Actualités locales
Coopération : ces nouveaux accords en vue entre le Cameroun et la Chine, premier fournisseur en 2023

(Investir au Cameroun) – Le président Paul Biya a officiellement rejoint Beijing ce lundi pour participer au 4ᵉ Forum sur la coopération sino-africaine (Focac), qui se déroule dans la capitale chinoise du 4 au 6 septembre 2024. Cette visite marque une étape significative dans les relations bilatérales entre le Cameroun et la Chine, avec des discussions attendues sur de nouveaux accords de coopération. Lors de la précédente édition du Focac en 2018, le Cameroun avait annoncé la possibilité de trois accords majeurs portant sur la restructuration de la dette camerounaise, la coopération judiciaire et un plan d’aide humanitaire pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, touchées par une crise sécuritaire depuis 2016. À l’issue de cette rencontre, le président avait encouragé le secteur privé chinois à investir davantage en Afrique, et particulièrement au Cameroun, soulignant les opportunités d’affaires offertes par le pays.
La présidence camerounaise n’a pas encore confirmé si des accords seront signés à la suite de ce Forum 2024. Cependant, la composition de la délégation camerounaise, comprenant des ministres clés comme Alamine Ousmane Mey (Économie), Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe (Transports), Fuh Calistus Gentry (Mines et Développement technologique), Emmanuel Nganou Djoumessi (Travaux publics) et Gabriel Mbairobe (Agriculture), ainsi que Jean Christophe Ela Nguema, le directeur général de Camair-Co, la compagnie aérienne nationale, et Christophe Eken, le président de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat, suggère que des négociations importantes sont en cours. En janvier dernier, le chef de l’État avait exprimé le désir du Cameroun de renforcer sa coopération avec la Chine dans plusieurs domaines : politique, économie, commerce, infrastructures, culture, tourisme et affaires internationales. Cette déclaration visait à accroître les bénéfices pour les deux nations et à promouvoir de nouvelles avancées dans les relations bilatérales. Cette annonce avait été faite lors d’une rencontre avec le vice-Premier ministre chinois, Liu Guozhong, en visite officielle au Cameroun.
Premier fournisseur
En 2023, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 1 178,1 milliards de FCFA, marquant une hausse de 24,1 % par rapport à 2022, selon l’Institut national de la statistique (INS). La Chine a conservé sa position de premier fournisseur du Cameroun avec une part de marché de 18,9 %, devançant l’Inde et la France. Les principales importations camerounaises en provenance de Chine comprennent des herbicides et inhibiteurs de germination (4,9%), des pneumatiques neufs pour autobus et camions (3,1%), des carreaux et dalles en céramique (2,7%), du polyéthylène téréphtalate (1,8 %), ainsi que des emballages en verre et produits laminés plats en fer/acier non allié (1,6 % chacun). Malgré ce partenariat commercial croissant, le Cameroun continue d’afficher un déficit commercial avec la Chine, atteignant 714,3 milliards de FCFA en 2023, en augmentation de 18,5 % par rapport à l’année précédente, d’après l’INS. Cependant, les exportations camerounaises vers la Chine ont connu une hausse de 33,9 %, avec des produits miniers et forestiers, comme le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié, qui ont contribué à cette croissance.
Partenariat cinquantenaire
Le Cameroun et la Chine ont célébré en 2021 le 50e anniversaire de leur partenariat, établi depuis le 26 mars 1971. Lors de la visite d’État de Paul Biya en Chine en mars 2018, cinq nouveaux accords avaient été signés : l’accord sur le fonds d’aide pour la période 2018-2021, don sans contrepartie de la partie chinoise de plus de 400 milliards, soit 334 milliards de FCFA pour l’année 2018 et 84 milliards de FCFA pour les années suivantes; l’accord de prêt de 50 milliards de FCFA pour le financement de la 2ᵉ phase du Projet d’approvisionnement en eau potable dans neuf villes du Cameroun ; le protocole d’accord sur le renforcement de la coopération dans le domaine infrastructures ; l’accord sur l’amélioration des capacités de production industrielle et le mémorandum d’entente sur le renforcement des ressources humaines. Outre la signature de ces accords, la partie chinoise s’était engagée à examiner “avec bienveillance” la dette du Cameroun, selon la présidence de la République.
La Chine reste un partenaire stratégique pour le Cameroun, avec des projets d’envergure comme le nouvel immeuble-siège de l’Assemblée nationale de Yaoundé, les hôpitaux gynéco-obstétriques et pédiatriques, le Palais polyvalent des sports de Yaoundé et le Port en eau profonde de Kribi. Le Projet d’alimentation en eau potable de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga (Paepys), mis officiellement en service le 20 août 2024, est un autre exemple de la coopération entre les deux nations. Avec le Focac comme plateforme, cette visite pourrait renforcer encore davantage les liens entre les deux pays, et ouvrir la voie à de nouveaux accords pour les deux parties.
