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Deuxième pont sur la Dibamba : le programme de 174,6 milliards de FCFA ne précise pas le rôle de Magil

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Deuxième pont sur la Dibamba : le programme de 174,6 milliards de FCFA ne précise pas le rôle de Magil
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(Investir au Cameroun) – Le nouveau plan de financement de 174,6 milliards de FCFA annoncé pour la reconstruction de la route Édéa-Douala, comprenant un deuxième pont sur la Dibamba, ne précise pas le sort du contrat commercial conclu en décembre 2019 avec Magil Construction. L’entreprise canadienne avait été retenue pour un projet comprenant déjà le dédoublement de cet ouvrage, avant que des contraintes budgétaires ne conduisent à financer uniquement les travaux routiers. En février 2026, Magil avait soumis une nouvelle proposition financière pour construire le pont. Le gouvernement n’a pas indiqué si cette offre demeure à l’étude.

Le 2 novembre 2026, une mission conjointe de l’Agence française de développement (AFD), de la Banque européenne d’investissement (BEI) et de l’Union européenne a présenté au ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, un programme évalué à 266,2 millions d’euros, soit environ 174,6 milliards de FCFA. Cette enveloppe couvre la reconstruction de la section Édéa-Douala de la nationale N3, la construction du deuxième pont sur la Dibamba et la réhabilitation de l’ouvrage existant.

Le financement envisagé comprend 125 millions d’euros de l’AFD, 100 millions de la BEI et 39,2 millions de l’Union européenne. Ces contributions totalisent 264,2 millions d’euros, soit 2 millions d’euros de moins que l’enveloppe globale annoncée. Le ministère mentionne également une participation de l’État camerounais destinée à couvrir les taxes et les dépenses non éligibles aux financements extérieurs, sans en préciser le montant.

Les contributions de l’AFD et de la BEI restent soumises à des approbations attendues respectivement en décembre 2026 et février 2027. La communication ministérielle ne précise ni le coût réservé au deuxième pont dans l’enveloppe globale, ni l’entreprise appelée à réaliser les travaux.

Cette absence de clarification intervient huit mois après une nouvelle démarche de Magil Construction auprès du gouvernement camerounais. Le 24 février 2026, Ralph Tropea, représentant de l’entreprise canadienne, avait été reçu par Emmanuel Nganou Djoumessi. Selon la cellule de communication du ministère des Travaux publics, la société avait alors présenté une proposition destinée à mobiliser des financements auprès de partenaires internationaux pour construire le deuxième pont.

Le 4 mars,Investir au Camerounévaluait cette offre à près de 59 milliards de FCFA, sur la base d’informations recueillies auprès d’une source proche du dossier. Ce montant n’avait pas été officiellement confirmé. Magil proposait un montage associant ingénierie, construction et financement, avec l’objectif de prendre en charge la réalisation de l’ouvrage.

Le ministère rappelait également que le contrat commercial signé en décembre 2019 avec Magil comprenait initialement la réhabilitation de la pénétrante Est de Douala et le dédoublement du pont sur la Dibamba. Mais, en 2021, seul le volet routier avait finalement obtenu un financement.

Les documents de UK Export Finance permettent de distinguer les deux opérations. Le soutien britannique d’environ 135 millions d’euros, arrangé par Standard Chartered, concernait l’aménagement de près de neuf kilomètres de chaussée à l’entrée Est de Douala. Il finançait notamment l’élargissement de la route, la construction de giratoires, de passages dénivelés et d’équipements urbains. Le deuxième pont sur la Dibamba ne figure pas parmi les travaux énumérés dans la fiche officielle du projet publiée le 24 mai 2022.

Sur son site Internet, Magil continue néanmoins de présenter la construction d’un nouveau pont et de ses accès parmi les composantes de son projet de pénétrante Est. Cette description, dont la date de dernière actualisation n’est pas précisée, ne permet pas d’établir la situation contractuelle actuelle de l’entreprise pour cet ouvrage.

