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FMI : Yvon Sana Bangui tente de déverrouiller la conclusion de nouveaux programmes avec le Cameroun, le Congo et le Gabon

(Investir au Cameroun) – Le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, tente de remettre sur les rails la revue des assurances régionales de la Cemac, suspendue depuis décembre 2025 et nécessaire à la poursuite ou à l’approbation de programmes financiers du Fonds monétaire international (FMI) dans la sous-région. Après une réunion tenue le 8 septembre 2026 à Washington avec Zeine Zeidane, directeur du département Afrique du FMI, la banque centrale envisage désormais une possible validation de cette revue en décembre 2026, après de nouvelles missions des services du Fonds prévues en octobre.
Selon un communiqué publié le 14 septembre par la BEAC, la délégation conduite par Yvon Sana Bangui s’est rendue à Washington pour examiner avec le FMI « les conditions de validation de la revue des assurances régionales suspendue depuis décembre 2025 » et les conditions de poursuite des programmes soutenus par l’institution dans la Cemac.
Ces assurances regroupent les engagements pris au niveau régional pour préserver notamment les réserves de change, la stabilité monétaire et financière et la solidité du secteur bancaire. Elles complètent les engagements budgétaires et structurels négociés séparément par chaque État avec le FMI. Leur validation ne vaut donc pas automatiquement approbation d’un programme national, mais constitue un préalable aux accords financiers du Fonds dans l’union monétaire.
La revue attendue fin 2025 avait été reportée. Selon des documents officiels de la BEAC consultés par Investir au Cameroun, ce report résultait du « non-alignement des politiques budgétaires à la stratégie régionale » et de « l’incomplétude des accords sur les assurances régionales en appui aux réformes ».
Des réformes à boucler avant décembre
À Washington, Yvon Sana Bangui a présenté au FMI les mesures engagées depuis ce report. La BEAC cite notamment le rétablissement de trajectoires budgétaires jugées plus crédibles et soutenables, le renforcement des effectifs de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), la préparation d’une nouvelle législation bancaire et la révision du dispositif communautaire de surveillance multilatérale.
Le gouverneur a également demandé une adaptation du dispositif des assurances régionales aux caractéristiques des économies de la Cemac. Selon la BEAC, cette approche « ne vise ni à remettre en cause les principes de bonne gouvernance, ni à relâcher la discipline macro-économique, mais à mieux articuler les engagements régionaux avec les programmes conclus entre les États membres de la Cemac et le FMI ».
Les missions annoncées pour octobre devront permettre au Fonds d’évaluer l’état d’avancement de ces réformes. La banque centrale situe ensuite en décembre 2026 la perspective d’une validation de la revue. Cette échéance reste conditionnelle : ni la BEAC ni le FMI n’ont annoncé à ce stade de décision acquise du Conseil d’administration.
L’enjeu concerne directement plusieurs États de la sous-région qui ne disposent plus d’un accord financier actif avec le Fonds. Le Congo a achevé en mars 2025 son programme au titre de la Facilité élargie de crédit. Au Cameroun, les dernières revues du programme FEC-MEDC ont été approuvées en juillet 2025. Le précédent accord du Gabon, approuvé pour trois ans en juillet 2021, est arrivé à échéance en 2024.
Les États de la Cemac avaient déjà pris, lors d’une réunion tenue à Paris le 17 mars 2026, l’engagement « d’œuvrer collectivement et individuellement » à la bonne exécution des programmes existants et à la conclusion de nouveaux accords avec le FMI.
La situation est différente dans les trois autres pays. Le Tchad bénéficie depuis juillet 2025 d’un nouvel accord de 48 mois au titre de la Facilité élargie de crédit. La Guinée équatoriale est engagée dans un programme de suivi par les services du FMI, sans financement. Quant à l’accord FEC de la République centrafricaine conclu en avril 2023, il a expiré le 26 juin 2026.
300 milliards de FCFA déjà inscrits dans le scénario camerounais
Pour le Cameroun, le calendrier de la revue régionale se superpose désormais à celui de la préparation budgétaire. Dans son Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029, le gouvernement prévoit 300 milliards de FCFA d’appuis budgétaires en 2027, sous l’hypothèse de la conclusion d’un nouveau programme avec le FMI.
Cette enveloppe représente environ 9,5 % des besoins globaux de financement projetés pour 2027, évalués à 3 161,5 milliards de FCFA.
Le DPEB précise que « le bouclage financier des budgets des exercices 2027 à 2029 repose sur des appuis budgétaires attendus de la conclusion d’un nouveau Programme économique et financier avec le FMI » et classe l’absence d’accord parmi les risques pesant sur la soutenabilité des finances publiques à moyen terme.