Patricia Ngo Ngouem
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Actualités locales
Filière lait : le PNUD appuie la transformation locale face à un déficit national de plus de 120 000 tonnes

(Investir au Cameroun) – Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) entend accompagner le Cameroun dans la transformation locale du lait, alors que la production nationale reste très inférieure à une demande estimée à plus de 300 000 tonnes par an. Cette coopération doit porter sur le montage de projets, l’amélioration de la collecte et de la conservation ainsi que le renouvellement générationnel au sein des communautés pastorales.
L’engagement a été évoqué le 23 juillet 2026, lors d’une rencontre entre le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, et le représentant résident du PNUD au Cameroun, Mathieu Ciowela.
Les échanges ont porté sur une assistance technique à la préparation de projets, l’appui à la transformation du lait local et la préparation d’une relève au sein des communautés d’éleveurs. Le partenariat vise à corriger plusieurs faiblesses structurelles qui limitent encore la production et la commercialisation des produits laitiers camerounais.
Un déficit supérieur à 120 000 tonnes
Selon les données du ministère de l’Élevage, la production nationale de lait a atteint 176 618 tonnes en 2023, contre 173 907 tonnes en 2022, soit une progression précise de 1,6 %, généralement arrondie à 2 %.
Face à une demande intérieure supérieure à 300 000 tonnes par an, le déficit théorique dépasse 120 000 tonnes. Cet écart est en partie couvert par les importations de lait, de poudre et d’autres produits laitiers.
D’après l’Institut national de la statistique, cité parBusiness in Cameroon, le pays a consacré 40,6 milliards de FCFA à l’importation de 20 596 tonnes de lait et de produits laitiers en 2023. Les industries auraient parallèlement importé 17 217 tonnes de lait en poudre ou concentré, pour 35 milliards de FCFA.
Ces deux montants ne doivent toutefois pas être automatiquement additionnés : les importations industrielles de poudre et de lait concentré peuvent déjà être comprises dans la catégorie plus large du lait et des produits laitiers.
Collecte, chaîne du froid et transformation
L’appui du PNUD devrait porter sur l’amélioration des systèmes de collecte, de conservation et de transformation, le renforcement des capacités des éleveurs, des collecteurs et des unités de transformation, ainsi que l’adoption de technologies modernes.
La faiblesse de la chaîne du froid reste l’un des principaux obstacles au développement du secteur. Une partie du lait produit dans les bassins d’élevage ne peut être rapidement acheminée vers les centres de consommation ou les unités industrielles. L’insuffisance des équipements de conservation provoque ainsi des pertes après la traite et réduit les volumes commercialisés.
À ces contraintes s’ajoutent les faibles rendements de nombreuses races bovines, le coût de l’alimentation animale, la dispersion des producteurs et le nombre limité d’unités de transformation à proximité des zones de production.
Le développement de centres de collecte équipés, de moyens de transport réfrigérés et de petites unités de pasteurisation pourrait mieux connecter les éleveurs aux industries et aux marchés urbains.
Un plan de 305,7 milliards de FCFA jusqu’en 2035
Le gouvernement considère la filière laitière comme un axe de sa politique d’import-substitution. Au-delà de la réduction de la facture extérieure, une transformation accrue du lait local pourrait créer des débouchés pour les éleveurs, les transporteurs, les collecteurs et les entreprises agro-industrielles.
En juin 2024, le Cameroun a adopté un plan de développement du secteur laitier évalué à 305,7 milliards de FCFA pour la période 2024-2035. Il ambitionne de porter la production nationale à plus d’un million de tonnes à l’horizon 2035.
Cet objectif suppose de multiplier par près de six le niveau de production enregistré en 2023. Sa réalisation dépendra de la mobilisation effective des financements, de l’amélioration génétique du cheptel, du développement des cultures fourragères et de la construction d’infrastructures de collecte et de transformation.
L’intervention annoncée du PNUD pourrait aider à structurer certains projets et à renforcer leur viabilité technique et commerciale. Aucun montant, calendrier d’exécution ou portefeuille précis d’investissements n’a toutefois encore été communiqué.
Mercy Fosoh
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SYNAFOC : une assemblée générale élective annoncée pour renouveler les dirigeants
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Ngaoundéré : la SCDP attribue un marché de 2,36 milliards pour accroître de 54,5 % le stockage de produits blancs

(Investir au Cameroun) – La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) a attribué au groupement RG & Co./Bajaj Steel Industries Limited un marché de 2,359 milliards de FCFA TTC pour construire un bac de 3 000 m³ de gasoil dans son dépôt de Ngaoundéré. Sur la base des capacités arrondies communiquées par l’entreprise, cet équipement doit porter le stockage de produits blancs du site de 5 500 à 8 500 m³, soit une hausse de 54,5 % après sa mise en service.
La décision d’attribution, signée le 9 juin 2026 et publiée le 17 juin par l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP), fixe à 16 mois le délai d’exécution. Le montant retenu est inférieur de 25,64 millions de FCFA, soit environ 1,1 %, au coût prévisionnel de 2,385 milliards inscrit dans l’appel d’offres.