L’intégration du pont au programme soutenu par les partenaires européens était déjà envisagée avant la réunion du 2 novembre. Le 25 mars 2026, le ministère des Travaux publics avait mentionné sa construction dans un document de consultation préliminaire des entreprises relatif au corridor Douala-Bangui. Cette démarche ne constituait toutefois ni un appel d’offres ni une procédure de préqualification.

Le 17 juillet, un avis général de passation des marchés publié par l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP) confirmait que la section Édéa-Douala et le deuxième pont étaient en préparation en vue d’un cofinancement par l’AFD, la BEI et l’Union européenne. L’avis ne lançait cependant pas de marché de construction propre au deuxième pont.

Ces documents ne permettent pas de déterminer si le volet concernant le pont dans le contrat commercial de décembre 2019 a fait l’objet d’un avenant, d’une modification de périmètre ou d’une autre décision contractuelle. Ils ne permettent pas non plus d’établir si la proposition financière soumise par Magil en février 2026 a été rejetée, maintenue à l’étude ou intégrée aux discussions avec les partenaires européens.

Les autorités camerounaises et leurs partenaires visent un démarrage des travaux de reconstruction de la section Édéa-Douala entre juin et juillet 2027. L’AFD s’est déclarée disposée à autoriser le lancement anticipé de certaines acquisitions avant la signature de l’ensemble des accords de financement. La clarification des modalités de sélection du constructeur du deuxième pont reste donc attendue, alors que le programme entre dans la préparation de ses marchés.

Ludovic Amara

Lire aussi:

09-10-2026- Axe Douala-Yaoundé : le Cameroun cherche des entreprises pour reconstruire 167 km de route

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donnons le Canal 2’Or de la liberté à Charlotte Dipanda

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donnons le Canal 2’Or de la liberté à Charlotte Dipanda
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Dans une tribune publiée après la cérémonie des Canal 2’Or du 31 octobre 2026 à Yaoundé, Cyrille Tchamba prend la défense de la chanteuse Charlotte Dipanda, au centre de rumeurs faisant état d’une éventuelle déprogrammation liée à ses prises de position politiques. Si ces allégations restent à confirmer, l’auteur en profite pour relancer le débat sur la liberté d’expression des artistes camerounais et leur rapport au pouvoir.

La polémique autour de la participation de Charlotte Dipanda à la cérémonie des Canal 2’Or continue d’alimenter les discussions sur la place de la liberté d’expression dans le paysage culturel camerounais.

Dans une tribune intitulée « Donnons le Canal d’Or de la liberté à Charlotte Dipanda », Cyrille Tchamba s’interroge sur les conditions dans lesquelles les artistes peuvent exprimer leurs opinions politiques sans risquer d’être marginalisés dans les événements culturels.

Selon les informations rapportées par l’auteur, des rumeurs ont circulé autour d’une possible déprogrammation de la chanteuse lors de la cérémonie organisée le 31 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé. Cette décision aurait été motivée par ses prises de position sur la gouvernance du Cameroun et son appel, en 2025, à une nouvelle ère politique favorable au bien-être des populations.

Lire la tribune de Cyrille Tchamba :

DONNONS LE CANAL D’OR DE LA LIBERTÉ À CHARLOTTE DIPANDA

« Il paraît que la musique peut avoir de mauvaises vibrations, surtout lorsqu’elle se mêle de politique. Certaines voix deviennent subitement inaudibles dès qu’elles s’aventurent sur un terrain que le pouvoir considère comme sa chasse gardée.

Depuis quelques jours, une rumeur circule autour de la participation de Charlotte Dipanda à la cérémonie des Canal 2’Or, organisée le 31 octobre au Palais des Congrès de Yaoundé. La chanteuse aurait été déprogrammée en raison de ses prises de position sur la gouvernance du pays et de son appel, en 2025, à une ère nouvelle pour le bien-être des Camerounais.