Le montant attendu ne correspond pas nécessairement à des décaissements directs du seul FMI. Un programme avec l’institution de Washington peut également conditionner ou faciliter des appuis de partenaires tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne ou des bailleurs bilatéraux.
Selon le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motazé, les deux programmes mis en œuvre entre 2017 et 2025 ont permis de mobiliser environ 2 600 milliards de FCFA d’appuis budgétaires auprès du FMI et d’autres partenaires.
« Nous ne les aurions plus en cas de non-conclusion d’un nouveau programme avec le FMI. Cela signifie qu’il faudrait trouver d’autres ressources. C’est pourquoi nous estimons nécessaire d’ouvrir une réflexion sur un nouvel accord », avait déclaré le ministre à l’issue du Conseil de cabinet du 30 octobre 2025.
La réunion de Washington ne règle donc pas à elle seule la question du futur programme camerounais. Elle porte sur le préalable régional. La prochaine échéance est désormais celle des missions du FMI annoncées pour octobre, avant une éventuelle validation des assurances régionales en décembre 2026.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
04-08-2026 – Budgets 2027-2029 : sans nouvel accord avec le FMI, le Cameroun s’expose à un déficit de financement
02-07-2026 – Cemac : le FMI presse la BEAC de supprimer le financement des projets du secteur productif, la banque centrale résiste
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Martin Camus Mimb recadre Steven Gerrard sur les critiques visant le milieu camerounais

Le journaliste et analyste sportif camerounais Martin Camus Mimb conteste les critiques attribuées à l’ancien capitaine de Liverpool, Steven Gerrard, concernant Carlos Baleba. Dans une tribune au ton incisif, il défend le potentiel du milieu de terrain camerounais et remet en question la pertinence des comparaisons avec les exigences de Manchester United.
Martin Camus Mimb est monté au créneau pour défendre Carlos Baleba, après la diffusion sur les réseaux sociaux de déclarations attribuées à Steven Gerrard au sujet du joueur camerounais. L’ancien capitaine de Liverpool aurait estimé que Baleba, dont le transfert est évoqué à hauteur de 70 millions de livres sterling, possède du potentiel, mais ne serait pas encore prêt à aider Manchester United à rivaliser avec les meilleures équipes du championnat anglais.
Dans une réaction particulièrement critique, le journaliste camerounais conteste cette analyse et juge prématuré de faire du jeune milieu de terrain un responsable des difficultés sportives du club mancunien.
« Baleba n’a même pas deux mois de compétition dans ce club », souligne Martin Camus Mimb dans son texte, en s’interrogeant sur la pertinence d’un jugement aussi rapide sur les capacités du joueur. Il estime que les performances d’un footballeur doivent être appréciées en tenant compte de son âge, de son expérience et du contexte dans lequel il évolue.
Lire la tribune de Martin Camus Mimb :
GERARD ? SHUT UP!
Je vois des Africains me taguer depuis quelques jours, sur les déclarations de Steven Gerrard au sujet de Carlos Baleba. Je les vois partager en masse. Évidemment et comme d’habitude, « le blanc a dit ». Mais regardons un peu ce qu’il a dit : « Pourquoi recrutez-vous des joueurs qui n’ont pas le niveau pour jouer à Manchester United ? Carlos Baleba, 70 millions de livres sterling. Il a du potentiel. Mais il n’est pas encore prêt à aider Manchester United à rivaliser au sommet du championnat ».
Je comprends donc mieux pourquoi il a terminé sa carrière sans être Champion d’Angleterre avec Liverpool. Le club avait commis une erreur de recruter un gamin de 18 ans et de lui faire confiance pendant presque 20 ans, et qui a été incapable d’aider Liverpool à « rivaliser au sommet du championnat ». Il a donc raison en prenant la photographie de sa propre carrière. Full stop.
Baleba n’a même pas deux mois de compétition dans ce club. Et subitement, c’est son achat qui empêche UNITED de rivaliser avec le sommet du championnat depuis 2013, la dernière fois qu’il a été champion. Wahou! Et les africains partagent. De la même façon que les mêmes anciens joueurs décapaient ONANA et le présentaient comme responsables des malheurs du club et nous jouions les éboueurs pour s’assurer que ces saletés étaient déposées partout. Voici les transferts records de UNITED depuis 2016, des « joueurs qui avaient le niveau » et qui devaient permettre à UNITED de rivaliser avec les sommets du championnat: Paul Pogba venant de la Juventus 105,0 M€ 09/08/2016
Antony venant de l’Ajax Amsterdam 95,0 M€ 30/08/2022. Harry Maguire venant de Leicester City 87,0 M€ 05/08/2019. Jadon Sancho venant du Borussia Dortmund 85,0 M€ 23/07/2021. Romelu Lukaku en provenance d’Everton 84,7 M€… Et ils ont amené Manchester au sommet.
