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5 mois après la création de la SOCADEL, Gaston Eloundou Essomba dresse un bilan mitigé

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5 mois après la création de la SOCADEL, Gaston Eloundou Essomba dresse un bilan mitigé
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Le ministre de l’Eau et de l’Énergie (MINE), Gaston Eloundou Essomba, a présidé, ce jeudi 8 octobre 2026, à Douala, une réunion d’évaluation des actions engagées dans le cadre de la restructuration de la Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL).

Les premiers résultats font apparaître une progression des recettes mensuelles, passées de 30 à 32 milliards de FCFA. Une évolution encourageante, mais encore insuffisante pour résorber les déséquilibres financiers du secteur et améliorer significativement la qualité du service public de l’électricité.

Cinq mois après l’installation de la nouvelle équipe dirigeante, la SOCADEL était à l’heure du bilan. Créée par décret présidentiel du 4 mai 2026, l’entreprise s’était vu assigner une feuille de route d’urgence destinée à restaurer ses équilibres financiers et à améliorer ses performances opérationnelles.
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Tenue en présence du Gouverneur de la région du Littoral, du Préfet du Wouri et des Directeurs généraux de la SOCADEL, de la Société Nationale de Transport de l’Electricité (SONATREL) et de l’Agence de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSEL), la rencontre a permis d’examiner les avancées enregistrées dans la gouvernance, le refinancement de la dette, l’accroissement des recettes, la maîtrise des dépenses, la maintenance des infrastructures et la modernisation des activités.

Accélérer le redressement financier pour relancer les investissements

Au cœur de cette évaluation, la situation financière de la SOCADEL, dont dépend l’équilibre de l’ensemble du secteur électrique.

L’entreprise assure en effet la collecte des revenus et leur redistribution aux différents acteurs de la chaîne de production, de transport et de distribution de l’électricité.

Gaston Eloundou Essomba a rappelé qu’au moment de la renationalisation, les recettes mensuelles avoisinaient 30 milliards de FCFA, pour des charges comprises entre 42 et 44 milliards. Ce déséquilibre, à l’origine d’un déficit structurel d’environ 13 milliards de FCFA par mois, explique les difficultés de paiement auxquelles le secteur demeure confronté. Les premiers efforts de redressement commencent néanmoins à produire des résultats. « De 30 milliards, aujourd’hui, l’entreprise collecte mensuellement 32 milliards », a indiqué le Ministre, relevant une progression de 2 milliards de FCFA.

Cette amélioration ne permet cependant pas encore de couvrir l’ensemble des engagements financiers. Les factures des principaux acteurs, notamment NHPC, Globeleq et la SONATREL, ne sont pas encore intégralement réglées. Des efforts sont toutefois engagés pour accroître progressivement les montants qui leur sont reversés.

Pour le Ministre, cette situation souligne l’importance de poursuivre les réformes, notamment le refinancement de la dette, l’élargissement de la clientèle, l’amélioration du recouvrement, la migration vers les compteurs prépayés et la maîtrise des charges.

L’enjeu est de rétablir la capacité financière du secteur afin de relancer les investissements nécessaires dans la production, le transport et la distribution de l’électricité.

Apporter des réponses concrètes aux coupures d’électricité

Au-delà des performances financières, la qualité du service demeure la principale préoccupation des consommateurs. Pourquoi les coupures d’électricité persistent-elles malgré les investissements consentis et les réformes engagées ? Gaston Eloundou Essomba a reconnu que les améliorations restent progressives et que les plaintes des usagers demeurent nombreuses. Une situation qui traduit, selon lui, l’ampleur des efforts restant à accomplir.

L’évaluation a néanmoins permis de relever certaines avancées. Le bilan présenté fait notamment état de 45 053 normalisations de branchements basse tension et de la livraison de 16 000 compteurs communicants dans le cadre du programme P4R. Dans le cadre du PERACE, 34 000 branchements supplémentaires sont programmés d’ici la fin de l’année 2026.

Les travaux ont également porté sur la maintenance des réseaux, la disponibilité des équipements et des pièces de rechange, ainsi que la modernisation des outils de gestion.

Mais pour le Ministre, l’amélioration du service exige surtout une plus grande efficacité opérationnelle. « On veut des ingénieurs qui agissent, et non des procéduriers », a-t-il insisté, invitant les responsables techniques à privilégier les solutions concrètes.