Des sources présentées comme informées évoquent même une opposition d’une très haute personnalité à l’idée de voir l’artiste se produire devant la Première dame, Chantal Biya. Ces allégations restent à confirmer. Mais elles soulèvent une question essentielle: faut-il désormais être politiquement irréprochable aux yeux du pouvoir pour avoir le droit de chanter au Cameroun ?

Charlotte Dipanda n’est pourtant pas une exception. La musique camerounaise a toujours été un espace d’expression politique et sociale.

Avant comme après l’indépendance, des artistes tels qu’Eboa Lotin, Jean Bikoko Aladin et Francis Bebey ont contribué à nourrir la conscience nationale. Sous Ahmadou Ahidjo, certains ont accompagné le régime, tandis que d’autres ont choisi la critique indirecte. Avec Hiki djam ligwe nguen — « il partira un jour du pouvoir » —, Jean Bikoko Aladin glissait ainsi dans une chanson une contestation que le contexte ne permettait pas toujours d’exprimer ouvertement.

De Prince Nico Mbarga à Lapiro de Mbanga, la musique a ensuite donné une mélodie aux frustrations populaires. Lapiro, notamment, a transformé la chanson en tribune: il ne s’agissait plus seulement de faire danser, mais aussi d’observer, d’interpeller et de déranger. Sous Paul Biya, cette parole s’est exprimée plus ouvertement avec Lapiro, Longuè Longuè, puis avec le rap politique de Valsero, One Love, Sultan Oshiminh, Xzafrane, Kareyce Fotso ou Mitoumba.

Certains en ont payé le prix. Valsero a passé neuf mois en détention après son arrestation en janvier 2019, dans le contexte de la contestation postélectorale et de son engagement aux côtés de Maurice Kamto et du MRC. Longuè Longuè a lui aussi connu la détention et dénoncé des violences attribuées à des éléments des forces de sécurité. Ces épisodes rappellent que la parole artistique peut devenir politiquement coûteuse lorsqu’elle s’attaque aux puissants.

Cette tradition dépasse la chanson. Par l’humour, Dave K Moktoï, Kouokam Narcisse ou Moustik le Karismatik ont participé à la satire sociale et politique. Le rire permet parfois de dire ce que la peur interdit de murmurer. À l’étranger, Richard Bona interpelle le pouvoir sur les réseaux sociaux, tandis que Blick Bassy et Manu Dibango ont inscrit la création camerounaise dans une réflexion plus large sur l’histoire, l’identité et la société. La jeune génération prolonge cet héritage à travers le mouvement Mbole, qui raconte la précarité, les frustrations et les désillusions d’une jeunesse confrontée aux difficultés quotidiennes. Décrire une réalité sociale suffit parfois à en faire le procès.

Mais tous les artistes ne contestent pas le pouvoir, et il serait malhonnête de le prétendre. Ben Decca, Lady Ponce, Coco Argentée, Daphné ou Prince Aimé ont, à un moment ou à un autre, assumé leur proximité avec le RDPC et le couple présidentiel. D’autres se produisent dans les résidences de hauts dignitaires ou affichent publiquement leur fidélité au régime. Pourquoi pas ? Un artiste est un citoyen libre de ses convictions. Il peut soutenir le pouvoir ou l’opposition, chanter les louanges du régime ou en dénoncer les errements.

La question est donc ailleurs : cette liberté est-elle réellement réciproque ? Celui qui célèbre le pouvoir mérite-t-il les honneurs tandis que celui qui le critique doit en subir les conséquences ?

Un artiste n’est pas un simple distributeur de divertissement. Il est un témoin de son époque. Il recueille les douleurs de la société, traduit ses espérances et donne parfois une voix à ceux qui n’en ont plus. Il n’est pas obligé de faire de la politique, mais il doit pouvoir en parler. Sa liberté consiste précisément à choisir ses engagements sans craindre l’exclusion ni les représailles.

