression monte sur toutes les parties pour qu’elles trouvent une solution diplomatique. Cependant, à l’heure actuelle, les deux parties semblent attachées à leurs objectifs militaires, alimentant les craintes de nouvelles effusions de sang et d’instabilité au Moyen-Orient.
Mimi Méfo Infos
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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC

Le mardi 9 juin 2026, des gendarmes camerounais ont investi un entrepôt du troisième arrondissement de Douala. Derrière une façade d’unité de production d’enduits et de matériaux de construction se cachait une chaîne de montage dédiée à la fabrication de fausses pièces de monnaie métallique. Cinq individus ont été interpellés — deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont celui qui assurait la direction technique de l’opération. Le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, s’est déplacé en personne pour constater l’ampleur du dispositif.
L’affaire a immédiatement suscité des interrogations sur la capacité de la Banque centrale à protéger les signes monétaires qu’elle émet. D’autant que la presse relevait la saisie, dans le même contexte, de liasses de faux billets de 10 000 francs CFA et de rondelles imitant des pièces de 500 francs. Des interrogations qui ont conduit Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC à clarifier, dans une interview accordée à nos confrères de Cameroon Business Today, les faits et à replacer l’incident dans sa juste proportion.
Première mise au point de taille : les pièces saisies à Douala ne sont pas des contrefaçons de la nouvelle gamme 2024. « Les vérifications effectuées ont montré que les pièces concernées étaient des imitations de la pièce de 500 francs de l’ancienne gamme mise en circulation en 1985 et progressivement retirée depuis l’introduction de la gamme de 2006 », a précisé le gouverneur. Une nuance essentielle, qui change la nature du problème. Il ne s’agit pas d’une brèche dans les nouveaux dispositifs de sécurité, mais d’une tentative de remise en circulation de copies d’une pièce déjà obsolète.
ANALYSE DES CONTREFAÇONS
Les chiffres que la BEAC a publiés à cette occasion méritent d’être examinés avec attention. Au 30 avril 2026, le Laboratoire d’analyse des contrefaçons de la Banque centrale avait recensé 16 639 billets contrefaits sur un volume de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation dans l’espace CEMAC. Le ratio obtenu — 19 billets contrefaits pour un million de billets en circulation — est nettement inférieur au seuil de vigilance retenu à l’échelle internationale, généralement fixé à 100 billets contrefaits par million. Autrement dit, plus de 99,998 % des billets qui transitent chaque jour dans les économies des six pays membres sont authentiques. Ces statistiques ne relativisent pas le crime lui-même.
La contrefaçon monétaire reste une infraction grave, aux effets potentiellement déstabilisateurs. Lorsqu’elle prend de l’ampleur, elle érode la confiance dans la monnaie, perturbe les transactions commerciales et peut entraîner des pertes directes pour les ménages et les entreprises qui reçoivent de faux billets sans le savoir. Elle peut également alimenter d’autres circuits criminels.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les banques centrales traitent ce sujet comme une priorité permanente, quelle que soit l’ampleur réelle du phénomène. Mais dans le cas de la CEMAC, les données disponibles indiquent que ces risques systémiques ne se matérialisent pas. « Nous sommes très loin d’une situation susceptible de menacer la stabilité monétaire ou économique de notre sous-région », a soutenu le gouverneur. Une affirmation que les chiffres étayent.
DISPOSITIFS D’AUTHENTIFICATION
La réponse institutionnelle de la BEAC s’articule autour de trois axes. Le premier est préventif : intégrer en permanence de nouvelles technologies de sécurité dans les billets et les pièces, en travaillant sur les substrats, les procédés de fabrication et les dispositifs d’authentification. Le deuxième est opérationnel : maintenir un système de détection mobilisant la Banque centrale, les établissements de crédit, les forces de sécurité et les autorités judiciaires. Le laboratoire d’analyse des contrefaçons joue un rôle central dans ce dispositif, en expertisant les signes monétaires suspects et en suivant l’évolution du phénomène à l’échelle de la sous-région.
Le troisième axe est pédagogique : sensibiliser régulièrement le grand public, les commerçants et les professionnels de la monnaie aux signes permettant d’identifier les faux billets. Dans cette optique, la BEAC a développé une application mobile baptisée « BEAC NG2020 », disponible sur les plateformes Play Store et App Store. Elle permet aux utilisateurs d’identifier les caractéristiques de sécurité de la gamme actuelle de billets et de renforcer leur capacité d’authentification au quotidien.
La question de la sécurité des coupures elles-mêmes a aussi été posée directement au gouverneur, certains observateurs laissant entendre que des failles pourraient exister du côté de la Banque centrale. Sa réponse a été sans ambiguïté. « Les billets et les pièces émis par la BEAC sont dotés de dispositifs de sécurité répondant aux standards les plus exigeants », a-t-il affirmé, en rappelant que la lutte contre la contrefaçon n’est jamais un acquis définitif pour aucune banque centrale au monde. Les faussaires s’adaptent, innovent, cherchent des failles. Ce qui impose aux instituts d’émission une veille technologique permanente.
L’existence de tentatives de contrefaçon ne traduit donc pas une défaillance institutionnelle ; elle confirme la nécessité de maintenir la pression.
MÉCANISME DE VIGILANCE
L’affaire de Douala illustre précisément ce mécanisme de vigilance. C’est la détection d’un individu qui tentait d’introduire des pièces contrefaites dans les circuits commerciaux du premier arrondissement qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’aux têtes du réseau. Deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont le technicien principal de l’opération. L’enquête, relayée par la chaîne Équinoxe TV et le média Benin Web TV, montre que les mécanismes de coopération entre la Banque centrale et les forces de l’ordre fonctionnent.
La robustesse de ces mécanismes est, en définitive, le message que la BEAC cherche à faire passer. Non pas que la contrefaçon n’existe pas — l’affaire de Douala en est la démonstration — mais qu’elle reste contenue dans des proportions qui ne menacent ni la monnaie ni les économies de la zone. Le gouverneur a conclu sur un appel à la responsabilité partagée : « La première ligne de défense contre la contrefaçon demeure la vigilance des utilisateurs eux-mêmes. » Signaler tout signe monétaire suspect, se familiariser avec les critères d’authentification, utiliser les outils numériques mis à disposition — autant de réflexes qui, mis bout à bout, renforcent l’intégrité du circuit fiduciaire dans l’ensemble de la sous-région.
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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.
Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).
Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.
Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.
Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.
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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.
Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.
LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »
Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.
Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.
Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.
L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE
L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).
L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.
Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.
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