Évoquant les manifestations de mécontentement auxquelles il est lui-même confronté au boulevard du 20-Mai, Gaston Eloundou Essomba a rappelé l’impatience des populations face aux perturbations récurrentes de la fourniture de l’électricité.

Le membre du Gouvernement a également souligné que la mauvaise santé financière de la SOCADEL constitue un risque pour l’ensemble du système électrique. Les difficultés de paiement des producteurs et du transporteur limitent leurs capacités d’investissement et peuvent, à terme, affecter la qualité du service.

À l’issue des travaux, il a demandé que les obstacles identifiés fassent l’objet de mesures correctives précises, assorties d’échéances et de responsabilités clairement établies. Le Gouvernement devra également examiner les mesures d’accompagnement nécessaires à l’accélération du plan de redressement.

« Peut faire mieux. » C’est sur cette appréciation que Gaston Eloundou Essomba a conclu son évaluation. Un jugement qui reconnaît les premiers progrès, tout en soulignant leur caractère encore timide.

Dans son entretien avec la presse, le Ministre a d’ailleurs résumé la situation en des termes sans équivoque. Les choses s’améliorent, mais lentement. Il appartient désormais à la SOCADEL d’accélérer les réformes pour accroître ses recettes, honorer progressivement ses engagements envers les autres acteurs du secteur et améliorer durablement la fourniture de l’électricité aux populations.

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Port de Kribi : 21,5 milliards de FCFA pour accroître de 30 % les capacités du terminal à conteneurs

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Port de Kribi : 21,5 milliards de FCFA pour accroître de 30 % les capacités du terminal à conteneurs
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(Investir au Cameroun) – Kribi Conteneurs Terminal (KCT), opérateur du terminal à conteneurs du port en eau profonde de Kribi, dans le sud du Cameroun, a engagé début septembre 2026 des travaux d’extension de ses installations sur huit hectares. D’un coût de 21,5 milliards de FCFA, cet investissement doit permettre d’augmenter de 30 % les capacités actuelles du terminal. La livraison des nouvelles installations est prévue au quatrième trimestre 2027, selon des informations confirmées auprès d’une source proche du dossier.

Le chantier, exécuté par China Harbour Engineering Company (CHEC), a été évoqué dans un communiqué publié le 2 octobre 2026, à l’occasion de la première visite à Kribi de Zhang Xiaoqiang, président de cette entreprise chinoise. CHEC, qui a participé à la construction du port en eau profonde, figure également parmi les actionnaires de KCT, aux côtés du logisticien Africa Global Logistics (AGL), de l’armateur CMA CGM et d’investisseurs camerounais.

Le montant de 21,5 milliards de FCFA est supérieur à l’estimation de 16,4 à 19,7 milliards de FCFA présentée en mai 2026 par les responsables de KCT pour un projet portant également sur huit hectares supplémentaires. Les informations disponibles ne permettent cependant pas de déterminer si cette différence résulte d’une réévaluation des coûts ou d’une modification du périmètre des travaux. La répartition du financement entre le concessionnaire et les autres partenaires n’a pas non plus été précisée.

Selon KCT, l’extension doit accompagner le développement des capacités du port, en prévision notamment de la création d’une zone industrielle de 4 000 hectares dans son environnement immédiat. Cette perspective suppose de disposer d’infrastructures capables d’absorber de nouveaux flux de marchandises, en complément du trafic généré par les activités actuelles du terminal.

Un objectif d’un million de conteneurs par an

L’investissement annoncé prolonge les aménagements réalisés dans le cadre de la deuxième phase de construction du port en eau profonde de Kribi. Mise en service le 9 mai 2025, celle-ci a notamment permis de construire 715 mètres supplémentaires de quai, contre 350 mètres pour le premier terminal, d’aménager 30 hectares de terre-plein et de renforcer les équipements de manutention. Cinq portiques de quai d’une capacité de levage de 65 tonnes chacun, quinze portiques de parc, 25 tracteurs et 30 remorques portuaires ont ainsi été acquis.

Ces nouvelles installations ont accompagné une forte progression de l’activité. Selon des informations communiquées par KCT, le terminal a manutentionné près de 750 000 équivalents vingt pieds (EVP) sur une période de douze mois suivant la mise en service des infrastructures, soit une augmentation de 82 % par rapport à la période comparable précédente. L’EVP est l’unité utilisée pour mesurer le trafic conteneurisé, sur la base d’un conteneur standard de vingt pieds.