La scène artistique ne saurait devenir une annexe du protocole d’État. Les distinctions culturelles ne sont pas des certificats de conformité politique, et le talent ne devrait pas être évalué à l’aune de la proximité avec les puissants.

Si Charlotte Dipanda a effectivement été écartée pour ses prises de position, ce serait une bien curieuse conception de la célébration du talent. La musique n’appartient ni au Cabinet civil, ni au gouvernement, ni au palais présidentiel. Elle appartient d’abord à ceux qui la créent et à ceux qui l’écoutent.

On peut retirer un nom d’une programmation, annuler une prestation ou fermer les portes d’une cérémonie. Mais on ne déprogramme pas une conscience.

Comme le dit si bien un dicton : « Quand la main qui distribue la médaille est pleine de boue, celui qui la tend l’épouse. » C’est peut-être là le véritable Canal d’Or de la liberté que Charlotte Dipanda a reçu, ce 31 octobre, dans la conscience des Camerounais. »

Par Cyrille Tchamba

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après le drame de Metafrique Steel, les acteurs de la filière métallurgique mobilisés

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après le drame de Metafrique Steel, les acteurs de la filière métallurgique mobilisés
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Au lendemain de l’accident survenu à Metafrique Steel, qui a fait cinq morts et douze blessés graves le 2 novembre 2026, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, a réuni les principaux acteurs de la filière métallurgique le 4 novembre à Douala pour renforcer la sécurité industrielle et accélérer la modernisation du secteur.

La rencontre a réuni les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires, notamment le gouverneur de la région du Littoral, le préfet du Wouri, le procureur général, le maire de Douala et les responsables du Conseil régional. Plusieurs entreprises du secteur, dont FOKOU, ACERO, METAFRIQUE STEEL et PROMETAL, ont également pris part aux échanges.

Les discussions ont notamment porté sur la prévention des risques professionnels, le respect des normes et la sécurisation des installations industrielles, à travers une présentation du Dr Pierre MOUELEU. Face à la gravité du drame survenu à Metafrique Steel, le membre du gouvernement a annoncé la fermeture de l’entreprise jusqu’à la mise en œuvre des recommandations issues des investigations. Une enquête administrative et technique a également été ouverte sous la conduite du Comité national de l’inspection afin de déterminer les circonstances de l’accident et d’établir les éventuelles responsabilités.

Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la prise en charge des victimes, la protection des travailleurs et l’application de sanctions en cas de violations avérées des normes de sécurité.

Au-delà des mesures d’urgence, Fuh Calistus Gentry a invité les industriels à moderniser leurs procédés de production, en privilégiant notamment l’utilisation du minerai de fer enrichi à 60-64 % pour la fabrication de billettes à partir du concentré de fer.

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Jean Paul Ntsengue situe les origines de la crise économique dans la succession Ahidjo-Biya

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Jean Paul Ntsengue situe les origines de la crise économique dans la succession Ahidjo-Biya
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Dans une tribune publiée le 4 novembre 2026, à l’occasion de l’anniversaire de l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême, l’observateur politique Jean Paul Ntsengue propose une lecture historique de la crise économique camerounaise. Il met notamment en cause les tensions liées à la succession entre Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, les programmes d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que les problèmes de gouvernance.

La crise économique que traverse le Cameroun depuis le milieu des années 1980 trouve ses origines dans plusieurs événements politiques et choix économiques successifs. C’est la thèse défendue par Jean Paul Ntsengue dans une analyse intitulée « Les causes premières de la crise économique qui dure depuis le milieu des années 80 », publiée le 4 novembre 2026.

Profitant de la commémoration de l’anniversaire de l’accession de Paul Biya à la tête de l’État, l’auteur revient sur les circonstances de la transition politique entre Ahmadou Ahidjo et son successeur. Selon lui, les difficultés économiques du pays sont étroitement liées à l’échec de ce passage de témoin au sommet de l’État.

