Connect with us

Actualités locales

Le Cameroon Business Forum promet des réformes, mais l’investissement privé au pays demeure une loterie (OPINION)

Published

on

Le Cameroon Business Forum promet des réformes, mais l’investissement privé au pays demeure une loterie (OPINION)
Spread the love

Dans une chronique consacrée au climat des affaires, le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, estime que l’insécurité foncière et les difficultés d’exécution des décisions de justice constituent des obstacles majeurs à l’investissement privé au Cameroun. S’appuyant notamment sur le contentieux autour du Djeuga Palace et sur des alertes de la Cour suprême, il appelle à faire de la protection de la propriété privée une priorité des politiques économiques.

Lire la chronique de Louis Marie Kakdeu :

La 12ème édition du Cameroon Business Forum s’est tenue les 22 et 23 octobre 2026 à Douala, sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute. Le patronat avait quitté la table depuis 2021, dénonçant des promesses non tenues et un faible taux d’exécution des recommandations. Autour du thème « ZLECAf et transformation productive », environ 300 participants ont travaillé sur le climat des affaires, la compétitivité et le commerce intra-africain.

Quatre résolutions en sortent : patriotisme économique et industrialisation, facilitation des échanges transfrontaliers, financement de l’économie et de l’innovation, restructuration et suivi du forum lui-même. Les participants ont aussi réclamé des engagements assortis d’échéances et d’indicateurs de résultats.

Je ne veux pas discuter de ces résolutions qui me semblent élitistes ; je ne comprends pas comment la préoccupation des gens peut tourner vers la ZLECAf dans un pays déficitaire où les entreprises ne produisent pas encore suffisamment pour exporter. Je veux plutôt m’intéresser à un seul aspect des préoccupations élémentaires de l’investissement privé dans leur quotidien au Cameroun.

Une enquête présentée sur place donne le ton : 63,5 % des entreprises citent le poids de la fiscalité, 45 % le coût de l’énergie, 33,5 % les difficultés de recouvrement. Le droit de propriété n’apparaît, dans les comptes rendus consultés, qu’au détour d’une liste de suggestions, avec l’accès facile à la terre et une justice équitable. Les dossiers récents montrent pourtant l’ampleur du problème. Disons-le de façon formelle : il n’y a pas de promotion de l’investissement privé, et donc de la création locale des richesses, sans garantie de la propriété privée et sans attribution des mesures incitatives. C’est ce qui m’intéresse dans cette chronique.

Djeuga Palace : l’affaire qui résume tout

Dans l’actualité, l’Etat du Cameroun montre ses muscles et toute sa puissance contre un investisseur privé que l’on accuserait d’être véreux. Je n’entre pas dans ce dossier. Je regarde les choses du point de vue de la promotion de l’investissement privé au Cameroun et je me dis : quel énième gâchis ! Quelle image le Cameroun renvoie-t-il aux investisseurs privés ? Un immeuble de onze niveaux a été construit au giratoire Joss, à Douala, sur un terrain de l’Etat.

Question : Où était l’Etat pendant toutes les phases de ce projet ? Qui paie l’addition ? Que dit la justice ? Quel juge a-t-il tranché la fraude ? Quel que soit le cas, le message aux investisseurs ne dépend pas de l’issue du procès : l’État a vendu, encaissé et laissé construire un immeuble de 11 niveaux pendant 10 ans avant de contester son propre acte. C’est une faute de gestion. Quel autre investisseur viendra jouer la loterie au Cameroun dans un cadre administratif et judiciaire aussi instable et incertain ? Dans les pays qui attirent le plus les investisseurs privés, la propriété privée est sacrée. Et en cas de fraude, toutes les parties s’en remettent à la justice.

Pire, quel investisseur sérieux viendra dans un pays où les membres du gouvernement disent n’être pas tenus par les décisions de justice ? En 2026, un décret ou un arrêté est supérieur à la loi : c’est une dérive ! L’on note la multiplication des dérives politico-judiciaires et administratives qui plombent les espoirs de la réussite de toute promotion de l’investissement privé au Cameroun : Du Port Autonome de Douala aux aéroports du Cameroun en passant par les litiges fonciers dans nos quartiers, l’on observe que le droit de propriété n’est pas garanti, ce qui est largement défavorable à l’investissement privé.

La Cour suprême s’alarme

Cette situation est dénoncée au plus haut niveau judiciaire. À la rentrée solennelle de février 2026, la Cour suprême a décrit des titres retirés puis rétablis, jusqu’à quatre fois pour certains. Elle a aussi mis en doute le pouvoir de l’administration de constater la nullité de ses propres actes, relevé la cohabitation d’arrêtés authentiques et contrefaits, et signalé plusieurs titres sur une même parcelle du domaine de l’État. En 2022 déjà, la Chambre judiciaire parlait d’une banalisation injustifiée du titre foncier, qui expose l’acheteur de bonne foi.