À ce marché principal s’ajoute une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage de 113,96 millions de FCFA TTC, attribuée le 6 mai 2026 à Parlym Cameroun pour une durée de 14 mois. Les deux contrats documentés totalisent ainsi 2,473 milliards de FCFA. Ce cumul ne peut toutefois pas être présenté comme le coût définitif de l’ensemble des aménagements du dépôt.
Une capacité future fondée sur des chiffres arrondis
La distinction entre capacité actuelle et capacité projetée est essentielle. Les 5 500 m³ correspondent à la capacité arrondie retenue par la SCDP pour les produits blancs. Les 8 500 m³ constituent un objectif qui ne sera atteint qu’après la construction, la réception et la mise en service du nouveau bac.
La fiche technique du dépôt détaille actuellement 1 410 m³ de super, 1 960 m³ de pétrole lampant et 2 170 m³ de gasoil. Ces trois produits totalisent précisément 5 540 m³. L’ajout du nouveau réservoir porterait donc leur stockage théorique à 8 540 m³, soit une progression de 54,2 %.
Les 3 000 m³ supplémentaires représenteront par ailleurs 35,3 % de la capacité future arrondie de 8 500 m³. Ce ratio mesure le poids du nouveau bac dans la capacité projetée et non l’augmentation par rapport aux installations actuelles.
La SCDP mentionne séparément 1 420 m³ de Jet A1 et 950 m³ de fuel. Ces volumes n’entrent pas dans le périmètre de 5 500 m³ retenu pour mesurer l’augmentation du stockage de produits blancs.
L’attribution du marché ne permet pas encore de fixer une date de livraison. Le délai de 16 mois commence normalement à courir à partir de la date prévue par le contrat ou de la notification de l’ordre de service. Or, la date de cet ordre de service n’apparaît pas dans les documents publics consultés.
GPL : les documents publics se contredisent sur la capacité projetée
La SCDP prévoit également de renforcer le stockage de gaz de pétrole liquéfié à Ngaoundéré, mais les informations publiées sur ce projet ne concordent pas.
Un premier appel d’offres portant sur la construction d’un réservoir cylindrique — ou « cigare » — de 250 tonnes a été annulé le 24 avril 2025 en raison de dysfonctionnements informatiques à l’ARMP. Contrairement à ce que suggérait la première version de l’article, la procédure a été relancée dès le 29 avril 2025, pour un coût prévisionnel de 2,743 milliards de FCFA TTC et un délai de douze mois.
Le 1er juillet 2025, la SCDP a par ailleurs attribué à Gradient SARL la maîtrise d’œuvre de ce projet pour 58,49 millions de FCFA TTC et une durée de 14 mois. Dans les actes publics consultés, la décision d’attribution du marché principal de construction n’a toutefois pas été retrouvée.
Une publication officielle de la SCDP, modifiée en 2026 et consacrée à une concertation tenue le 6 mai, évoque pourtant un « cigare de 500 tonnes » en chantier à Ngaoundéré. Cette capacité est deux fois supérieure aux 250 tonnes inscrites dans les documents de passation des marchés.
La fiche technique de la SCDP situe la capacité actuelle de stockage de GPL du dépôt à 95 tonnes. L’ajout de 250 tonnes la porterait à 345 tonnes. Si le projet actuel porte effectivement sur 500 tonnes, elle atteindrait plutôt 595 tonnes. En l’absence d’une clarification de la SCDP sur le périmètre du chantier, les 345 tonnes ne peuvent donc plus être présentées comme la capacité future définitive.
Plus de stockage ne garantit pas la fin des pénuries
Le dépôt de Ngaoundéré approvisionne l’Adamaoua ainsi qu’une partie des régions du Nord et de l’Est, selon la SCDP. L’augmentation de ses capacités peut renforcer la marge logistique et réduire sa vulnérabilité à certains retards d’approvisionnement. Les documents disponibles ne publient cependant ni données régionales de consommation, ni fréquence des ruptures, ni nombre de jours de couverture, ni calendrier des rotations de ravitaillement.
Il n’est donc pas établi que ces investissements suffiront à supprimer les pénuries, à raccourcir les délais de réapprovisionnement ou à contenir les pratiques spéculatives. Ces effets dépendront également de la disponibilité des produits, de leur acheminement jusqu’au dépôt et de leur distribution vers les stations-service. Pour le GPL s’ajoutent le nombre de bouteilles disponibles et leur accessibilité financière pour les ménages.
La SCDP présente aussi le renforcement du stockage de GPL comme un moyen de réduire le recours au bois de chauffe et l’exposition des ménages aux fumées de cuisson. L’Organisation mondiale de la santé classe effectivement le GPL parmi les combustibles propres au point d’utilisation et souligne que les femmes et les enfants supportent une part disproportionnée des effets sanitaires des combustibles polluants.
En revanche, aucun document public consulté ne chiffre, pour l’Adamaoua, la consommation de bois susceptible d’être évitée, la superficie forestière qui serait préservée ou les économies attendues pour les ménages. L’impact environnemental et social annoncé reste donc à documenter.
Frederic Nonos
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