Actualités locales
« à chaque fois que le peuple veut se lever, on nous sert la bamiphobie »

Dans une publication sur sa page Facebook officielle, le Dr Boutché dénonce ce qu’il présente comme une stratégie récurrente du régime et de ses soutiens.
« À chaque fois que le peuple camerounais essaye de se lever comme un seul homme pour faire face à son destin, le régime et ses suppôts nous servent la bamiphobie !!! », dénonce le militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dans une publication sur les réseaux sociaux.
Cette sortie intervient alors que le vocabulaire communautaire occupe une place croissante dans les échanges politiques. Ces dernières semaines, des responsables et militants de l’opposition ont notamment dénoncé des actes ou discours qu’ils considèrent comme visant les Bamilékés, dans un contexte marqué par les tensions autour de Maurice Kamto, du MRC et du PCRN de Cabral Libii.
La polémique a également pris une nouvelle dimension avec les accusations portées au sein du PCRN de Cabral Libii. Ce parti affirme que certains de ses militants originaires de l’Ouest auraient été ciblés en raison de leur appartenance communautaire et de leur soutien à leur leader plutôt qu’à Maurice Kamto.
Le PCRN demande notamment à la Commission des droits de l’homme du Cameroun de « prendre la mesure » de la situation et annonce que ses instances saisiront les autorités compétentes afin d’obtenir, selon lui, la protection des militants concernés.
Le terme bamiphobie a récement été remis au goût du jour dans une lettre du Pr. Alain Fogué. Signée de la main du professeur Alain Fogué Tedom, membre fondateur du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), il est adressé à onze destinataires : Paul Biya, António Guterres, Emmanuel Macron, Donald Trump, Benjamin Netanyahou, ainsi qu’aux institutions continentales et internationales (Union africaine, Union européenne, Francophonie, Commonwealth).
La lettre de Fogué Tedom intervient dans un contexte de tensions extrêmes. L’élection présidentielle du 12 octobre 2025 a été marquée par l’exclusion de Maurice Kamto, principal opposant au régime de Paul Biya. La candidature du leader du MRC, investi par le MANIDEM, a été invalidée par ELECAM au motif que le même parti aurait présenté deux candidats distincts : une justification que les partisans de Kamto qualifient de « manœuvre grossière ». Le Conseil constitutionnel a confirmé cette invalidation le 5 août 2025 .
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Christian Ntimbane Bomo propose Issa Tchiroma comme alternative

Le débat sur une éventuelle transition politique au Cameroun prend une nouvelle tournure. Après l’appel lancé par plusieurs personnalités de la société civile en faveur d’une « transition constitutionnelle », Christian Ntimbane Bomo propose une autre lecture de la situation et estime que l’option constitutionnelle devrait, selon lui, passer par Issa Tchiroma.
Dans une tribune consacrée à l’alternance au Cameroun, le président exécutif du parti Héritage réagit à la proposition portée notamment par la journaliste Marie-Roger Biloa, l’universitaire Achille Mbembe, l’avocat Akere Muna, l’économiste Eugène Nyambal, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo et les journalistes Éric Chinje et Mimi Mefo.
Onze personnalités ont récemment appelé à l’ouverture d’une transition constitutionnelle, estimant notamment que le pays devait anticiper les conditions d’une succession présidentielle et préserver le cadre institutionnel.
Lire la tribune de Me Christian Ntimbane Bomo :
« ALTERNANCE AU CAMEROUN : MA CONTRIBUTION AU DÉBAT SUR LA TRANSITION CONSTITUTIONNELLE PROPOSÉE PAR LA SOCIÉTÉ CIVILE CAMEROUNAISE
J’ai lu avec un grand intérêt la tribune de plusieurs acteurs de la société civile camerounaise, dont la journaliste Marie-Roger Biloa, l’écrivain et universitaire Achille Mbembe, le bâtonnier Akere Muna, l’économiste Eugène Nyambal, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo, ainsi que les journalistes Éric Chinje et Mimi Mefo…
Leur proposition, certes pertinente et courageuse au vu de la situation de blocage de la vie politique au Cameroun, mérite néanmoins quelques observations.