Gagner en justice ne suffit pas non plus. En 2021, la Cour suprême relevait que l’exécution des décisions, y compris les siennes, se heurte aux lettres circulaires des ministres qui exigent leurs accords préalables. Du jamais vu ! Par exemple, Me Benjamin Matip, victorieux le 24 octobre 2012, attendait encore l’exécution de la décision de justice après la notification ; il affirmait qu’un projet de 10 000 logements sociaux, adossé à 226 milliards de FCFA de financement, était ainsi bloqué. À Soa, les titres de Dieudonné Atangana, réhabilités par une décision irrévocable, avaient été annulés de nouveau.

La situation est dramatique. Le ministère agit par lots : 90 titres retirés dans le Nkam en 2023, 127 déclarés nuls le 10 juillet 2023 dans la zone du projet de fer de Lobé, près de 163 dans l’affaire MAGZI. Je ne parle là que des cas documentés et médiatisés. Certaines mesures répondent à de vraies fraudes, mais Greenpeace rappelait qu’elles ne vaudraient que suivies de sanctions contre fraudeurs et agents complices. Je répète : la propriété privée doit être sacrée si le Cameroun veut promouvoir les investissements privés. Le ministère présente lui-même le titre comme « intangible, inattaquable et définitif » mais, malheureusement, ce n’est pas la seule décision contradictoire de la justice qui en constate la nullité.

Le Cameroun détruit ses propres citoyens talentueux

Question : le gouvernement camerounais n’a-t-il pas toujours intégré qu’il peut donner gratuitement le terrain aux investisseurs privés pour créer localement la richesse ? Cela fait partie de ce que l’on appelle sous d’autres cieux, « mesures incitatives ». Comment veulent-ils emmener les gens à investir dans notre pays lorsqu’ils ne leur donnent rien ? L’affaire Djeuga Palace fait jaser à l’étranger : L’Etat est-il incapable de donner un hectare de terrain pour la construction d’une infrastructure hotellière et touristique de classe internationale ?

Il semble que l’homme d’affaires incriminé ne soit pas sérieux : regardons-nous dans les yeux et répondons objectivement à la question de savoir quel homme d’affaires au monde est sérieux ! Pourquoi sommes-nous toujours aussi durs envers les nôtres ? Ceux que nous allons chercher à l’étranger sont-ils sérieux ? Je crois que le problème est systémique : le système camerounais est fait pour compliquer la vie à ses citoyens. Prenons même l’exemple du système d’évaluation à l’école : le Cameroun bloque ses propres enfants.

Je retiens donc que même le patronat réclame visibilité et sécurité juridique. La numérisation du titre foncier, promise en 2011, reste une promesse pompeuse du gouvernement. Le forum de Douala a posé des principes, des engagements datés et mesurables. Reste à y inscrire le foncier : titres, exécution des décisions de justice, cadastre. Sans cela, les appels à l’investissement privé auront peu d’effet, car un titre obtenu régulièrement peut toujours être contesté des années plus tard.

Courage à nous ! Pour ne pas rater mes prochaines chroniques, abonnez-vous et partagez autour de vous !

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

Alios Finance capte 51 % des nouveaux crédits des établissements financiers camerounais au premier semestre

Published

on

Alios Finance capte 51 % des nouveaux crédits des établissements financiers camerounais au premier semestre
Spread the love

(Investir au Cameroun) – Alios Finance Cameroun a concentré environ 51 % des nouveaux crédits distribués par les établissements financiers du pays au premier semestre 2026, avec un montant estimé à 10,84 milliards de FCFA. Ce résultat, calculé à partir des données trimestrielles de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), place la Société camerounaise de crédit automobile (SOCCA), qui exploite cette marque, devant la Société camerounaise d’équipement (SCE).

Cette première place s’accompagne toutefois d’un recul des financements sur un an. Selon les mêmes calculs, les nouveaux crédits d’Alios ont diminué de 22,1 %, après 13,91 milliards de FCFA au premier semestre 2025. L’établissement résiste mieux que l’ensemble de son marché, dont les nouveaux concours ont baissé de 29,7 %, passant de 30,21 milliards à 21,24 milliards de FCFA.

Sur les six premiers mois de 2026, la SCE arrive en deuxième position avec environ 5,06 milliards de FCFA de nouveaux crédits, soit 23,8 % du marché. Le Crédit foncier du Cameroun suit avec 3,54 milliards, devant Pro-PME Finance, à 1,80 milliard. Ces montants sont reconstitués à partir des volumes globaux et des parts de marché publiés par la BEAC. Son rapport sur le deuxième trimestre a été rendu public le 22 octobre.

Un rebond à 8,61 milliards de FCFA au deuxième trimestre

Alios doit sa première place semestrielle à l’accélération de ses nouveaux crédits entre avril et juin. Leur montant est estimé à 8,61 milliards de FCFA, après 2,23 milliards entre janvier et mars, soit une progression de 285,6 %. Sa part de marché trimestrielle est ainsi passée de 25,83 % à 68,29 %.

La SCE suit une trajectoire inverse. Première au début de l’année avec 41,05 % des nouveaux concours, elle ne représente plus que 12,01 % du marché au deuxième trimestre. Ses financements estimés reculent de 3,55 milliards à 1,51 milliard de FCFA, soit une baisse de 57,3 %. Sur ce seul trimestre, elle passe derrière le Crédit foncier, qui détient 13,70 % du marché.

