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on ne répare pas un désastre financier avec une visite guidée

Le dossier du complexe sportif d’Olembe continue de susciter des interrogations sur la gestion des fonds publics et la responsabilité des décideurs. Dans une tribune intitulée « Olembe : la farce doit cesser », l’analyste politique Cyrille Tchamba estime que la communication autour de l’avancement du chantier ne répond pas aux questions de fond.
L’auteur réagit notamment aux récentes communications du ministère des Sports et de l’Éducation physique (MINSEP), qui a organisé une visite du chantier et diffusé des images montrant l’avancement de certains travaux.
« Nous n’avons jamais affirmé que personne ne travaillait à Olembe », écrit Cyrille Tchamba, qui affirme que son interrogation porte plutôt sur « ce que l’État a déjà perdu » et sur les décisions ayant conduit aux différents contentieux liés au projet.
Pour lui, une visite de chantier ne saurait remplacer un examen de la gestion du projet. Il s’interroge notamment sur les conditions de rupture du contrat initial, les décisions ayant conduit à de nouveaux montages contractuels, les mécanismes de contrôle et les éventuelles alertes qui auraient été formulées au cours du processus.
Lire la tribune de Cyrille Tchamba :
Olembé : la farce doit cesser
Il fallait donc répondre.
Après avoir posé des questions dérangeantes sur Olembé, le ministère des Sports et de l’Éducation physique a entrepris de nous montrer que le chantier avance. Des responsables communiquent. Une visite est organisée. Des images circulent. On montre des ouvriers, des aménagements, des espaces qui prennent forme sous l’œil bienveillant des caméras.
Très bien.
Mais nous n’avons jamais affirmé que personne ne travaillait à Olembé. Nous avons posé une question fondamentale : qui répond de ce que l’État a déjà perdu, de ce qu’il risque encore de perdre et des décisions qui nous ont conduits dans cet imbroglio ? Ce n’est pas la même chose.
On peut repeindre un mur. On peut poser des carreaux. On peut aménager une tribune et mettre en scène un chantier en mouvement. Mais on ne répare pas un désastre financier avec une visite guidée. Surtout pas aux yeux des prestataires locaux qui, eux, attendent encore d’être payés pendant que l’on parade devant les objectifs.
Ces responsables ont-ils conscience que pendant qu’on parade devant les caméras, certains prestataires locaux sont en faillite, d’autres ont vu leurs biens saisis pour payer leurs propres dettes, d’autres encore ont tout perdu ? Quel discours ministériel pourra réparer ces vies brisées ?
Olembé n’est pas un simple chantier : c’est un dossier d’État. Et c’est précisément pour cela que les interrogations de fond demeurent intactes. Pendant que d’autres nations exhibent leurs infrastructures comme les symboles de leur puissance administrative, le Cameroun en est réduit à gérer des ruptures contractuelles, des arbitrages internationaux et des factures qui se chiffrent désormais en dizaines de milliards.
Quelle tragique ironie: nous voulions construire un complexe sportif, nous avons aussi construit un contentieux international. Et c’est encore le contribuable qui se retrouve au bout de la chaîne.
CE N’EST PAS UNE VISITE DE CHANTIER QU’IL FALLAIT ORGANISER
Ce que nous attendions du MINSEP, ce n’était pas une nouvelle démonstration de communication : nous attendions des comptes.
Qui a pris les décisions successives ? Sur quelle base ? Avec quelles garanties ? Pourquoi le contrat initial a-t-il été rompu ? Pourquoi avoir engagé l’État dans un nouveau montage ? Quels contrôles ont été exercés ? Qui a alerté ? Qui a été entendu ? Et surtout : quelles conséquences institutionnelles ont été tirées des erreurs de pilotage ?
Ces questions ne disparaîtront pas parce qu’une caméra aura filmé du carrelage. Elles ne disparaîtront pas parce qu’un responsable aura récité une formule rassurante. Car nous ne contestons pas l’avancement des travaux: nous interrogeons la gestion. Et la communication ne remplacera jamais la reddition de comptes.
LE CAMEROUN PAIE CHER. TRÈS CHER
Le plus troublant est peut-être ailleurs. Le gouvernement présente désormais lui-même Olembé comme une infrastructure achevée, réalisée pour 218 milliards de FCFA.
Très bien. Alors une question supplémentaire mérite d’être posée : comment un projet présenté comme achevé peut-il continuer à produire autant de contentieux, de procédures arbitrales et de factures supplémentaires ? Car l’histoire d’Olembé ne s’arrête pas au béton: elle se poursuit dans les cabinets d’avocats, les tribunaux arbitraux et les écritures comptables de l’État.