1. Sur leur proposition phare d’une transition constitutionnelle qui serait conduite par le Président du Sénat
Elle manque d’une base juridique solide.
En effet, d’après la Constitution camerounaise, le Président du Sénat assure uniquement un intérim aux pouvoirs limités et encadrés (notamment l’impossibilité de nommer un gouvernement), le temps d’organiser une nouvelle élection.
On ne saurait donc parler d’une transition constitutionnelle dans ce cas, celle-ci supposant la désignation d’un président de la République chargé de conduire la transition sur un délai plus long et avec de réels pouvoirs présidentiels.
2. Sur le manque d’ancrage populaire d’une transition créée ex nihilo
La proposition d’une transition dite constitutionnelle par l’équipe de Marie-Roger Biloa pèche par son manque d’ancrage populaire.
Elle ne démontre pas sa légitimité auprès des populations et manque totalement de leviers pour sa mise en œuvre.
En quelque sorte, elle ne précise pas comment elle procédera pour amener le peuple camerounais à y adhérer.
3- La seule transition constitutionnelle efficace et rapidement réalisable est celle avec Issa Tchiroma
Elle repose sur un diptyque : la souveraineté populaire et le respect de la Constitution.
-S’agissant de la transition par la souveraineté du peuple camerounais : C’est la mise en place d’une transition avec le peuple camerounais et décidée par lui.
Elle a déjà été acceptée par ce peuple lors du vote du 12 octobre 2025, lorsqu’il a adhéré en votant massivement pour le plan de transition de 3 à 5 ans de l’Union pour le Changement de l’équipe du Président Anicet Ekane, défendu par le candidat Issa Tchiroma.
– S’agissant du caractère constitutionnel de la transition de l’Union pour le Changement avec Issa Tchiroma : La Constitution camerounaise prévoit qu’est déclaré président de la République le candidat ayant obtenu la majorité des voix.
C’est une disposition impérative de la démocratie camerounaise consacrée par la Constitution. Dès lors, aucune remise en cause du choix du peuple n’est possible, y compris par le Conseil constitutionnel, auquel les dispositions du Code électoral confèrent le pouvoir de « proclamer » les résultats sortis des urnes, et non de statuer de manière discrétionnaire sur ces derniers.
En d’autres termes, tant la loi électorale que la Constitution ne donnent aucun pouvoir au Conseil constitutionnel pour décider, par une sorte d’indiscutable imperium, du nom du vainqueur de l’élection présidentielle.
Le Conseil constitutionnel est simplement le lecteur des résultats d’un jury appelé « peuple camerounais ». À cet effet, toute proclamation de résultats de l’élection présidentielle non conforme au vote du peuple est sans effet juridique.
Car faut-il le rappeler : quand le Conseil constitutionnel proclame les résultats, c’est un abus de droit que de considérer cette proclamation comme une décision souveraine et sans recours.
La proclamation des résultats est simplement un acte de solennisation des résultats de l’élection présidentielle et non une décision juridictionnelle d’attribution.
À cet effet, lorsque les résultats proclamés sont contraires à ceux décidés par le peuple, ces résultats sont faux et dénués de valeur juridique.
Il existe en effet un principe de droit selon lequel « la fraude corrompt tout », et un autre rappelant que l’illégalité ne crée pas le droit.
En conclusion, la transition constitutionnelle envisagée ne trouve son fondement que dans la reconnaissance de la vérité des urnes du 12 octobre 2025, qui consacre inéluctablement la victoire de M. Issa Tchiroma Bakary.
C’est celle-là que les démocrates camerounais devraient exiger pour plus d’efficacité, par respect pour notre Constitution et pour la souveraineté du peuple.
À moins que le Président Issa Tchiroma ne vienne à s’en récuser volontairement ; dans ce cas, il y aurait lieu de réfléchir plutôt à une transition purement politique, et non plus constitutionnelle, faute d’ancrage juridique, qui se déciderait alors dans le cadre d’une conférence nationale souveraine.
Christian Ntimbane Bomo
Président Exécutif du Parti HÉRITAGE »
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