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La France attribuera 500 000 visas étudiants étrangers d’ici 2027 !

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La France attribuera 500 000 visas étudiants étrangers d’ici 2027 !
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À la tête de cette ambition se trouve Campus France, l’agence nationale chargée de la promotion de l’enseignement supérieur français à l’international. Donatienne Hissard, directrice générale de Campus France, explique les stratégies et priorités de l’agence dans une interview réalisée par Laetitia Dive du média Français à l’étranger et publié le 08 Janvier dernier.

Tableau : Répartition des étudiants étrangers en France (2022)

CatégoriesPourcentage/Nombres
Total des étudiants étrangers (2022 – 2023)412 000
Objectif pour 2027500 000
Principales nationalitésMarocains, Algériens, Chinois, Italiens, Sénégalais, afrique subsharienne
Étudiants en universités publiques64 %
Étudiants en écoles de commerce14 %
Étudiants en écoles d’ingénieurs7 %
Part des étudiants en Île-de-France35 %
Boursiers (gouvernement français)2 %
Augmentation du nombre d’étudiants nigérians+112 % en 5 ans

2027 : Un cap important pour l’attractivité de la France

Campus France, sous la tutelle des ministères de l’Europe, des Affaires étrangères, et de l’Enseignement supérieur, a quatre missions principales. Comme le souligne Donatienne Hissard : « Nous promouvons les études en France, mettons en œuvre des programmes de bourses, facilitons l’accueil des étudiants et analysons les tendances de mobilité internationale. » Avec un réseau de 275 antennes dans 134 pays, Campus France s’efforce d’attirer des étudiants de régions prioritaires telles que l’Indo-Pacifique et l’Afrique subsaharienne.

L’objectif de 500 000 étudiants étrangers a été fixé en 2018 dans le cadre de la stratégie « Bienvenue en France ». Après avoir atteint 400 000 étudiants en 2022, un premier jalon important, Campus France vise à consolider cette croissance. En 2023, le nombre d’étudiants accueillis en France est monté à 412 000.

Un faible taux de boursiers, mais une forte attractivité (

La France en sixième position)

Seuls 2 % des étudiants étrangers bénéficient de bourses du gouvernement français. La majorité choisit la France pour la qualité de son enseignement et de son accueil, deux éléments qui séduisent particulièrement les étudiants. Le système de bourses repose essentiellement sur l’excellence académique, comme le rappelle Hissard : « Les bourses sont attribuées selon des critères d’excellence, non sociaux, et les appels à projets sont souvent lancés par les ambassades ou les instituts français. »

Chaque année, environ 11 000 bourses sont attribuées, couvrant aussi bien des stages que des études supérieures.

La concurrence pour attirer des étudiants étrangers est rude. « Les États-Unis restent largement en tête, accueillant près d’un million d’étudiants étrangers chaque année », rappelle la directrice. La France se classe sixième, derrière des pays comme le Royaume-Uni, l’Australie ou encore l’Allemagne. Cependant, de nouveaux acteurs émergent sur la scène internationale, tels que la Chine, les Émirats arabes unis et la Turquie.

Les étudiants marocains en tête des nationalités représentées

Les étudiants marocains constituent le contingent le plus important des étrangers en France, suivis des Algériens et des Chinois. Bien que la pandémie ait réduit le nombre d’étudiants en provenance de Chine, les Italiens et les Sénégalais complètent le top 5 des nationalités.

Campus France déploie des efforts ciblés dans l’Indo-Pacifique et en Afrique. En tête de liste des priorités : l’Inde et l’Indonésie. En Afrique, la France reste le premier pays d’accueil pour les étudiants subsahariens. « Le continent est un réservoir de jeunesse et nous devons renforcer notre présence stratégique », indique Donatienne Hissard.

Des actions de promotion sont menées régulièrement lors de salons, sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux. De plus, des partenariats entre institutions françaises et locales sont encouragés.

La France fait face à des défis en Afrique de l’Ouest, une région où le discours anti-français prend de l’ampleur. Campus France cherche à éviter les déceptions liées à des refus d’admission. « Nous avons mis en place des outils pour mieux orienter les candidats, afin de leur offrir des chances réalistes d’obtenir une place en France », explique Hissard, évoquant un simulateur de projet éducatif déployé au Sénégal.

La géopolitique et les étudiants ukrainiens

Le contexte géopolitique mondial influence également la mobilité. Campus France a intensifié ses efforts pour accueillir des étudiants ukrainiens, notamment en créant des programmes d’urgence et des formations en français. En revanche, les accords institutionnels avec la Russie ont été suspendus, bien que des étudiants russes continuent de venir individuellement.