Quelle intelligence de Gérard ! Quelle lumière ! Le vrai problème des joueurs comme Baleba, c’est de casser tous les codes de précocité dans un championnat comme la Premiere League en n’étant pas anglais. Au même âge, Gérard n’avait pas fait le nombre de matches en pro qu’il a. Ils confondent les époques et ruminent leurs carrières, avec les lunettes actuelles. Ce que UNITED a dépensé pour Baleba, ce sont des cacahuètes, comparé à son âge et à d’autres dépenses dans le même championnat. Prenez votre mal en patience, M. Gérard. Carlos est destiné à faire oublier des milieux surcotés comme vous. On ne pleure pas ! Interdit de pleurer.
Ah non… avec tes pleureuses complexées d’Afrique qui partagent tout et considèrent tout. Où est votre titre de Champion d’Angleterre en plus de quinze ans de carrière, M. Gerard ? Shut up! Ta carrière d’entraîneur, on en parle ? La maladie des anciens joueurs est presque la même. Faire des diagnostics sur des tumeurs non soignées qui étaient les leurs et qu’ils pensent être chroniques chez d’autres qui vivent dans d’autres époques.
Martin Camus MIMB
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Le groupe chinois Nanning Agricultural Development veut investir 88 milliards de FCFA dans un complexe sucrier à Batouri

(Investir au Cameroun) – Le groupe public chinois Nanning Agricultural Development Group envisage d’investir environ 88 milliards de FCFA dans la production de sucre et de riz à Batouri, dans la région de l’Est du Cameroun. Selon un avis d’appel d’offres publié le 27 octobre 2026 en Chine, l’entreprise prévoit de créer de grandes plantations de canne à sucre et de riz, ainsi qu’une usine capable de produire 60 000 tonnes de sucre par an. Mais le projet n’en est encore qu’au stade des études.
Dans le détail, l’entreprise chinoise prévoit de louer environ 6 667 hectares de terres pour cultiver la canne à sucre et 200 hectares supplémentaires pour le riz. Le programme comprend également la construction d’une sucrerie, d’installations pour transformer le riz et de bâtiments destinés au personnel.
Pour savoir si cet investissement peut être réalisé, Nanning Agricultural Development Group recherche une entreprise spécialisée qui sera chargée d’étudier les conditions de mise en œuvre du projet. Cette étude devra notamment examiner les besoins financiers et techniques, les conditions d’exploitation des terres et les démarches administratives nécessaires.
Le groupe chinois est prêt à consacrer jusqu’à 880 000 yuans, soit environ 78 millions de FCFA, à cette étude. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 5 novembre 2026 pour déposer leurs offres. Celle qui sera sélectionnée disposera de 60 jours pour réaliser le travail, notamment à travers des investigations sur place au Cameroun.
Pour l’instant, les 88 milliards de FCFA annoncés correspondent donc au coût envisagé du projet. Aucun financement effectivement mobilisé, contrat de construction ou bail foncier signé n’a encore pu être confirmé.
Un projet sucrier avait déjà été envisagé à Batouri
Ce nouvel intérêt pour Batouri intervient plus de dix ans après une première initiative dans la production de sucre dans cette partie du Cameroun.
En avril 2012, le gouvernement camerounais avait signé un accord avec Justin Sugar Mills, une entreprise indo-camerounaise, pour développer un complexe sucrier dans la zone de Batouri. L’investissement prévu était alors estimé à 60 milliards de FCFA, pour une usine devant produire 60 000 tonnes de sucre par an.
Le projet avait ensuite rencontré des difficultés. Après la rupture de l’accord avec Justin Sugar Mills, le gouvernement avait retenu, en février 2015, le groupe marocain Cosumar pour poursuivre son développement. En décembre de la même année, l’État avait finalement décidé de se retirer de cette initiative et de laisser son promoteur initial poursuivre le projet.
Le programme aujourd’hui envisagé par Nanning Agricultural Development Group prévoit une capacité de production de sucre identique à celle annoncée pour l’ancien complexe, soit 60 000 tonnes par an. Toutefois, aucun document consulté ne permet d’établir un lien entre les deux projets.
Le nouvel investisseur appartient à un ensemble d’entreprises contrôlé par les autorités publiques de Nanning, en Chine. Une publication chinoise de septembre 2026 fait également état d’un projet de création d’une filiale au Cameroun, mais son existence juridique n’a pas encore été confirmée.
Baudouin Enama
Lire aussi :
04-10-2017 – Après l’échec de Justin Sugar Mills, un nouveau projet sucrier est en gestation dans l’Est du Cameroun
06-01-2016 – Cameroun : l’Etat se désengage du projet sucrier de la société Justin Sugar Mills à Batouri
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