Lire la tribune de Jean-Paul Ntsengue :

CE QUE JE PENSE…

LES CAUSES PREMIÈRES DE LA CRISE ÉCONOMIQUE QUI DURE DEPUIS LE MILIEU DES ANNÉES 80 SONT LIÉES À L’ÉCHEC DU PASSAGE DE TÉMOIN ENTRE LE PRÉSIDENT AHMADOU AHIDJO ET LE PRÉSIDENT PAUL BIYA !

Hier, 4 novembre 2026, était le jour anniversaire du début d’une transition tumultueuse à la tête de l’État. J’étais en pleine méditation sur l’avenir du Cameroun lorsque je suis tombé sur une interpellation d’Esmon Essombe (en photo), qui m’oblige à me soumettre à un devoir de mémoire qui, je l’espère, permettra de voir plus clair dans la responsabilité de la crise, à l’opposé des gens comme Benjamin Zebaze qui font des analyses superficielles. Je remercie mon frangin Dominique Tsana Minala qui, sous le post d’Esmond Essombe, apporte déjà un éclairage chronologique sur l’évolution de nos programmes économiques.
Je vais essayer d’être très bref.

1. L’ÉCHEC DU 5ᵉ PLAN QUINQUENNAL EST INTIMEMENT LIÉ AU REFUS DU PRÉSIDENT AHIDJO DE QUITTER LE POUVOIR MALGRÉ SA DÉMISSION

En effet, ce 5ᵉ plan quinquennal programmé pour la période 1981-1986 n’a pas pu être réalisé à cause des immixtions du président Ahidjo dans la conduite de l’exécutif. Les tensions qui en ont résulté ont abouti à la tentative de putsch du 6 avril 1984. Cet événement malheureux a causé une déstructuration des fondations de notre économie. Le retrait des billets de banque à l’effigie du président Ahidjo, décision politique opportune mais peu utile pour l’économie, est l’un des faits majeurs de la crise naissante à partir de l’exercice 1985-1986.

2. LA TUTELLE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE DU FMI ET DE LA BANQUE MONDIALE A DÉSTRUCTURÉ LES BASES DE NOTRE ÉCONOMIE

Voyant le danger venir, le président Paul Biya a essayé de résister, tel que l’atteste son discours à l’Assemblée nationale en juin 1987 (ou 1988) dans lequel il déclare que « Le Cameroun n’aura pas besoin d’aller au FMI pour redresser son économie ». Il y croyait sans doute fermement.

Malheureusement, l’effondrement financier de l’État et la pression internationale prendront le dessus. Les programmes d’ajustement structurels (PAS) subséquents sont les véritables coupables de notre crise économique durable et, avec eux, leur corollaire qu’est la dévaluation du FCFA de janvier 1994.

3. À CES CAUSES PREMIÈRES S’AJOUTENT UNE GOUVERNANCE CATASTROPHIQUE À PARTIR DES ANNÉES 2000…

On ne peut pas exonérer totalement le régime du Renouveau étant donné les critiques de la gouvernance émises par le président de la République lui-même : corruption, détournements massifs des deniers publics, enrichissement illicite, scandaleux et ostentatoire, etc. Tous les DSCE, les projets structurants, les programmes d’endettement, qui n’ont produit que des éléphants blancs et des entreprises de blanchiment d’argent, sont autant de causes d’aggravation de cette crise économique et financière qui aurait pu prendre fin avec le point d’achèvement de l’initiative PPTE.

Puisque celui qui pose le bon diagnostic connaît le remède, nous espérons que le président Paul Biya engagera enfin les vastes réformes annoncées pour soigner le mal à la racine. Je suis sûr qu’il existe des Camerounais intègres prêts à l’assister dans cette entreprise difficile.

Jean-Paul Ntsengue
Observateur neutre et indépendant de la scène politique

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