Cette performance doit toutefois être distinguée des statistiques de l’année civile 2025. Le Port autonome de Kribi (PAK) a officiellement recensé 555 398 EVP manutentionnés sur l’ensemble de cette année. Les deux chiffres ne couvrent pas nécessairement les mêmes périodes, le volume communiqué par KCT correspondant à douze mois d’exploitation après la mise en service des nouvelles installations.

Pour le concessionnaire, la prochaine cible est désormais d’atteindre un million, voire 1,2 million d’EVP manutentionnés annuellement. Cela représenterait, par rapport au niveau de 750 000 EVP communiqué par l’entreprise, une progression supplémentaire de 33 % à 60 %. La réalisation de cet objectif dépendra non seulement des capacités physiques du terminal, mais aussi de l’évolution des flux commerciaux et du transbordement, activité qui consiste à transférer des conteneurs d’un navire vers un autre pour desservir différentes destinations.

Les huit hectares supplémentaires doivent contribuer à réduire les contraintes d’espace liées à la croissance du trafic. Lors de la présentation du projet en mai 2026, KCT avait notamment évoqué une augmentation de sa capacité statique de stockage de 24 000 à 34 000 EVP. Cette progression, de près de 42 %, correspond au nombre de conteneurs pouvant être entreposés simultanément et doit être distinguée du gain global de capacité de 30 % annoncé pour l’extension.

De nouveaux investissements pour accompagner l’industrialisation

La deuxième phase de développement du port de Kribi a également permis de prolonger la digue de protection de 675 mètres. Lancés en décembre 2019, les travaux ont mobilisé plusieurs centaines de milliards de FCFA, avec un financement apporté notamment par l’Export-Import Bank of China. Un document du ministère camerounais de l’Économie publié en 2025 évalue à 391,5 milliards de FCFA le financement de cette phase, tandis que des documents de programmation antérieurs retenaient des montants plus élevés.

L’extension engagée en septembre 2026 s’ajoute à ces investissements et doit répondre aux besoins d’un port dont les perspectives de développement dépassent désormais la seule manutention des conteneurs. La future zone industrielle de 4 000 hectares devrait accueillir des activités de transformation et de logistique susceptibles d’accroître la demande de services portuaires. Le rythme de matérialisation de ces projets industriels déterminera toutefois la contribution effective de cette zone aux volumes traités par KCT.

Le PAK prépare parallèlement une troisième phase de développement du complexe portuaire, comprenant notamment la construction d’un terminal minéralier et d’installations dédiées aux hydrocarbures. Ces infrastructures sont destinées à accompagner les projets d’exploitation et d’exportation des ressources minières du Cameroun. Les responsables portuaires envisagent un démarrage des travaux entre 2027 et 2028, sous réserve de la finalisation des préparatifs techniques et financiers.

Pour KCT, la prochaine échéance est fixée au dernier trimestre 2027, avec la livraison des huit hectares supplémentaires. Le terminal devra alors convertir l’augmentation de ses capacités en volumes effectivement manutentionnés, afin de se rapprocher de son objectif d’un million d’EVP par an.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi:

10-06-2022 – Trafic conteneurisé : le port de Kribi revendique le leadership au Cameroun, 4 ans après sa mise en service

06-05-2025 - Port de Kribi : pour l’inauguration du 2e terminal, MSC envoie au Cameroun le plus gros porte-conteneurs du monde

24-10-2024 - Port de Kribi : 70 milliards de FCFA d’investissements pour exploiter le 2e terminal à conteneurs

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Joseph Yegba Maya, l’ancien attaquant camerounais de l’Olympique de Marseille est mort

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Buteur de renom dans les années 1960-1970, notre compatriote est mort ce dimanche à 82 ans. Ses anciens clubs en France, dont l’OM, avec qui […]

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la mort silencieuse des riverains de Socapalm

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la mort silencieuse des riverains de Socapalm
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Depuis près d’une décennie, une crise foncière et sociale oppose la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) filiale de Socfin aux communautés villageoises installées autour de ses zones d’exploitation. En toile de fond, des accusations récurrentes de dépossession de terres, de pressions sociales et de dégradation des conditions de vie.

Le jour se lève sur Apouh,v illage situé à une vingtaine de kilomètres dela ville d’Édéa, sur la route nationale no7 qui relie la cité balnéaire de Kribi. Dans la brume d’un matin du mois de mai, Thérèse s’est réveillée et a sitôt enfilé ses bottes et ses haillons et rejoindre sa petite bananeraie. Celle-ci se trouve à 10 kilomètres de chez elle. « Je loue des espaces pour cultiver. C’est tellement loin », explique la dame d’une cinquantaine d’années.

Dans le village de Thérèse, les maisons sont quasiment noyées dans un océan de palmiers qui s’étend à perte de vue. « C’est la Socapalm », dit Thérèse, d’un ton amer. Sur l’autre versant de la route, le regard bute aussi sur la même limite verte, comme une frontière sans clôture. « C’est aussi la Socapalm là-bas, en face », enchérit-elle. Un peu plus loin, au lycée bilingue (français-anglais) de la zone, le vent fait danser les palmes des arbres puis traverse les salles de classe, comme un rappel discret du paysage d’un voisin mal-aimé.

Car les habitants de cette localité accusent la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) d’expropriation foncière à grande échelle. Filiale du groupe Luxembourgeois Socfin, dont Hubert Fabri détient 54 %, et Vincent Bolloré 39% d’actions, selon plusieurs sources notamment Wikipédia, le rapport Profondo et le Business & Human Rights Resource Centre ; la Socapalm exploite plus de 1000 hectares de terre dans la zone d’Apouh depuis l’an 2000. Sa principale activité porte sur la production de l’huile de palme et ses dérivées dans ses six unités de pressage installées dans les régions du centre, du littoral et du Sud du Cameroun. L’industriel excelle aussi dans la culture de l’hévéa avec ses 1 935,96 ha situés dans les zones de Kienke au Sud du Cameroun et Dibombari dans le littoral.

« On n’a plus de vie », dit une autre habitante. « Ils nous ont tout pris, affirme-t-elle. Ici, c’est malheureusement le riz dans toutes les assiettes, comme si nous étions en ville. » Des images tristes qui traduisent une situation devenue, selon l’autorité traditionnelle, difficilement soutenable. Le chef du village d’Apouh, Ditope Lindoume Mercure, magistrat à la retraite, estime que certaines occupations de la Socapalm pourraient dépasser les limites des titres fonciers.

Pour Félicité Ngon Bissou la présidente d’Afrese, une association qui regroupe des dizaines de femmes des villages riverains de l’agro-industrie, la précarité foncière a eu pour corolaire la précarisation économique. Faute de terres suffisantes à cultiver, plusieurs familles survivent dorénavant en ramassant des noix de palme abandonnées dans les plantations pour produire de l’huile artisanale. L’intrusion sur ces parcelles privées n’est pas sans conséquences. « Le jour où on vous attrape dans la plantation pour vol de noix, si vous ne payez pas sur place, vous faite de la prison », affirme-t-elle.

Des allégations confirmées par plusieurs riverains rencontrés et documentées par des organisations de la société civile. En avril 2023, alors que des communautés du village d’Apouh étaient mobilisées pour contester des campagnes de « replanting » (le renouvellement des plantations) des palmeraies de Socapalm, qu’elles assimilaient à une nouvelle extension déguisée, le chef du village arrivé pour apporter son soutien à sa communauté avait été placé en garde à vue administrative pendant 48 heures à la prison centrale d’Édéa. Le motif invoqué : « refus de concession et insubordination à l’autorité », selon un communiqué publié sur le site officiel de la Socapalm.

Soupçons de pollution et dégradation de l’environnement

Le 5 mars 2026, une réunion interministérielle consacrée à ce conflit foncier s’est tenue à la Primature, à Yaoundé, sous la houlette d’un conseiller spécial du Premier ministre. Si la Socapalm assure que les relations avec les villageois s’améliorent davantage, certains leaders notamment l’association Afrese, et le chef traditionnel d’Apouh contestent cette version.

Toutefois, à la dépossession foncière à laquelle Socapalm reste l’unique accusée des communautés des riverains avec à la clé plusieurs plaintes, s’ajouteraitune dégradation des conditions environnementales toujours selon des riverains. Des allégations abordées et rejetées en bloc par l’industriel dans son rapport de développement durable 2023. « Les eaux usées des huileries sont traitées par un système de lagunage sur tous les sites ». Et d’ajouter : « les effluents déversés dans l’environnement respectent les paramètres légaux et n’ont aucun impact négatif sur l’environnement ». cf P72 :

Au Cameroun, la présence de la Socapalm ne se limite pas à une activité économique. Elle redessine l’organisation sociale des territoires. Premier producteur de l’huile de palme du pays avec plus de 41% de la production nationale et 32000 hectares de plantation sur une concession totale d’un peu plus de 58000, la Socapalm revendique également plus de 8300 emplois directs et indirects. Outre le palmier à huile, elle est aussi présente dans la culture de l’hévéa avec la production du caoutchouc nécessaire dans la fabrication des pneus.

Cependant, dans ses sites de Dibombari, Mbongo, Mbambou, Eseka, Edea et Kienké, qui abritent les six unités de transformation de l’huile de palme, la société affirme structurer profondément la vie locale en employant directement des ouvriers agricoles et en faisant travailler, de manière plus informelle ou saisonnière, des villageois riverains. Elle prend aussi en charge les volets éducation, sanitaire et ludique dans certains cas.

Mais un rapport publié en 2025 par l’ONG Green Development Advocates (GDA), intitulé « Visage sombre de la Socapalm » remet en cause plusieurs aspects entre le géant de l’huile de palme et ses voisins. Le document évoque non seulement des irrégularités dans l’occupation des terres mais aussi des cas de violations des droits de l’Homme.

Recours judiciaires

Au-delà des terres et des tensions avec les communautés, le dossier Socapalm se joue aussi sur le terrain judicaire au Cameroun comme à l’étranger.

Au Cameroun, le chef du village d’Apouh a saisi le Tribunal administratif du littoral dans le cadre d’un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l’Etat. Concrètement, il conteste cinq titres attribués à la Socapalm et demande le retranchement de certaines superficies. En juillet 2026, le tribunal s’est déclaré incompétent. Selon la juridiction, la communauté qui ne dispose pas elle-même d’un titre foncier ne pouvait contester l’assiette des droits fonciers de la Socapalm.

Un autre contentieux devant la cour d’appel du littoral avait également été engagé par la communauté.

A l’Etranger notamment en France, plusieurs procédures concernent les relations entre riverains camerounais, socapalm, socfin et les sociétés liées à Bolloré. Dans l’une d’elles, 145 riverains camerounais ont saisi la justice française afin d’obtenir des documents permettant de préparer une éventuelle action en responsabilité pour des préjudices environnementaux. La procédure est passée par le Tribunal judicaire de Nanterre, puis devant la Cour d’Appel de Versailles.

Le 1er décembre 2022, cette dernière a ordonné à Socfin et Socapalm de communiquer les procès-verbaux de leurs assemblées générales des quartes derniers exercices sous astreint de 2000 euros par jour et par société pendant trois mois. En 2023, Socfin a été condamné à 140.000 euros au titre de l’astreint et la justice a fixé une nouvelle astreinte de 4000 euros par jour. Et en janvier 2025, la cour d’appel de Versailles a déclaré caduque l’appel de Socfin pour des raisons liées aux formalités de notification de la procédure aux riverains camerounais.

Dans ses multiples communications, la Socapalm conteste les allégations des communautés et les conclusions du rapport des ONG à l’instar de GDA et du CED. Dans une réaction datée d’octobre 2025, elle estime que les critiques contre elle reposent sur des « interprétations erronées ».

A une interview accordée à Notre-Planète à Douala le 28 mai 2026, Germain Jules Kamta le secrétaire général de l’entreprise, fait savoir que ses titres fonciers du village Apouh datent des années 1960. Ce qui est antérieurs selon lui, à l’installation des populations locales, dont les revendications reposeraient donc sur un « malentendu historique ».

Bien plus, selon lui, cela ne se pose pas un problème d’espace vital à Apouh. « Au terme d’un travail cadastral ordonné par le ministère du Cadastre à la demande de la Socapalm, sur les 1500 hectares soumis au bail emphytéotique dans la zone d’Edea, seul 1086 hectares ont été mis en valeur. Et 414 hectares restitués à l’Etat. Et qui dit l’Etat, dit les populations. Sauf que cette zone n’intéresse pas les populations », explique Jules Kamta. D’après lui, la raison est ailleurs : « les populations veulent les parcelles privées de la Socapalm qui se trouvent en bordure de la route nationale pour facilement faire des spéculations immobilières avec des opérateurs privés. Voilà leur vrai problème », affirme-t-il.

Toutefois, derrière Socapalm, c’est toute une chaîne de valeur internationale qui est en jeu. L’huile de palme produite dans ces plantations alimente des marchés européens via des chaînes industrielles globales dans les domaines de l’alimentation transformée, le cosmétique, et les biocarburants.

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