Si 35 % des étudiants étrangers se trouvent en région parisienne, Campus France encourage leur répartition vers d’autres villes universitaires. « Nous distribuons des fiches sur ces villes et travaillons avec les municipalités pour promouvoir des séjours de découverte », précise la directrice. La majorité des étudiants s’inscrivent dans les universités publiques (64 %), suivies des écoles de commerce (14 %) et des écoles d’ingénieurs (7 %).

Les alumni jouent un rôle important dans la promotion de la France à l’international. Hissard évoque les résultats d’une enquête récente : « Entre 85 et 98 % des anciens étudiants étrangers en France sont prêts à promouvoir le pays, que ce soit en termes de tourisme ou de consommation de produits français. »

En 2024, Campus France prévoit d’organiser la deuxième édition de la Journée mondiale des alumni, après le succès de la première en 2023.

Quelques extraits de l’interview :

Extraits de l’interview de Donatienne Hissard :

Alors que l’image de la France est écornée en Afrique de l’Ouest, Campus France modifie-t-elle sa stratégie de coopération ?

Le climat actuel doit nous inciter à prêter attention à certains points particuliers dans le cadre de notre coopération. Nous devons surtout éviter de créer de la déception lorsque des candidats issus de cette région ne sont pas retenus pour venir faire leurs études en France. Nous traversons en effet une situation particulière car les chiffres nous montrent que les ressortissants d’Afrique de l’Ouest continuent à se tourner massivement vers la France pour leurs études et, en parallèle, le discours anti-français prend de l’ampleur, alimenté par certaines puissances étrangères. Dans ce contexte, les étudiants déçus pourraient se montrer davantage réceptifs à ce discours et c’est ce que nous souhaitons absolument éviter. Nous essayons donc de mieux travailler sur l’orientation de ces étudiants afin que ce qu’ils demandent soit adapté à leur profil et qu’ils aient plus de chance de l’obtenir. Par exemple, l’Espace Campus France a développé au Sénégal un simulateur qui leur permet de tester la viabilité de leur projet.

Quels types établissements accueillent aujourd’hui le plus d’étudiants étrangers ? Dans quelles régions de l’Hexagone ?

64% des étudiants étrangers choisissent d’intégrer une université publique, 14% une école de commerce et 7% une école d’ingénieurs. Si la préférence va à l’université, c’est parce qu’il s’agit du modèle dominant dans le monde tandis que le système des grandes écoles qui existe en France est souvent méconnu. Nous constatons néanmoins que ce sont les écoles de commerce qui connaissent la croissance la plus importante : 80% en cinq ans. Ces établissements ont souvent une politique dynamique de promotion à l’étranger, et ils proposent un nombre croissant de cursus en anglais.

Qui sont aujourd’hui vos principaux concurrents parmi les autres pays qui accueillent des étudiants étrangers ?

Les États-Unis arrivent premier, et de très loin : ils accueillent autour d’un million d’étudiants étrangers chaque année. Le Royaume-Uni est à la deuxième place, suivi de l’Australie, de l’Allemagne et du Canada. La France arrive donc en sixième position. Ce classement n’est pas figé car de nouveaux pays se démarquent aujourd’hui : la Chine, les Émirats arabes unis et la Turquie notamment. Enfin, l’Irlande a largement bénéficié du Brexit pour l’accueil d’étudiants en Erasmus car elle est désormais le seul pays de l’Union européenne à proposer un enseignement « English native ».

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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC

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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC
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Le mardi 9 juin 2026, des gendarmes camerounais ont investi un entrepôt du troisième arrondissement de Douala. Derrière une façade d’unité de production d’enduits et de matériaux de construction se cachait une chaîne de montage dédiée à la fabrication de fausses pièces de monnaie métallique. Cinq individus ont été interpellés — deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont celui qui assurait la direction technique de l’opération. Le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, s’est déplacé en personne pour constater l’ampleur du dispositif.

L’affaire a immédiatement suscité des interrogations sur la capacité de la Banque centrale à protéger les signes monétaires qu’elle émet. D’autant que la presse relevait la saisie, dans le même contexte, de liasses de faux billets de 10 000 francs CFA et de rondelles imitant des pièces de 500 francs. Des interrogations qui ont conduit Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC à clarifier, dans une interview accordée à nos confrères de Cameroon Business Today, les faits et à replacer l’incident dans sa juste proportion.

Première mise au point de taille : les pièces saisies à Douala ne sont pas des contrefaçons de la nouvelle gamme 2024. « Les vérifications effectuées ont montré que les pièces concernées étaient des imitations de la pièce de 500 francs de l’ancienne gamme mise en circulation en 1985 et progressivement retirée depuis l’introduction de la gamme de 2006 », a précisé le gouverneur. Une nuance essentielle, qui change la nature du problème. Il ne s’agit pas d’une brèche dans les nouveaux dispositifs de sécurité, mais d’une tentative de remise en circulation de copies d’une pièce déjà obsolète.