La hausse des nouveaux crédits d’Alios atteint 6,37 milliards de FCFA entre les deux trimestres, alors que l’ensemble du marché progresse de 3,96 milliards. Les autres établissements enregistrent donc, ensemble, une contraction de leurs nouveaux concours. Sur la comparaison semestrielle, les financements estimés de la SCE diminuent également de 30,5 % par rapport aux 7,28 milliards de FCFA du premier semestre 2025.

Le crédit-bail représente 65 % des nouveaux financements aux PME

Le crédit-bail occupe une place importante dans les financements accordés aux PME par les établissements financiers, hors banques commerciales. Au premier semestre 2026, ces opérations ont atteint 8,99 milliards de FCFA, soit 65,1 % des 13,81 milliards de nouveaux concours consentis à cette clientèle, selon le cumul des données trimestrielles de la BEAC.

Les tableaux utilisés ne détaillent cependant pas cette enveloppe par prêteur. Les 51 % attribuables à Alios concernent l’ensemble des nouveaux crédits des établissements financiers, toutes clientèles et catégories de financement confondues. Ils ne mesurent donc pas sa part du marché du crédit-bail.

Une opération obligataire soutenue par la SFI

Alios Finance Cameroun évolue depuis le 30 avril 2025 sous le contrôle de Credaf Group, holding financière de l’homme d’affaires ivoirien Serge-Aimé Bilé. L’acquisition a porté sur les entités d’Alios au Cameroun, au Gabon et en Côte d’Ivoire, ainsi que sur les succursales de cette dernière au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal.

Selon la fiche du projet n° 51984 publiée par la Société financière internationale (SFI) le 14 octobre 2026, Credaf détient 70,6 % de la SOCCA. La SFI y décrit une participation pouvant atteindre 6,6 milliards de FCFA dans une émission obligataire envisagée à hauteur de 13,2 milliards. L’opération a été approuvée le 26 juin, signée le 30 juin et enregistrée à l’étape« Invested »le 25 août.

Les ressources doivent soutenir le développement du crédit-bail et des financements aux micro, petites et moyennes entreprises au Cameroun. La documentation prévoit d’affecter au moins 15 % du produit de l’émission aux entreprises de cette catégorie détenues par des femmes.

Baudouin Enama

Lire aussi :

02-07-2026 – Alios Finance Cameroun confirme son leadership sur le marché du Crédit-Bail

25-08-2026 – BVMAC : la souscription à l’emprunt de 13 milliards FCFA d’Alios Finance prorogée au 10 septembre

31-07-2026 – BVMAC : la SFI envisage de couvrir jusqu’à 53 % de l’emprunt de 13 milliards d’Alios Finance Cameroun

27-07-2026 – BVMAC : Alios Finance sollicite 13 milliards de FCFA pour renforcer ses capacités de financement

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Crise à l’ORYX de Douala : la FECAFOOT impose un comité provisoire pour reprendre les commandes

Published

on

Spread the love

La Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a décidé de prendre les choses en main à l’ORYX de Douala. Face à la crise interne qui fragilise […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

un stade de 2,4 milliards FCFA annoncé à Sangmélima

Published

on

un stade de 2,4 milliards FCFA annoncé à Sangmélima
Spread the love

Ce projet devrait démarrer au moment opportun, apprend-on. Les supporters de la Colombe sportive du Dja et Lobo pourront vivre les matchs de leur équipe à domicile si ce stade sort des terres.

Colombe sportive du Dja et Lobo prend de l’épaisseur ces dernières années. Depuis 4 saisons, l’oiseau du Sud poursuit sa restructuration. Les résultats et la qualité du jeu en disent long sur le projet mis en place par l’administration.

En effet, l’arrivée de Richard Towa en 2023 a définitivement lancé ce grand chantier de modernisation. Les dirigeants ont compris l’enjeu et mettent les moyens pour atteindre l’objectif.

Champion du Cameroun à deux reprises, Colombe sportive du Dja et Lobo vient de se qualifier pour la phase de groupe de la Ligue des champions de la CAF. En réalité, c’est le fruit d’un management harmonieux entre l’administration, le staff technique et les joueurs.

La détermination de moderniser le club est désormais au cœur du management. L’Assemblée générale du club tenue mardi a permis de donner un coup d’accélérateur à cette volonté d’aller plus loin.

Un stade moderne est en gestation dans la ville de Sangmelima. Cette infrastructure est estimée à 2,4 milliards de Fcfa. Ce projet entre dans le vaste projet de modernisation du club. L’aboutissement de cette initiative devrait faire du bien aux supporters.

Ce projet devrait démarrer au moment opportun, apprend-on. Les supporters pourront vivre les matchs de leur équipe à domicile si ce stade sort des terres.

Depuis de nombreuses années, Colombe reçoit à Yaoundé. Les populations du Dja et Lobo n’ont pas toujours la possibilité de voir l’oiseau du Sud déployer ses ailes sur ses terres. L’administration de Colombe rêve grand.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici