Actualités locales
le parcours d’un magistrat passé par Etoudi avant de prendre la tête du Conseil constitutionnel

Rémy Nama a effectué la majeure partie de sa carrière connue au sein des services juridiques de la présidence. Depuis le vendredi 16 octobre, il est à la tête de l’instance appelée à trancher les contentieux liés aux prochaines élections législatives et qui, le cas échéant, aurait pour mission de constater la vacance de la présidence.
Le décret n° 2026/334, signé vendredi et publié par la présidence, le nomme président du Conseil constitutionnel avec effet immédiat. Il fait référence à un second décret pris le même jour, le n° 2026/333, portant nomination de deux membres du Conseil ; Abdoulaye Daouda y fait également son entrée. Deux des onze sièges étaient vacants.
Bah Oumarou Sanda, doyen du Conseil, est décédé à Yaoundé le 7 août, à l’âge de 86 ans. Clément Atangana, qui présidait le Conseil depuis sa création en 2018, est décédé à l’Hôpital américain de Paris le 4 octobre, à l’âge de 85 ans ; sa dépouille est arrivée à Yaoundé jeudi. Depuis le 5 octobre, c’est le membre le plus âgé, l’anthropologue Paul Nchoji Nkwi, 86 ans, qui assurait l’intérim à la présidence.
La procédure rappelle celle de février 2018, lorsque Paul Biya avait nommé Clément Atangana en tant que membre, avant de le désigner président par un second décret, le même jour.
Un parcours à Etoudi
Les traces publiques de Rémy Nama sont rares ; les plus explicites renvoient au Secrétariat général de la présidence. Le décret n° 2013/428 du 28 novembre 2013 l’a désigné comme représentant de la présidence au sein du conseil d’administration du Parc national de matériel de génie civil, l’organisme public en charge des équipements de génie civil.
L’information la plus précise provient de l’hebdomadaire juridique Kalara. En juin 2021, le journal rapportait que Rémy Nama assurait, depuis 2018, la direction par intérim de la division des affaires judiciaires du Secrétariat général – une équipe de magistrats chargée de préparer, à l’attention du chef de l’État, les dossiers relatifs aux juridictions et au pouvoir judiciaire.
Le poste était vacant depuis que son titulaire, Jean Foumane Akame, avait été nommé au sein du Conseil constitutionnel, une institution nouvellement créée. Selon Kalara, Nama espérait être confirmé à ce poste. Le 9 juin 2021, c’est finalement Awala Wodougué — un collègue plus ancien de Nama, d’après Kalara — qui a obtenu la fonction.
Le parallèle est évident. En 2018, le chef de cette division a rejoint le Conseil en tant que membre ordinaire. Huit ans plus tard, l’homme qui l’y avait remplacé en prend la présidence.
Son âge n’a pas été rendu public. La rédaction n’a trouvé aucune déclaration publique ni aucun écrit signé de sa main ; il est donc difficile de prévoir comment il dirigera le Conseil.
Perspectives
La première étape est de nature formelle. Les membres du Conseil constitutionnel prêtent serment devant le Parlement réuni en Congrès. En 2020, le constitutionnaliste Joseph Owona, nommé le 15 avril pour achever le mandat de Foumane Akame, a prêté serment le 12 juin. Aucune date n’a encore été annoncée pour Nama.
Il ne bénéficie pas d’un nouveau mandat de six ans. Un membre qui remplace un collègue décédé achève le mandat en cours. Atangana et Bah Oumarou Sanda ayant été reconduits pour six ans par décret le 18 janvier 2024, Nama siégera — sauf reconduction — jusqu’en janvier 2030.
Son premier dossier d’envergure sera d’ordre électoral. Le mandat des députés a été prorogé jusqu’au 20 décembre 2026. L’article 15 de la Constitution impose l’élection d’une nouvelle Assemblée dans un délai compris entre 40 et 120 jours après l’expiration d’une telle prorogation, ce qui situe le scrutin entre le 29 janvier et le 19 avril 2027.
Le Conseil est chargé d’examiner les recours relatifs aux candidatures puis au déroulement du vote, avant de proclamer les résultats. En 2020, il avait été saisi de 39 recours portant uniquement sur les candidatures, avec un délai maximal de dix jours pour statuer sur chacun d’eux. Les contentieux municipaux relèvent, quant à eux, des tribunaux administratifs ; les conseillers municipaux demeurent en fonction jusqu’au 28 février 2027.
Le second volet ne fait l’objet d’aucune échéance précise. La loi n° 2026/002 du 14 avril 2026, portant révision de la Constitution, a instauré une vice-présidence dont le titulaire est nommé par le chef de l’État. En cas de vacance de la présidence — par décès, démission ou incapacité permanente constatée par le Conseil constitutionnel —, le vice-président achève le mandat en cours. Le texte ne fixe aucun délai pour pourvoir ce poste, et Paul Biya, âgé de 93 ans, ne l’a pas encore pourvu.
Si une vacance survenait aujourd’hui, le président du Sénat assurerait l’intérim, et une élection présidentielle devrait être organisée dans un délai de 20 à 120 jours. Sous la présidence de Nama, le Conseil sera chargé de constater la vacance, de trancher les contentieux électoraux et de proclamer les résultats. Depuis le 17 septembre, Cabral Libii (PCRN) et, depuis le 14 octobre, Denis Emilien Atangana (FDC) ont publiquement exhorté Paul Biya à nommer un vice-président. Cabral Libii accuse certaines personnalités au sein du régime de faire obstacle à cette nomination.
Une institution déjà contestée
Nama hérite d’une juridiction dont l’impartialité est remise en cause par l’opposition depuis sa création. En 2018, les décisions répétées d’« irrecevabilité » rendues par Atangana lors du contentieux de l’élection présidentielle lui ont valu le surnom de « Monsieur Irrecevable ». En 2025, le Conseil a confirmé l’exclusion de Maurice Kamto de la course présidentielle, avant de proclamer la victoire de Paul Biya avec 53,66 % des suffrages, contre 35,19 % pour Issa Tchiroma Bakary.
Le camp de ce dernier a choisi de ne pas saisir le Conseil, estimant que l’issue du scrutin était jouée d’avance. Après la proclamation des résultats, une vidéo a circulé dans laquelle on voyait Atangana, un verre à la main, se réjouir de la victoire du candidat soutenu par ses proches ; il a justifié sa présence en affirmant qu’il assistait à une réunion d’une association apolitique. En avril 2025, Maurice Kamto avait déjà dénoncé la nomination, au sein du Conseil, de Monique Ouli Ndongo, ancienne sénatrice du RDPC et membre du comité central de ce parti.
Rémy Nama a servi pendant au moins treize ans au sein des services du chef de l’État, qui vient aujourd’hui de le nommer. Son parcours public ne donne aucune indication sur la manière dont il exercera ses fonctions de président. Les recours relatifs aux candidatures aux élections législatives — attendus début 2027, si le calendrier est respecté — constitueront les premières décisions sur lesquelles il pourra être jugé.
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Actualités locales
qui est Abdoullaye Daouda, le nouveau membre du Conseil constitutionnel ?

