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Samuel Kotto, le roc camerounais qui a tenu la défense de Reims face à Dijon

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Titulaire durant toute la rencontre, Samuel Kotto a contribué au succès du Stade de Reims face à Dijon (4-2), lors de la 9e journée de […]

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« personne ne veut vraiment voir le conflit se terminer », affirme Édouard Bokagné

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« personne ne veut vraiment voir le conflit se terminer », affirme Édouard Bokagné
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Les racines idéologiques de la crise anglophone, les divergences de perception entre Yaoundé et les séparatistes ainsi que les intérêts économiques liés à la poursuite du conflit.

Dans une analyse consacrée à la perspective des « repentis » ambazoniens, le journaliste et analyste politique Édouard Bokagné livre une lecture critique de la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, qu’il présente comme un affrontement nourri par des visions incompatibles de l’avenir du pays.

Dans ce texte, l’auteur estime que la radicalisation d’une partie de la population anglophone trouve son origine dans un sentiment de non-appartenance à l’État camerounais. « Ils ne s’y sont jamais reconnus », écrit-il, résumant ainsi ce qu’il considère comme la motivation fondamentale des combattants séparatistes.

Pour Édouard Bokagné, le conflit repose sur un profond malentendu entre deux parties qui ne donnent ni le même sens à la guerre ni le même contenu à la notion de victoire. Il décrit cette situation comme un « dialogue de sourds », dans lequel les autorités centrales privilégient le rétablissement de l’ordre public, tandis que les indépendantistes ambazoniens poursuivent un projet de création d’un État distinct.

Lire l’analyse d’Édouard Bokagné :

LA CRISE DU NOSO DE LA PERSPECTIVE DES « REPENTIS » AMBAZONIENS

Commençons par analyser les motivations idéologiques pour lesquelles certains de nos compatriotes du Noso se sont radicalisés et ont pris les armes contre le pays. Elles tiennent en une seule et elle est fondamentale : ils ne s’y sont jamais reconnus. Il y a parfois ce type de dialogue entre deux parties qui parlent chacune de tout autre chose. Ça s’appelle un dialogue de sourds. Nous y sommes parvenus.

L’idée du Cameroun – et son principal problème – est à plusieurs vitesses et à plusieurs niveaux de perception et d’intégration. Nous ne le comprenons pas tous de la même façon. C’est encore plus prononcé chez les Anglophones : non pas du fait qu’il y eût une communauté « anglophone » nationale unique – car ils sont tout aussi camerounais de ce point de vue que nous tous – mais du fait que tout le reste du pays (eux compris) a voulu les voir comme une entité unique. Ils ne le sont pas. Ni ne l’ont jamais été.

Quand une problématique se pose de cette façon, l’histoire est la seule approche à lui proposer pour une tentative de compréhension. Les Anglophones camerounais ne sont pas nés de notre partition après la défaite allemande. (Pas plus d’ailleurs que les Francophones). En réalité, la partition a divisé notre territoire en deux systèmes d’administration qui ont encadré les populations de différentes façons dont chacune portait les germes de sa propre conflictualité. C’est dans le Cameroun oriental que la guerre éclata en premier.

La guerre qui survient du côté occidental, très logiquement, devait éclater si on veut y voir un processus d’indépendance mal élaboré. C’est le socle idéologique de l’Ambazonie : la recherche d’une véritable indépendance. C’était hier celui de l’UPC si vous vous en souvenez. Les groupes qui revendiquent possèdent leur lecture de l’histoire : idéologique, politique, sociale. Ce n’est pas qu’ils l’aient le problème. C’est qu’elle soit unique. Ils dénient toute autre.

La guerre, conséquemment, est leur guerre. Elle est, pour l’administration centrale, opération de maintien de l’ordre public. (On revient au dialogue de sourds dans lequel on fait la même chose avec des appellations différentes). Dans cette application, naturellement, le terme « victoire » n’a pas le même contenu. Quand un dirigeant de l’État central comme Dion Ngute dit que le conflit sera terminé (tout seul) dans une quinzaine d’années, il dit en fait que la guerre est déjà gagnée. Le poulet a la tête tranchée. Il se débat simplement.

Quand Success Nkogho, lui, affirme que l’État central « ne peut gagner cette guerre », il la comprend absolument autrement. À la clé des deux compréhensions, une question de définition. Qu’est le Cameroun ? Dans celui de Dion Ngute, celui de Success Nkogho ne se trouve pas. La guerre ambazonienne a été engagée pour qu’il puisse exister. Voilà donc la motivation idéologique. Passons à son processus pratique.

La crise anglophone est, toutes proportions gardées, celle de l’Upc. Son seul malheur est d’être survenue dans un contexte tout à fait différent et d’avoir un tout autre type de dirigeants. D’abord le contexte : celui des années soixante permettait à l’Upc d’avoir des alliés. Et donc, de se déployer : en formations, en définition, en modalités d’action. En 2015, personne ne peut plus poser la problématique de la décolonisation. L’Ambazonie est un anachronisme contextuel. C’est un peu une plante qui restera rabougrie par manque de terre et d’eau. Rien ne la fera croître.