Le contentieux avec Magil avait déjà conduit à une décision de la CCI de Paris ordonnant au Cameroun de placer environ 15,4 milliards de FCFA sous séquestre. Le dossier Piccini, lui, a franchi une nouvelle étape avec une sentence arbitrale du CIRDI dont le montant rapporté avoisine 51,5 milliards de FCFA.
Les 250 milliards régulièrement évoqués correspondaient aux prétentions initiales de Piccini ; ils ne doivent pas être présentés comme le montant finalement condamné. Mais qu’on ne se méprenne pas : cinquante milliards de francs CFA restent cinquante milliards de francs CFA. Ce n’est pas une erreur d’arrondi, ce n’est pas une ligne comptable sans conséquence. C’est de l’argent public. C’est de l’argent qui aurait pu financer des écoles, des hôpitaux, des routes, des équipements, des politiques sociales.
Et derrière ces milliards, il y a une question beaucoup plus dérangeante que celle du montant de la sentence : qui a pris les décisions qui ont rendu cette facture possible ?
CERTAINS N’ONT MÊME PLUS LA DÉCENCE DU SILENCE
Dans une République normale, lorsqu’une décision publique produit un résultat aussi coûteux, ceux qui l’ont prise s’expliquent. Ils assument. Ils rendent compte. Ils corrigent. Et lorsque des fautes sont établies, ils en tirent les conséquences.
Chez nous, on fait parfois l’inverse : on communique, on parade, on organise une visite, on montre du béton, et l’on espère que les images du chantier finiront par faire oublier les questions de gouvernance. Mais le béton ne fait pas disparaître les traces administratives, une caméra n’annule pas une sentence arbitrale, et une visite de chantier ne constitue pas un audit.
Certains sont devenus tellement étrangers à l’éthique de la responsabilité publique qu’ils n’ont même plus la décence du silence. Ils voudraient transformer une question de responsabilité en opération de relations publiques. Mais le problème n’est pas l’image d’Olembé. Le problème, c’est la facture d’Olembé.
L’HOMME D’ÉTAT SE RECONNAÎT À SA CAPACITÉ DE SANCTIONNER
Un homme d’État ne protège pas les erreurs de ceux qu’il a nommés : il protège l’État. Il ne confond pas la loyauté envers un homme avec la complaisance envers un système. Et lorsque la faute est établie, il sanctionne. Ne pas sanctionner une faute avérée, c’est préparer sa répétition.
Olembé devrait donc devenir un cas d’école. Pas un procès médiatique, pas une chasse aux sorcières, pas une vengeance politique : un exercice de responsabilité républicaine. Il faut un audit indépendant. Il faut reconstituer la chaîne complète des décisions. Il faut établir les responsabilités administratives, techniques, financières et politiques. Il faut déterminer ce qui relève de l’erreur, de la négligence, de la faute ou, le cas échéant, d’éventuelles infractions. Et lorsque la responsabilité est juridiquement établie, la sanction doit suivre. C’est cela, l’État de droit.
MONSIEUR LE PRÉSIDENT, LA FARCE DOIT CESSER
Le dossier Olembé n’est plus seulement une affaire ministérielle : il touche à la crédibilité de l’État, à la gouvernance des investissements publics, à la souveraineté de nos finances.
Le président de la République, Paul Biya, a là l’occasion de poser un acte fondateur : rappeler que les fonctions publiques ne sont pas des refuges contre les conséquences des erreurs commises dans l’exercice des responsabilités. Sanctionner ne signifie pas mener une chasse aux sorcières ; sanctionner, lorsque la faute est établie, c’est protéger l’État.
À force de ne jamais sanctionner les défaillances, nous les encourageons. À force de protéger les responsables plutôt que l’intérêt général, nous détruisons progressivement la culture de responsabilité dont un État moderne a besoin.
Que le chantier s’achève, soit. Mais que l’on ne confonde pas l’achèvement du béton avec la clôture du dossier. Olembé doit être terminé comme chantier, mais il doit commencer comme affaire de responsabilité publique.
L’État n’est pas une mangeoire. Le contribuable n’est pas une caisse sans fond. Et la fonction publique n’est pas une assurance tous risques contre ses propres fautes.
La farce doit cesser. Parce qu’à force de laisser l’incurie s’installer, elle finit par tenir lieu de politique publique. Et lorsqu’un pays en arrive à payer plusieurs fois pour les mêmes erreurs, la question n’est plus seulement : combien coûte Olembé ?
La vraie question devient : combien nous coûtera encore l’impunité ?