ANALYSE DES CONTREFAÇONS

Les chiffres que la BEAC a publiés à cette occasion méritent d’être examinés avec attention. Au 30 avril 2026, le Laboratoire d’analyse des contrefaçons de la Banque centrale avait recensé 16 639 billets contrefaits sur un volume de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation dans l’espace CEMAC. Le ratio obtenu — 19 billets contrefaits pour un million de billets en circulation — est nettement inférieur au seuil de vigilance retenu à l’échelle internationale, généralement fixé à 100 billets contrefaits par million. Autrement dit, plus de 99,998 % des billets qui transitent chaque jour dans les économies des six pays membres sont authentiques. Ces statistiques ne relativisent pas le crime lui-même.

La contrefaçon monétaire reste une infraction grave, aux effets potentiellement déstabilisateurs. Lorsqu’elle prend de l’ampleur, elle érode la confiance dans la monnaie, perturbe les transactions commerciales et peut entraîner des pertes directes pour les ménages et les entreprises qui reçoivent de faux billets sans le savoir. Elle peut également alimenter d’autres circuits criminels.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les banques centrales traitent ce sujet comme une priorité permanente, quelle que soit l’ampleur réelle du phénomène. Mais dans le cas de la CEMAC, les données disponibles indiquent que ces risques systémiques ne se matérialisent pas. « Nous sommes très loin d’une situation susceptible de menacer la stabilité monétaire ou économique de notre sous-région », a soutenu le gouverneur. Une affirmation que les chiffres étayent.

DISPOSITIFS D’AUTHENTIFICATION

La réponse institutionnelle de la BEAC s’articule autour de trois axes. Le premier est préventif : intégrer en permanence de nouvelles technologies de sécurité dans les billets et les pièces, en travaillant sur les substrats, les procédés de fabrication et les dispositifs d’authentification. Le deuxième est opérationnel : maintenir un système de détection mobilisant la Banque centrale, les établissements de crédit, les forces de sécurité et les autorités judiciaires. Le laboratoire d’analyse des contrefaçons joue un rôle central dans ce dispositif, en expertisant les signes monétaires suspects et en suivant l’évolution du phénomène à l’échelle de la sous-région.

Le troisième axe est pédagogique : sensibiliser régulièrement le grand public, les commerçants et les professionnels de la monnaie aux signes permettant d’identifier les faux billets. Dans cette optique, la BEAC a développé une application mobile baptisée « BEAC NG2020 », disponible sur les plateformes Play Store et App Store. Elle permet aux utilisateurs d’identifier les caractéristiques de sécurité de la gamme actuelle de billets et de renforcer leur capacité d’authentification au quotidien.

La question de la sécurité des coupures elles-mêmes a aussi été posée directement au gouverneur, certains observateurs laissant entendre que des failles pourraient exister du côté de la Banque centrale. Sa réponse a été sans ambiguïté. « Les billets et les pièces émis par la BEAC sont dotés de dispositifs de sécurité répondant aux standards les plus exigeants », a-t-il affirmé, en rappelant que la lutte contre la contrefaçon n’est jamais un acquis définitif pour aucune banque centrale au monde. Les faussaires s’adaptent, innovent, cherchent des failles. Ce qui impose aux instituts d’émission une veille technologique permanente.

L’existence de tentatives de contrefaçon ne traduit donc pas une défaillance institutionnelle ; elle confirme la nécessité de maintenir la pression.

MÉCANISME DE VIGILANCE

L’affaire de Douala illustre précisément ce mécanisme de vigilance. C’est la détection d’un individu qui tentait d’introduire des pièces contrefaites dans les circuits commerciaux du premier arrondissement qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’aux têtes du réseau. Deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont le technicien principal de l’opération. L’enquête, relayée par la chaîne Équinoxe TV et le média Benin Web TV, montre que les mécanismes de coopération entre la Banque centrale et les forces de l’ordre fonctionnent.

La robustesse de ces mécanismes est, en définitive, le message que la BEAC cherche à faire passer. Non pas que la contrefaçon n’existe pas — l’affaire de Douala en est la démonstration — mais qu’elle reste contenue dans des proportions qui ne menacent ni la monnaie ni les économies de la zone. Le gouverneur a conclu sur un appel à la responsabilité partagée : « La première ligne de défense contre la contrefaçon demeure la vigilance des utilisateurs eux-mêmes. » Signaler tout signe monétaire suspect, se familiariser avec les critères d’authentification, utiliser les outils numériques mis à disposition — autant de réflexes qui, mis bout à bout, renforcent l’intégrité du circuit fiduciaire dans l’ensemble de la sous-région.

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles
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Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.

Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).

Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.

Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.

Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?
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Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.

Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.

LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »

Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.

Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.

Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.

L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE

L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).

L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.

Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.

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