Ce contexte malheureux produit son propre type de dirigeants. La direction de structures idéologiques est étroitement liée au contexte qui génère l’idéologie. Ossende Afana pouvait gagner le bush pour ouvrir un front. Il fut contemporain de Che Guevara. Mais soixante ans plus tard, le politique a engendré d’autres référents. L’Ambazonie ne peut pas avoir un Savimbi ou un John Garang. Quelle que soit la vaillance de son « armée » elle va se déliter déjà faute de dirigeants. Mais à supposer même qu’elle en eût comme ce fut le cas de l’Upc, l’État central en couperait les segments.

Il reste tout de même que la crise en est une. Et quelle que soit sa lecture, les casualties se lisent de la même façon. 20 000 morts, c’est 20 000 cadavres. Ils n’ont simplement pas la même importance pour ceux-ci ou pour ceux-là. Pour l’armée israélienne, les tués juifs valent beaucoup plus que les morts de Gaza. Dans le conflit du Noso, les morts se lisent comme ça. Les bons cadavres de ce côté qui certifient que le conflit va bientôt – ou ne va jamais – se terminer ; les mauvais cadavres de celui-là qui poussent à nouveau à communiquer. Et encore à dépenser.

Les bonnes dépenses de ce côté-ci qui donnent l’illusion qu’on agit : pour que le conflit se termine de ce côté-ci ; pour qu’il ne finisse pas de celui-là. Le ratio des dépenses est logiquement inverse à celui des morts. L’État central qui dépense le plus d’argent affiche le moins de morts. C’est la même chose à Gaza. Plus d’argent à jeter fait moins de tués dans son camp. Avec un hic toutefois : l’argent, il faut bien le trouver. N’avez-vous pas entendu dire quelque part : les caisses de l’État sont vides ? Ne me demandez pas où son argent est allé.

Les patrouilles de l’armée n’ont jamais manqué de carburant au Noso. Elles y liquident les Ambazoniens avec beaucoup d’écologie : pour préserver la matière première des missions et des émoluments. On tue doucement. Et très gentiment. Et leurs adversaires leur sont reconnaissants de leur permettre de vaquer calmement à leurs enlèvements. Où la population martyrisée trouve-t-elle de la substance pour payer les rançons ? Il y a de l’argent. Le Noso est en reconstruction.

Une petite économie de guerre siphonne le trésor public. Un conflit larvé que pas grand monde de ses acteurs ne veut voir terminé. L’argent vient-il à se raréfier ? Qu’importe : les universitaires seront les premiers sacrifiés. On remet aux calendes grecques leur dette académique. Et on leur interdit de penser. Les repentis ambazoniens, dans cette spirale, ont de l’utilité. Non pas qu’ils puissent aider à finir un conflit que personne ne veut voir terminé ou, si oui, après de longues années, mais parce qu’ils participent du dialogue de sourds dont j’ai tantôt parlé.

En tant que segment de leur propre communauté…

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L’université de Yaoundé I devient la première université d’Afrique centrale accrédité par HCERES

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L’Université de Yaoundé I (UYI) est officiellement devenue la première université d’Afrique centrale à obtenir l’accréditation institutionnelle du HCERES (Haut Conseil de l’évaluation de la […]

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de l’ombre à la présidence, Tiriane Balbine Noah prend les commandes du parti de Maurice Kamto

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de l’ombre à la présidence, Tiriane Balbine Noah prend les commandes du parti de Maurice Kamto
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Tiriane Balbine Noah prend officiellement les commandes du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), à l’issue de la convention extraordinaire du parti tenue ce samedi 17 octobre 2026 à Yaoundé.

Tiriane Balbine Noah est élue présidente nationale du MRC, avec un total de 1244 voix sur 1284 votants, soit 96,92 %. Cette accession à la présidence consacre l’ascension d’une responsable longtemps restée en retrait de la grande scène médiatique, mais solidement installée dans l’appareil du parti. Après avoir assuré la continuité de la direction à deux reprises, elle franchit désormais un nouveau cap en prenant les rênes de cette formation politique d’opposition.

De la conviction politique aux premières responsabilités, Tiriane Balbine Nadège Noah, originaire du département de la Mefou-et-Akono, dans la région du Centre, est diplômée en sciences politiques de l’Université de Yaoundé II et en histoire de l’Université de Yaoundé I. Avant son engagement politique, elle a travaillé dans le secteur privé, notamment comme assistante commerciale dans le bâtiment et les travaux publics, avant d’évoluer vers des fonctions commerciales, le marketing et la communication. Elle rejoint le MRC en 2018, convaincue par le projet politique de Maurice Kamto.

Lors de la convention d’avril de cette année-là, elle est élue deuxième vice-présidente nationale, un poste auquel elle est reconduite en 2023. Cette fonction la place au sein du cercle dirigeant d’un parti dont elle défend régulièrement les positions.

Son expérience à la tête du mouvement ne commence toutefois pas avec cette élection. En 2019, dans le sillage des arrestations de Maurice Kamto, de Mamadou Mota et de plusieurs cadres après les mobilisations post-électorales, Tiriane Balbine Noah assure un premier intérim de la présidence. Elle se retrouve alors en première ligne pour maintenir la mobilisation militante et porter les positions du MRC, notamment autour de la libération des responsables détenus et de la réforme du système électoral.

Elle a de nouveau été appelée à assurer l’intérim dans une autre période de transition. Désormais présidente, elle hérite d’un parti confronté à des défis de cohésion interne, de réorganisation et de préparation des prochaines échéances électorales. Son enjeu sera de transformer cette expérience de l’appareil en une direction durable, capable de maintenir la place du MRC dans le paysage politique camerounais.

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