Par Cyrille Tchamba
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« un nouveau coup dur porté au pluralisme politique dans notre pays », Rolande Issi

La députée Rolande Issi condamne ainsi la suspension de trois mois contre le parti d’Issa Tchiroma Bakary, le FSNC.
Ce 28 octobre 2026, la députée du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) Rolande Issi a réagi par rapport à la suspension du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC). Pour l’élue de la nation, la décision prise par le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji est une atteinte à la démocratie et aux libertés fondamentales du Cameroun.
« La décision prise par le ministre de l’Administration territoriale de suspendre le Front pour le Salut national du Cameroun (FSNC) pour une durée de trois mois est un nouveau coup dur porté au pluralisme politique et à l’expression démocratique dans notre pays, démontrant que l’argument du renouveau sur la paternité de la démocratie camerounaise n’est que leurre et mensonge.
Les prétextes fallacieux et des accusations arbitraires donnent un coup de régression à toute la voix de l’opposition et à la liberté d’opinion que l’on cherche à museler un peu plus chaque jour. Comment tolérer que des partis politiques soient ainsi réduits au silence pour des motifs aussi flous et liberticides ? Les agissements d’un individu ne peuvent en aucun cas être généralisés à toute une organisation. « Pire, le timing choisi est tellement flagrant que cela frise le ridicule », affirme-t-elle.
La députée du PCRN Rolande Issi profite de l’occasion pour passer un message aux dirigeants.
« Mes chers gouvernants, la démocratie ne se nourrit pas de suspensions, d’interdictions et de censure, mais du débat contradictoire, du respect des droits de l’opposition et de la liberté des citoyens de s’exprimer. Je m’insurge avec la dernière énergie contre cette dérive autoritaire qui piétine nos institutions et bafoue l’État de droit. Et je profite une fois de plus pour interpeller le PEUPLE SOUVERAIN À UN VOTE MASSIF en FAVEUR DE L’OPPOSITION pour que les lois et libertés soient une obligation. Nous devons avoir une assemblée nationale et des conseils municipaux majoritairement de l’opposition. Ne restons plus silencieux face à ces abus ! », affirme-t-elle.
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Après l’exil en Gambie, la suspension du parti d’Issa Tchiroma acte-t-elle sa mise hors-jeu électorale ?
Le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, a frappé d’une suspension de trois mois le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), […]
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« il faut dire à Atanga Nji et le régime qu’il sait que c’est pas le FSNC qui a battu BIYA en 2025 »

Joseph Emmanuel Ateba, l’ancien secrétaire national à la communication du MRC, affirme que le peuple est le vainqueur de l’élection présidentielle de 2025.
C’est un message très bref qu’il a posté sur sa page Facebook. Joseph Emmanuel Ateba, l’ancien secrétaire national à la communication du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), réagit ainsi à la suspension du Front national pour le salut du Cameroun (FSNC). Il rappelle que l’élection 2025 a été gagnée par le peuple et non Issa Tchiroma Bakary, proclamé deuxième par le Conseil constitutionnel.
« Il faut dire à Atanga Nji et au régime qu’il sert que c’est pas le FSNC qui a battu BIYA en 2025, mais le peuple, et la seule chose qu’ils ont à faire pour ne subir le même sort lors des prochaines élections, c’est de revenir au parti unique », a-t-il écrit.
À titre de rappel, Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale, a rendu public un arrêté portant suspension du FSNC, parti politique dont le leader est Issa Tchiroma Bakary. Le membre du gouvernement avait démissionné du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle avant de rejoindre les rangs de l’opposition. Présenté comme le bon diable, il a été comme la figure de bataille de l’opposition à la dernière élection. Son parti est suspendu aux motifs d’appel à l’insurrection, l’atteinte à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté nationale, l’incitation à la violence ayant occasionné des destructions de biens publics et privés, des troubles graves à l’ordre public et la résidence de l’un des dirigeants statutaires à l’étranger.
Il est également à rappeler qu’Issa Tchiroma Bakary s’est exilé en Gambie depuis la période postélectorale. Jeanne Nsoga, l’ancienne secrétaire générale du FSNC, a salué cette décision du ministre de l’Administration territoriale.
« L’arrêté du MINAT suspendant le FSNC pour 3 mois ce 27 octobre 2026 n’est pas qu’une sanction administrative. C’est le constat d’un échec moral. On ne joue pas avec la colère d’un peuple. On ne surfe pas sur la frustration des jeunes comme on surfe sur une vague. Parce que quand la vague retombe, ce sont eux qui se noient. La vraie grandeur en politique, c’est de savoir retenir son camp quand il veut tout casser. Pas de l’exciter pour exister. Au-delà des partis, il y a une leçon », a-t-elle écrit.
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