À la suite du décès de M. Bah Oumarou Sanda, survenu le 7 août 2026, le Président de la République, S.E. Paul Biya, a nommé M. Abdoullaye Daouda membre du Conseil constitutionnel, en remplacement du défunt, pour achever le mandat en cours.
Cette nomination fait suite à la désignation de M. Abdoullaye Daouda par le Très Honorable Théodore Datouo, Président de l’Assemblée nationale, après avis du Bureau de l’institution.
La procédure s’inscrit dans le cadre des dispositions de l’article 51, alinéas 2 et 3, de la Constitution. Ces dispositions prévoient notamment que trois membres du Conseil Constitutionnel sont désignés par le Président de l’Assemblée nationale après avis du Bureau et qu’en cas de décès d’un membre, son remplacement est assuré par l’autorité ou l’organe de désignation compétent. Le membre ainsi désigné et nommé achève le mandat de son prédécesseur.
M. Abdoullaye Daouda a exercé les fonctions de Secrétaire général adjoint nᵒ 1 de l’Assemblée nationale de 2008 à 2025, au cours des huitième, neuvième et dixième législatures. Il a également assuré l’intérim du Secrétariat général de l’institution à plusieurs reprises, notamment entre 2019 et 2023.
Son parcours au sein de l’administration parlementaire témoigne d’une expérience approfondie des procédures législatives et du fonctionnement de l’Assemblée nationale.
Avec cette nomination, M. Abdoullaye Daouda est appelé à poursuivre le mandat entamé par son prédécesseur au sein du Conseil constitutionnel, conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur.
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Le pape Léon XIV s’est entretenu par téléphone avec Vladimir Poutine ce vendredi 16 octobre 2026 pour demander une trêve humanitaire immédiate dans la ville […]
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Actualités locales
Samuel Mvondo Ayolo dément de nouvelles rumeurs sur la mort de Paul Biya (Jeune Afrique)

Une rumeur annonçant la mort du président Biya a circulé sur les réseaux sociaux. Contacté par Jeune Afrique, Samuel Mvondo Ayolo, le directeur du cabinet civil de la présidence, dément.
C’est une information partie de X, et relayée à grande vitesse. Jeudi 15 octobre, un compte intitulé « Human Rights Forum », qui a récolté plusieurs centaines de milliers de vues, a affirmé que le président camerounais, Paul Biya, était décédé. Des responsables politiques, ajoutait ce compte, débattaient de son remplacement avant une annonce officielle. Dans la soirée, le même « Forum des droits humains » a renforcé la rumeur en évoquant « une épaisse fumée » s’échappant du palais de l’Unité, à Yaoundé, et « des discussions sérieuses » pour désigner un successeur, avec le mot-clé #RIPPaulBiya.
Samuel Mvondo Ayolo dénonce « un fake »
Cette rumeur est venue s’ajouter à une inquiétude latente et un contexte particulier. Paul Biya, 93 ans, avait quitté Yaoundé le 7 juin 2026 pour un « court séjour privé en Europe ». Celui-ci avait en réalité duré plusieurs mois et, selon les informations de Jeune Afrique, le chef de l’État avait été hospitalisé à Genève. Rentré au Cameroun le 20 août, Paul Biya n’en aurait pas pour autant terminé avec sa prise en charge médicale. Il aurait été invité depuis par ses médecins à effectuer un nouveau séjour en Europe.
Contacté par Jeune Afrique, Samuel Mvondo Ayolo a catégoriquement démenti ce 16 octobre – une nouvelle fois – la rumeur annonçant le décès du président. « Vous pensez qu’on peut cacher le décès d’un chef de l’État ? » a lancé à Jeune Afrique le directeur du cabinet civil et ancien ambassadeur en France. Il assure que « [Paul Biya] est bien portant et qu’il travaille […] ». « Il n’y a aucune inquiétude à se faire », ajoute-t-il, prenant pour preuve un décret publié le 15 octobre et signé de la main du chef de l’État. Samuel Mvondo Ayolo dénonce « un fake » et dit regretter la « persistance des fausses informations » sur la santé du président.
Source : Jeune Afrique
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